COALITION AVENIR QUÉBEC

Le Canada, peut-être, un Québec libre, jamais

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Devinez qui tire les ficelles ?

Deux ans et demi après avoir fondé la CAQ, François Legault a obtenu l’appui de 97,2 % des délégués du parti. Il s’agissait de son premier vote de confiance. « Ça me touche. Ça me permet de continuer à faire le travail sur le terrain », a-t-il dit en point de presse. La CAQ refuse toutefois de préciser le nombre de personnes qui se sont prévalues de leur droit de vote.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, pourrait cautionner un retour du Québec dans la famille constitutionnelle canadienne, mais pas tout de suite. Le fruit n’est pas mûr. Il ne le sera pas avant « 10, 15, 20 ans », a-t-il spécifié au terme du premier congrès de la CAQ.

La CAQ pourrait dire « oui » à la ratification de la Constitution de 1982 par le Québec, une fois les conditions gagnantes réunies, mais jamais à la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Québec, a précisé M. Legault. « Il n’y aura jamais de référendum sur la souveraineté avec un gouvernement de la CAQ », a-t-il dit à maintes reprises.

En revanche, il appelle le premier ministre Philippe Couillard à cesser de rêver au retour du Québec dans la famille constitutionnelle canadienne à temps pour le 150e anniversaire de l’entrée en vigueur de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (AANB), en 2017.

Le Québec n’est pas « [à] la veille » de pouvoir participer à des négociations constitutionnelles desquelles il pourrait sortir « la tête haute », selon M. Legault. « J’espère que M. Couillard écoute. Je ne crois pas que le Québec pourra adhérer à la Constitution canadienne la tête haute si on n’a pas d’abord réussi notre redressement économique », a-t-il affirmé, avant de récolter les applaudissements des quelque 400 à 500 militants caquistes réunis à Trois-Rivières. « On a un genou à terre actuellement. »

Il dissuade le gouvernement du Québec d’entreprendre des négociations constitutionnelles tant qu’il touchera 9,3 milliards de dollars en péréquation et n’aura pas résorbé l’écart de richesse de 25 % entre le Québec et le Rest of Canada (ROC). « Éliminer un écart de 25 %, on parle de 10, 15, 20 ans. […] Moi, je ne serai plus en politique quand on va être rendus là », a-t-il lancé à la blague lors d’une conférence de presse.

Le chef caquiste presse le gouvernement libéral d’ouvrir deux fronts — non constitutionnels — avec Ottawa : la langue et l’immigration. Le Québec doit détenir les « pleins pouvoirs » dans ces deux champs d’action, a-t-il martelé. « Ça vien[drait] asseoir notre nation sur du solide », a-t-il souligné aux journalistes.

Pour lui, le gouvernement du Québec doit avoir en main « tous les pouvoirs » en matière de sélection des immigrants afin de « protéger » le « caractère distinct » de la société québécoise. À l’heure actuelle, Québec et Ottawa ont respectivement la main haute sur le choix de 70 % et de 30 % des quelque 50 000 immigrants admis annuellement sur le territoire québécois.

En plus de céder ses pouvoirs en matière de sélection des immigrants, Ottawa doit assujettir les entreprises de régime fédéral — employant quelque 135 000 personnes au Québec — à la Charte de la langue française, selon le chef de la CAQ. « Le gouvernement fédéral doit comprendre qu’il faut préserver l’intégralité de la loi 101 et même l’étendre aux entreprises à charte fédérale », a-t-il dit. À l’approche de la campagne électorale fédérale, il presse le Parti conservateur du Canada, le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral du Canada de promettre de modifier la Loi sur les sociétés, le Code du travail ainsi que la Loi sur les langues officielles pour soumettre notamment les banques et les compagnies d’assurance à un « équivalent » de la loi 101. « C’est difficile pour le gouvernement fédéral de refuser [une telle proposition] », particulièrement si une « majorité de Québécois » l’appuient, a plaidé M. Legault.

M. Legault a critiqué sévèrement Philippe Couillard, qui a prononcé une allocution exclusivement en anglais à la conférence Arctic Circle à Reykjavik. Il l’a accusé d’avoir « manqué à son devoir de chef d’État de la nation québécoise ». « M. Couillard a fait un faux pas. [Il a] envoyé un mauvais message en ne parlant pas français sur une tribune internationale », a-t-il fait valoir. « C’est le Canada d’abord avec M.Couillard ! »

Nationalisme d’« affirmation » et d’« ouverture »

La CAQ défendra dorénavant sans complexe un nationalisme d’« affirmation » et d’« ouverture », a répété le député de L’Assomption avant d’être ovationné pendant quelques secondes. « Quand je parle de “nationalisme d’ouverture”, je pense à un peuple sûr de lui-même, qui n’a pas envie de jouer les victimes. Je pense aussi à une évidence que personne ne peut nier. Cette évidence, c’est que le Québec n’est pas une province comme les autres », a-t-il affirmé, cherchant à rallier les électeurs déçus du « fédéralisme mou » du Parti libéral du Québec et du « pays imaginaire » du Parti québécois.

Le nationalisme québécois doit aussi s’incarner dans un « grand projet économique » comme celui du Projet Saint-Laurent. Ce « plan moderne » de « Silicon Valley québécoise » permettrait aux Québécois de « retrouver les moyens de [leurs] ambitions », tout en finançant adéquatement les services publics, mais aussi les mesures de protection de l’environnement et d’affirmation de la culture.

Le chef du gouvernement, Philippe Couillard, lui, n’a pas de plan économique, selon M. Legault. « Il allume des lampions, en priant pour que l’économie reprenne », a-t-il affirmé devant un parterre de quelque 400 militants caquistes.


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