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Les professionnels dénoncent les contradictions libérales

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Encore une nouvelle catégories de mécontents du gouvernement Couillard

Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) dénonce le double discours du gouvernement Couillard en matière de renforcement de l’expertise de la fonction publique.

Le SPGQ a pris en défaut le Conseil du trésor sur la question de la formation professionnelle. Dans le climat d’austérité ambiant à Québec, le Conseil a acheminé des directives, en novembre dernier, pour que les ministères n’investissent pas plus de 1 % de la masse salariale dans la formation, comme le requiert la loi. Jusqu’au 31 mars prochain, les dépenses supplémentaires dans la formation sont prohibées.

Or, la convention collective du SPGQ prévoit une enveloppe minimale de trois jours de formation par année, ce qui équivaut environ à 2 % de la masse salariale.

Le syndicat a donc déposé un grief, dans l’espoir de faire reculer les libéraux. Pour le président du SPGQ, Richard Perron, c’est une question de principe. « Le geste du gouvernement est perçu comme un manque de respect », dit-il.

« On demande à l’arbitre de déclarer la directive illégale, de faire respecter la convention collective et d’ajouter les journées de formation qui ont été perdues à celles de l’an prochain », ajoute M. Perron.

M. Perron se demande en quoi les économies de bouts de chandelles faites dans la formation sont compatibles avec l’intention affirmée des libéraux de préserver et renforcer l’expertise de la fonction publique. « Le message qu’on nous envoie, c’est que notre expertise n’est pas importante pour le gouvernement. Elle ne compte pas. Nos membres en sont très choqués », déplore le président du syndicat.

Des entraves

Depuis l’automne dernier, les 25 500 membres du syndicat rencontrent de multiples obstacles dans la formation. Ils sont invités à payer de leur poche leurs frais de séjour et de déplacement pour assister à des activités de formation ou à des colloques. « L’employeur refuse de nous libérer et de payer nos dépenses. Dès qu’on sort du bureau, c’est à nos frais », déplore le président du SPGQ.

La situation est particulièrement difficile pour les employés de la fonction publique appartenant à un ordre professionnel. Pour maintenir leur statut, ils doivent assister à des séances de formation bon an mal an.

Ils doivent payer de leur poche, autant ces formations que le paiement de la cotisation annuelle à leur ordre professionnel (sauf pour quelques exceptions). « Le gouvernement du Québec est le seul employeur qui ne rembourse pas les cotisations aux professionnels de ses employés, alors qu’il exige le maintien de notre statut professionnel comme condition [d’employabilité] », affirme M. Perron.

Encore là, il voit une certaine incohérence. Citant à l’appui les travaux de la commission Charbonneau, M. Perron rappelle l’importance de rebâtir l’expertise de la fonction publique, afin d’immuniser l’État contre les tentatives de corruption et de collusion par l’entreprise privée.

Le développement des compétences et la formation figurent parmi les trois priorités du SPGQ pour la négociation.


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