PROJET DE LOI 10

L’incertitude plane à la veille du bâillon

Le premier ministre Philippe Couillard nie tout désaccord avec son ministre de la Santé

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Une chatte n’y retrouverait pas ses petits

À la veille de l’adoption sous bâillon du projet de loi 10 de réforme administrative du réseau de la santé, l’incertitude était à son comble jeudi quant aux concessions que serait prêt à faire le ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Le ministre promet de tenir compte des demandes de la Coalition avenir Québec et de Québec solidaire. Mais rien n’a filtré sur la teneur des amendements qui seront déposés vendredi.

Dans la circonscription même du premier ministre Philippe Couillard, Roberval, la réforme administrative qui prévoit des fusions majeures d’établissements a créé des remous. Le premier ministre a même discuté d’amendements possibles avec son ministre de la Santé afin de répondre aux préoccupations de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, confirme son attaché de presse Harold Fortin.

Il y a eu la guerre de clocher pour l’emplacement du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) — Alma, Chicoutimi ? D’autres ont réclamé deux CISSS distincts. Des territoires craignent pour leurs services, comme le maintien des cinq blocs opératoires de la région. Le journal Le Quotidien rapportait mercredi que lors d’un événement local, Philippe Couillard avait exprimé son désir de voir certains aspects du projet de loi 10 amendés.

Le premier ministre a demandé au ministre de la Santé que des activités administratives se déroulent à Alma en raison d’une plus grande proximité avec le Lac-Saint-Jean, a confirmé Harold Fortin au Devoir. Aussi, M. Couillard considère qu’il serait « important » que le CISSS de cette région obtienne la désignation « universitaire ».

Il n’y a pas pour autant querelle entre le ministre de la Santé et son chef, assure M. Fortin. « Il n’y a aucun désaccord entre M. Couillard et M. Barrette. Le premier ministre appuie totalement cette réforme. »

Dans le noir

Ces inquiétudes sont typiques des interrogations que le projet de loi suscite dans plusieurs régions du Québec. « Ce n’est pas la chicane politique à savoir où se trouvera le siège social du CISSS qui nous préoccupe, c’est la proximité des soins pour la population. Va-t-on fermer des blocs opératoires, des services, pour la rentabilité ? », s’inquiète Nathalie Savard, présidente du Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois. Elle craint aussi que des emplois en région soient transférés vers Québec.

L’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), qui disparaîtra dans la foulée de l’adoption du projet de loi 10, a servi un dernier avertissement jeudi. Sa directrice générale, Diane Lavallée, a soulevé que « les exigences technologiques qui découlent du projet de loi 10, à elles seules, pourraient nécessiter un investissement de 1,4 milliard de dollars ».

Les sages-femmes étaient elles aussi encore dans le noir jeudi quant au statut qui leur sera accordé au sein des futures administrations. Leur conseil professionnel sera-t-il le seul à être écarté des conseils d’administration ?

L’opposition officielle du Parti québécois demandera au gouvernement que vendredi, les députés se penchent en priorité sur les articles qui touchent la transparence, le maintien des instances locales, l’équilibre entre la santé et les services sociaux et le maintien du financement et de l’autonomie des organismes communautaires.

Le débat pourrait se poursuivre tard vendredi soir avant que le projet de loi 10 soit adopté.


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