Repères retrouvés

Pauline Marois - le couronnement


Un message clair. Une proposition sensée. Une mise en garde ferme, enveloppée dans une approche rassembleuse. Tous les bons ingrédients étaient là hier pour que le retour en scène de Pauline Marois soit rassurant et prometteur pour les militants souverainistes.
L'ex-ministre péquiste a donc aisément passé le test de sa rentrée. En fait, Mme Marois a sans doute été elle-même surprise de l'ampleur de sa démonstration de force. Le gratin péquiste, incluant plusieurs de ses détracteurs de jadis, avait subitement une irrépressible envie d'être vu à ses côtés. La politique, elle le sait mieux que personne, est tantôt cruelle, tantôt grisante, et faite de beaucoup de compromis...
Sa performance d'hier élimine donc le dernier petit doute chez ceux qui pouvaient encore en avoir. Pauline Marois est d'ores et déjà la chef du Parti québécois. Et elle sera dorénavant traitée comme telle. Avec les appuis dont elle jouit, il n'y a plus d'espace sur la ligne de départ pour une autre candidature sérieuse.
Le temps des recettes miracles et des sauveurs instantanés est de toute manière révolu au PQ. Depuis le 26 mars, la grande majorité des militants sont revenus sur terre et conviennent que l'indépendance est loin d'être au coin de la rue. Comme l'a dit Mme Marois hier, il serait donc suicidaire de forcer la note.
Dans ce contexte, la bouée de sauvetage que propose l'ex-ministre péquiste est saisie à pleines mains. Avec elle aux commandes, élus et militants retrouvent leurs repères et du même coup, un peu d'espoir.
De toute façon, dans le contexte de la nouvelle lutte à trois à l'Assemblée nationale, il n'y avait pas beaucoup d'autre recette que le retour aux sources pour espérer se démarquer.
En même temps, affirmer que le PQ est une formation dont l'objectif est de faire la souveraineté et qui, d'ici là, propose aux électeurs un bon gouvernement social-démocrate, ça sonne aussi un peu démodé.
Ce positionnement a bien sûr l'avantage de distinguer clairement son équipe de l'Action démocratique et du Parti libéral. Elle constitue de plus une invitation à la reconstruction des ponts avec les milieux syndicaux et avec les mouvements populaires qui ont jadis activement aidé la cause péquiste.
Mais, Pauline Marois l'a bien compris, le défi va surtout consister à remettre cette saveur d'antan au goût du jour. Ça ne sera pas facile, maintenant que Mario Dumont a sérieusement installé les siens sur l'échiquier.
Les revendications autonomistes de l'ADQ mêlent particulièrement les cartes. On l'a très bien senti hier alors que Mme Marois a dû reconnaître qu'elle n'aurait d'autre choix que d'appuyer toutes les démarches qui pourraient être faites pour rapatrier des pouvoirs d'Ottawa. Sur ce plan, PQ et ADQ logent à la même enseigne.
Quant à la social-démocratie, le discours d'ouverture de la session prononcé par Jean Charest indique que les péquistes ne seront pas les seuls dans les prochains mois à insister sur les vertus de la solidarité, de la justice sociale et du développement durable.
En contrepartie, le retour de Pauline Marois est aussi une mauvaise nouvelle pour ses deux grands adversaires. Contrairement à André Boisclair, l'ancienne députée de Taillon est, elle, capable de créer une complicité avec les électeurs. Son langage et son approche sont simples et chaleureux, et son discours est empreint de gros bon sens. La hausse de la cote péquiste avec elle comme chef est un indice de cette menace.
Il reste qu'à défaut d'une course à la direction pour attirer l'attention, c'est à bout de bras que Mme Marois devra porter l'opération renouvellement du PQ et en faire connaître les résultats. Or, il est entendu qu'elle n'a pas beaucoup de temps devant elle pour susciter l'engouement.


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