Legault s’inquiète des tensions commerciales avec la Chine

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Le Québec paie pour la soumission canadienne à Washington


Alors que le premier ministre québécois, François Legault, s’inquiète des répercussions du différend entre le Canada et la Chine, la ministre Nadine Girault soutient que les producteurs de porc québécois ne seront pas pris en otage.


« Il va falloir qu’Ottawa soit ferme dans les négociations avec la Chine, a dit M. Legault en mêlée de presse mercredi. Nous, on est pour le libre-échange, mais un libre-échange qui fonctionne des deux côtés. »


La ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, avait confirmé la veille que la Chine effectuait des « inspections plus fréquentes des produits de porc » canadiens. Les relations entre les deux pays sont tendues depuis l’arrestation en décembre de la dirigeante du géant des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des États-Unis.


« Je me suis assurée avec le consul de Chine qu’on ne paie pas pour ça, a indiqué la ministre des Relations internationales du Québec, Nadine Girault. Ça se passe au niveau du Canada, on n’a pas, au Québec, à payer pour les tensions [avec la Chine]. »


Elle dit avoir parlé au consul en avril et lui avoir envoyé une lettre en mai pour réitérer sa demande. « Il a très bien compris ce que j’avais comme priorité et il m’a assuré qu’il ferait le nécessaire », a-t-elle affirmé sans toutefois spécifier quelle garantie elle avait reçue.


Reste que le Québec risque de se retrouver coincé entre l’arbre et l’écorce si les relations entre le Canada et la Chine ne s’améliorent pas. « Le Québec est impuissant dans un contexte où la Chine a pris des mesures qui viennent nous affecter, effectivement, oui », a reconnu le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne.


Le Québec est la province qui produit le plus de viande porcine, selon des données de 2017 compilées par Canada Porc International, l’agence qui fait la promotion des exportations.


« La production canadienne, c’est 45 % du Québec, a remarqué le ministre Lamontagne. Alors, dans un scénario difficile, c’est certain que ça aurait un impact pour le Québec. Par contre, au moment où on se parle, on n’en est pas là. »


La Chine a importé 151 millions de tonnes de porc québécois en 2018, soit un peu plus que les États-Unis (145 millions de tonnes), selon Les éleveurs de porcs du Québec.


L’organisme note toutefois que la valeur du marché est moins importante — 283 millions contre 586 millions pour les États-Unis — en raison du type de coupes utiles pour la cuisine chinoise, comme les pattes ou la tête.


Confiance


Le président de l’organisme, David Duval, ne craint pas pour l’instant que les producteurs québécois subissent le même sort que ceux de l’ouest du pays. Les Chinois ont suspendu en mars leurs importations de canola vendues par l’entreprise Richardson International de Winnipeg, nuisant ainsi aux agriculteurs de l’ouest du pays.


« Je pense qu’on va continuer à exporter », a-t-il prédit.


La Chine est aux prises avec une épidémie de peste porcine africaine et une large portion du cheptel est mort ou a été euthanasié. « La différence entre ce qu’ils ont perduet ce que le marché mondial est capable de produire, on n’est pas capable de répondre à la demande des Chinois », a-t-il expliqué en ajoutant qu’il s’inquiétait davantage de l’entrée de cette maladie au Canada, qui en est exempt jusqu’à maintenant, que des tensions commerciales.









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