Bois d’œuvre: les négociations seront «très difficiles», avertit Chrétien

Selon Raymond Chrétien, le protectionnisme américain nuira au Canada

Be7fde84f1b95f4ea674ce819ea725b5

Et vive le libre-échange !






Le négociateur en chef du Québec met en garde l’industrie: les pourparlers entre les États-Unis et le Canada au sujet du conflit du bois d’œuvre seront très difficiles, peu importe l’identité du nouveau président américain.




«Il y a un vent protectionniste qui souffle, non seulement aux États-Unis, mais un peu partout dans le monde, et ça va rendre cette négociation encore plus difficile parce que les Américains, croyez-moi, ne nous font jamais de cadeaux», a affirmé Raymond Chrétien mardi lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.




Le neveu de l’ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien est associé et conseiller stratégique chez Fasken Martineau et a été ambassadeur du Canada aux États-Unis de 1994 à 2000. Il a été choisi par le gouvernement Couillard pour améliorer les chances du Québec d’obtenir un accord satisfaisant.




Les étoiles ne sont pas alignées




«J'ai été personnellement impliqué dans les longues et difficiles discussions de l'accord de 1996», a-t-il rappelé. Contrairement à la ministre de l’Économie Dominique Anglade, qui espère toujours un règlement rapide, M. Chrétien croit que les «étoiles ne sont pas alignées» pour une signature d’entente avant l’arrivée du nouveau président. Et mauvaise nouvelle pour les Canadiens: il sera protectionniste.




«Normalement, les républicains sont moins protectionnistes que les démocrates. Or, cette fois-ci, Donald Trump l'est davantage. Il est, je dirais, totalement protectionniste», note-t-il. Ce n’est guère mieux pour Hillary Clinton. «Elle aussi a fait preuve de protectionnisme quand elle dit qu'elle ne signera pas, n'approuvera pas le Trans-Pacific Partnership, le traité de libre-échange avec les pays du Pacifique», a-t-il ajouté.




L’industrie forestière du Québec s’attend aussi à un conflit long et pénible. Déjà, on se tourne vers l’État pour prêter aux entreprises qui devront «se rendre au bout d'une lutte juridique avec les Américains, qui peut durer deux ou trois ou quatre ans, et on parle d'une taxe qui pourrait être de l'ordre de 20 % à 25 %». «Pour l'industrie du Québec, on parle de plusieurs centaines de millions de dollars», déplore André Tremblay, président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec.




Un poids plus lourd




La tâche du Québec sera de faire connaître son nouveau régime forestier, qui repose sur des enchères pour fixer les prix du bois de la forêt publique et qui ne peut plus s’apparenter à des subventions cachées. Or, avant de négocier avec les Américains, le Québec devra s’entendre avec Ottawa, qui a tendance à prêter davantage l’oreille à la Colombie-Britannique, qui a une industrie forestière plus vigoureuse.



 


L’industrie de la forêt



62 000 emplois


Le bois d’œuvre:


50 % de la production est destinée à l’exportation


90 % des exportations vont aux États-Unis


- Si rien n’est fait, des mesures compensatoires pourraient être exigées par les É.-U. dès mars 2017.


- Une guerre commerciale pourrait coûter des centaines de millions à l’industrie québécoise.



 




Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé