Chronique 278

Le PQ ne récolte-t-il pas les fruits amers de son inconscience ? (2)

Comment orienter le combat pour l'indépendance dans une nouvelle direction ?

Chronique de Bruno Deshaies



Cette dernière question est très délicate, mais nous devons l’aborder coûte que coûte si nous croyons vraiment à l’indépendance nationale du Québec.
[(Second article)->4616]

Nous publions la seconde partie de l’article de notre collaborateur, monsieur Pierre Daviau. Bonne lecture. BD
Pourquoi le PQ n’utilise que des formules lapidaires pour « expliquer » l’indépendance sans jamais en faire comprendre la finalité. La formule du « coffre à outils » est de l’ordre des moyens alors que l’indépendance constitue une fin. Pourquoi n’avoir jamais compris qu’il fallait ENSEIGNER l’indépendance aux Québécois ?
Dans ce second article, nous voulons aborder l’indépendance nationale dans L’OPTIQUE INDÉPENDANTISTE. Au fond, il ne suffit pas de « parler » de l’indépendance, car « Parler » seulement d’indépendance n’est pas une solution gagnante pour les Québécois.
Le caucus du Parti québécois, à la suite des critiques des députés et des militants, a décidé qu’il « parlera » de souveraineté durant la campagne électorale. Deux membres du caucus expriment, à leur manière, cette décision :
François Legault affirme ceci : « Ce qui est revenu beaucoup : on a d’abord convenu avec André qu’il faudra, durant la prochaine campagne électorale, parler de souveraineté. […]
Daniel Turp ajoute : Il y a une nécessité de corriger le tir dans un domaine en particulier ; parler de souveraineté. Beaucoup de militants trouvent que notre chef n’en parle pas assez. » (NOTE no 1)


Bernard Landry acquiesce et admet son erreur. (NOTE no 2)
Toutefois, il est bon de réfléchir sur le sens du mot parler. Selon LE GRAND ROBERT DE LA LANGUE FRANÇAISE (Dictionnaire Le Robert, Paris, 2001, Tome V, p. 246) parler « est le mot le plus général et le plus neutre socialement ». Mot tellement neutre que souvent il mute en bavardage qui signifie : « Action de bavarder ; discours d’une personne bavarde ou conversation de plusieurs personnes bavardes. » ou « Discours, propos abondant et sans intérêt ». (Le Robert, Tome I, p. 1292.)
Le Parti québécois doit apprendre que le choix des mots est très importants et qu’ils ne sont pas nécessairement interchangeables sans créer des problèmes de sémantique et aussi de compréhension. Il faut éviter à tout prix de mélanger la population en utilisant des mots passe-partout ayant des sens approximatifs. Le discours indépendantiste doit exclure l’imprécis, le vague, puisque le plus important consiste à réussir à gagner le plus grand nombre de Québécois à endosser l’optique indépendantiste. Il me semble que ce serait la voie la plus sûre pour convaincre les Québécois et de tuer dans l’œuf les manipulateurs fédéralistes qui ne rateront jamais de discréditer les indépendantistes et l’option de l’indépendance nationale du Québec. Ne pas aller vraiment dans cette direction, c’est se condamner irrémédiablement à d’autres défaites politiques et référendaires. Le tir doit être corrigé.
En effet, il ne suffit pas de « parler » de souveraineté pour calmer les critiques, pour anesthésier les esprits et pour illusionner les naïfs. Autrement dit, « parler pour parler », sans conviction aucune, simplement pour réduire la pression exercée par les militants. Agir ainsi ne peut mener qu’à la désaffection des Québécois pour la cause de l’indépendance.
QUE FAIRE ?
On pourrait… faire comme la France !




« Les médias traditionnels diffusent des messages

Les blogs démarrent des conversations. »
N’est-ce pas que ce slogan tient plus compte du « message » que de la « conversation » ? Le débat serait long si l’on voulait discuter de ces deux mots. Il se peut que tout cela ne signifie que « parler pour parler », une expression très connue au Québec. Ça pourrait aussi dire « parler à tort et à travers ». De nombreux forums de discussion sont tombés dans ce piège puis, finalement, personne ne parle !
Serait-il possible de faire beaucoup mieux, de choisir une voie plus enrichissante et plus efficace ? Voici la proposition que nous soumettons aux indépendantistes.
Programme d’action des tenants de L’OPTIQUE INDÉPENDANTISTE
La victoire de l’objectif ultime ne peut se concrétiser en « parlant » de l’indépendance, et encore moins en en « parlant » durant la période électorale ou référendaire seulement.
Les partisans de L’OPTIQUE INDÉPENDANTISTE comprennent la différence entre le NATIONAL et le SOCIAL telle qu’expliquée par l’historien Maurice Séguin :
« Le NATIONAL et le SOCIAL sont deux aspects de la vie d’une même communauté :
- le NATIONAL se rapporte aux relations avec les autres collectivités ;
[Il y a donc possibilité d’« affrontements nationaux ».]
- le SOCIAL concernant surtout le sort des personnes et la répartition des biens à l’intérieur d’une société. » (NOTE no 3)
[Des grèves ou de véritables guerres « sociales ». Cf. Normes, 1.6.2.2]
La compréhension de cette différence fondamentale amènent naturellement les tenants de L’OPTIQUE INDÉPENDANTISTE à éviter le piège qui emprisonne le Parti québécois dans des stratégies multiples et incessantes et le confinent dans le débat social uniquement.
[Priorités ? Plutôt tautologies…->4741]

Titre de La Presse : L’INDÉPENDANCE AVANT TOUT.

