Monsieur Pratte, vous ne dites pas la vérité

17. Actualité archives 2007

Monsieur André Pratte,

éditorialiste en chef,

La Presse
Dans [votre éditorial du 12 novembre dernier->2864], vous avez écrit : «Dans nos pages Forum, nous nous faisons un point d'honneur d'accueillir toutes les opinions».
Je veux témoigner que cette assertion est complètement fausse, tout au moins dans mon cas, et probablement dans celui de plusieurs autres lecteurs de votre journal qui ont des idées progressistes semblables aux miennes. Depuis quelques années, je vous ai fait parvenir de nombreux textes pour publication dans vos pages d'opinion. Vous ne m'en avez publié qu'un seul... qui était critique envers le Parti québécois. Probablement parce que cela faisait votre affaire.
La plupart de mes textes traitaient de la réforme du mode de scrutin au Québec, une question qui m'intéresse depuis mes études en science politique à l'Université Laval au début des annexées soixante. Ma thèse de maîtrise a porté en partie là-dessus. J'ai aussi publié un livre sur le sujet et, sans être un expert, je peux me vanter de connaître passablement le dossier.
Avant votre arrivée à l'éditorial, il est arrivé que La Presse ait publié quelques-uns de mes textes. Mais depuis votre arrivée, plus rien. Dans votre récent éditorial vous avez pourtant écrit: «Les pages Forum offriront encore à nos lecteurs l'éventail le plus large possible d'opinions. J'en profite pour encourager à nous écrire tous ceux qui veulent valoir leurs idées qu'ils soient de gauche ou de droite.»
Quel culot! Ne vous souvenez-vous pas de l'échange que nous avons eu privément, en janvier 2005, alors que vous n'aviez publié que des textes favorables à l'avant-projet de loi libéral sur la réforme du mode de scrutin déposé le 15 décembre 2004. J'ai insisté pour que vous publiiez le mien qui le critiquait, mais vous avez carrément refusé. Un appel à votre éditeur. M. Guy Crevier, n'a rien donné; ce dernier n'ayant même pas accusé réception de ma plainte. Depuis lors, j'ai continué à envoyer des textes régulièrement. Mais pas un n'a été publié, même amputé.
Vous ne vous surprendrez donc pas que je sois d'accord avec l'analyste politique [Michel Vastel qui a écrit dans sa chronique du 11 novembre dans Le Journal de Montréal->2826] : « Au plan politique, libérale et fédéraliste, La Presse ne rejetait aucune idéologie. Mais depuis que les pages d'opinion ont été placées sous la direction d'André Pratte, La Presse rejette, bannit, méprise »
Monsieur Pratte, Il y a quelques années vous avez écrit un livre où vous donniez des leçons d'éthique aux politiciens. Vous auriez intérêt à suivre les règles que vous avez alors édictées, car votre crédibilité et celle de Gesca, dont vous êtes le porte-voix, sont à leur plus bas de ce temps-ci. À cause de vous et d'une couple d'autres de vos collègues, vos pages éditoriales ont de moins en moins d'influence. Les gens voient clair. Ils se rendent de plus en plus compte de votre manège éhonté pour défendre les intérêts de la classe privilégiée à laquelle appartiennent vos maîtres.
En conclusion, monsieur Pratte, je réitère que vous ne dites pas la vérité et, si je n'étais pas poli, je dirais que vous mentez!
Publié par Paul Cliche le 17 novembre 2006

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Membre fondateur du Mouvement pour une démocratie nouvelle et auteur du livre Pour une réduction du déficit démocratique: le scrutin proportionnel ; membre de Québec Solidaire; membre d’ATTAC Québec; membre à vie de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal.





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2 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    18 novembre 2006

    L information et le pouvoir ne font qu un. Tant que le PQ ne s attaquera pas à la convergence fédéraliste( Gesca SRC) en les présentant pour ce qu ils sont, soit des acteurs politique et des advesaires de la souveraineté, il leurs accorderont une crédibilité médiatiques qu il ne méritent surtout pas. L intéret supérieur du Québec commande que le débat sur notre statu politique se fasse avec la plus grande rigueur possible, ce qui n est pas le cas avec cette convergence médiatique fédéralisante qui a pour mission première de détourner et manipuler le débat. M. Boisclair nous rendrait un grand service s il mettait en cause la crédibilité de ces grande pretres du pret à penser. Malheureusement il est à douter que notre chef ait attitude pour confronter cette machine de propagande. Il faudra donc s en remettre à la dynamique souverainiste pour trouver répondre au défie qui se pose.
    Ce que nous pouvons faire, c est de créer un Observatoir Critique des Médias ( suggestion à Vigile). Sur ce theme on pourrait décortiquer la mécanique opérante dans "la fabrication du consentement" (Chomsky.
    Si l informartion et le pouvoir ne font qu un, il nous faut une straégie cohérente à cet égard.

  • Normand Perry Répondre

    17 novembre 2006

    Je veux profiter du propos de Paul Cliche pour témoigner en sa faveur et affirmer avec lui que André Pratte ne dit pas la vérité.
    Tout comme Paul Cliche, la très grande majorité de mes textes (dont celui que je place entre « » après celui-ci) ne passent que très rarement dans les pages de La Presse, et jamais dans Le Devoir.
    Voilà le pourquoi et la nécessité que tout souverainiste à quelque degrés qu'il puisse être, puisse contribuer financièrement, à la hauteur de ses moyens, au succès d'un médias tel que Vigile. Un lieu de diffusion de grande qualité comme l'est Vigile doit avoir la capacité de pouvoir diffuser le message indépendantiste, non seulement sur Internet, mais également par tout autre moyen de diffusion tout aussi efficace.
    Normand Perry.
    Chroniqueur du dimanche à Vigile.
    «Alors faites mentir vos adversaires !
    15 novembre 2006, par Normand Perry
    La lecture de " Nous ne nous tairons pas " m'a quelque peu amusée. Je propose à André Pratte un défi, visant à faire mentir ses adversaires.
    Il s'agit de lui proposer quelque chose de très inusité, mais que je sais fort improbable.
    Engagez-vous monsieur Pratte un chroniqueur (à La Presse) qui est reconnu pour être d'allégeance souverainiste et pas nécessairement à droite sur l'échiquier politique québécois, tout en lui laissant pleine liberté d'expression de sa pensée et de ses idées.
    Il y a une foule de chroniqueurs aux talents de virtuose de la plume chez les souverainistes qui seraient certainement enclin à écouter des offres.
    Évidemment, tout comme j'en ai l'habitude avec André Pratte, aucune réponse ne sera proposée..­.et ses adversaires auront ultimement raison !
    Si on ne sait point joindre un geste conséquent à sa pensée, la seule chose dont on sait faire preuve est d'incohérence.»