PARTI QUÉBÉCOIS

Le français au coeur du deuxième débat

Une réponse d’Alexandre Cloutier lui a valu des huées dimanche

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ABC : Anybody but Cloutier

Alexandre Cloutier s’est opposé dimanche à la proposition de Martine Ouellet de « revenir aux dispositions initiales de la Charte de la langue française ». Pour cela, il s’est attiré les huées de dizaines de membres du Parti québécois.

Mme Ouellet a profité du second des deux débats officiels de la course à la direction du PQ, dimanche à Montréal, pour demander à son adversaire de l’imiter en s’engageant à renforcer la langue française au Québec au moyen de deux mesures-clés : imposer l’unilinguisme français dans l’affichage commercial, d’une part, et dans la législation et la justice, d’autre part. « En Alberta et en Saskatchewan, c’est unilingue anglais. Pourquoi au Québec, ça ne pourrait pas être en français ? », a demandé Mme Ouellet devant un parterre bondé.

« Dans le cadre d’un Québec indépendant, Martine, la réponse, ça va être oui. Mais il y a un cadre légal à respecter, Martine. Et puis, c’est malheureux, mais on doit le respecter », a rétorqué M. Cloutier. Les huées ont fusé dans la salle Ludger-Duvernay du Monument-National.

Près de 40 ans après l’adoption de la loi 101, Mme Ouellet a pour sa part dit n’avoir aucune gêne à recourir à la disposition de dérogation, qui permet à l’Assemblée nationale d’adopter une loi dérogeant à certains articles de la Charte canadienne des droits et libertés, afin de retirer la possibilité d’ajouter une ou plusieurs autres langues sur un message affiché dans un lieu public. À l’heure actuelle, le français doit être « nettement prédominant » sur les enseignes, écriteaux, affiches, etc., pour lui accorder « un impact visuel beaucoup plus important » que celui des autres langues.

Mme Ouellet, qui a reproché à M. Cloutier d’« abdique[r] du côté de l’affichage », est toutefois demeurée muette sur la façon dont elle s’y prendrait afin de contourner l’article 133 de la Loi constitutionnelle de 1867, qui contraint à une certaine forme de bilinguisme législatif et judiciaire le Québec et l’Ontario.

À l’instar des autres candidats à la chefferie, M. Cloutier compte contraindre les entreprises à « franciser [leur] marque de commerce » et à étendre l’application de la loi 101 aux entreprises de 25 à 49 employés et à celles à charte fédérale. « Le marché du travail s’anglicise davantage. Si on veut que nos jeunes choisissent le français, encore faut-il que le travail soit en français », a-t-il fait valoir.

En point de presse, Jean-François Lisée et Paul St-Pierre Plamondon se sont tous deux refusés à l’idée d’assujettir les commerçants à l’obligation d’afficher en français seulement. Ils s’étaient gardés de le souligner durant le débat.

Ouellet passe à l’offensive

À moins de deux semaines de l’élection du 9e chef du PQ, Mme Ouellet refuse de s’avouer vaincue, et ce, malgré des sondages défavorables. D’ailleurs, elle a sonné la charge dimanche après-midi, en reprochant à ses deux principaux adversaires Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée de la mettre à l’écart. « C’est vous qui allez écrire l’histoire », a-t-elle affirmé tout en balayant du regard les quelque 800 spectateurs du débat. « C’est vous qui allez remettre le Parti québécois en marche vers l’indépendance, car l’indépendance, c’est notre plus grande force de changement, de mobilisation », a-t-elle ajouté. Martine Ouellet, qui est la seule candidate à promettre la tenue d’un référendum dans un premier mandat du PQ, a reproché à M. Cloutier de « cultive[r] l’ambiguïté et le flou mou » sur le moment où il tiendra un référendum sur l’indépendance du Québec. « Sans l’indépendance, oubliez le pouvoir en 2018 ! » a insisté Mme Ouellet, après être passée à l’offensive.

L’élue de la Montérégie a aussi égratigné Jean-François Lisée, l’accusant de faire des « volte-face régulièrement pour gagner des points à court terme ».
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