Le pays inabouti

Je te le dis, le Québec ne se fera pas

Je laisserai derrière moi un pays inabouti, spolié de ses richesses, irréversiblement intoxiqué, que se disputeront les charognards.

Idées — Le destin québécois

Christian Ramoz, Le Québecois par amour ! (commentaire)
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Cher Christian,
Depuis quelques mois nous correspondons; je te livre aujourd’hui le fond
de ma pensée.
Je crois que le Québec restera un pays inachevé.
Les Québécois ont laissé passer leur chance lors du dernier référendum
dont ils n’ont jamais contesté les résultats biaisés. Dans tout autre
endroit au monde, une telle violation aurait provoqué des manifestations,
des émeutes, des grèves, des graffitis, des incendies, la paralysie de
l’État! Ici, les gens se sont contentés de rentrer la tête dans les épaules
et de baisser les bras. On leur a dit «pas grave, on organisera une
nouvelle consultation populaire un de ces jours quand il sera écrit dans le
ciel que les astres nous sont favorables».
Toi qui rêves, Christian, d’un Québec indépendant, toi qui as appris le
français par toi-même et par goût de la langue, toi qu’amusent Les Têtes à
claques et qui trouves Pierre Falardeau grossier avec tous ces «osties» et
«tabarnaks», mais mon Dieu que tu l’aimes et le trouves formidable, toi qui
à l’Université autonome de Mexico rédiges une thèse sur le séparatisme
québécois, je te le dis, le Québec ne se fera pas. Comme les
multinationales ne font qu’une bouchée des petites entreprises, le Québec
se fait avaler tout rond par le Canada sans même s’en apercevoir.
Tu aimes le français, tu aimes l’accent québécois. Le Québec en 1977 se
donnait le français pour langue officielle. Mais dans les faits, le Québec
est bilingue. Montréal, sa ville la plus densément peuplée glisse vers
l’anglais. Les Montréalais s’accommodent de la situation et, à l’extérieur
de l’île, on s’en moque éperdument. Montréal est un cas à part! Montréal,
ce n’est pas Le Québec!
Je t’assure, Christian, que de voir un peuple mourir dans l’ignorance de
sa propre mort est un spectacle douloureux. Même dans une corrida, le
taureau pressent le danger.
Imagine un instant qu’à Mexico une partie de la population exige de
l’autre qu’elle parle anglais sous prétexte qu’il s’agit d’une langue
internationale. Imagine que ceux qui se satisfont de l’espagnol se fassent
regarder de haut, aient de la difficulté à se trouver un emploi, soient
moins bien payés que les autres, possèdent de moins bonnes institutions de
santé, de moins bonnes écoles, aient du mal à se faire servir et à se faire
soigner dans leur langue. Imagine maintenant l’anglais dans les rues de
Mexico, dans les commerces, à la radio et dis-moi si tu ne sursautes pas
quand tu entends au hasard quelques mots d’espagnol. De quoi avoir le mal
du pays!
Cela résume ce qui se passe ici.
On a mis dans la tête des Québécois que sans la connaissance de l’anglais,
ils n’étaient rien. On leur a mis dans la tête que le français était une
langue sans grande envergure. C’est vrai que pour nos voisins canadiens,
elle ne signifie pas grand-chose. Pourtant le français est partagé par des
millions de personnes. Mais au Canada, pays bilingue, on n’en voit pas
l’utilité.
Tu crois, Christian, qu’ici règne la démocratie. Détrompe-toi. Le crime
paie. Partisanerie, pots-de-vin, corruption, nominations, retours
d’ascenseur, propagande font partie de notre lot quotidien. Tiens, à titre
d’exemple: chaque jour ou presque les médias mettent l’accent sur
l’attente, parfois fatale, en salle d’urgence des hôpitaux. Résultat: les
Québécois finissent par se dire favorables à une ouverture au privé dans
leur système de santé. Rarement on évoque les conséquences que l’intrusion
du privé pourrait avoir sur la santé de la population.
Les médias exercent un pouvoir énorme et en abusent allègrement. La
plupart des gens tombent dans leurs pièges. Pareils à des perroquets, à
force d’entendre les mêmes sornettes, ils les répètent comme des vérités.
C’est ainsi que le concept d’indépendantistes «purs et durs» a été
introduit et accepté par la population et les élites politiques. Le reste
du temps, les journalistes s’emploient à nous divertir en nous faisant
d’interminables topos sur les conditions météorologiques et leurs effets
sur les nerfs des automobilistes et des camionneurs pour lesquels un
bouchon de circulation est un «véritable enfer», un Rwanda!
Les politiciens qui devraient se battre, bec et ongles, pour notre
identité, se comportent en lavettes. Ils ont peur de vexer le camp ennemi.
Alors, s’il demande une main, ils lui cèdent le bras pour prouver leur
bonne foi. «Voyez comme nous sommes gentils.» Ils sont passés maîtres en
autocensure et en auto-flagellation. C’est dans ce même esprit qu’ils
n’osent pas «imposer» le français aux immigrants. Il ne faut pas les
«contraindre», les «obliger», les «forcer» à apprendre la langue de la
majorité. «S’il fallait nous les mettre à dos!»
C’est ainsi que l’anglais devient la langue commune. D’autre part, des
services sont offerts dans d’autres langues comme à la Caisse Populaire
Desjardins, une institution québécoise, où l’on communique avec la
clientèle en anglais, en espagnol, en arabe, en arménien, en vietnamien, en
italien, en portugais, en mandarin, etc. Sur les sites Internet de députés
et de partis «souverainistes» on peut accéder à des versions anglaises,
espagnoles, portugaises, etc. Bienvenue chez vous! Et vive l’intégration!
Ne parlons plus de Noël mais du solstice d’hiver!
Le Québec se divise en «communautés», selon la langue, la couleur, le pays
d’origine ou la religion. La plupart d’entre elles sont hostiles aux
Québécois qui ont le malheur de parler français et de vouloir se séparer du
Canada, ce qui entraînerait leur expulsion, une guerre civile, la perte de
leur argent, de leurs revenus, de leurs biens! C’est ce que Jacques
Parizeau a eu le malheur de qualifier de «vote ethnique» et qui a fait
grimper les indépendantistes dans les rideaux où ils sont restés
accrochés.
Les Québécois, de leur côté, les «pure laine» comme on ne dit plus, ne
forment pas un bloc compact. La notion de «solidarité» chez eux n’existe
pas. Pourtant une «communauté» possède un poids indéniable. Ainsi, la
communauté juive jouit du privilège de ne pas respecter les panneaux de
stationnement lors du sabbat. La communauté grecque a obtenu de ne pas voir
le nom de l’Avenue du Parc métamorphosé en Avenue Robert-Bourassa. Les
Québécois ne se soutiennent plus. Ils continuent de faire le plein à
Pétro-Canada bien que la multinationale ait mis ses employés en lock-out et
refuse de leur accorder les mêmes conditions de travail que celles des
Canadiens.
Lorsque des Québécois expriment leurs craintes de voir leur langue et la
laïcité de leur État menacées, ils se font vite taper sur les doigts par
des Québécois plus évolués qui les remettent à leur place: racistes,
xénophobes, ayatollahs, ignares, nazis! Pour démontrer l’ouverture des
Québécois sur les autres et sur le monde, la chef du Parti québécois, parti
fondé pour réaliser l’indépendance du Québec, va jusqu’à suggérer que les
cours de mathématiques, de géographie et d’histoire se donnent en anglais!
Pourquoi pas des cours de français en anglais tant qu’à faire? Ces fins
stratèges croient acheter la paix mais vendent leur âme!
La loi de la langue et non du nombre prévaut. Tu as un anglophone pour dix
francophones, c’est l’anglais qui est adopté. L’anglais l’emporte sur le
français, comme le masculin sur le féminin.
Après une révolution tranquille, petit à petit tout redevient comme avant.
Les Québécois prennent leur trou. Peux-tu croire que c’est un Canadien,
l’ancien chef du Parti conservateur du Canada, un ardent défenseur du NON
lors du référendum de 1995, qui dirige le Québec depuis 2003 et qui s’est
récemment vu confier le pouvoir pour les cinq prochaines années? C’est ce
même individu qui avait inspiré la chanson «Libérez-nous des libéraux» par
le groupe Loco Locass et que les Québécois voulaient, aussitôt élu,
destituer. On lui a demandé d’en finir une fois pour toutes avec les
«séparatistes» et c’est, à mon avis, mission accomplie. À la fin de son
mandat, M. Jean Charest fera figure de héros. Il se verra récompenser comme
les Jean Chrétien et autres collaborateurs qui ont volé les contribuables
pour nous priver de notre liberté. De grands Canadiens… Ils ont même mis la
France dans leur manche. Le Québec est un État assiégé.
En plus de leur magouillage déshonorant, ils ont entretenu des peurs
stupides dans la population pour mieux la soumettre. «Vous allez perdre
votre chèque de pension si le Québec se sépare!» Treize ans plus tard, cet
avertissement résonne toujours. Les Québécois pensent à ce qu’ils
pourraient perdre et non à ce qu’il leur en coûte de vivre dans le Canada:
Radio-Canada, salaires et dépenses du gouverneur général et de son
lieutenant, salaires et dépenses de premiers ministres, de ministres, de
députés, de sénateurs, de juges et de fonctionnaires canadiens, frais liés
aux fêtes du Canada, aux élections canadiennes, etc.
Il faut voir comment l’ouest de Montréal se développe. Les Universités
McGill et Concordia, le Collège Dawson et bientôt le Centre Universitaire
de Santé McGill: Le Canada se bâtit à l’intérieur du Québec, avec la
participation financière des Québécois dont les institutions publiques
périclitent. On ne s’étonne pas que les immigrants, qui veulent ce qui a de
mieux pour leurs enfants, les poussent vers les établissements de langue
anglaise et que les parents québécois en fassent autant. Il faut mettre
toutes les chances de son bord!
Les Québécois minimisent. C’est plus facile. Des gens sont payés pour leur
faire croire que la situation n’est pas dramatique. On préfère leur donner
raison de façon à pouvoir se livrer à de vraies occupations: magasinage,
fréquentation de salles de gymnastique, télé, «tondage» de gazon et
pelletage de neige avec la souffleuse Canadien Tire, randonnées en skidoo.
C’est la victoire de l’individuel sur le collectif, de «la mienne est plus
grosse que la tienne», le règne de la consommation au détriment de
l’environnement. Gros 4X4, écran géant, écouteurs de la dimension
d’enjoliveurs de roues, téléphones portables dernier cri, quand on a tout
sous la main, pourquoi se battre pour préserver sa langue, son identité,
ses valeurs, son territoire? Sacrifier son confort pour si peu? Allons
donc, cela n’est pas sérieux.
Les Québécois ne semblent vouloir qu’une chose: En finir au plus vite pour
ne plus se laisser distraire par des problèmes de conscience, pour ne plus
avoir à défendre leur peau jour après jour, ce qui est franchement usant.
On a réduit la lutte pour l’indépendance nationale des Québécois à un
référendum. On leur a ensuite enfoncé dans le crâne qu’ils n’en voulaient
pas. On a conclu: «Les Québécois ne veulent pas de leur indépendance!» Non
merci! Tout bien pesé, nous préférons ramper!
C’est la capitulation.
On essaie d’oublier l’euphorie du Vive le Québec libre du général de
Gaulle, LG2, l’Exposition universelle, les Jeux Olympiques de 1976, le
référendum de 1995. Oublier le courage de nos ancêtres, oublier ceux qui
sont morts pour notre liberté, oublier ceux qui ont milité pour le RIN et
aux premières heures du PQ et qui s’en vont les uns après les autres:
Hélène Pednault, Camille Laurin, Marcel Chaput, Mario Bachand, Pierre
Vallières, André d’Allemagne, René Lévesque, Pierre Bourgault, Gérald
Godin, Chevalier de Lorimier, Montcalm…
Les Québécois ont abandonné le combat et, pour ne pas perdre la face,
prétendent qu’il y va de leur intérêt: «Qu’est-ce que vous voulez, c’est
l’Amérique, la globalisation, la mondialisation, l’uniformisation,
l’annexion états-unienne, le progrès!»
Je n’entretiens plus d’espoir. C’est malheureux à dire, malheureux à
écrire.
Je laisserai derrière moi un pays inabouti, spolié de ses richesses,
irréversiblement intoxiqué, que se disputeront les charognards. Maudit!
Caroline
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Caroline Moreno476 articles

