L’Affaire VLB

Nous tenons à sortir de l’ombre pour mettre fin une fois pour toutes à ce procès public intenté contre l’écrivain Victor-Lévy Beaulieu

VLB - coup de pied dans la fourmilière


Nous, indépendantistes de tous horizons,
Nous tenons à sortir de l’ombre pour mettre fin une fois pour toutes à ce
procès public intenté contre l’écrivain Victor-Lévy Beaulieu, procès où le
principal intéressé semble avoir été condamné d’avance. Depuis la
publication de « La traîtrise de Pauline Marois », une partie importante du
Courrier des lecteurs du quotidien [Le Devoir->11749] fut réservée aux lettres
condamnant les propos de VLB. Bien sûr, l'auteur de James Joyce, l'Irlande,
le Québec, les mots
y est allé un peu fort en parlant de « traîtrise »,
mais tous avoueront qu’il est bien mieux d’avoir de la gueule comme
Beaulieu qu’avoir une langue de bois.
La sortie de Victor-Lévy Beaulieu sur la volonté de Pauline Marois de
rendre parfaitement bilingues tous les petits Québécois en a fait réagir
plus d’un. Frans Van Dun de l’Assomption compara l’auteur de Trois-Pistoles
aux clercs d’autrefois. Jean-François Labadie de Montréal se demandait «
quand [est-ce que] les VLB de ce pays mourront-ils? », aspirant à pouvoir
parler « enfin » du « nouveau Québec ». Quant à Denis Gaumond, un
souverainiste, il parlait de « nationalisme intégriste » baignant dans
l’obscurantisme et terminait sa lettre en disant « Thank you » à Madame
Marois pour son « ouverture sur le monde ». Ces propos, qui s'apparentent à
un anathème général lancé à l'encontre de l'auteur de La Grande Tribu, sont
le reflet selon nous d'un peuple qui n'est pas capable d'assumer son passé.
En d'autres temps, on parlait d'aliénation.
Nous constatons que VLB fut transformé en archétype social : ce grand
intellectuel de gauche ayant passé une grande partie de sa vie à Montréal
est devenu subitement au cours des derniers mois l’image sombre parfaite du
vieux « pure laine » bien enraciné dans son Québec profond. Cette vision
des choses est tout simplement ridicule, considérant que Beaulieu a écrit
plus de livres que sa vie ne compte d'années. L’image péjorative qui fut
associée à VLB est non seulement une honte face à ce pilier de la
littérature québécoise, mais aussi face à tous les
Blancs-Français-Catholiques vivant en région. Honnêtement, nous ne
comprenons pas pourquoi les Québécois d’ascendance française devraient
avoir une réputation inférieure à celle des autres citoyens. Pourquoi le «
nouveau Québec », pour reprendre les mots de Monsieur Van Dun, serait-il
nécessairement supérieur à l’ancien ? La chute de l’Empire romain en 476
a-t-elle fait de l’Occident un monde meilleur ?
Le français d’abord et avant tout
Nous n’avons rien contre le fait que les Québécois deviennent bilingues,
trilingues ou multilingues. Il demeure toutefois que notre unique objectif
est que tous les Québécois puissent étudier, travailler, être servis et
être soignés en français chez eux, sans sacrifice, comme tout peuple
normal. Ce que nous critiquons, c’est le discours faisant du bilinguisme
une obsession, si ce n’est une religion. Bien peu d’individus ces derniers
jours ont soulevé le fait que le Québec est déjà l’État le plus bilingue et
le plus trilingue des Amériques ! De l’autre côté de l’Outaouais, ne vous
attendez pas à trouver des bilingues à la tonne : seulement 7% des
anglophones du ROC le sont. On semble laisser croire que le Québec serait
sérieusement en retard en matière de bilinguisme alors que ce sont les
autres qui devraient nous prendre en exemple.
Ce qui est réellement inquiétant, ce n’est pas l'état du bilinguisme, mais
plutôt l'état de l'analphabétisme. Selon l’Espace québécois francophone
consacré à l’alphabétisation, le taux d’analphabétisme serait assez élevé
au Québec comparativement aux autres provinces du Canada et à plusieurs
pays d’Europe. Au Québec, 42% des francophones n’ont pas de bonnes
capacités en littératie, contre 32% des anglophones. Lorsqu’un peu plus de
deux Canadiens français du Québec sur cinq a de la difficulté à lire
correctement sa propre langue, est-il pertinent – et intelligent – de
proposer de bilinguiser tous les Québécois ? Nous voyons là la crainte
exprimée par Victor-Lévy Beaulieu de voir les Québécois assimilés par la
porte de derrière.
L’autodétermination, seule solution
Au sein des milieux indépendantistes, les opinions divergent sur la
décision de Victor-Lévy d’appuyer l’ADQ, un parti qui nous apparaît tout
aussi fédéraliste que le Parti libéral. Qu’importe, puisque nous
connaissons tous l’engagement de l’homme pour la Cause du Québec. Après
tout, si le PQ décide – encore! – de mettre en veilleuse la lutte pour la
libération de notre peuple, nous n’avons pas à nous sentir coupables si
nous votons pour une autre formation politique.
Pour nous, il ne peut y avoir de véritables garanties pour la survie de la
langue française en Amérique si les Québécois et leurs élites politiques
persistent à ne pas faire du Québec un État souverain. Une minorité est
toujours destinée à se faire traiter comme une minorité. Qu’arrivera-t-il
aux Québécois lorsqu’ils ne représenteront plus que 15% ou 10% de la
population canadienne ? Qu’arrivera-t-il aux Québécois lorsqu’il y aura
plus de sinophones que de francophones au Canada, ce qui est déjà le cas en
Colombie-Britannique et en Alberta ? Il sera peut-être alors trop tard pour
éviter la louisianisation du peuple québécois.
***
Maxime Schinck, Sherbrooke
Donnent leur appui à ce texte:
Christian Bergevin, Montréal