Bernard DESGAGNÉ

La Presse, lundi 26 février 2007, p. A17 (« Forum »)

Pour cette libre opinion non expurgée lire [le texte intégral sur VIGILE.NET->4741].
L’opinion de M. Desgagné est une nouvelle preuve qui s’ajoute à plusieurs autres à l’effet que le PQ ne sait pas ce qu’est l’indépendance nationale et qu’il est tout mêlé.
Afin de situer le combat de l’indépendance dans une nouvelle direction plus conforme à l’acquisition des connaissances politiques, les partisans de L’OPTIQUE INDÉPENDANTISTE choisissent de faire œuvre D’ÉDUCATION. Ils adoptent à cet effet une méthode qui va de soi mais que peu d’indépendantistes ont adoptée et encore moins le Parti québécois. Cette méthode consiste à ENSEIGNER L’INDÉPENDANCE AUX QUÉBÉCOIS.
Le dictionnaire (NOTE no 4) définit le mot ENSEIGNER ainsi :

« Transmettre à un élève de façon qu’il comprenne et assimile (des connaissances) » ou « Apprendre à quelqu’un, par exemple, par une sorte de leçon ».

À la suite du renvoie à Apprendre, nous lisons : « Enseigner quelque chose, en montrant, en rendant intelligible. » Ensuite, le dictionnaire renvoie à « Démontrer, expliquer, inculquer, révéler ».
Le mot CONVAINCRE (NOTE no 5) constitue aussi une composante importante à ne pas oublier :
« Amener (quelqu’un) à reconnaître la vérité, la nécessité d’une proposition ou d’un fait. »

Le programme d’action émane directement de cette réflexion et de ces définitions. Il consiste donc à ENSEIGNER, DÉMONTRER, EXPLIQUER, INCULQUER, RÉVÉLER ET CONVAINCRE. Ce programme d’éducation s’adresse à tous les Québécois et toutes les Québécoises pour qu’ils reconnaissent, en premier, l’état d’annexion, de subordination et de remplacement qui est le leur et qu’ensuite ils adhèrent à L’OPTIQUE INDÉPENDANTISTE, gage de leur enrichissement collectif.
Les indépendantistes doivent aussi comprendre que le combat de l’indépendance se livre quotidiennement. Il en va de même pour son enseignement.
Création du MOUVEMENT de Québécois pour mener le combat de l’indépendance

La proposition étonnante de créer ce MOUVEMENT a été lancée par Bruno Deshaies dans sa chronique intitulée [Les plaisirs de l’ambivalence->3643] Il écrit :
« Notre avenir québécois est dans une force, une dynamique, un MOUVEMENT. […] NE PAS ACCEPTER CETTE NOUVELLE ORIENTATION, C’EST SOUHAITER DEMEURER INDÉFINIMENT DANS LE STATUT D’UNE NATION QUÉBÉCOISE ANNEXÉE. Le pire des choix entre la liberté collective ou l’assimilation inévitable après quelques soubresauts terminaux d’affirmation nationale. »

M. Deshaies récidive dans les deux chroniques suivantes :

[Le Messie, le chef !->3829]

[Occupez-vous d’indépendance ! ->4129].
Il ne devrait plus être question de « parler » d’indépendance seulement comme a choisi de le faire le Parti québécois. Il s’agit vraiment de faire comprendre la finalité de l’indépendance qui est l’option de L’AGIR PAR SOI COLLECTIF À L’INTERNE ET À L’EXTERNE POUR LA TOTALITÉ DES POUVOIRS D’UN ÉTAT SOUVERAIN RECONNU INTERNATIONALEMENT. Dans le cas contraire, les Québécois auront le choix entre subir l’annexion plus ou moins forte qui pourrait être par ailleurs totale ou partielle ou accepter à leur corps défendant l’assimilation totale.
Afin de contribuer à la création du MOUVEMENT, Bruno Deshaies et moi-même offrons nos services pour prononcer des conférences afin D’ENSEIGNER l’indépendance nationale du Québec. Nous connaissons déjà la réponse des adversaires fédéralistes. Un premier fédéraliste, Daniel Johnson, l’a exprimée dans La Presse :
« Comme le PQ sait déjà que les Québécois ne veulent pas de la séparation, ni de l’indépendance, ni de la sécession, même sous le couvert de la souveraineté, il découvre maintenant, tardivement, que nous ne voulons même pas d’un autre référendum.. » (NOTE no 6)