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Château de banlieue

Mieux vaut en rire que d'en pleurer !


Chapitre 1
http://www.tagtele.com/videos/voir/73927/

Chapitre 2
http://www.tagtele.com/videos/voir/73949/

Chapitre 3
http://www.tagtele.com/videos/voir/73967/1/





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50 commentaires

  • Jean-Pierre Bélisle Répondre

    15 août 2011

    Dans le domaine politique, je n'a pas la moindre sympathie pour des textes aussi unilatéralement sombres et à la limite de la morbidité.
    Mentalité qui trahit le désarroi, le défaitisme et l'infériorité: s'accabler sur son sort, détester la vie au point de croire que celle de notre nation s'éteindra avec la nôtre. Un texte qui fait penser à l'affection dont souffrait Nelligan. Un parfum de salon funéraire.
    Tout est dans l'attitude. Si nous doutons nous n'y arriverons pas. Il faut croire qu'on peut y arriver et prendre les moyens pour y arriver. C'est vrai pour un entrepreneur, c'est vrai pour un marathonien et c'est aussi vrai pour un indépendantiste.
    Une grosse partie se passe entre les deux oreilles. Si vous décidez que vous allez réussir quelque chose, une grande partie du travail est déjà faite.
    Persévérance, détermination, confiance en soi et enthousiasme. Tolérance face à l’ambiguïté, au risque et à l'inconnu. Créativité, imagination et flair. Telles sont les caractéristiques des gagnants.
    Au lieu de pleurnicher ses états d'âme et de se morfondre sur ses échecs, il faut apprendre de ceux-ci pour préparer la prochaine fois. On recommence et on repart. Ou, comme le criait le premier ministre Jacques Parizeau: "ON SE CRACHE DANS LES MAINS ET ON RECOMMENCE !"
    Jean-Pierre Bélisle

