Les débats... et après

Médias et politique


Les téléspectateurs de langue anglaise ont assisté hier soir à un débat plus dynamique, plus vigoureux que celui qu'avaient vu mercredi leurs concitoyens de langue française. Le chef conservateur, Stephen Harper, s'est beaucoup mieux défendu. Gardant son calme, bien qu'attaqué de toutes parts, il est parvenu à expliquer de façon plutôt convaincante que son gouvernement n'est pas aussi passif qu'on le dit dans les domaines de l'économie et de l'environnement.
Ses adversaires anglophones, M. Layton et Mme May, étaient également plus à l'aise que mercredi soir. Et ils semblaient plus proches des préoccupations quotidiennes des Canadiens que M. Harper, toujours aussi froid.
Elizabeth May était claire dans ses propos; cela nous a révélé combien les verts canadiens sont à gauche sur le spectre idéologique. Jack Layton a bien communiqué sa passion. Il a été de loin le plus agressif, parfois trop. Il s'en est pris non seulement au premier ministre mais aussi à Stéphane Dion, qui semblait à ces occasions désarçonné par la violence des attaques. Cela dit, combien de Canadiens le néo-démocrate a-t-il ainsi convaincus qu'il a la profondeur pour diriger le pays?
Le bloquiste Gilles Duceppe n'avait à convaincre personne, seulement à nuire à son rival conservateur. On sait combien il excelle à cet art.
C'est le chef libéral, M. Dion, qui devait ressortir du débat pour changer les tendances lourdes indiquées par les sondages. Il n'est pas certain qu'il ait réussi. S'il maîtrisait bien l'anglais, il a paru moins solide que la veille. Parfois, il semblait implorer les électeurs au lieu de chercher à les convaincre.
Les deux débats sont chose du passé. On verra au cours des prochains jours l'effet qu'ils ont eu sur l'électorat.
Ces confrontations sont évidemment des moments clés. C'est à cette occasion que les citoyens prêtent le plus attention à la campagne. C'est là qu'ils peuvent voir et entendre les chefs exposer leurs idées au-delà de l'extrait sonore de 10 secondes et sans le filtre des médias. Toutefois, l'histoire politique récente compte nombre de chefs qui ont gagné un débat... pour perdre ensuite l'élection: John Turner (1988), Jean Charest (1997), André Boisclair (2007).
M. Dion a étonné plusieurs Québécois par sa performance au débat des chefs en français mercredi soir. Selon le sondage CROP-La Presse réalisé tout de suite après, M. Dion est celui, avec le bloquiste Gilles Duceppe, qui a été jugé le plus convaincant. Malgré cette évaluation très positive, seulement 17% des personnes interrogées ont dit vouloir voter pour le Parti libéral...
Il reste maintenant une dizaine de jours avant le vote. Ce serait une grave erreur de croire que tout est joué. On a souvent vu dans le passé que peu importe la multitude de sondages, peu importe les verdicts rendus par les commentateurs, les résultats des élections comportent toujours une bonne part de surprises.

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André Pratte878 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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