ENCORE LA QUESTION RÉFÉRENDAIRE

Jean Chrétien and Stéphane Dion ride again

Le moment est venu de nous libérer de nos propres chaînes

Tribune libre

ENCORE LA QUESTION RÉFÉRENDAIRE
Comme s’il n’y avait pas assez de misère en ce bas monde, Jean Chrétien et Stéphane Dion s’envolent vers Londres et l’Espagne pour enseigner à ces gouvernements comment poser une question référendaire, solidement piégée de manière à toujours obtenir un NON, un refus inconditionnel au sujet de la « séparâtion » de l’Écosse, « tsé veu dire»…
Pour le Royaume-Uni comme pour l’Espagne, le résultat final : Le POUVOIR POUR LE POUVOIR, ET LE POUVOIR À PERPÉTUITÉ.
Demander au peuple écossais comme au peuple québécois et au peuple catalan s’ils veulent se « séparer », c’est fausser la question et le sujet en partant. Ce qui est véritablement en jeu : le POUVOIR, AVEC UN GRAND « P », QUE VEULENT LES GOUVERNEMENTS DE GRANDE-BRETAGNE ET D’ESPAGNE, AFIN DE MAINTENIR LEUR OLIGARCHIE DE SUPER-RICHES EN PLACE ET À PERPÉTUITÉ. C’EST POURQUOI CES GOUVERNEMENTS TROUVENT LE PRÉTEXTE DU REFUS DU SÉPARATISME POUR JUSTIFIER LEUR REFUS ET LEURS MENACES.
Pour nous, qui voulons que le Québec devienne un État, doté de pleins pouvoirs, le terme séparatisme est faux. L’État doté de pleins pouvoirs n’est pas un séparatisme mais un STATUT.
Une majorité de Québécoises et de Québécois ignorent ce que veut dire le terme géopolitique et juridique de STATUT.
Prenons un exemple pour commencer au moins à le comprendre : une jeune femme veut devenir médecin ou ingénieur, ce qui est à la fois un STATUT ET UN POUVOIR.
Elle investit ses moyens et multiplie ses efforts en vue d’en acquérir la compétence et d’être reconnue comme telle. À la fin, lorsqu’elle reçoit pleine certification qui lui accorde STATUT ET POUVOIR d’agir suivant la compétence acquise, ce n’est nullement par faveur ni affection qu’on lui reconnaît ce STATUT mais parce que sa pleine compétence est reconnue sans ambiguïté ni ambivalence.
Tout STATUT RECONNU relie le passé (ce qui est accompli) au présent(ce qui est), et à l’avenir (ce qui pourra s’accomplir PARCE QU’ON A LE POUVOIR NÉCESSAIRE POUR L’ACCOMPLIR).
De même pour quelqu’un qui achète une propriété. Ce quelqu’un INVESTIT dans un bien foncier. Après 40 ans d’investissements, ayant payé tous les droits et remplis toutes les CONDITIONS ET obligations, il accède à la pleine propriété, CE QUI EST À LA FOIS UN STATUT ET UN POUVOIR.
Cette reconnaissance n’est ni faveur ni affection mais a pour but de protéger STATUTS ET POUVOIRS PARCE QU’ILS SONT FACTEURS DE PROGRÈS CONTINU.
Là où il n’y a pas d’investissement, il n’y a ni statut, ni pouvoir, ni progrès continu. Cette loi est naturelle et ontologique, ou existentielle si on préfère, en ce sens qu’elle est une nécessité de l’existence et un facteur majeur de progrès continu.
De même pour les statuts collectifs, dont celui de nation, société territoriale de facto, reconnue de fait par son investissement, mais sans pouvoirs réels.
Avec le statut reconnu de Nation, un pouvoir commence à poindre.
Finalement, avec le statut reconnu d’ État-nation, ce sont les pleins pouvoirs d’une société architectonique et ontologique, qui est entrée de plein pieds dans l’existence. Architectonique veut dire construite à partir d’un territoire spécifique, comme un projet architectural qu’on construit sur un terrain spécifique.
