Élection américaine / élection québécoise

Nous aussi pouvons changer l’Histoire !

Nous pouvons le faire!

Chronique de Louis Lapointe

J’ai éprouvé un certain malaise en suivant l’élection de Barack Obama à la télévision hier soir. Mon malaise était encore plus tangible ce matin en ouvrant la radio et en feuilletant les pages des journaux, apprenant que les bonzes de l’information de Radio-Canada et de Gesca étaient tous derrière Obama. J’ai trouvé cela injuste. Les Américains des États-Unis auraient le droit, même le devoir, de changer leur histoire, mais pas les Américains du Québec, pas les Québécois, pas nous! Nous devrions nous contenter de regarder nos voisins du sud plébisciter à 52% un noir à la Maison Blanche, mais pas nous! Nous devrions nous contenter de Jean Charest et de ses demi-vérités. Nous serions incapables de tout geste risqué pour changer l’ordre des choses. Trop dangereux !
Le « We can do » québécois n’aurait pas le droit de cité dans la presse québécoise, une expression bannie lorsqu’il s’agit de « nous ».
Si les Américains peuvent changer le cours de leur histoire, pourquoi ne serions-nous pas capables d’infléchir le déroulement de la nôtre ? Pourquoi n’élirions-nous pas une femme à la tête du gouvernement du Québec ? Pourquoi ne voterions-nous pas à plus de 50% pour un gouvernement souverainiste ? Pourquoi ne déclencherions-nous pas alors le processus d’accès à l’indépendance ? Parce que ce serait trop risqué ?
Nous serions incapables d’initier des changements profonds dans notre société pour les mêmes raisons que John McCain proposait aux Américains lorsqu’il les incitait à ne pas voter pour Barack Obama. Des raisons analogues à celles qu'opposent les mercenaires de Gesca au projet souverainiste depuis des années. Trop risqué !
Pourtant, les Québécois sont les seuls qui ont eu le courage de s’opposer à Stephen Harper à l’occasion de dernière élection fédérale en votant pour le Bloc Québécois. Or, les premiers à nous le reprocher ont évidemment été les scribes de Gesca, les mêmes qui paradoxalement se réjouissent aujourd’hui de l’élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis d’Amérique.
Nous aussi pouvons changer l'Histoire, et comme aux États-Unis, ça ne prendra qu’une majorité de sièges et 50 % + 1 du suffrage exprimé. Ce que les Américains ont justement fait sous nos yeux éblouis hier soir avec l'assentiment de la planète entière. Un bel exemple pour tous les Québécois qui iront bientôt aux urnes.
Nous aussi pouvons changer l’ordre des choses, nous pouvons même élire une femme à la tête du gouvernement du Québec pour réaliser nos rêves. Nous pouvons le faire !
Quand commençons-nous?
Louis Lapointe

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Louis Lapointe534 articles

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Autrefois avocat, chroniqueur, directeur de l'École du Barreau, cadre universitaire, administrateur d'un établissement du réseau de la santé et des services sociaux et administrateur de fondation.





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7 commentaires

  • Jean-François-le-Québécois Répondre

    14 novembre 2008

    Oui, je voudrais que nous, Québécois, changions l'histoire; et nous le pouvons, en vérité!
    Il y a un problème, cependant, et il au centre, de toute cette question: trop peu de jeunes Québécois comprennent bien le présent. Trop peu de Québécois, tous groupes d'âge confondus, ne connaissent pas bien leur histoire; ou ce qu'ils ont appris, ils l'ont oublié. Il y aurait un certain travail d'éducation à faire; notamment, expliquer aux jeunes, dans les écoles secondaires et les Cégeps, ce que fut la tristement célèbre Nuit des longs couteaux!
    Enfin, il faut cesser de «penser petit», et faire ce qu'il faut pour nous construire un futur à la mesure de ce que nous méritons! Pas à la mesure de ce que le Rest of Canada voudrait pour nous.

