Today's Quebec

Affaire Jan Wong et The Globe and Mail



In Two Solitudes, his award-winning 1945 novel, Hugh MacLennan explored the tensions between two peoples, French and English, in Quebec society. In 1967, Canada's Progressive Conservative Party debated the merits of a controversial "deux nations" policy that sought to recognize Quebec's distinctiveness within Confederation. Brian Mulroney resurrected the distinct society concept in his proposed 1987 Meech Lake constitutional amendments, which The Globe and Mail strongly supported. Intermittently, tensions have flared over the quest to preserve the French language and culture versus the freedom of individuals to express and educate themselves in French or English.
Now, a small uproar has arisen over a provocative question raised in a staff-written report in this newspaper on Saturday. Did the passionate debate over Quebec's language laws and the politics of exclusion, so famously apparent on referendum night in 1995, in any way contribute to the marginalization and perhaps alienation of non-francophone Quebeckers? The answer to that is arguable. But did such marginalization in any way contribute to the violence at Montreal's Dawson College last week, or at the École Polytechnique in 1989? No such evidence exists.
Indeed, the article in question, which was almost entirely devoted to the humanity of those exposed to last week's violence, merely wondered why, in three horrific cases of shootings in postsecondary schools in Quebec over the past 17 years, the acts had been perpetrated by Quebeckers not fully part of the majority. Was there something in the politics of identity that further aggravated the obvious marginalization and alienation of the shooters?
When a journalist poses such questions, especially during a period of heightened sensitivity, outraged reactions are not unexpected. Hundreds of letters to the editor have arrived and no less than the Premier of Quebec and the province's leading editorialist have been given space to take issue with the article. In English Canada, unsurprisingly, the response has been considerably more muted, although Prime Minister Stephen Harper has weighed in with a letter, four days after the article appeared. The strongly held view is that the portrayal was an inaccurate depiction of contemporary Quebec.
Governor-General Michaëlle Jean, a Haitian immigrant to Quebec, obviously feels neither marginalized nor alienated. She stands as a glimmering symbol of an optimistic and confident Quebec - one increasingly open to all. She recently decried the outmoded mindset of the two solitudes and counselled instead that "we learn to see beyond our wounds, beyond our differences." We must not, in the process, ever lose sight of the need to ask hard questions and explore uncomfortable avenues. By the same token, it would be remiss to forget that today's Quebec is not the Quebec of yesteryear.
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LE QUÉBEC D'AUJOURD'HUI
Lisez l'éditorial d'aujourd'hui du Globe and Mail
_ (traduction par La Presse)
The Globe and Mail
Dans Les Deux solitudes, son roman primé de 1945, Hugh MacLennan explorait les tensions entre deux peuples, francophone et anglophone, dans la société québécoise. En 1967, le Parti progressiste conservateur débattait des mérites d'une politique controversée des « deux nations » qui cherchait à reconnaître le caractère distinct du Québec à l'intérieur de la Confédération. Brian Mulroney reprenait le concept de la société distincte dans ses propositions d'amendements de la Constitution du lac Meech en 1987, que le Globe and Mail soutenait fortement. De façon intermittente, des tensions ont fait surface dans la quête pour préserver la langue et la culture française par opposition à la liberté des individus de s'exprimer et de poursuivre leur éducation en anglais ou en français.
Un léger tumulte s'est élevé à propos d'une question soulevée dans le texte d'un membre de l'équipe de ce journal samedi. Le débat enflammé sur les lois linguistiques du Québec et les politiques d'exclusion, si apparent le fameux soir du référendum de 1995, a-t-il contribué d'une quelconque manière à la marginalisation et peut-être à l'aliénation des Québécois non francophones? La réponse est discutable. Mais une telle marginalisation a-t-elle contribué d'une quelconque façon à la violence au collège Dawson la semaine dernière, ou à l'École polytechnique en 1989? Aucune preuve ne le démontre.
En fait, l'article en question, qui était presque entièrement consacré à l'humanité des personnes exposées à la violence de la semaine dernière, se demandait simplement pourquoi, dans trois cas horribles de fusillades dans des établissements d'enseignement supérieur au cours des 17 dernières années, les actes avaient été perpétrés par des Québécois qui ne faisaient pas entièrement partie de la majorité. Existait-il quelque chose dans les politiques d'identité qui avait aggravé davantage la marginalisation et l'aliénation évidente des tireurs?
Quand un journaliste pose de telles questions, en particulier pendant une période sensible, les réactions indignées ne sont pas surprenantes. Des centaines de lettres sont parvenues à la rédaction et rien moins que le premier ministre du Québec et le principal éditorialiste de la province ont reçu de l'espace pour répondre à l'article. Il n'est pas étonnant qu'au Canada anglais la réaction ait été considérablement plus discrète, bien que le premier ministre Stephen Harper soit intervenu par lettre, quatre jours après la publication de l'article. L'opinion clairement exprimée était que le portrait décrivait de façon inexacte le Québec contemporain.
La gouverneure générale Michaëlle Jean, une immigrée haïtienne au Québec, ne se sent évidemment pas marginalisée ou aliénée. Elle représente un symbole étincelant d'un Québec optimiste et confiant - de plus en plus ouvert à tous. Elle a récemment dénoncé la mentalité dépassée des deux solitudes et a plaidé plutôt pour que « nous apprenions à voir au-delà de nos blessures, au-delà de nos différences ». Nous ne devons pas, en cours de route, perdre de vue la nécessité de poser des questions difficiles et d'explorer des pistes inconfortables. De même, il serait négligent d'oublier que le Québec d'aujourd'hui n'est pas le Québec des années passées.


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