Un exercice périlleux

L'affaire Mulroney-Schreiber


Il y aura enquête publique sur les allégations faites par l’homme d’affaires Karlheinz Schreiber au sujet de l’ancien premier ministre Brian Mulroney. M. Mulroney ayant lui-même réclamé une telle enquête, le gouvernement n’avait plus le choix.




Cette voie n’était pas celle que privilégiait Stephen Harper, on le sent à la lecture du communiqué publié hier : « Une enquête publique est une mesure importante qui ne devrait être prise que dans l’intérêt du public et non dans celui de diverses parties, qu’il s’agisse de MM. Schreiber ou Mulroney, ou de partis politiques », souligne le premier ministre.
Il y avait à cette réserve des raisons tactiques ; les conservateurs craignent de se retrouver dans le même maelström que les libéraux au cours des travaux de la commission Gomery. Toutefois, même d’un point de vue non-partisan, il est loin d’être certain qu’une commission d’enquête constituait le meilleur outil pour tirer cette affaire au clair.
Nous ne sommes pas ici en présence d’un problème systémique, mettant en cause l’intégrité du gouvernement ou la sécurité publique. Ce qui est en cause, c’est le comportement d’un individu, fût-il ancien premier ministre. Ce qu’on recherche, c’est la réponse à une question : en échange de quels services M. Schreiber a-t-il versé 300 000 $ à M. Mulroney ?
Faut-il, pour trouver la vérité, mobiliser une armada d’avocats ? Est-il nécessaire de dépenser les dizaines de millions que nécessite une commission d’enquête ? Le gouvernement conservateur n’a pas eu le loisir de se poser ces questions ; le contexte politique a imposé la tenue d’une enquête publique.
Il s’agira d’un exercice périlleux. Dans un communiqué diffusé tard lundi soir, Brian Mulroney souhaite que l’enquête « expose le rôle qu’ont joué toutes les personnes impliquées, des fonctionnaires jusqu’aux élus, des lobbyistes jusqu’aux policiers et aux journalistes ».
L’ancien premier ministre semble moins intéressé à expliquer ses faits et gestes qu’à régler ses comptes avec ceux qu’il accuse de mener contre lui une « vendetta ». Il exprime le voeu que la commission se penche non seulement sur les sommes qu’il a reçues de M. Schreiber, mais sur tout ce qui s’est passé depuis la vente d’appareils Airbus à Air Canada en 1988. Bref, s’il n’en tient qu’à lui, la commission aura à examiner presque 20 ans d’histoire ! L’affaire risque d’être interminable.
M. Harper fait donc bien de demander les conseils d’un expert indépendant sur le libellé du mandat de ladite commission. L’opposition le pressait hier d’agir vite, mais rien ne justifie la précipitation dans une affaire aussi délicate.
À notre avis, le mandat devrait être étroit plutôt que large. S’il importe de connaître la vérité sur ces faits troublants, il faut éviter un lavage de linge sale qui ne servirait en rien l’intérêt public.
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André Pratte876 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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