Le chef bloquiste prédit des élections au début de 2008

Gilles Duceppe a l'intention de continuer à diriger le Bloc québécois tant qu'il aura la confiance des électeurs.

Le BQ à Ottawa

Ottawa -- Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, trace en quelque sorte une ligne dans le sable. Il restera à la barre du parti souverainiste fédéral seulement s'il remporte plus de sièges que ses adversaires dans la province lors des prochaines élections générales. Des élections qu'il prédit pour les premiers mois de 2008.
L'avenir du leader bloquiste alimente périodiquement les discussions politiques, et ce, depuis quelques années déjà. Encore cet automne, un quotidien concurrent avait fait enrager Gilles Duceppe en titrant que celui-ci préparait sa sortie. Archi-faux, avait-il répliqué. En entrevue de fin d'année accordée au Devoir hier, M. Duceppe a plutôt indiqué qu'il restera à la barre du Bloc encore longtemps, à moins de perdre la confiance des électeurs. Une confiance qu'il dit mesurer par le nombre de sièges obtenus au prochain scrutin.
Puisqu'il ne peut, après tout, être le «chef éternel» du Bloc québécois, prépare-t-il une stratégie de sortie pour éviter une répétition de sa gênante volte-face de mai dernier? «J'espère que le Bloc québécois ne sera pas éternel non plus», lance d'abord Gilles Duceppe à l'autre bout du fil.
Et il ajoute: «Je suis en pleine forme, je crois en ce que je fais et l'objectif, c'est que le Québec devienne un pays. Ce n'est pas fait, et ça, c'est mon objectif. Tant et aussi longtemps que j'aurai cette confiance [des électeurs et des militants], la santé pour continuer -- car il faut être en forme, quand même -- et le désir et les convictions que j'ai, j'ai bien l'intention de continuer. Il y en a qui sont arrivés bien plus vieux que je ne le suis en ce moment en politique et ils ont été premiers ministres!»
Gilles Duceppe, 60 ans, rappelle qu'à la suite de sa candidature avortée à la chefferie du Parti québécois, au printemps dernier, il a demandé à ses députés et au conseil général du Bloc de lui réaffirmer leur confiance, ce qu'ils ont fait à 95 %. Le congrès général du parti aura lieu quant à lui en octobre 2008. Mais, avoue-t-il, «les électeurs risquent de se prononcer avant les militants». Et comment conclut-on avoir obtenu la confiance des Québécois lors d'élections générales?
«Si on finit premier ou pas, répond M. Duceppe. C'est encore plus simple [qu'avec les militants]: on gagne ou on perd. On n'en sort pas. Et je suis persuadé qu'encore une fois, on terminera premier comme on l'a fait en 1993, en 1997, en 2000, en 2004 et en 2006.»
M. Duceppe parle sans aucun doute de sièges et non du pourcentage de votes obtenus, car c'est à ce seul titre qu'il peut prétendre à une victoire aux élections de 2000. Cette année-là, en effet, les troupes de M. Duceppe avaient remporté 38 sièges et le Parti libéral de Jean Chrétien, 36, mais ce dernier avait récolté 44 % des suffrages, contre 40 % pour la formation souverainiste. Il faut 38 sièges sur 75 pour obtenir une majorité au Québec.
Depuis qu'il existe, le Bloc québécois a toujours obtenu plus de circonscriptions que tous les autres partis politiques réunis, mais la prochaine bataille générale risque d'être plus corsée. Les derniers sondages, toutes firmes confondues, placent le Bloc à égalité avec le Parti conservateur de Stephen Harper. Gilles Duceppe a déjà mené ses troupes à quatre élections générales.
Le chef bloquiste écarte par ailleurs la possibilité qu'il se présente aux élections et annonce peu de temps après son départ de la vie politique. «Je demande un mandat et je vais le faire, ce mandat-là», assure-t-il en entrevue.
Des élections d'ici quelques semaines
Pour Gilles Duceppe, il ne fait aucun doute que le pays se retrouvera en campagne électorale d'ici quelques semaines, en janvier ou en février. «Je vois mal comment on pourrait ne pas être en campagne électorale en début d'année, que ce soit un peu avant le budget s'il y a des journées d'opposition ou à cause d'une proposition sur la mission en Afghanistan», dit M. Duceppe.
La Chambre des communes reviendra de son congé de Noël le 28 janvier. C'est la date à laquelle l'ex-ministre libéral John Manley doit en principe remettre ses recommandations sur la suite à donner à la mission militaire canadienne au pays d'Hamid Karzaï. Un vote pourrait alors avoir lieu, auquel cas il serait considéré comme un vote de confiance.
La Chambre siégera trois semaines avant de faire encore relâche. Tout porte à croire que le budget fédéral, que les confortables surplus permettront d'être généreux, sera ensuite déposé. Il s'agira encore là d'un vote de confiance. S'ils veulent renverser le gouvernement conservateur avant que celui-ci ne distribue ses largesses, les partis d'opposition devront déposer une motion de défiance pendant ces 15 jours ouvrables. Pour cela, toutefois, encore faut-il que le gouvernement accepte de tenir une journée d'opposition. Celles-ci, obligatoires, peuvent être retardées jusqu'à la fin d'une session parlementaire.
Prêt pour les élections
Gilles Duceppe affirme par ailleurs être prêt pour des élections. «On a plus de 40 candidats choisis, dit-il. Leurs photos sont prises, la mienne aussi d'ailleurs. L'argent va très bien dans les comtés. On est vraiment bien équipé pour faire une campagne.» Il ajoute que «la thématique et la stratégie sont prêtes» et qu'il suffira de faire les ajustements de dernière minute pour tenir compte du contexte dans lequel le gouvernement minoritaire sera tombé. «Si le gouvernement tombe avant le budget sur une question précise, on ne pourra toujours bien pas l'ignorer!»
Le Bloc québécois détient 49 sièges au Québec, contre 11 pour les conservateurs, 12 pour les libéraux, un pour le NPD et deux indépendants (André Arthur et Louise Thibault).
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