Le taux de chômage au Canada bondit à 13,7 % en mai

2e83e3805c15f94a720f7585d2fd1cf7

Il faut rapidement relancer l'emploi


Le taux de chômage au Canada a bondi à 13,7 % en mai, un niveau inégalé depuis 1976, année où des données comparables ont été publiées pour la première fois, révèle Statistique Canada.




En février, avant que la pandémie de COVID-19 n'atteigne le pays, le taux de chômage n'était que de 5,6 %. Il a ensuite grimpé à 7,8 % en mars, puis à 13 % en avril.


L'agence fédérale note que cette forte hausse est principalement attribuable aux mises à pied temporaires, la grande majorité des nouveaux chômeurs s'attendant à retourner à leur emploi précédent d'ici six mois.


CHÔMAGE

En mai, 290 000 emplois ont été créés, une hausse de 1,8 % par rapport à avril, et le nombre de personnes qui ont fait moins de la moitié de leurs heures de travail habituelles a reculé de 292 000, en baisse de 8,6 %.


Cela compense 10,6 % des baisses de l'emploi et des absences du travail liées à la COVID-19 observées de février à avril, souligne l'agence fédérale. Trois millions d'emplois ont été perdus au cours de cette période.


Les économistes attendaient en moyenne une perte de 500 000 emplois en mai et un taux de chômage de 15 %, selon la société de données sur les marchés financiers Refinitiv.


Jusqu'ici, le taux de chômage le plus élevé jamais enregistré au Canada avait été de 13,1 %, en décembre 1982.


La situation s'améliore au Québec


Au Québec, la province la plus durement touchée par l'épidémie, le taux de chômage a reculé de 3,3 points de pourcentage pour s'établir à 13,7 % en mai. Quelque 231 000 emplois ont été créés.


La croissance de l'emploi observée au Québec est la plus forte parmi les provinces et elle représente une reprise d'environ 30 % des baisses cumulatives enregistrées en mars et en avril, indique Statistique Canada.


Cela s'explique en partie par le fait que le gouvernement Legault a autorisé une relance graduelle des activités économiques avant la semaine de référence de l'enquête sur la population active, menée du 10 au 16 mai.


En Ontario, où ces restrictions étaient toujours en place au moment de l'enquête, le taux de chômage a plutôt continué de grimper en mai. Il s'établit à 13,6 %, une hausse de 2,3 points de pourcentage.


Il s'agit en outre de la seule province où l'emploi a continué de reculer le mois dernier, note l'agence. Quelque 65 000 emplois ont été perdus. En mars et avril, plus d'un million de pertes d'emplois avaient été enregistrées.


Les deux provinces où le taux de chômage est le pus élevé sont Terre-Neuve-et-Labrador (16,3 %, en hausse de 0,3 point de pourcentage) et l'Alberta (15,5 %, en hausse de 2,1 points de pourcentage).


Celles qui s'en tirent le mieux sont le Manitoba, où le taux est passé de 11,4 % en avril à 11,2 % en mai, et la Saskatchewan, où il s'établit à 12,5 %, comparativement à 11,3 % le mois dernier.


Outre l'Alberta, les provinces qui enregistrent la plus forte augmentation du taux de chômage sont l'Île-du-Prince-Édouard (13,9 %, +3,1 points de pourcentage), la Colombie-Britannique 13,4 %, +1,9) et la Nouvelle-Écosse (13,6 %, +1,6).


Le taux de chômage a cependant baissé de 13,2 % à 12,8 % en mai au Nouveau-Brunswick, qui peut ainsi se targuer de connaître la plus forte baisse au pays, après celle observée au Québec.


Embellie aux États-Unis


Aux États-Unis, le taux de chômage a diminué à 13,3 % et l'économie, pourtant mise à genoux par la pandémie de coronavirus, a créé 2,5 millions d'emplois, selon les données publiées vendredi par le département du Travail.


Ces résultats déjouent tous les pronostics des analystes, qui anticipaient plutôt un taux de chômage avoisinant 20 %, en nette hausse après avoir déjà grimpé en avril, à 14,7 %.


Mais les premières réouvertures de commerces et restaurants dans certains États au mois de mai ont permis à la première économie mondiale de se redresser.


La situation de l'emploi s'est globalement améliorée dans les secteurs des loisirs et de l'hôtellerie, dans la construction, l'éducation et les services de santé et dans le commerce de détail. Elle s'est toutefois détériorée dans l'administration.


Ces résultats inattendus ont été accueillis avec enthousiasme par les investisseurs. Quelques minutes après l'ouverture des marchés, le Dow Jones s'appréciait de 2,76 %, tandis que S&P 500 et le NASDAQ gagnaient respectivement 2,2 % et 1,6 %.