Joyeux Noël à vous aussi, M. Coiteux

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C'est le Scrooge de Dickens

Il ne le sait pas encore, mais c’est tout ce qu’il aura de ma part pour Noël. J’ai écouté attentivement son discours de mardi dernier alors qu’il en a profité pour nous remettre sous le nez notre pauvreté et notre manque d’ambition, et ça m’a coupé complètement l’envie de lui préparer un panier de petites gâteries pour qu’il puisse passer un Noël joyeux avec les siens sans trop dépenser.

Je ne serais pas surprise d’apprendre qu’il n’a jamais gâté personne de son entourage parce qu’il estime que ce serait du gaspillage et que l’argent, c’est fait pour s’empiler en toute sécurité. Son séjour comme étudiant en Suisse a dû lui faire comprendre comment on s’y prend pour finir par avoir une fortune.

C’est aussi son ambition en politique : nous sortir du trou, même si ça fait mal et que nous allons voir se faire détruire tout ce que nous avons construit depuis 1960, grâce au gouvernement Lesage, un gouvernement libéral (eh oui) qui avait rassemblé des bâtisseurs de pays comme René Lévesque, Paul Gérin-Lajoie et Georges-Émile Lapalme. Ils ont été des modèles de détermination, de courage et d’ambition pour le petit peuple frileux que Maurice Duplessis avait fait de nous. Le Parti libéral d’aujourd’hui tire plus à droite que jamais et le saccage des acquis qui nous sont essentiels pour notre développement est entrepris avec une détermination qui fait peur.

Le pire, c’est que les libéraux d’aujourd’hui n’ont rien à offrir pour remplacer ce qu’ils vont détruire. Le néant. Leur seul objectif est d’atteindre un déficit zéro avant la fin de 2016, quel que soit le prix à payer sur le plan humain et sur la perte des avancées que nous avions réussies dans le domaine social. C’est tellement gros que même le monde des affaires, qui devrait chanter les louanges de ce gouvernement, hésite à applaudir. Il n’a pas tort, car la colère qui va envahir nos rues ne créera pas un climat propice à leur business as usual.

La proposition de se serrer la ceinture a été essayée dans plusieurs pays du monde. Si ça avait réussi quelque part, on le saurait. Les taux de chômage sont à la hausse partout : en Espagne, au Portugal, en Grèce et en France. Les parents sont sans travail et les enfants sans avenir. Est-ce que c’est ça la proposition de monsieur Coiteux ? Certaines boutiques annoncent déjà qu’elles vont fermer à Montréal, sans parler des mines qui plient bagage en nous laissant le soin d’assurer le nettoyage après leur départ. 82 000 emplois perdus en six mois, ce n’est pas rien. Nous serrer la ceinture ? Pour une bonne partie de la population, il n’y a plus de trou dans la ceinture, car ceux qui existaient ont tous été utilisés.

Il faut sauver ce qu’il va rester des garderies, car la participation des femmes à l’avancement de la société, qui était devenue un plus pour la collectivité, risque de les retourner entre les quatre murs de leur maison. Avancer par en arrière ne mène nulle part. Moi qui pensais que la prochaine étape allait être la gratuité, de la garderie à l’université, dans le but d’instruire tous nos enfants qui sont notre avenir immédiat et de leur donner à tous la chance de jouer un rôle important dans notre société qui a tellement besoin de savoir. Je vois déjà la tête du ministre Coiteux si je lui faisais une telle proposition…

Ce qui me fascine en ce moment, c’est de constater que nous allons être privés même de choses essentielles pour rembourser une dette évaluée par le premier ministre Couillard à quelque 200 milliards de dollars (est-ce le bon chiffre ?), dont une bonne partie accumulée pendant les neuf années libérales sous Jean Charest. Ce n’est pas vrai que le PQ a accumulé une telle dette en 18 mois. Nous allons payer la dette accumulée par les libéraux, en notre nom, sans que nous ayons été consultés quand la décision a été prise et sans que nous sachions dans quelle situation financière on allait nous laisser.

Malgré tout ça, on va taper sur les moins riches parce que les autres sont intouchables. Ils n’ont qu’à menacer de filer en Ontario ou ailleurs, et on sait qu’ils ne paieront rien. On leur vend l’électricité moins cher qu’au citoyen payeur de taxes, on leur construit des routes et des chemins de fer pour aller chercher nos richesses naturelles et on leur offre le Saint-Laurent gratuitement pour transporter le pétrole de l’Alberta sans imposer un « péage » comme sur le pont Champlain à venir… Étrange, non ? Ça donne vraiment envie d’envoyer le « dindon de la farce » à M. Coiteux pour Noël. Joyeux Noël, Monsieur le Ministre du Trésor. Nous aurons une bonne pensée pour vous.


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