  • Archives de Vigile Répondre

    15 août 2011

    Rejoindre le rang des deserteurs incroyable... de la part de vous...
    La guerre finale approche...
    L'establishment Pequiste ne pourra pas nous retenir plus de 6 mois ou 1 an leur defaite sera notre premiere victoire
    Maxime

  • L'engagé Répondre

    13 août 2011

    @ Gilles Bousquet
    Si vous n'êtes pas capable d'obtenir l'indépendance sans la promesse de partenariat-confédération-machin, vous n'aurez pas le rapport de force pour créer cette confédération que vous souhaitez et sans ce rapport de force, c'est un voeu pieux.
    Vous ne pouvez pas sauter de la dépendance à l'interdépendance, il vaus faut l'indépendance, il faut arracher le Québec comme appendice au corps canadien, cela sera difficile, (voire impossible selon Morano) et alors le Québec pourra signer des traités. Mais nos voisins vont peut-être nous snober 10 ans avant d'en revenir. Entretemps, si vous avez promis la confédération à vos concitoyens, il suffira au Canada que de deux ou trois scandales, de faux attentats terroristes et de l'armée dans les rues pour que l'on se mette à genoux.
    Sauf si on a une population prête pour l'indépendance, laquelle ne se laissera pas impressionner. Mais j'avoue que le chemin pour y arriver est long, pénible et douloureux.

  • Christian Montmarquette Répondre

    12 août 2011

    «Ici, les gens se sont contentés de rentrer la tête dans les épaules et de baisser les bras. On leur a dit « pas grave, on organisera une nouvelle consultation populaire un de ces jours...». -Caroline Moreno
    Bin voilà...
    - On a été battus par quoi au fond ?
    Le PQ et un Parizeau qui se sont continuellement comportés comme les éteignoirs qu'ils sont, tous, chacun leur tour, à tour de rôle et de remise en veilleuse et y compris Jacques Parizeau le soir du 30 octobre 1995.
    - Ne blâmons pas trop les Québécois.
    Dans l'approche verticlaliste et hiérarchique pde la culture politique péquiste, c'était la responsabilité première du Parti québécois de défendre la lutte jusqu'au bout pour nous, qui l'avions élu essentiellement qu'il s'en occupe.
    Désormais,
    Apprenons à ne compter que sur nous-mêmes.
    Un peu d'espoir...
    «Un nouveau mouvement pour le Québec» :
    http://www.unnouveaumouvement.org/
    Christian Montmarquette
    Montréal

  • Archives de Vigile Répondre

    12 août 2011

    ....Une chance qu'ils ont posé des grillages chaque côté du Pont Jacques Cartier...
    Pauline Julien - Mommy
    http://www.youtube.com/watch?v=VZMauq1jszM

  • Patrice-Hans Perrier Répondre

    12 août 2011

    curieusement, je retrouve dans ce texte le condensé de plusieurs de mes affirmations verbales ou écrites ...
    oui, je suis en phase avec Caroline, «il y a péril en la demeure» !
    c'est surtout le fatalisme québécois qui m'horripile ...
    dans mon quartier, dans mon immeuble, tout autour de moi les gens ne font que répéter: «il n'y a rien à faire, ça ne changera jamais ...». Surtout les personnes de l'âge d'or, elles me désolent au plus au point.
    il y a au Québec une mentalité de la soumission et de la compromission qui est proprement abjecte.
    et, voilà pourquoi c'est l'enfer des boucs émissaires ...
    un peuple qui se compromet à ce point a besoin de boucs émissaires, de moutons noirs et de «Bouzille et les justes» comme dans la célèbres pièces de théâtre de Gratien Gélinas.
    Jacques Parizeau fut un bouc émissaire et il n'aura pas été épargné par la vindicte populaire et le fiel des grands médias après avoir simplement dit la VÉRITÉ à l'issue du dernier référendum volé.
    dans le même ordre d'idée, il est totalement répugnant de voir les médias de l'empire Gesca et Radio-Harper porter aux nues un Pierre Falardeau décédé ... après l'avoir fait passer pour un bandit, un terroriste, un décervelé pendant des années, voire des décennies.
    il y a quelque chose ici qui est typiquement québécois: la délectation dans la délation et l'atteinte à la réputation d'autrui.
    nous en sommes les champions toutes catégories.

  • Stefan Allinger Répondre

    12 août 2011

    Bonjour Mme. Moreno,
    Avez-vous toujours, en 2011, le même sentiment face au Québec? Votre texte est très bien écrit mais heureusement ne suis daccord avec la fatalité annoncée.

    Je viens de lire la nouvelle annonçant un nouveau mouvement et je suis rempli d'espoir.
    Je n'ai jamais baissé les bras sur l'indépendance du Québec même si j'ai éprouvé du découragement à maintes reprises. Je vous invite à lire ce blogue òu je me suis débattu comme un diable dans l'eau bénite pour défendre la musique francophone. J'ai choisi de confronter les opposants et je suis heureux de l'avoir fait.
    http://www.allezlesbleus.ca/2011/07/retour-vers-lentertainment.html
    Je conseille d'avoir du plaisir à promouvoir l'indépendance en choisissant des actions qui correspondent à vos goûts et votre coeur et non en suivant une voie qui ne vous dis rien.
    Stefan Allinger

  • Archives de Vigile Répondre

    12 août 2011

    Le cynisme ne fait qu'aboutir au cynisme. Un article lucide mais qui devrait seulement servir à faire réfléchir à ce qu'il ne faut pas qu'il arriver au Québec. Il n'est pas trop tard pour resserrer la nation. Le mouvement d'indépendance commence à faire chauffer l'eau (comparer à en 2008), de plus en plus de pur et dur se lèvent, l'eau va commencer à bouillir. Si on veut que la planète se meurt sous la main de ceux qui trichent alors laissons mourir notre peuple, mais si les vies humaines nous tiennent à coeur et que nous souhaitons dans ce monde s'assumer pour mieux être ouvert il faut se battre! Ça ne sera pas facile. Il y a tellement de choses à faire! Mais il le faut! Vivre facilement quand on a des revendications, c'est vivre lâchement, c'est vivre pour ne jamais s'accomplir!

