Simplement une question de modèles climatiques...

Chronique de Normand Perry



Sombres nuages et vents chauds à Ottawa en novembre
L'ineffable Don Cherry. Y a-t-il un personnage dans l'esprit du peuple québécois et de n'importe quel autre Canadien d'expression française, qui pourrait susciter autant de mépris et d'aversion du paysage médiatique canadien anglais ?
Il est pourtant bien difficile de trouver dans l'histoire récente de la confédération canadienne un personnage qui, par son attitude et ses propos, puisse offrir du Canada anglais un tel exemple frisant le racisme à l'endroit de la communauté francophone du pays.
Cet ancien entraîneur de la Ligue nationale de hockey, ayant entre autres roulé sa bosse chez les Bruins de Boston (au temps où nos glorieux du Tricolore montréalais savaient remporter des Coupes Stanley tout comme on entre facilement la rondelle dans un filet désert), ne s'est pourtant jamais gêné pour exprimer son animosité à l'égard de tout ce qui pouvait avoir de la résonance d'expression française, surtout depuis qu'il se trouve sur le panel des chroniqueurs sportifs de la télévision de la CBC à « Hockey Night in Canada ».
Cette fameuse liberté d'expression, la même dont je fais usage aujourd'hui avec un peu plus de respect, permet en effet à ce chroniqueur de vomir ses propos offensant à notre endroit quand bon lui semble.
Inutile de rappeler les plus récentes controverses que Cherry a suscitées, au point où la CBC se voit contrainte depuis quelques temps de différer de quelques secondes les temps de passage de cet individu à son antenne, afin d'épurer son discours de propos inappropriés à l'endroit de « l'autre solitude » canadienne.
Mais le passage remarqué de ce sombre nuage qu'est Don Cherry sur la tribune réservée aux invités spéciaux à la Chambre de Communes d'Ottawa le 7 novembre dernier, dans une clameur de jubilation mêlée de désapprobations, pose problème à plus d'un égard.
Quelques députés du Québec se sont en effet levés en déchirant leurs chemises afin de protester à l'endroit du président de la Chambre, ce dernier ayant fait une présentation remarquée de Cherry aux députés qui venaient de terminer leur période de questions. Les députés francophones avaient bien raison de s'offusquer de cet insigne honneur. Mais il y a pire. De source bien informée, j'ai appris que les applaudissements nourris et très chaleureux, accompagnés de cris victorieux à l'endroit du supposé héraut, provenaient d'une bonne majorité des députés d'expression anglaise; cela est beaucoup plus dérangeant que la présence même de Cherry en ces lieux !
Si la gouverneure générale du Canada, Son excellence la très honorable Michaëlle Jean, souhaite rétablir le dialogue entre les « deux solitudes » du pays afin de paver la voie à une réconciliation nationale, qu'elle relève bien haut ses manches, car le travail a bien les allures d'une montagne de la hauteur de l'Everest à grimper. Ce n'est pas de courage dont elle aura besoin pour accomplir ce labeur, mais d'une bonne dose de témérité.
Plusieurs interrogations viennent à l'esprit devant ce genre d'individu ayant à sa disposition du temps d'antenne national sur le réseau anglais de la télévision de la CBC :
- Des propos de type « phobiques » tenus à l'endroit des francophones du pays, s'ils étaient destinés à l'égard de la communauté juive par exemple, comment cette chose serait-elle nommée ?
- Demandons-nous ensuite si une personne tenant de tels propos peut avoir droit à autant d'égards dans n'importe quelle enceinte parlementaire démocratique qui se respecte en Occident ?
- Puis demandons-nous enfin comment il se fait qu'un individu qui tient des propos à caractères offensants à l'égard de la communauté francophone au Canada, a droit à une atmosphère survoltée dans un vent de chaleurs de la part de nos très chers parlementaires anglophones du Canada ?
Tout un contraste par rapport au « Quebec we love you » criaient-ils dans les rues de Montréal à la veille du référendum de 1995 !
Vents froids à Nairobi en plein été
Sur le chemin du retour à la maison ce soir (9 novembre), j'entendais un reportage à la Première Chaîne radio de la SRC dans lequel on faisait état des négociations de dernières minutes entre le ministre québécois de l'Environnement Claude Béchard et son homologue au Gouvernement canadien Rona Ambrose, en vue de la conférence de Nairobi.
Le Québec, représenté à Nairobi par monsieur Béchard, tient mordicus à présenter à la communauté internationale sa position qui se veut en conformité par rapport au traité de Kyoto sur les changements climatiques. Rona Ambrose, quant à elle, tient obstinément à présenter une position canadienne « qui parle d'une seule voix », tenant supposément compte des efforts des provinces et municipalités, sans mention spécifique des efforts du Québec, à respecter Kyoto.
Qu'à cela ne tienne, Béchard est bien décidé, même s'il doit le faire dans les couloirs de la conférence, à dire haut et fort que le Québec s'engage résolument à respecter l'esprit et la lettre de Kyoto. Ambrose n'en fera tout autant qu'à sa tête, elle parlera au nom de tous les « Canadians » à Nairobi, d'un plan qui respecte de Kyoto ni la lettre ni l'esprit.
D'ailleurs les journaux titraient ce vendredi que le Québec sera purement et simplement muselé à cette conférence.
N'y a-t-il pas un certain Stephen Harper qui, par un soir de campagne électorale fédérale, lors d'un discours « historique » livré à Québec, laissait entrevoir un fédéralisme d'ouverture à l'égard du Québec ? N'y a-t-il pas un certain premier ministre du Québec qui parle toujours avec grand enthousiasme des merveilles du fédéralisme asymétrique, surtout depuis l'élection des Conservateurs à Ottawa ?
Des beaux discours d'intentions qui ne sont guère suivis de gestes concrets sont aussi sinon plus improductifs à l'égard de la spécificité du Québec, surtout en matière d'initiatives allant de le sens du respect intégral du protocole de Kyoto; comme ils sont tout aussi dévastateurs dans les rapports de simple cordialité Québec-Ottawa. En matière de relations fédérale-provinciales, l'attitude actuelle du Gouvernement conservateur frise l'hypocrisie. Cela ne vaut guère mieux par rapport aux attitudes belliqueuses des gouvernements libéraux précédents, que ce fut sous Pierre-Elliott Trudeau, Jean Chrétien ou Paul Martin. La démonstration par A+B n'est-elle pas une fois de plus évidente que le Québec se doit d'être un pays souverain, pleinement et entièrement ?
A observer de bien près ce qui se trame entre la ministre Ambrose et le ministre Béchard, on peut s'attendre à ce que des vents très froids passent entre les deux à Nairobi, et ce, même en plein cœur d'été là bas.
Modèles climatiques
Il est pourtant bien reconnu en météorologie alors que les courants d'air chauds rencontrent les courants d'air froids, surtout en présence de sombres nuages, vous avez là mes amis tout le cocktail parfait pour provoquer les pires tempêtes aux mouvements les plus imprévisibles.
Et dire que l'objet même du traité de Kyoto porte justement sur les changements climatiques !