André Pratte, un deuxième fédéraliste, ressuscite dans un éditorial la campagne des peurs au lendemain d’un référendum appuyant l’indépendance :
« Pas un mot sur un partenariat, une association économique ou même un simple accord avec le Canada sur la liberté de circulation des personnes et des capitaux. Au lendemain d’un oui, des négociations seraient amorcées avec le gouvernement du Canada. Quel en serait l’objectif ? Silence. » (NOTE no 7)

L’enseignement de l’optique indépendantiste dans la conception de l’action politique devient une nécessité absolue. Il sert les intérêts supérieurs des indépendantistes et permettra de contrer, en même temps, les actions des fédéralistes.
Pierre Daviau

Québec


NOTES :
(1) Martin PELCHAT, Michel CORBEIL, « Les députés péquistes lavent leur linge sale. », Le Soleil, 2 février 2007, p. 7.
(2) Gilbert Lavoie, « Landry invite Boisclair à miser davantage sur la souveraineté », Le Soleil, 27 février 2007, p. 3. « L’ancien chef du Parti québécois Bernard Landry conseille à André Boisclair de miser encore plus fort sur la souveraineté pour faire sortir le vote péquiste aux élections. « En 2003, les souverainistes ne nous ont pas appuyés parce qu’ils n’ont pas cru qu’on ferait la souveraineté, a expliqué M. Landry au SOLEIL. André Boisclair a tout intérêt à en parler. » »
(3) Maurice Séguin, LES NORMES, Guérin éditeur ltée, Montréal, 1999, p. 203.
(4) LE GRAND ROBERT DE LA LANGUE FRANÇAISE, Dictionnaire Le Robert, Paris, 2001, T II, p. 2204.
(5) LE GRAND ROBERT DE LA LANGUE FRANÇAISE, Dictionnaire Le Robert, Paris, 2001, T II, p. 555.
(6) [« Honte au PQ ! »->4735] On comprend l’objectif de cette séance de sémantique d’André Boisclair : le mot « référendum » porte, chez nous, le lourd fardeau de nos divisions. »
(7) [« Un PQ inquiétant. »-> 4734].










Featured b9f184bd28656f5bccb36b45abe296fb

Bruno Deshaies209 articles

  • 268 070

BRUNO DESHAIES est né à Montréal. Il est marié et père de trois enfants. Il a demeuré à Québec de nombreuses années, puis il est revenu à Montréal en 2002. Il continue à publier sa chronique sur le site Internet Vigile.net. Il est un spécialiste de la pensée de Maurice Séguin. Vous trouverez son cours sur Les Normes (1961-1962) à l’adresse Internet qui suit : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-1-20 (N. B. Exceptionnellement, la numéro 5 est à l’adresse suivante : http://www.vigile.net/Les-Normes-en-histoire, la16 à l’adresse qui suit : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-15-20,18580 ) et les quatre chroniques supplémentaires : 21 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique 22 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19364 23 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19509 24 et fin http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19636 ainsi que son Histoire des deux Canadas (1961-62) : Le PREMIER CANADA http://www.vigile.net/Le-premier-Canada-1-5 et le DEUXIÈME CANADA : http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-1-29 et un supplément http://www.vigile.net/Le-Canada-actuel-30

REM. : Pour toutes les chroniques numérotées mentionnées supra ainsi : 1-20, 1-5 et 1-29, il suffit de modifier le chiffre 1 par un autre chiffre, par ex. 2, 3, 4, pour qu’elles deviennent 2-20 ou 3-5 ou 4-29, etc. selon le nombre de chroniques jusqu’à la limite de chaque série. Il est obligatoire d’effectuer le changement directement sur l’adresse qui se trouve dans la fenêtre où l’hyperlien apparaît dans l’Internet. Par exemple : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-1-20 Vous devez vous rendre d’abord à la première adresse dans l’Internet (1-20). Ensuite, dans la fenêtre d’adresse Internet, vous modifier directement le chiffre pour accéder à une autre chronique, ainsi http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-10-29 La chronique devient (10-29).

Vous pouvez aussi consulter une série de chroniques consacrée à l’enseignement de l’histoire au Québec. Il suffit de se rendre à l’INDEX 1999 à 2004 : http://www.archives.vigile.net/ds-deshaies/index2.html Voir dans liste les chroniques numérotées 90, 128, 130, 155, 158, 160, 176 à 188, 191, 192 et « Le passé devient notre présent » sur la page d’appel de l’INDEX des chroniques de Bruno Deshaies (col. de gauche).

Finalement, il y a une série intitulée « POSITION ». Voir les chroniques numérotées 101, 104, 108 À 111, 119, 132 à 135, 152, 154, 159, 161, 163, 166 et 167.





Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé