L’UPAC a besoin d’un délai de 60 jours

Pour protéger l’enquête sur le financement illicite du PLQ, les médias n’obtiendront pas de nouvelles informations

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L'UPAC est en train de finir de cuire les carottes du PLQ

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) a besoin d’un délai de 60 jours au moins pour rencontrer tous les témoins dans sa vaste enquête sur le financement illicite du Parti libéral du Québec (PLQ).

Pour protéger l’enquête de l’UPAC, baptisée « Mâchurer », le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) s’est opposé lundi à ce qu’un consortium de médias, dont Le Devoir, obtienne de nouvelles informations à ce sujet.

Selon l’UPAC, la diffusion d’informations supplémentaires risque de nuire à l’enquête et de refroidir des témoins.

Dans une déclaration assermentée rendue publique, l’enquêteur responsable du dossier affirme qu’un témoin a remis en question sa décision de collaborer après la publication de son nom dans les médias.

Ce témoin, qui n’a rien à se reprocher, a récemment perdu une occasion d’emploi parce que son nom a été associé à l’enquête sur le financement sectoriel du PLQ. Son identité est désormais frappée d’une ordonnance de non-publication.

Le document révèle par ailleurs que l’UPAC a recruté des témoins au sein même de l’équipe libérale actuelle. Isabelle Gautrin, attachée politique de la députée libérale Marguerite Blais, a offert sa collaboration aux enquêteurs. Son nom est resté caché jusqu’à ce jour parce que l’UPAC voulait lui éviter des ennuis.

« La publicité de la collaboration de celle-ci à une enquête visant son employeur pourrait lui causer un préjudice, notamment le bris du lien de confiance avec son employeur », affirme l’enquêteur dans sa déclaration assermentée.

Mme Gautrin est la fille de l’ancien député libéral Henri-François Gautrin. Le chef du PLQ, Philippe Couillard, avait montré la porte à M. Gautrin, en février dernier, après que le vétéran eut prédit une victoire du PQ majoritaire aux élections. Quant à Marguerite Blais, elle a été reléguée au rang de simple députée lors de la formation du gouvernement.

Le projet « Mâchurer » cible « le financement sectoriel » du PLQ « auprès des grandes entreprises du Québec telles que firmes d’ingénierie, firmes d’avocats et entrepreneurs ». « Cette enquête implique une très grande quantité d’acteurs et s’étend à l’ensemble du territoire québécois », affirme l’enquêteur dans une déclaration non testée en cour.

Plusieurs dirigeants d’entreprises ont expliqué à l’UPAC qu’ils utilisaient leurs employés comme prête-noms pour faire des dons au PLQ. Les employés faisaient des chèques personnels, mais ils étaient remboursés systématiquement par des primes ou de fausses notes de frais.

Violette Trépanier (l’ex-responsable du financement au PLQ) et Marc Bibeau (l’administrateur de Schokbéton et ami de Jean Charest) ont été désignés par des témoins comme les « grands responsables » du financement au PLQ. « Les objectifs de financement pour chaque compagnie étaient établis par ces deux personnes, qui étaient responsables d’amasser les chèques de la part des dirigeants de compagnies », affirme l’enquêteur.

Marc Bibeau a nié par le passé toute implication dans le financement illégal du PLQ.


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