Germain Cherhal, ancien président du Parti Québécois du comté de Chambly,
St-Basile-le-Grand

Gilles Cormier, Rouyn-Noranda

Pierre Desgagné, ancien président du Parti Québécois du comté de
Rivière-du-Loup / Les Basques, Rivière-du-Loup

Jean-Pierre Durand, Repentigny

André Forget, Montréal

Anne-Marie Gélinas, auteur-compositeur-interprète, Warwick

Louis Grant, Saint Jean au Nouveau-Brunswick

Sébastien Hotte, Boisbriand

Charles Laflamme, Bromont

Claude Lagueux, Thetford Mines

Patrick Lépine, Ste-Foy

Daniel Magnan, St-Pie

Frédéric Picard, St-Jean-sur-Richelieu

François Préfontaine, Acton Vale

Reynald Savard, Chicoutimi
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --

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Maxime Schinck24 articles

  • 12 737

« Jeune homme dans la vingtaine, Maxime Schinck est finissant de
l'Université de Sherbrooke en Études politiques appliquées, profil «
Politiques publiques ». Il avait précédemment entrepris des études en
Éducation au secondaire, profil Univers social (1ère année effectuée).

Depuis plusieurs années, il fait paraître plusieurs articles dans divers
quotidiens, telles que Le Devoir et le journal sherbrookois La Tribune.
Ses études, entre autres, ont contribué à sa compréhension des systèmes
politique et partisan et à développer son indépendance d'esprit.

Son principal champ d'intérêt est l'étude des mouvements associés à la
droite de l'échiquier politique en Europe et en Amérique du Nord. De façon
globale, il s'intéresse aux problématiques sociologiques et politiques que
vivent les sociétés occidentales et à la place de ces sociétés, comme bloc
à la fois uni et diversifié, au sein de la communauté mondiale. »





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5 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    25 avril 2008

    Bravo Vlb, vous avez le courage de vos opinions. Il y en a tant qui ont peur et murmurent tout bas. Vous êtes un exemple à suivre sur ce point.

    Le 50,000$ que Dumont pige de sa propre autorité dans les coffres de l'Adq est la dernière goutte que fit déborder le vase avez-vous dit. Il y a d'autres raisons que vous pourriez invoquer: - Mario avoue n'avoir jamais cru à la souveraineté ou indépendance du Québec, même quand quand il se battait pour le oui au référendum.C'aurait été suffisant pour le quitter car comment pourrions nous penser qu'il croit à son autonomie maintenant? Ce pourrait fort bien être une autre blague. À moins qu'il ne rêve à la vieille autonomie provinciale de Duplessis en 1950. Il a laissé tomber tellement d'engagement: impôt à 20%, bond d'éducation, etc.
    Le premier, il a avancé l'idée d'une constitution interne avec citoyenneté québécoise complémentaire à celle du fédéral. Or quand Pauline arriva avec un projet pour réaliser cela, au lien d'appuyer son idée, il l'a rejeté comme un peureux.C'est un indécis comme Bourassa qu'il dénonçait pour Charlottetown. Il fait des déclarations tonitruantes comme Camille Samson naguère et c'est tout. C'est un bâtisseur de château de cartes, un politicien comme Charest qui pige de la main gauche des argents qui remettent en cause sa loyauté aux électeurs. Deux payes, deux compromissions. Un autre vieux parti avec son vieux chef. Un démolisseur de la démocratie scolaire au lieu de l'améliorer.
    Mais dites-moi ce que vous pensez de la demande du PQ de se faire céder par le fédéral toute la compétence sur la radio et télé française avec compensation financière? Après son projet de citoyenneté québécoise ça commence à convaincre un peu, non?

  • Maxime Schinck Répondre

    9 mars 2008

    En lien avec le sujet de ce texte, je vous propose la lecture de ce sondage mené par Le Devoir et The Gazette qui démontre à quel point les Québécois sont obsédés par le bilinguisme, ce qui n'est pas du tout le cas de leurs confrères anglophones.
    J'en conclue que le véritable objectif n'est pas de devenir bilingue ...mais de connaître l'anglais.