Tous ces statuts sont reconnus en géopolitique, discipline qui n’a rien d’intellectuel et qui relève de l’épistémologie classique, de l’ontologie et de l’éthique, dont le but est d’identifier dans les faits et le principe la détermination consciente et le progrès continu.
Le drame au Québec est que ces notions simples, non pas simplistes mais simples, fondamentales pour que le Québec soit reconnu comme nation, puis Nation et finalement État-nation, sont INCONNUES, parce que jugées dangereuses par et pour la clique en place, politiciens et bandits confondus, qui tiennent le POUVOIR ET L’ARGENT sous leur contrôle.
Quant au peuple Québécois, un peuple sans pouvoirs, il a beau être féru de droit, de littérature, de science et de technologie, il ignore l’épistémologie, l’ontologie et l’éthique classiques, disciplines qui ont pour objet l’existence et l’Être, par conséquent les pouvoirs d’État..
Ces disciplines sont les fondements de la géopolitique qui est ontologique et architectonique. Elles sont réservées aux seuls détenteurs du pouvoir et à leurs descendants.
Quant au peuple ordinaire, il fonde ses conclusions SUR CE QUI EST ÉCRIT. CE QUI N’EST PAS ÉCRIT N’EXISTE PAS, POINT FINAL ET FIN DE LA DISCUSSION.
OR LE VÉRITABLE POUVOIR N’EST ÉCRIT NULLE PART. On le possède et on l’exerce, sinon on ne reste que des subordonnés, des gens soumis, moutonniers, sans pouvoirs, en état permanent de soumission servile et dégradante.
Au Québec, ce qui n’est écrit nulle part en toutes lettres sur papier n’existe pas. Il n’y a pas d’existence réelle au sens ontologique du terme, existence qui précède et dépasse toujours les mots qu’on couche sur papier, comme si les mots dépassaient les Actes.
L’Évangile le dit bien : La lettre, (qui ne voit rien ou presque rien), tue. L’Esprit, (qui voit), vivifie. Donc il agit et fait agir.
Combien le comprennent? Combien sont conscients de la phénoménologie de la perception et des limites de la représentation en comparaison avec les vues insaisissables de l’Esprit qui voit et discerne.
Mais encore faut-il que l’esprit se manifeste, et quand je regarde autour de moi, je n’en vois pas beaucoup de manifestations.
Toute question référendaire ne peut donc véritablement porter que sur un STATUT dont l’existence dans les faits (de facto) est un pré-requis à sa reconnaissance en droit (de jure).
LES QUESTIONS QUI SUIVENT ET PEUVENT SERVIR DANS UN RÉFÉRENDUM SONT DES QUESTIONS DE POUVOIRS ET NON DES QUESTIONS SANS SUITE. DE TELLES QUESTIONS DONNENT DÈJÀ UN CERTAIN POUVOIR AU PEUPLE :
-* Reconnaissez-vous le Québec (ou l’Écosse ou la Catalogne, ou l’Aquitaine) comme nation?
-* Reconnaissez-vous le Québec comme État?
-* Accordez-vous pleine autorité à l’État du Québec?
-* Reconnaissez-vous le gouvernement fédéral et central d’Ottawa comme ayant pleine autorité sur le Québec?
-* Sinon, autorisez-vous le gouvernement du Québec à inviter et inciter le gouvernement central d’Ottawa à quitter le Québec ?
Sauf qu’au Québec, on ne connait pas les disciplines ontologiques et statutaires. Jean Chrétien et Stéphane Dion ont donc beau jeu de proposer des questions solidement piégées ET SANS EFFET : « Vous voulez-tu la séparation ? »
SÛR ET CERTAIN QUE VOUS NE LA VOULEZ PAS, LA « SÉPARÂTION » bande de moutons ?
Ce terme, qui n’a aucun rapport avec la réalité mais qui la caricature de façon vulgaire, n’accorde aucun pouvoir ni reconnaissance de STATUT au peuple, dès lors condamné à demeurer inféodé à des pouvoirs qui ont intérêt à l’exploiter.
« We have met the enemy, and he is us ».
Le moment est venu de nous libérer de nos propres chaînes.
JRMS