  • Archives de Vigile Répondre

    3 mai 2011

    Je viens de lire votre texte. J'écris après la défaite du Bloc et j'arrive pas à comprendre comment il se fait qu'autant de Québécois se détestent tant? Tout ce que vous dites dans votre texte je le vis au jour le jour avec des pleutres fédéralistes qui ne font que s'aplatir pour plaire aux maitres anglophones...Adieu Québec, j'avais toujours espoir. Maintenant je ne crois plus. Je n'aurai jamais mon pays et j'espère que mes petits enfants ne parleront plus cette langue maudite et inutile dans ce monde de "globalisation" canadianisé.

  • Gaston Boivin Répondre

    3 janvier 2009

    Madame Moreno, Monsieur Bergeron et tous les autres, même si nous avons l'impression parfois d'être comme des loups qui, dans la nuit, hurlent sans succès pour rassembler, en meute, leurs congénères, que pouvons-nous faire d'autres: Virer fédéraliste pour employer une expression parfois utilisée par monsieur Bousquet? Virer Anglais en s'assimilant à cette communauté? Se laisser faire et subir dans le silence et l'inertie? Au contraire, ne devons-nous pas assumer tout simplement ce que nous sommes et continuer de vouloir s'affranchir de notre asservissement? Vivre n'est-ce pas s'assumer et combattre avec la volonté ferme de gagner? Cela n'est-ce pas déjà là bien vivre? Et advienne ce que pourra! Et,... si nous devions disparaître, au moins ce sera en combattant et contre notre volonté,...sans abdication,... ni soumission,... dans la dignité et l'honneur de ce que nous sommes vraiment!

