TÉLÉCOMMUNICATION

L’obstruction systématique de Bell et autres pratiques anticoncurrentielles

La conduite du géant canadien freine le déploiement et la modernisation des réseaux

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PKP a raison, Bell nuit aux régions du Québec


Alors que les Québécois ont besoin plus que jamais, surtout en temps de pandémie, de services internet haute vitesse dans toutes les régions, plusieurs voix s’élèvent afin de dénoncer les pratiques anticoncurrentielles de Bell et son obstruction systématique envers ses concurrents. Comme le soulignait le directeur du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal, Robert Gagné, dans une lettre diffusée le 11 juillet dernier dans LaPresse+, « Bell maintient de manière artificielle des barrières empêchant des concurrents de s’établir dans “ses” marchés. »


Bien que réfutée par Bell, cette récrimination date de la nuit des temps. Conséquence de son monopole historique, Bell, comme Hydro-Québec, est obligée par la loi de donner accès à ses structures de soutènement, les fameux poteaux de bois, pour que d’autres entreprises de télécommunications puissent y raccorder leurs installations. Depuis plus de 40 ans, ce droit se fonde sur l’intérêt public qui requiert de limiter au minimum le nombre de ces poteaux dans le paysage et de favoriser au maximum une utilisation conjointe de ceux-ci.


Comment Bell freine-t-elle le déploiement d’internet haute vitesse ?


Déterminée à servir les citoyens et les entreprises partout au Québec, Vidéotron est un témoin de premier rang des tactiques de Bell qui entravent de manière abusive et retardent systématiquement l’accès aux structures de soutènement existantes.


Par exemple, est-il normal qu’une demande de Vidéotron prenne plus de deux ans et demi à être traitée par Bell pour avoir accès à un poteau de bois ? Sachant que Vidéotron a soumis 1400 demandes d’accès en 2019, ces délais sont complètement surréalistes et déraisonnables.


Et que dire des coûts que Bell fait assumer aux entreprises concurrentes lorsque celles-ci lui demandent des permis d’utilisation pour les poteaux ! En plus de payer un tarif de location pour ceux-ci, Vidéotron doit assumer le coût de remplacement des structures de Bell qui sont désuètes ou détériorées, et ce, malgré que cette dernière en demeure propriétaire.


Vidéotron n’est pas la seule à dénoncer la mauvaise foi et la concurrence déloyale de Bell. Depuis trois ans, des élus de la MRC de Maskinongé accusent Bell de ralentir le déploiement d’internet haute vitesse dans leur région en mettant des bâtons dans les roues à Maskicom, l’organisme de télécom à but non lucratif créé par la MRC pour desservir sa population.


Un comportement monopolistique historique


Outre les agissements qui nuisent à la prospérité économique du Québec, il y a également toutes ces inactions fautives comme le fait que Bell ait favorisé, entre 1999 et 2005, le piratage de ses propres signaux de télévision au détriment de l’ensemble des autres joueurs de télécommunication.


L’arrivée de Vidéotron en Abitibi-Témiscamingue est un autre exemple flagrant des tentatives d’obstruction de Bell. Refus de donner accès à son service internet de tierce partie, poursuites au CRTC, offres déraisonnables, etc. Bell n’a ménagé aucun effort pour empêcher Vidéotron de briser son monopole historique dans une région où les citoyens paient un prix largement plus élevé que la moyenne québécoise pour leurs services de télécommunications. Heureusement, en décembre dernier, le CRTC a donné raison à Vidéotron qui pourra enfin s’établir en Abitibi-Témiscamingue, et cela, pour le plus grand bénéfice des gens et de l’économie de la région.


N’en déplaise à la direction de Bell, il est clair que la conduite du géant canadien freine le déploiement et la modernisation des réseaux, et ce, au détriment des consommateurs et des entreprises d’ici. Pour le développement économique des régions du Québec, Bell doit cesser ses tactiques abusives qui perdurent depuis trop longtemps. 


Pierre Karl Péladeau


Président et chef de la direction de Québecor




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