Coincés dans les griffes de la mondialisation!

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Il faut un retour au protectionnisme

À la fin du XXe siècle, tous semblaient d’accord sur une chose : la nécessité d’ouvrir les marchés au-delà de nos frontières ! C’était là, pensait-on, la voie royale à suivre. Grâce aux nouvelles facilités en matière de communication et de transport notamment, le commerce international était à portée de main. Aussi, se disait-on, pourquoi ne pas en profiter ?


Cette mondialisation a alors permis à bien des nations d’avoir droit à une croissance économique accrue. Le seul hic est que ce progrès économique s’est fait aux dépens du progrès social qui s’est vu entre-temps plombé.


En effet, en favorisant une productivité spécialisée à grande échelle dans les pays les plus avancés technologiquement, la mondialisation créa de multiples poches de chômage, notamment là où la production n’avait pas su évoluer suffisamment pour y participer.


Dès lors, des populations entières se sont mises à se déplacer croyant trouver dans certains pays avancés ce qu’elles avaient définitivement perdu chez elles, soit leur participation par un travail au pouvoir économique.


Mais cette migration massive n’est qu’un élément parmi d’autres du vaste casse-tête mis en place par la mondialisation. La détérioration de l’environnement par nos déchets en fait également partie.


Il faut voir que la concurrence féroce des marchés mondiaux crée une production outrancière, une surproduction qui, alimentée par d’habiles campagnes de publicité, se voit malgré tout éponger par le consommateur à travers l’achat de toutes sortes de produits la plupart du temps non recyclables. Or, ce sont malheureusement ces produits que l’on retrouve aujourd’hui flottant à la surface de nos océans.


Autre exemple, le transport constant de marchandises d’un bout à l’autre de la planète qui exige d’énormes ressources énergétiques, notamment en pétrole. Ce qui évidemment contribue au réchauffement climatique par une hausse marquée des gaz à effet de serre.


Cela sans compter les nouveaux besoins de mobilité du travailleur, qui se voit contraint de voyager de plus grandes distances pour son travail, là précisément où se concentre le nouveau type de production.


Démission politique


Malheureusement, face à ce ballet de marchandises et de personnes, nos politiciens ont aujourd’hui peu ou pas de pouvoir. Signant en notre nom des accords de libre-échange prétendument prometteurs, ils se sont piégés en devant les respecter scrupuleusement sous peine de graves sanctions économiques. D’où de nombreuses pertes d’emplois chez nous !



 Malheureusement, face à ce ballet de marchandises et de personnes, nos politiciens ont aujourd’hui peu ou pas de pouvoir. Signant en notre nom des accords de libre-échange prétendument prometteurs, ils se sont piégés en devant les respecter scrupuleusement sous peine de graves sanctions économiques.


— Pierre Desjardins



À la suite de cela, comme citoyens et comme consommateurs, la question qui se pose maintenant est celle-ci : en préférant l’accès à une multitude de biens « beaux bons pas chers » grâce à la concurrence internationale, n’avons-nous pas signé notre arrêt de mort, non seulement en participant au gâchis environnemental et social qu’il crée, mais également en privant nos politiciens de tout pouvoir d’améliorer le sort de ces travailleurs laissés pour compte ?


Chose certaine, ce n’est pas en faisant mine de bienveillance avec l’accueil de quelques migrants, en recyclant nos bouts de papier ou encore en signant de jolis pactes de transition que nous changerons quoi que ce soit aux énormes problèmes que la mondialisation crée. Et ce qui se passe présentement en France est peut-être le prélude à ce qui se passera bientôt ici.


Tant et aussi longtemps que nous accepterons aveuglément cette concurrence sauvage des libres marchés mondiaux, les problèmes se répandront non seulement ailleurs dans le monde, mais également chez nous !


Seul un retour à une production locale bien encadrée et à une consommation modérée de notre part pourrait nous sauver du désastre mondial qui se profile à l’horizon. Malheureusement, esclaves de campagnes de marketing de tous genres, nous sommes à des années-lumière d’une telle résolution !


Aussi, à la veille de faire nos multiples achats de Noël, ne soyons pas hypocrites. Ayons au moins l’honnêteté de le dire franchement : vive tous les beaux produits pas chers que permet la féroce concurrence des libres marchés mondiaux et… au diable le reste !