La chasse aux études

Oh! là, on se calme! Cette histoire d'études non publiées, ce n'est tout de même pas le Watergate.

La langue - un état des lieux


Pauline Marois a qualifié d'«absolument inimaginable» la décision de l'Office québécois de la langue française (OQLF) de ne pas rendre publiques sur-le-champ les études qui ont servi au bilan de la situation linguistique attendu dans quelques semaines.

Selon Mme Marois, l'Office et le gouvernement Charest «manquent de respect à l'égard des citoyens du Québec». Le député adéquiste Gilles Taillon en a rajouté, parlant de «magouille» et de «cachette». Oh! là, on se calme! Cette histoire d'études non publiées, ce n'est tout de même pas le Watergate.
L'OQLF est tenu par la Charte de la langue française de faire rapport au gouvernement sur la situation linguistique «au moins tous les cinq ans». À cette fin, il fait et commande des études sur divers aspects de la question. Rien dans la loi ne l'oblige à publier ces documents ou même le bilan qu'il présente au ministre responsable.
Mme Marois a-t-elle divulgué toutes les études qui lui ont été remises du temps qu'elle était ministre? En 1996, quand le gouvernement dont elle faisait partie a édulcoré le bilan de la situation linguistique préparé par deux chercheurs, a-t-elle alerté la population?
L'Office n'a pas caché l'existence desdites études; il en fait même l'énumération dans son dernier rapport annuel. Il n'a jamais été question qu'il les envoie à la déchiqueteuse. L'organisme a tout simplement décidé de publier les documents en question en mars ou en avril, en même temps qu'il remettra son bilan au gouvernement. L'Office estime qu'il ne serait pas utile de publier ces recherches à la pièce, notamment parce que certaines d'entre elles ne tiennent pas compte des données du recensement de 2006 dévoilées en décembre dernier. Le PQ et l'ADQ s'opposent-ils à ce qu'on dispose d'un portrait complet de la situation avant de porter un jugement? On l'imagine aisément, pressés qu'ils sont d'annoncer l'apocalypse linguistique.
Soyons sérieux: qui croit que la langue française sera mise en péril si ces rapports sont rendus publics en mars plutôt qu'en février?
Cette controverse doit amener le gouvernement et l'Office québécois de la langue française à s'interroger sur ce fameux bilan linguistique. Choisi en fonction du calendrier du recensement canadien, l'intervalle de cinq ans est trop long compte tenu du caractère extrêmement délicat de la question linguistique au Québec. De plus, l'Office aura avantage à suivre une politique de publication claire au lieu de décider de manière plus ou moins arbitraire quand chaque étude est portée à l'attention de la population.
À notre avis, l'Office devrait faire un bilan de la situation linguistique chaque année, à l'occasion du dépôt de son rapport annuel à l'Assemblée nationale. Ce bilan ne serait évidemment pas aussi complet que celui produit à la suite de la publication des nouvelles données du recensement, mais il permettrait de faire le point sur les plus récents travaux faits par ou pour l'OQLF. La Charte devrait lui imposer de publier en même temps toutes les études réalisées pour son compte au cours des 12 mois précédents. Pas de supposées cachettes, pas de délais indus, pas de controverse.
En matière de langue comme en toute autre, la transparence est toujours la meilleure politique.
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André Pratte876 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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