  • Archives de Vigile Répondre

    7 novembre 2008

    Je voudrais dire que OUI nous pouvons changer l'histoire du Quebec qui est sous domination Canadienne depuis trop longtemps et enfin prendre notre destinee en main et se donner un pays bien a nous.Je suis souverainiste depuis l'election de Rene Levesque en 1976 et je reve du jour ou nous allons tous ensemble se tenir debout et voter massivement pour un pays,le notre a tous les Quebecois et Quebecoises de toutes origines.
    Par contre.je ne comprend pas le fait de nous diviser entre le parti Quebecois,Quebec Solidaire et le parti Independantiste,le peuple du Quebec ne voit-il pas qu'en nous divisant, cela permet au parti Liberal de prendre la victoire.Je pense que le parti Quebec Solidaire ne devrait pas presenter de candidats durant les elections tant et aussi longtemps que nous n'aurons pas un pays ou bien se rallier au parti Quebecois afin qu'ensemble nous soyons gagnants.Le pays n'en vaut-il pas la peine?
    Je voudrais savoir aussi, et je pense que je ne suis pas le seul au Quebec, combien d'argent nous donnons a Ottawa et combien nous revient-il de ce montant?Je pense que c'est ce que la majorite des personnes du Quebec veulent savoir.
    DONC Y A T_IL QUELQU'UN D'ASSEZ CREDIBLE POUR NOUS DONNER LA REPONSE A CETTE QUESTION?

  • Archives de Vigile Répondre

    6 novembre 2008

    M. Lapointe, dans mon cas, j’ai ressenti une bien grande joie en suivant l’élection de M. Obama à la présidence des Etats-Unis. Pourquoi ?
    Parce que j’ai vu de mes yeux une foule avec des larmes dans les yeux savourer ce vent de renouveau, cette vision politique que propose Barack Obama.
    Mc Cain, c’est la politique à l’ancienne, celle dictée par les riches et les puissants porteur d’une idéologie qui a conduit aux catastrophes économiques et financières que le monde connaît aujourd’hui, celle qui se fiche complètement du peuple sauf pour les manipuler, et Obama, lui, c’est la politique nouvelle qui tient compte du peuple américain et non pas uniquement des riches et des puissants de la finance. Il a une vision pour les états-uniens, mais aussi pour les rapports nouveaux à établir avec le reste du monde. Il parle plus de paix que de guerre. Mais, ce sont ses actions qui en témoigneront.
    Parce que j’ai vu un peuple dont la force démocratique s’est manifestée comme jamais depuis quelques décennies. J’ai vu un peuple et un pays. Et, c’est en percevant cela que la joie m’a envahit en pensant que ce qui est bon pour les états-uniens, un peuple avec un pays, c’est aussi bon pour un québécois, être un peuple avec un pays, celui du Québec.
    J’ai vu un corps vivant très différent de ce que nous sommes, nous, au Québec, à savoir une nation sans valeur juridique, une nation sans contrôle entier sur ses décisions, une nation dirigée par d’autres avec en prime notre propre argent. J’ai, grâce à cette élection présidentielle, vu un peuple fier, remplit d’espoir, apte à s’assumer pleinement parce qu’il en a la capacité morale et un statut de pays. En prime, ils ont voté pour un guide qui croit à la souveraineté du peuple dans le monde politique.
    Ici au Québec, ce n’est certainement pas Jean Mc Cain Charest qui nous émancipera, puisqu’il fait de la politique selon un ancien modèle du milieu 18e siècle, qu’il est un résidu de l’impérialisme britannique et de son type de politique. C’est un petit monarque au service des puissants de la finance et dont le royaume n’a que des sujets et ils ne sont pas souverain.
    Je souhaite que l’esprit de M. Obama et l’espoir qu’il suscite, finira par traverser notre frontière québécoise. On a vraiment besoin d’une manière nouvelle de penser le monde et la place du Québec dans celui-ci, une manière nouvelle de faire de la politique.
    Il nous faudra d’abord créer le pays du Québec.