  • Archives de Vigile Répondre

    3 janvier 2009

    @ M. Jacques Bergeron
    Vous dites à propos du texte de Madame Moreno, « Comme vous avez raison d’être pessimiste pour notre idéal et notre langue. » Vous abondez ensuite en invoquant des raisons qui démontreraient que la situation a changée à un point tel qu'une seule conclusion ne peut surgir de telle lecture de la « vraie « Histoire » du Québec », les Québécois capitulent et nous devons en prendre acte et renoncer à « entretenir l'espoir » comme l'écrit Madame Moreno.
    - « l'absurde de la situation » dans le financement des institutions anglaises ;
    - la lutte pour la francisation de Montréal ;
    - l'élection du fédéraliste Jean Charest ;
    - la fierté vaincue par le syndrome du colonisé.
    Les Québécois auraient abandonné une fierté « qui était l’apanage de leurs « ancêtres », celle qui leur a permis de passer à travers toutes les difficultés de la vie ». À un point tel que nous aurions abandonné des « libertés essentielles au profit d'une sécurité temporaire ».
    Or, rien de ce que vous invoquez n'est un fait nouveau qui nous ferait différents de nos ancêtres vaillants dont nous sommes les dignes héritiers. Nous n'avons pas davantage que nos ancêtres capitulé et nous faisons face comme eux, aux mêmes problèmes sans capituler, même si nous ne sommes pas encore parvenus à prendre le dessus, tout comme ils n'ont pas réussi à le faire. Ce qui ne nous empêche pas d'être toujours là, bien vivants.
    « L'absurde de la situation » dans le financement des institutions anglaises dans les universités et en santé, aussi absurde qu'elle soit, n'est pas un fait nouveau. Le Québec et le Canada ont toujours financé ces institutions quand ils finançaient les nôtres. Cela ne nous a pas empêchés de survivre. La situation n'est pas nouvelle. Nous ne sommes pas parvenus à changer la donne, cela ne veut pas pour autant dire que nous ne sommes pas à la hauteur de nos ancêtres. Comme eux, nous pouvons espérer toujours qu'un jour nous pourrons vivre autrement que dans la survie.
    Si Montréal est toujours au coeur même de notre lutte en faveur de la survie de la culture et de la langue française au Québec, si cette lutte est une lutte perpétuelle, quelqu'aient été, quelque soient, quelque seront les États qui nous ont gouvernés, qui nous gouvernent, et qui nous gouverneront. Si de nouveaux dangers s’ajoutent ou s’ajouteront à ceux qui nous menaçaient, rien ne permet d'en conclure qu'il ait fallu, qu'il faille ou qu'il faudra désespérer.
    Quant aux Premiers ministres fédéralistes du Québec, là non plus, rien de nouveau. Il n'y a pas là de quoi déposer les armes, au contraire. Il faut décrire l'odieux de la situation, il faut dénoncer la canadianisation du Québec, dénoncer les canadianisateurs, comme vous le faites, comme le fait madame Moreno, comme je le fais, comme tant de nous le font, ici, dans leurs foyers, dans leur entourage, dans l’espace public, mais il ne faut pour autant pas y trouver là matière à désespérance, mais bien en faire le bois dont on chauffe la locomotive de notre persévérant désir de durer, quelque soient les conditions adverses. Tout le contraire de ce à quoi Madame Moreno nous expose.
    Enfin, nous n'avons pas de leçons de liberté à recevoir des États-Uniens. Leur situation n'a jamais été, n'est pas et ne sera jamais la nôtre. Nous sommes un peuple distinct de la France, nous sommes le peuple souverain du Québec né dans la Conquête de la Nouvelle-France, partie de « l'Empire » du Roi de France, né dans la victoire des Généraux des Armées d'un Empire britannique concurrent sur les Généraux des Armées d’un Roi de France démissionnaire, abdiquant son devoir premier à l’égard de « son » peuple, à savoir, le protéger de l’envahisseur.
    Les « libertés essentielles » des Conquérants ou des Conquis ?
    Pour survivre, nous avons dû accepter de livrer aux mains du Conquérant, la tutelle de nos « libertés essentielles », dont celle première qui consiste à accepter le gouvernement d'États qui n'ont jamais appelé le peuple souverain du Québec à valider les Actes qui les ont fondés, constitué et gouverné. La Cession des territoires du Roi de France au Souverain britannique par Louis XV, ne fait pas de nous un peuple cédé. Un peuple ne saurait être objet de Cession. Nous sommes des Conquérants Conquis. Cela est notre fierté. Notre fière négritude anticolonialiste à nous, les « Nègres blancs d’Amérique » ( Pierre Vallières)
    Conquérants impérialistes que nous étions en tant que partie du peuple impérialiste de France, le peuple souverain du Québec sait, d’une Connaissance intime, partie ultime de ses gènes, partie atomique vibrante de chacune de ses cellules de son cœur, de ses membres, de sa tête, ce que représente à la fois le fait de vivre, de se vivre, en tant que maître du monde, et à la fois son contraire, devoir se soumettre à la Loi implacable du vainqueur de la guerre de Conquête qui nous vouait à l’assimilation, cela, sans disparaître, sans vouloir supplanter l'envahisseur, sans vouloir l'écraser. Seulement en voulant vivre, libre, dans sa loi propre, en bon voisinage avec les autres peuples de la Terre. C'est la Conquête dans laquelle nous sommes.
    Cette Connaissance, ce haut savoir humain, fait de ce peuple démocratique, pacifiste et souverain, un peuple distinct de tout autre, un peuple qui condamne comme pas un l’impérialisme, un peuple qui refuse la guerre, en commençant par se refuser lui-même à la guerre et qui décide de choisir de s’affranchir autrement que par l’écrasement de l’autre. Il a prouvé qu’il peut survivre au fait de n’être plus Conquérant. Il a prouvé qu’il sait tenir tête aux Conquérants, non pas par les armes, mais par sa seule et digne persistance à ne pas se laisser fondre dans la Loi du Conquérant. Ce peuple n'existe pas dans l'État parce que l'État du Canada s'y refuse. Ce qui ne l'empêche pas d'exister hors l'État, en tant que peuple démocratique et souverain, le temps que le Conquérant accepte de se vivre hors la Conquête. Le temps qu'il s'accepte comme capable de vivre hors la néantisation de l'autre. Aucun peuple Conquérant, aucun peuple partie des grands Empires de ce monde, ne sait ce que c’est que de vivre sous la Loi du Conquérant.
    La grande majorité des peuples parties d’Empires anciens ou récents, ceux qui ont pu survivre aujourd’hui encore, s’ils ont été occupés, ne l’ont été que brièvement. 250 ans de Conquête nous ont fait autrement et distinct de tout autre peuple, et ce, pour notre plus grande fierté. 250 ans de Conquête en ce 13 septembre de cette année 2009, nous font connaître et savoir comment survivre au rouleau compresseur Conquérant et lui font être aux premières loges de la lutte pour la diversité culturelle contre le rouleau compresseur de la culture d’une mondialisation mal comprise. Les grandes cultures et civilisations de ce monde, laminées par tel rouleau compresseur ont tout à apprendre de notre intime Connaissance de la survie des cultures menacées et du bien-fondé de la préservation durable de la diversité culturelle. Cela autrement que dans l’éternelle équation du vainqueur supplantant le vaincu. Le Québec est le laboratoire par excellence de la survie des cultures minoritaires de ce monde. Cela, parce que nous savons à la fois ce que c’est que d’être Conquérant et Conquis. Le Conquérant qui ne sait pas ce que représente le fait d’être conquis, ne peut concevoir le monde que sous sa houlette et sa coupe. Nous, nous pouvons témoigner du fait que le fait de ne plus être Conquérant, ne nous fait pas pour autant disparu de la surface de la Terre, cette terreur qui fédèrent les Conquérants et les fait être toujours plus impérialistes, pour survivre. Nous, nous savons qu’il peut en être autrement.
    Les États-Unis sont nés, en tant que partie du peuple qui nous a conquis, en s'arrogeant le droit d'exterminer les libertés essentielles des premières nations et des esclaves noirs pour bâtir leur Empire. Ils n'ont pas eu à faire face à la Conquête par un autre peuple, ils étaient les Conquérants.
    Nous, nous sommes un peuple né dans la Conquête, né donc dans l'abandon de ses libertés essentielles. Cela, est incompréhensible au peuple Conquérants. Ils ne peuvent imaginer même ce que peut représenter le fait de devoir suspendre ses « libertés essentielles », mais malgré tout survivre. Nos ancêtres ont survécu et assuré leur sécurité en acceptant de mettre en tutelle la liberté du peuple souverain qu'ils ont vu naître dans les cris, dans la douleur et la fureur du sang versé. C'est parce qu'ils et qu'elles ont trouvé le moyen de survivre à cette mise en parenthèse de leurs libertés essentielles qu'ils ont pu assurer leur sécurité temporaire qui seule leur a permis de survivre dans la permanence.
    L’Héritage de nos ancêtres : l’espoir
    Aujourd'hui nous ne sommes pas différents. Nous ne le sommes pas dans la seule mesure ou comme nos pères et mère, comme nos grands-pères et nos grand-mères, comme nos arrière-grands-pères et nos arrière-grands-mères, comme nos arrières arrière grands parents, nous ne déposons pas sur l'Hôtel canadianisateur de l'assimilation, une désespérance démissionnaire. Nos grands parents avaient toutes les raisons de l'être désespéré(e)s. Mais nous sommes ici parce que contre toute attente, ils et elles sont parvenu(e)s à nous transmettre leur dur désir de durer. ( Paul Eluard ). Si quelqu’un a quelque chose à apprendre, ce sont les Conquérants. Ils doivent apprendre de nous ce que représente le fait de survivre quand on est plus en mesure d’être Conquérant, quand on renonce à l’être. Si nous pouvons apprendre des États-Unis, l’inverse est aussi vrai. Notamment en matière de respect de sa liberté quand on cesse d’assujettir celle de l’autre. Pour cela il faut en quelque sorte questionner sa peur de disparaître autrement qu’en en faisant une affaire de liberté supplantant celle de l’autre.
    Dans ce chassé-croisé, nous sommes des maîtres dans l’art de laisser le Conquérant vivre sa Conquérance jusqu’à la limite de notre disparition, ce mur que jamais n'a pu abattre le Conquérant. Quand notre survie est menacée, le Conquérant a appris à comprendre qu’il ne saurait franchir la limite sans conséquence. Il en allait de sa survie même. Le Conquérant a dû apprendre à laisser de côté cette « liberté essentielle » qui était la sienne et qui le faisait devoir assimiler le peuple qui lui avait été « cédé », cela, pour assurer sa sécurité. Ce qui ne l’empêche pas de survivre. Ne reste pour lui qu’à apprendre à fonder l’État qui le gouverne sur la volonté claire du peuple souverain du Québec. Ne reste pour lui, qu’à apprendre à survivre même s’il accorde au peuple souverain du Québec cette liberté essentielle qui est la sienne de fonder l’État qu’il désire. Pour user la vindicte d’un Empire, nous sommes les champions de l’endurance et du donnant donnant. Nous, nous les Conquérants, nous avons appris à vivre Conquis, le Canada apprend à vivre en abandonnant sa Conquête. Chacun semble devoir cédé une partie des ses « libertés essentielles ». Pourtant, à terme, ce qui est espéré, c’est qu’il s’agit là d’un leurre. Nous pouvons vivre en sécurité sur nos territoires, sans posséder l’autre, en tout respect et en bon voisinage.
    Nos ancêtres se sont engagés dans cette démarche il y a 250 ans, parce qu’ils ont tenu tête au Conquérant, malgré tout, en l’absence d’État, livré à lui-même, sans appui extérieur, ne comptant que sur ses propres forces, qui sont aussi ce que d’autres tenaient pour de la faiblesse et de la soumission. Jamais ils ne se sont soumis, cela parce qu’il entretenait l’espoir.
    Nous sommes dignes de cet héritage dans la seule mesure où nous sommes toujours à la hauteur de la fierté et de l'espoir que nos ancêtres ont mis en nous, nous, leur descendance, capable par sa seule présente et persistante survivance de prouver qu'ils et elles avaient raison de se gorger d'espoirs à même la désespérance des conditions adverses qui étaient les leurs. Ils et elles comptent sur nous pour ne pas désespérer. Cette opiniâtre fierté de la survivance nous permet aujourd'hui de disposer de tout ce qu'il faut pour appeler le peuple démocratique et souverain du Québec à fonder un État qui émane de lui et à invalider tout État qui n'aurait pas soumis à sa démocratique et claire approbation l'Acte qui les fonde, les constitue et les gouverne.
    Puisque le débat continue, on pourra aussi trouver d'autres commentaires au titre :
    __________________________________
    Réplique à "Le pays inabouti" de Caroline Moreno - Reprendre le flambeau !
    Alors, malgré les apparences, nous ne devons pas cesser d’y croire à ce pays. Et cela n’a rien à voir avec la naïveté ou le jovialisme !
    Tribune libre de Vigile - Nicole Hébert - 1er janvier 2009