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    8 mars 2008

    M. Boivin,
    Vous l'avez décelé comme nous tous, ce travail de sape de l'estime de soi chez les Québécois par le biais de la post modernité que nous refuserions dans la lengua franca du commerce mondial. Et la jeunesse est particulièrement sensible à ce portrait de peuple désuet auquel on ne veut surtout pas être identifié!
    Vous parlez aussi de Gesca. Ça nous rappelle qu'un M. G.-É. Cartier a beaucoup dépensé d'énergie ici pour promouvoir l'idée, très réaliste, d'un quotidien indépendantiste. Si, par hasard, vous le connaissez, votre influence pourrait servir à ce qu'il revienne nous tenir au courant: il se plaignait un peu de notre apathie pour le projet, mais il cherchait surtout un mécène pour le départ. Enfin, s'il a toujours l'idée d'une forme de co-op, nous serions sans doute nombreux à devenir membres pour prolonger l'influence de Vigile.net, quand même un peu confidentielle. On s'épuise, ici, à écrire sans fin!

  • Gaston Boivin Répondre

    8 mars 2008

    Vous avez mis, à mon avis, le doigt sur le problème, quand, commentant et décrivant les réactions virulentes de la plupart des lecteurs du Devoir aux propos de V.L.P., vous dites, ce qu'autrement je traduirai ainsi, à savoir qu'ils se font en fait le reflet de tous ces gens qui ne sont plus capables d'assumer le passé de leur peuple et qu'ils constituent, en ce sens, la manifestation du début de son aliénation. Finalement, leur attitude n'est que le résultat de l'entreprise à laquelle s'est mise, depuis plus de 25 ans, la gent fédéraliste et ses acolytes francophones, celle de s'évertuer à occulter, chez notre peuple ,son histoire et ses traditions, en cherchant à lui substituer les années d'histoire de ce Canada de la Confédération(déjà près de 141 ans), de cette confédération qui s'est plue, depuis les premiers jours de son existence, à l'ignorer et à se construire à son détriment, ainsi qu'à lui présenter son désir de défendre et maintenir, dans toute sa spécificité, son existence à titre de nation sur le territoire, qu'il occupe majoritairement, comme étant une attitude à la fois tribale et ethnocentrique, qui deviendrait du mépris, sinon du racisme , à l'égard et à l'endroit de tous les autres : Immense entreprise de propagande: Pervertir et avilir ce que nous sommes et notre image, nous présenter comme un peuple diabolique, fanatique, hystérique, raciste, simpliste, naziste, antisémite, jovialiste et que sais-je encore, d'abord auprès des autres et maintenant auprès de nous-mêmes. Tenter de travestir outrageusement ce que nous sommes en nous décrivant autrement que dans notre réalité, de manière à la fois à nous en dégoûter et à nous en culpubaliser de sorte que nous en venions à vouloir nous rejeter nous-mêmes.
    Notre peuple ne continuera d'exister que dans la mesure où les individus, qui le composent, auront le désir de s'y identifier: On appelle cela le sentiment d'appartenance! Depuis 1980 et plus particulièrement depuis 1995, c'est ce à quoi s'est attaquée la stratégie fédéraliste pour tenter d'éliminer chez lui tout désir d'émancipation et d'autonomie souveraine: Faire en sorte que que les Québécois eux-mêmes n'aient plus le goût de s'identifier à leur peuple grâce à l'image repoussante qu'on lui en ferait, un peuple dont personne ne voudrait être. Gesca et tous les autres valets intéressés de la pensée et du pouvoir fédéral y ont apporté et continuent d'y apporter leur contribution. En même temps, pourquoi ne pas s'en prendre, de l'intérieur même , à l'état québécois et c'est ainsi que, dans la foulée de 1995, nous avons eu droit à l'arrivée de monsieur Charest et à tout ce qui s'en est suivi: Enseignement de l'anglais aux francophones à un plus jeune âge, manipulation et occultation de notre histoire et de son enseignement, banalisation de la précarité du français, de la loi 101 et de son application, manipulation politique de l'O.Q.L.F., et, si l'on se fie à cette dernière, probablement aussi manipulation politique générale de l'état québécois. Si l'on s'en tient à ce que l'on est en train de découvrir relativement à l'O.Q.L.F., j'ai comme l'impression que, si le P.Q. prend le pouvoir et qu'il se met à faire un examen critique de la situation de l'appareil étatique québécois suite au passage des libéraux de monsieur Charest, il risque d'avoir de bien mauvaises surprises, qui nécessiteront, vraisemblablement, de sa part, un surplus de travail.

  • Archives de Vigile Répondre

    8 mars 2008

    Jaimerais ajouté mon nom à cette pétition:
    Guy Le Sieur, Montréal