Option Canada - Lester et Philpot exigent une enquête publique

Option Canada


À 14 jours des élections fédérales, Normand Lester et Robin Philpot ont lancé lundi leur livre « Les secrets d'Option Canada ».
En point de presse à Montréal, Normand Lester a déclaré qu'il avait trouvé les documents sur lesquels s'appuie le livre dans un bac à déchets d'un centre commercial de Laval.
Dans leur livre, MM. Lester et Philpot publient de nombreux documents, contrats, comptes de dépenses et factures, qui prouvent selon eux qu'une grande partie des 4,8 millions de dollars alloués à Option Canada a été dépensée en contravention de la loi référendaire du Québec et possiblement aussi des règles d'attribution des contrats du gouvernement fédéral.
Entre 3 et 3,5 millions du budget de l'organisme créé peu avant le référendum auraient été consacrés à de la publicité pour le camp du non. Les agences BCP et Everest, notamment, ainsi qu'André Morrow, conjoint de Liza Frulla, ont touché de l'argent d'Option Canada.
MM. Lester et Philpot estiment qu'au vu des documents, il est clair que les candidates libérales Liza Frulla et Lucienne Robillard, entre autres, ne peuvent plaider l'ignorance, non plus que l'actuel premier ministre du Québec Jean Charest ni Daniel Johnson, qui était à l'époque président du comité du non.
Les auteurs écrivent également que l'actuel candidat libéral Pierre Pettigrew a touché en 1995 une somme de 12 000 $ pour une série d'articles à l'occasion du référendum de 1995, sans mentionner à l'époque qu'il avait été payé par Option canada pour la rédaction des articles.
Les documents démontrent aussi que Tony Mignacca, organisateur libéral qui a témoigné à la commission Gomery, a reçu d'Option Canada un contrat de 10 000 $ pour « propager les valeurs canadiennes dans son milieu. »
Les deux auteurs mentionnent que l'argent de l'organisme a aussi été utilisé à d'autres fins, comme une somme de 87 000 $ qui a servi à l'achat d'attaches d'affiches. Les documents révéleraient aussi qu'Option Canada a payé les rassemblements de lancement et de conclusion de la campagne du non à Montréal.
Par ailleurs, contrairement à ce qui circule depuis plusieurs années, les deux auteurs concluent que l'argent d'Option Canada n'a pas servi à financer le grand « love-in » du 27 octobre 1995 à Montréal.
Le rôle de Claude Dauphin
MM. Lester et Philpot affirment aussi qu'Option Canada et le comité du non de l'époque fonctionnaient en étroite collaboration, sur une base quotidienne.
Les auteurs estiment que les prétentions de M. Claude Dauphin, qui a affirmé n'avoir été que « président honoraire » d'Option Canada, sont contredites par les documents. Les deux auteurs révèlent que M. Dauphin percevait régulièrement des sommes d'argent d'Option Canada et qu'une lettre du ministre du Patrimoine de l'époque, Michel Dupuy, le félicite de son « initiative ».
En conclusion, MM. Lester et Philpot demandent au directeur général des élections du Québec de mettre sur pied une commission d'enquête publique, au Québec, sur les activités d'Option Canada.
Il ajoute qu'il s'est engagé à transmettre les documents au directeur général des élections du Québec et à la vérificatrice générale Sheila Fraser, après en avoir fait un traitement journalistique.
Normand Lester pose finalement la question de savoir pourquoi Patrimoine Canada a attendu 9 ans, jusqu'en 2005, avant de demander à la GRC de se pencher sur Option Canada.
Matière à enquête
Denis Dion, porte-parole du bureau du directeur général des élections du Québec Marcel Blanchette a indiqué qu'à la lumière des documents publiés par Normand Lester et Robin Philpot, il semble que des dépenses aient été faites en contravention de la loi.
« Il y a certainement matière à enquête », a ajouté M. Dion, qui a rappelé que toute poursuite était maintenant impossible dans ce dossier parce que les faits remontent à plus de cinq ans.
Un livre sur le scandale des commandites
Par ailleurs, une autre publication pourrait porter ombrage à la campagne électorale des libéraux.
Le déshonneur des libéraux, du journaliste de La Presse Gilles Toupin, met en lumière la lutte entre les clans de l'ancien chef Jean Chrétien et de Paul Martin tout au long du scandale des commandites.
Dans son livre, M. Toupin avance que tout n'a pas été dit sur le rôle joué par Paul Martin dans le programme des commandites. Il croit que le juge Gomery n'a eu d'autre choix que de blanchir le premier ministre, faute de preuves.
Gilles Toupin prétend que M. Martin a minimisé l'ampleur de ses relations avec le couple formé par Claude Boulay et Diane Deslauriers, du groupe Everest, lors des audiences de la commission Gomery. Selon le journaliste, certaines lettres mettant en garde Paul Martin sur ce qu'il advenait de l'argent des commandites, lorsqu'il était ministre des Finances, n'ont pas été considérées.


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