  • Archives de Vigile Répondre

    6 novembre 2008

    M. Lemay, au début de la dernière campagne fédérale j'ai envoyé un courriel à la direction du blogue du Bloque Québécois afin qu'ils affichent un lien vers Vigile parmis les autres liens qui y étaient déjà et j'en ai profité pour demander si un député pouvais venir y poster un petit texte de souhait de prompt rétablissement à M. Frappier qui s'est tant dévoué pour cet oeuvre unique qu'est Vigile et que ce petit geste fouetterait aussi les militants.
    La réponse fut ; "Nous devons auparavant examiner ce site avec le reste de l'équipe et nous vous contacterons pour une réponse".
    Puis ils ont mis le lien. Il n'y a pas eu de message.
    Ça m'a coupé les jambes. J'ai tout de même poursuivi ma campagne pour le Bloque.
    Marois, c'est trop. C'est au dessus de mes forces. C'est comme voter et militer pour Trudeau.

  • Lionel Lemay Répondre

    5 novembre 2008

    Il serait si facile pour Madame Marois d'introduire dans sa campagne électorale une promesse formelle d'enclencher le processus nous menant à la souveraineté, tout en apportant des solutions à la crise financière.
    Y a-t-il un risque à dire au peuple que si le PQ est reporté au pouvoir avec plus de 50% des votes, l'Assemblée Nationale aura la légitimité voulue pour nous donner une Constitution qui établirait la suprématie de notre gouvernement, de nos lois, et qui nous débarrasserait de la dominance d'Ottawa et de sa Cour Suprême, de même que l'effigie de la reine et ses représentants.
    Tous les députés du PQ devraient informer les électeurs dans leurs circonscriptions que Québec pourrait utiliser à son avantage les $43 milliards d'impôts que nous donnons à Ottawa. Nous n'avons pas besoin de deux niveaux de gouvernement. Le Québec n'est pas obligé d'aller faire la guerre en Irak et en Afghanistan pour protéger les intérêts pétroliers des USA ou d'acheter des sous-marins désuets. Québec pourrait mieux utiliser les milliards gaspillés en les investissant dans la santé, l'éducation, l'économie et les infrastructures qui en ont grandement besoin.
    Madame Marois y gagnerait à inciter les gens qui veulent la souveraineté à voter massivement pour le PQ. En ne voulant pas déplaire aux fédéralistes endurcis, elle décourage les souverainistes comme moi qui sommes fatigués d'attendre le moment propice qui ne viendra jamais si on ne le provoque pas.
    J'espère que quelqu'un au PQ lit Vigile et peut transmettre nos idées à la direction. J'ai transmis des messages à la direction du PQ dernièrement mais je n'ai même pas reçu d'accusé de réception.

  • Archives de Vigile Répondre

    5 novembre 2008

    Monsieur Lapointe,
    Il y a quarante huit ans déjà que nous avons commencé à changer l'ordre des choses avec la force nationaliste démocratique que fut l'action de la dynamique politique à travers la singulière Révolution tranquille, mais les traîtres et les mercenaires de tout acabi au service des groupes oligarchiques et oligopolistiques, ont empêché de réaliser ce rêve de légitimité nationale des Québécois pour faire du Québec un nouveau pays dans le concert des nations afin d'arrêter les saccages des pilleurs de ressources économiques et fiscales québécoises.
    JLP

  • Archives de Vigile Répondre

    5 novembre 2008

    Faudrait dire ça à Mme David qui a hésité sur son choix constitutionnel avant que Québec solidaire se déclare souverainiste. Maintenant, elle est à travers du chemin de Mme Marois pour des considérations socialistes qui seraient plus socialiste que celles du PQ. Allô, Mme David qui fait le travail des fédéralistes de droite avec ses solutions citoyennes qu'il offre aux membres su PQ ! Ce n'est pas au PLQ qu'il va trouver des intéressés à ses solutions.
    Faudrait que les autonomistes de l'ADQ dont les candidats n'ont pas de chances de gagner dans leurs comtés, selon les sondages locaux, votent pour le PQ si ils veulent voir des changements plus près de leur option constitutionnelle, au Québec.