  • Jacques Bergeron Répondre

    3 janvier 2009

    Lire votre article, c'est lire la vraie «Histoire» du Québec par le passage obligé de Montréal,«2ème»«?» ville Française «sic» du monde,merci d'avoir su démontrer l'absurde de la situation de notre nation, alors que le Canada Anglais et le Québec Anglais se développent à Montréal avec la complicité des «Élus» du Québec et du Canada qui subventionnent les outils de notre disparition.Si au moins le Québec s'abstenait de subventionner, avec mon argent, et celui des Québécois bien sûr, le développement des universités de langue anglaise de Montréal, en laissant agir les «occupants de notre territoire» à notre disparition,la mort de notre peuple serait plus lente et lui permettrait peut-être de se réveiller avant qu'elle n'ait fait son oeuvre? Comme vous avez raison de déplorer l'élection de ce «sbire» fédéraliste qui nous sert de premier ministre, cet individu qui se «définit» comme Irlandais Anglophone avec un nom français, alors que notre peuple possède tant d'Irlandais en son sein,ayant choisi de s'assimiler à notre Nation, lui, ce triste individu, qui ne s'est jamais permis d'assister à un défilé de la Saint-Jean-Baptiste, qui est aussi la «Fête nationale du Québec»,agit comme premier ministre du Québec «?» avec toutes les répercutions néfastes, économiques et culturelles pour ce petit(par le nombre) et Grand peuple(par sa résistence) de langue française d'Amérique du nord,dont plusieurs millions de ses membres voudraient le voir devenir le «foyer» de tous les locuteurs de notre langue en terre des Amériques. Comme vous avez raison d'être pessimiste pour notre idéal et notre langue. Si seulement nos compatriotes possédaient un tant soit peu de fierté d'être et de posséder la langue de l'élégance, du savoir-vivre, celle aussi de la «philosophie et de la culture qui est aussi celle de la science et de l'économie ils réagiraient. Mais, il y a un mais,ils ne sont pas atteints du «syndrome de la fierté,étant plutôt atteints de celui du colonisé. En ce début de l'an de grâce «2009», quoi de mieux et de plus que de «souhaiter à nos compatriotes de retrouver cette fierté» qui était l'apanage de leurs «ançêtres», celle qui leur a permis de passer à travers toutes les difficultés de la vie, en passant par la déportation des Acadiens, les «12» lois linguistiques du Canada anglais et de ses provinces,par la volonté des Anglais et des Anglophones de détruire la loi «101» que nous nous sommes donnée en 1977, sans oublier la pendaison de nos frères «patriotes» lors de la rébellion de 1834-1837 et que ssias-je encore? Nous pourrions peut-être suggérer à vos lecteurs cette noble pensée d'un certain «Étasunien nommé Franklin»; «celui qui abandonne une liberté essentielle, pour une sécurité temporaire, ne mérite «ni la liberté, ni la sécurité». À cet autre qui se vêtit des «oripeaux de ses maîtres», j'oserais dire: que sa collaboration avec les ennemis de son peuple ne saurait lui apporter le paradis à la fin de ses malheureux jours.

