LETTRE

La médiocrité du français

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Le français n'est pas médiocre. Ceux qui le bafouent ou le trahissent le sont

Quand Victor-Lévy Beaulieu prend la parole, il n’y va jamais avec le dos de la cuillère, il ne mâche pas ses mots et ne fait pas dans la dentelle. Cela peut parfois froisser les esprits délicats, mais on n’a jamais besoin de chercher à comprendre ce qu’il veut nous dire ; c’est clair comme de l’eau de roche. Le texte reproduit de la page Facebook de l’auteur, publié dans Le Devoir du 31 décembre, en est une éloquente illustration. Merci à VLB pour cette aimable autorisation.

Certains politiciens devraient s’en inspirer au lieu de continuer à nous servir leurs insipidités en bois mou.

On apprend à bien écrire en lisant des textes bien écrits. Malheureusement, avec les nouvelles technologies, les textes bien écrits sont de moins en moins lus. Il ne faut pas trop s’en surprendre quand le ministre Bolduc considère lui-même les livres comme un luxe que nous n’avons pas les moyens de nous offrir et que la maîtrise du français n’est pas indispensable pour tout le monde. Tant que la ministre David nous racontera que le français est difficile et que le premier ministre Couillard souhaitera que les ouvriers apprennent l’anglais pour pouvoir mieux saluer leurs patrons, on sera loin du jour où l’on verra une amélioration de la qualité de la langue française au Québec. On continuera à verser alors très rapidement dans la facilité des Twitters bâclés et autres messageries de la médiocrité franglaise.

VLB a bien raison de s’indigner de cette médiocrité du français de chez nous, et il n’est pas le seul à le faire. Le langage et la pensée sont interdépendants et le premier est le reflet de la deuxième. C’est malheureux de constater, avec VLB, que de plus en plus de gens d’ici pensent surtout avec le bas du corps. Ils parlent donc comme ils marchent et ils marchent mal.

Comment redonner aux gens le goût de la langue française dans toute sa subtilité, ses nuances et la richesse de ses structures ? Les coupes dans le domaine de l’éducation et de la culture ne seront certainement pas la solution. Tant que nos dirigeants ne penseront qu’en signe de piastre tout en continuant à n’engraisser que les plus gras, le français au pays du Québec continuera à ressembler à une porcherie mal entretenue, avec les odeurs nauséabondes qui en émanent.


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