Squared

Normand Perry126 articles

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On pourrait le décrire comme un grand passionné de communication, de philosophie, de politique, d'histoire, d'astronomie, de sciences, de marketing, de musique classique et d'opéra. Normand Perry mène une vie publique bien remplie, toujours avec des projets plein la tête et des rêves à réaliser.

Après avoir obtenu un premier diplôme universitaire en philosophie au milieu des années ’90, Normand Perry débute sa vie publique comme pamphlétaire, exprimant ses opinions librement, ces dernières étant publiées régulièrement dans les journaux régionaux, les quotidiens et divers sites Web.

Depuis avril 2004, il travaille chez [Soleil communication de marque->http://www.soleilcom.com/], agence de publicité montréalaise, où il est au développement des affaires, en veille stratégique et aux relations publiques.

Depuis juillet 2010, il s’est vu confié un projet radiophonique à [l’antenne de Radio Ville-Marie->http://www.radiovm.com/index.aspx] où il conçoit, réalise, anime et supervise le montage d’une émission portant sur l’orthodoxie chrétienne au Québec : [Voix Orthodoxes->http://www.voixorthodoxes.org/].

Sa plume va le conduire en politique active.

Après s’être fait connaître comme pamphlétaire à partir du début des années 2000 dans sa région du Suroît, il se fait remarquer, et on lui propose la présidence de circonscription au Parti Québecois dans Soulanges au début 2005. Suite à la démission inattendue de Bernard Landry en juin 2005 comme chef de cette formation politique, Normand Perry appuie d’emblée la candidature de Louis Bernard tout en s’opposant farouchement à l’élection d’André Boisclair. Lorsque ce dernier remporte la chefferie du PQ en novembre 2005, Normand Perry démissionne de sa présidence et quitte le PQ sur-le-champ.

A l’automne de la même année il se fait élire au conseil municipal à Les Coteaux dans la circonscription de Soulanges au Québec. Il se voit confier notamment les responsabilités du comité des loisirs, où conçoit et implante un programme de subvention à l’activité sportive pour les jeunes; il occupe la vice-présidence du HLM, il aussi responsable de la sécurité publique et participe activement à la fondation de la Régie inter municipale des Pompiers du Lac-St-François (fusion des services des incendies de Les Coteaux et St-Zotique).

Lors de la création du nouveau parti politique Québec solidaire en février 2006, il en devient membre et participe au congrès de fondation à Montréal. Il se porte candidat aux élections provinciales de mars 2007 pour cette formation politique dans la circonscription de Beauharnois.

Après ces quelques années en politique active, il poursuit son œuvre de réflexion pamphlétaire, notamment sur le [Blogue de Normand Perry->http://normandperry.blogspot.com/] tout comme sur Vigile et bien d’autres médias québécois





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1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    15 novembre 2006

    À la première question, je répond l'ex-Garde Rouge Jan Wong, Diane Francis, Beryl Wasjman, Barbara Key.
    Don Chéri n'est qu'un vieil orangiste qui semble abuser des substance éthyliques.
    Le mentionner pour le détester, c'est lui faire honneur.
    Alors je fait bof quand il est mentionné.