  • Nicole Hébert Répondre

    31 décembre 2008

    Madame Moreno,
    Permettez-moi un court préalable. Lorsque j’ai lu votre "lettre à Christian", juste avant de m’absenter pour la période de NOËl, j’ai eu deux réactions instinctives : vous répondre - alors que je n’en ai pas envie en général – et celle de commencer par Chère Caroline... , ce qui ne m’était pas venu jusqu’ici, car je ne me considérais pas des vôtres dans les textes de vous que j’avais lu à ce jour. À mon sens trop cyniques et trop... suffisants? Par le ton de cette lettre-ci - et peut-être de fait parce que vous avez utilisé ce genre - vous m’êtes devenue plus proche, même si je ne partage pas tout ce qu’elle exprime. J’adhère en grande partie à votre lecture de la situation et non aux conclusions que vous en tirez. Mais le ton me touche. Et, pardonnez-moi, mais si votre désarroi vous rend touchée et touchante, je m’en réjouis. C’est toujours le cœur qui a touché les Québécois en général. Et la passion. Et si René Lévesque n’avait pas mal lu le résultat du Premier Référendum... S’il n’avait pas changé de discours... Je crois que nous l’avions réélu en avril 1981 pour qu’il reprenne le flambeau!
    J’ai aussi compris plusieurs des intervenants qui me désespèrent d’habitude en lisant les réponses à cette – belle! – lettre. Et je me réjouis de la courte mais vibrante missive de votre correspondant, Christian. J’espère qu’il aura ébranlé, le cas échéant, votre goût de démission. Mais comme un de vos répondants, je ne crois pas le « cas échéant ».
    Je m’adresserai ici aussi à Monsieur Archambault. Bien que je trouve généralement ses textes un peu longs - !! – je les trouve toujours éclairants et stimulants. Et je les apprécie. Si j’avais à représenter métaphoriquement l’effet que me font respectivement vos propos - je suis une « tripale » - je dirais que lorsque je termine la lecture des vôtres, Caroline, j’ai l’impression de faire partie d’un petit feu qui lutte pour sa survie et dont les derniers tisons viendraient de recevoir une douche d’eau froide. Alors qu’à la lecture de ceux de Monsieur Archambault, j’ai l’impression qu’un tisonnier agite régulièrement la braise pour que les tisons respirent. Je crois que la plupart de ceux qui écrivent ici font partie des tisons de ce feu québécois qui ne veut pas mourir. Et, avec quelques autres, je crois que votre condamnation à mort de la volonté de survie de notre peuple fait preuve de déception, d’impatience – bien légitime - mais aussi d’un certain orgueil et d’une désespérance qui n’est pas de mise. Après vous, la terre va tourner... Personne d’entre nous ne peut porter un tel jugement. Le peuple québécois s’est souvent réveillé au moment où on le croyait le plus endormi. C’est un somnolent. Ce n’est pas un mourant. Rappelons-nous la bataille pour la Loi 101! N’eût été de Camille Laurin, on aurait bien pu alors croire les Québécois amorphes à ce sujet! Et démissionnaires.
    Mais je crois hélas, avec vous et Monsieur Charles Laflamme, que le Québec est bel et bien en danger d’être l’objet d’une invasion armée de domicile – on peut être armé de bien des façons, dont de « gros bidous ». Les propos de ce dernier sur la prise éhontée de pouvoir chez-nous - à maints égards, dont ceux qu’il expose, et dans l’ombre - par les nouveaux rois du Monde m’inquiète. Voire même cette convoitise grandissante des Grands d’ailleurs pour les terrains les meilleurs de Charlevoix...! Je suis en train de lire J.R.M Sauvé et René Boulanger – La bataille de la mémoire – pour comprendre autrement.
    J’ai du mal par contre à saisir les propos de Monsieur Verrier. Il appuie, je crois, votre position si ceux qui souhaitent voir naître le pays ne se tournent pas vers un Parti indépendandiste qui ne serait cependant pas tout à fait celui que vous avez dirigé mais un autre avec à sa tête des personnes qui ne sont pas publiquement identifiées. Par ailleurs, il met en garde contre le danger de quitter sa propre famille politique car : « Démissionner trop hâtivement de sa propre famille politique dans l’urgence qui est la nôtre demande hélas mûre réflexion. » Ce qui m’amène à questionner toutes ces virulentes incitations au rejet du PQ que Jacques Parizeau, lui, le seul vrai du PQ selon certains, ne rejette pourtant pas. Une famille politique étant composée d’humains défaillants, elle ne peut jamais être parfaite. Et je crois encore qu’il faut « faire avec » celle qui nous a donné naissance suite à une union qui n’était pas de tout repos non plus - celle du RIN et du MSA. Les gènes des deux camps l’habitent. Quitte à suivre une thérapie familiale à l’interne. Drastique au besoin ! Des cures de désintox, ça existe !
    J’ai par ailleurs moi aussi mieux compris la pensée et la désespérance de Monsieur Turcotte, de Matane, qui s’exprime ici, lui aussi, de façon différente de celle qu’il emploie habituellement. Permettez-moi un parallèle : j’ai, comme votre interlocuteur Christian, une grande sympathie pour la personne et la pensée de Pierre Falardeau et ses œuvres en général. Mais lorsqu’il s’exprime en utilisant insultes, sarcasmes et propos vulgaires, je ne comprends pas qui il espère alors toucher. Je peux comprendre sa colère – et je suis d’accord avec Monsieur Dominic Desroches que celle-ci est un carburant nécessaire - mais si le fait de l’exprimer dans ces termes fait en sorte qu’elle frappe un mur comme on dit chez-nous... Le moteur étouffe. Dans certains de vos messages, vous me faisiez, Monsieur Turcotte, le même effet. Je préfère lorsque Falardeau affirme : "Les bœufs sont lents mais la terre est patiente". Je ne sais si vous avez lu Pierre Vadeboncoeur dans La clé de voûte, qui commence son propos par : "Les trois vertus – foi, espérance et charité – traversent chacune la condition humaine contre toute vraisemblance. Elles vont à contre-courant. Elles remontent du fond du destin. Elles représentent l’anti-destin. (...) Elles s’appellent l’improbable, voire presque l’impossible. Elle s’opposent radicalement à ce qui est quasi inévitable dans la réalité humaine." Alors, malgré les apparences, nous ne devons pas cesser d’y croire à ce pays. Et cela n’a rien à voir avec la naïveté ou le jovialisme !
    J’aurais envie de continuer, tellement cet échange – lettre et réponses - m’est apparu en général généreux, respectueux.constructif.
    Et j’aurais envie, Caroline, que votre lettre, adaptée et dépouillée de toute trace de mépris envers les nôtres mais non de ses vérités, devienne une Lettre aux Québécois et que plutôt que de conclure au désespoir, elle leur renvoie le questionnement et le choix.. Et que tous ici, nous nous chargions de la diffuser, diffuser, diffuser... Contrairement à Monsieur Archambault, de qui je partage souvent la pensée par ailleurs, je crois qu’il est parfois heureux de recevoir un choc. Que quelqu’un nous présente un miroir qui nous interroge...
    Merci et, en cette toute fin de 2008, je nous souhaite un Québec plus rapidement que nous n’oserions l’espérer. Et que nous y croyions assez pour trouver enfin, tous ensemble, les meilleurs moyens de l’inciter à naître, d’abord dans le cœur de nos concitoyens.
    Je nous souhaite pour cela, encore plus de stratèges et plus de sages-femmes ?
    Solidairement.