Featured 751d93ca198caacf4590a022022f5bc8

René Marcel Sauvé217 articles

  • 249 229

J. René Marcel Sauvé, géographe spécialisé en géopolitique et en polémologie, a fait ses études de base à l’institut de géographie de l’Université de Montréal. En même temps, il entreprit dans l’armée canadienne une carrière de 28 ans qui le conduisit en Europe, en Afrique occidentale et au Moyen-Orient. Poursuivant études et carrière, il s’inscrivit au département d’histoire de l’Université de Londres et fit des études au Collège Métropolitain de Saint-Albans. Il fréquenta aussi l’Université de Vienne et le Geschwitzer Scholl Institut Für Politische Wissenschaft à Munich. Il est l'auteur de [{Géopolitique et avenir du Québec et Québec, carrefour des empires}->http://www.quebeclibre.net/spip.php?article248].





Laissez un commentaire



4 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    22 mai 2013

    "C'est une caricature très méchante. En fait, je pense que c'est la plus méchante, un geste gratuit. M. Dion n'avait rien fait, n'avait été impliqué dans aucun événement fâcheux, sauf celui d'exister..."
    Serge Chapleau
    Quoi
    Quand Stéphane Dion accède au cabinet Chrétien en 1996, il se démarque très rapidement par un discours à la fois clair et « dur » à l'endroit des nationalistes québécois. Il réplique du tac au tac à toutes les critiques du régime fédéral formulées par les souverainistes québécois. Cette attitude souvent perçue comme arrogante lui vaudra une hostilité certaine de la part d'un grand nombre de francophones, comme en fait foi cette image de M. Dion en rat, en « petit rongeur » de l'aveu même du caricaturiste.

    Si le ministre Stéphane Dion jouit d'une bonne réputation auprès des électeurs du Canada anglais, il en va tout autrement au sein de l'électorat francophone du Québec, en particulier dans les milieux nationalistes où l'on voit volontiers M. Dion comme l'incarnation des forces antagonistes.
    Quand
    La courte victoire du camp du NON au référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec incite le premier ministre Chrétien à faire appel à Stéphane Dion pour développer un argumentaire fédéraliste plus consistant.
    Qui
    Stéphane Dion, ancien professeur de sciences politiques de l'Université de Montréal, politicien libéral et ministre canadien des Affaires intergouvernementales de 1996 à 2003.
    http://www.mccord-museum.qc.ca/scripts/viewobject.php?section=162&Lang=2&tourID=vq_p4_6_fr&seqNumber=19

  • Archives de Vigile Répondre

    20 mai 2013

    Dix ans après la crise de la vache folle au Canada.
    Du mouton fait à partir de viande de rat et de renard.
    Jean Chrétien et Stéphane Dion multiplient les conférences européennes. Leur thème : «l'unité nationale». On les invite en Grande-Bretagne et en Espagne pour savoir comment gérer une question nationale qui risque d'aboutir à une sécession et pour enseigner à ces gouvernements comment poser une question référendaire, solidement piégée de manière à toujours obtenir un NON.
    http://www.radio-canada.ca/regions/alberta/2013/05/17/004-anniversaire-crise-vache-folle-efforts-remission.shtml

  • Archives de Vigile Répondre

    18 mai 2013

    Le Canada exportateur de viande avariée.

    Ce retour d'ascenseur nous rappelle l’affaire des quatre sous-marins britanniques usagés que le gouvernement libéral de Jean Chrétien a acheté à l’Angleterre en 1998 pour la somme de 610
    millions de dollars.(...)
    Quelle douce revanche que de leur retourner du mouton fait à partir de viande de rat et de renard.
    http://www.ouest-france.fr/region/paysdelaloire_detail_-Chine.-Du-rat-et-du-renard-dans-de-la-viande-de-b%C5%93uf_55257-2189232_actu.Htm

  • Marcel Haché Répondre

    18 mai 2013

    « Le drame au Québec… parce que jugées dangereuses par et pour la clique en place.. ».R.M.Sauvé.
    Vous avez raison. Le clan fédéraliste, c’est d’abord une clique. Cette clique triomphe depuis longtemps. Il est inconcevable que les indépendantistes n’en viennent pas à bout. Il est surtout inconcevable que les indépendantistes n’arrivent pas à se créer une union sacrée pour le faire. Honte à nous.