L'ouverture aux communautés culturelles

Le PQ n'a encore rien prouvé

Siou Fan Houang se présentera dans Marguerite-Bourgeoys, un fief libéral

Crise de leadership au PQ


Québec -- Deux mois après la démission de deux de ses dirigeants qui ont critiqué l'absence de diversité ethnique chez les députés et les candidats péquistes, le Parti québécois s'est choisi un premier candidat issu des communautés culturelles en vue des prochaines élections -- une candidate, en fait. Mais la nouvelle recrue a dû se contenter d'un comté imprenable.
Lors d'une assemblée d'investiture tenue lundi, les membres du PQ de Marguerite-Bourgeoys ont élu Siou Fan Houang, une candidate d'origine sino-cambodgienne. Âgée de 42 ans, Mme Houang, qui a immigré au Québec en 1991, est consultante en gestion de projets entre l'Asie, l'Europe et le Québec, selon le communiqué émis par le PQ hier. Détentrice d'une licence en communications de l'Institut international de communication de Paris, la candidate est membre, notamment, du comité des communautés culturelles de la Fédération des femmes du Québec et de la Ligue des droits et libertés.
Provenant de la filière du Bloc québécois, Mme Houang est membre de l'exécutif de Laurier-Sainte-Marie, le comté de Gilles Duceppe. Elle habite dans le comté de Mercier, représenté à l'Assemblée nationale par Daniel Turp. «J'ai choisi ce comté [Marguerite-Bourgeoys]. C'est un comté multiethnique que je connais bien», a dit Mme Houang. «Dans ma conception à moi, il n'y a ni comté gagnant, ni comté perdant. Tous les comtés sont prenables, il suffit de travailler très fort.»
Sise dans le sud-ouest de l'île de Montréal, la circonscription de Marguerite-Bourgeoys est un château fort libéral où le PQ n'a aucune chance de l'emporter. L'actuelle présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, la représente depuis 1998. Aux élections générales de 2003, Mme Jérôme-Forget avait obtenu 70 % des suffrages exprimés et une majorité de plus de 16 000 voix sur son adversaire péquiste.
Dans leur lettre de démission remise à la fin de septembre à la présidente du PQ, Monique Richard, Isabelle Beaulieu et Dominique Ollivier, qui quittaient l'exécutif national du PQ, déploraient «l'écart entre les bonnes intentions exprimées et les actions terrain» lorsqu'il est question de choisir des candidats en provenance des communautés culturelles. «Malheureusement, force est de constater que, dans toutes les circonscriptions prenables, le vieux réflexe de l'homogénéité joue encore», ont-elles écrit.
En guise de réplique, Monique Richard avait indiqué à la mi-octobre que le PQ annoncerait des candidatures de personnes issues de communautés culturelles «dans les semaines qui viennent» et dans des comtés jugés prenables. Or rien de tel depuis.
Lorsque sa démission a été rendue publique, Mme Ollivier avait affirmé au Devoir que les seules personnes issues des communautés culturelles que le PQ avait pressenties pour devenir candidats «se retrouvent dans des comtés perdants comme Marguerite-Bourgeoys ou Mont-Royal».
Hier, Nicolas Girard, qu'André Boisclair a chargé de l'organisation du parti en vue des prochaines élections, a soutenu que le PQ présentera des candidats en provenance des communautés culturelles dans des comtés où il est possible de l'emporter.
«On va avoir une large coalition avec des gens qui proviennent de différents milieux, un équilibre», a-t-il dit. Le PQ veut avoir davantage de candidates. Le parti recherche aussi des candidats à l'extérieur du parti qui jouissent d'une certaine notoriété, comme Pierre Curzi dans Borduas, ainsi que des gens qui sont bien implantés dans leur milieu. Enfin, il entend recruter quelques candidats issus des communautés culturelles, a énuméré M. Girard.
Rappelons que Dominique Ollivier, d'origine haïtienne, s'était présentée en 2004 à l'investiture du comté de Gouin en vue d'une élection partielle, mais Nicolas Girard, l'actuel député, l'avait remportée par sept voix après trois tours. Puis, cet été, Mme Ollivier a projeté de se porter candidate dans Taillon, mais le parti lui a préféré Marie Malavoy.


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