  • Archives de Vigile Répondre

    30 décembre 2008

    @ Charles Laflamme
    Quand Madame Moreno affirme que le pays « restera un pays inachevé » et qu'elle expose une à une les raisons qui motivent cette affirmation, quand elle conclut « Je n’entretiens plus d’espoir », vous nous dites qu'elle n'en pense pas un mot et qu'elle n'a pas vraiment abdiqué. Il s'agirait plutôt d'un procédé littéraire qui ne manquerait pas de provoquer une réaction qui serait tout le contraire de l'abdication. C'est effectivement ce qui s'est produit ici.
    Les « alarmes » ne doivent pas s'accompagner de démissions. Aucun constat ne justifie qu'on rende les armes et qu’on cesse « d’entretenir l’espoir ». Ce qui veut dire qu’il faut continuer à travailler, continuer à contrer les assauts des canadianisateurs, des assimilateurs. Il s’agit de toute autre chose que de la « candeur ».
    Madame Moreno ne fait pas que « s’inquiéter », elle décrète que le peuple du Québec ne parviendra pas à fonder l’État qu’il espère. Elle affirme au regard du « fond de sa pensée » que « l’irrémédiable intoxication » du peuple ne le voue désormais qu’à la spoliation des « charognards ».
    Que d’aucuns aient été, que nous soyons toujours objets de spoliation et de menaces, n’est pas nouveau, ce qui est nouveau c’est que maintenant Madame Moreno nous dise qu’il n’y a plus d’espoir de voir ce peuple se sortir de la contrainte et de la menace. Si cela peut s’exprimer, cela peut se discuter.
    Le pays inabouti, c’est le Canada
    L’État du Canada n’est jamais parvenu à se constituer démocratiquement pour le peuple et par le peuple. Il n’est jamais parvenu à obtenir l’assentiment du peuple souverain du Québec et c’est pourquoi il n’a jamais osé se nommément soumettre à l’approbation démocratique du peuple souverain du Québec.
    Il s’impose d’autorité sans jamais nommément consulter le peuple alors qu’il exige que l’État du peuple démocratique et souverain du Québec soumette à l’approbation du peuple l’Acte qui le fonde, le constitue et le gouverne. Ce double standard est sa honte aboutie. C’est cet État du Canada de la contrainte qui a toutes les raisons de désespérer. Il ne parvient à s’imposer que sous les assauts répétés du chantage. Il doit pour assurer sa survie déployer sans cesse manœuvre sur manœuvre, manipulation sur manipulation. Tout ça même, ne fonctionne pas, il doit en plus proférer des menaces de représailles économiques, sociétales, culturelles et politiques.
    L’État du Canada n’obtient pas l’adhésion du peuple souverain du Québec. Il se contente d’obtenir, et encore d’extrême justesse et par la tricherie, le report de la création de l’État du peuple souverain du Québec. Il ne parvient à s’imposer qu’en faisant du peuple du Québec un peuple sans papier, sans statut, sans État valide, un peuple hors l’État, hors la loi de l’État. L’État inabouti c’est bel et bien l’État du Canada. Il s’est constitué sur une Conquête et ne parvient pas à s’extirper de sa Conquête, du pouvoir démesuré que lui a procuré sa Conquête. Il invente même qu’elle n’a pas eu lieu. Qu’il y a eu plutôt Cession. Comme si un peuple pouvait être objet de Cession. Comme si un peuple était un objet de propriété.
    C’est bel et bien le Canada qui est désespéré. C’est son désespoir qui nous enferme. Nous n’allons quand même pas abonder dans son désespoir. Désespérer à notre tour ne fait qu’endosser le discours du Conquérant. Ne fait que parler la langue du Conquérant.
    Les préalables de l’État valide
    Contrairement à ce que vous écrivez, il n’y a qu’un seul préalable à l’État valide fondé par le peuple, c’est le plein et entier exercice de la souveraineté démocratique du peuple souverain, seul et unique fondateur d’un État démocratique valide. Le peuple souverain du Québec conteste la validité de l’État du Canada, il est uni et fédéré contre cet État. C’est la cause du désespoir canadien. L’État du Canada n’a pas rempli les conditions utiles à cet égard, mais il continue de se dire, de se croire, de s’afficher comme un État valide. Ce qui n’est pas le cas. Et il le sait. Ne reste qu’à appeler le peuple à se prononcer à l’égard du refus de ce Canada unilatéral là. Dans cette absence, toute confusion et iniquité sont admissibles. C’est la confusion dans laquelle on se trouve. Celle qui nous fait croire parfois que plus rien n’est possible, celle qui nous fait prendre le report de la fondation d’un État valide pour une acceptation d’un État invalide. Celle qui nous fait endosser la langue du Conquérant.
    Contrairement à ce que vous dites, « La propriété de notre Foyer National ou le contrôle des constituantes d’un État de faits » ne sont pas « des préalables pour atteindre l’indépendance et y être souverain. » Le peuple souverain du Québec est le seul et unique propriétaire de son « Foyer National ». Depuis la Conquête, d’autres « contrôlent » l’État qui le gouverne illégitimement. Ils le contrôlent parce qu’ils sont parvenus à nous faire croire que l’État démocratique peut se considérer valide hors le peuple, hors même la reconnaissance du peuple, en l’occurrence hors la reconnaissance de l’existence même du peuple démocratique et souverain du Québec. Ce peuple, quand il songe à fonder un État valide, ne se tourne pas vers le Canada, il se tourne vers le seul État qu’il est habilité à contrôler, l’État du peuple souverain du Québec. Cet État du Québec n’existe pas, il n’est dès lors pas dans quelque aboutissement que ce soit, puisqu’il n’a même pas commencé à exister. La seule chose qui existe c’est le préalable, ce qui seul est en mesure de le fonder, c’est-à-dire, le peuple démocratique et souverain du Québec.
    Et, cela n’est pas un rêve, le peuple existe. Mais il n’existe pas dans l’État, quel qu’il soit. Et aucun État n’existe par et pour le peuple du Québec. Il n’existe pas une telle chose qu’un État de faits qui serait un État du Québec inabouti. Il n’y a pas d’État du Québec inabouti. L’État du Québec actuel est un État qui n’est pas fondé par le peuple souverain. L’État du Québec actuel est une composante invalide d’un État du Canada inabouti et invalide.
    Il n’y a pas d’aboutissement à la vie d’un peuple. Il vit, point. Il vit ou meurt. Et, il ne meurt pas. Il n’est pas mort malgré la Conquête. Au contraire, c’est par la Conquête qu’il est né peuple souverain, distinct du peuple de France, par l’abdication de son Souverain à remplir son devoir premier de protéger son peuple de l’envahisseur. Cette abdication le fait être peuple sans Souverain, donc, peuple souverain. Depuis la Conquête, il est un peuple orphelin d’État. Il vit hors l’État. Les assimilateurs ont pensé que cet état de fait le ferait disparaître, comme si, privé d’État valide un peuple ne pouvait que mourir. Ce n’est pas le cas. 250 ans d’histoire que nous fêterons le 13 septembre de cette année 2009 qui commence bientôt, 250 ans d’histoire en tant que peuple souverain sans État valide, prouvent le contraire. Ce n’est pas quelques années de plus ou de moins qui feront disparaître ce peuple, ni disparaître le fait qu’il soit peuple démocratique, donc peuple souverain. Ce ne sont pas les aléas politiques récents qui feront de ce peuple un peuple sans Histoire passée ou à venir. Les États passent, les peuples restent.
    Si l’espoir est candide et naïf, le désespoir et la renonciation le sont tout autant au regard de l’Histoire, dignité en moins quand il et elle parlent la langue du Conquérant. Devant les conditions adverses, la sagesse politique ne réside pas dans l’alarme désespérée qui nous feraient irrémédiablement devoir rendre les armes et mettre le genou à terre. Madame Moreno a choisi depuis longtemps de défendre un parti-pris politique qui a fait long feu. Elle s’est elle-même placée dans une situation critique et sans issue. Cela n’a rien à voir avec la survie ou la disparition d’un peuple. Qu’elle puisse être comme d’aucuns, sujette à fléchissement, cela se comprend aisément, mais que cet étalage soit a contrario porteur d’espoir et facteurs de mobilisation générale, j’en doute. Comme elle, je crois qu’aucun espoir ne réside de ce côté. Heureusement, ce parti-pris du renoncement est tout sauf partie de ce qui anime le peuple souverain du Québec. Si cela avait été le cas, ici dans ces pages, ou ailleurs, c’est en anglais que nous penserions maintenant, et ce, depuis longtemps.
    Un pays inabouti. Non pas ! C'est notre ouvrage qui ne l'est pas, abouti...
    Bien sûr, je ne m’attaque pas à la personne, ni à sa valeur. Je m’attaque à cette idée qu’elle expose. Cette idée fallacieuse et pernicieuse. Comme si le peuple souverain du Québec avait de bonnes raisons de s’avouer vaincu. Comme si tout était « irrémédiablement » perdu comme elle l'affirme noir sur blanc.
    Les souverainistes, les libérateurs de peuple, les valeureux(ses) combattant(e)s de la liberté des peuples, comme tous les créateurs(trices), doivent cent fois remettre sur le métier leur ouvrage. Forcément, notre ouvrage n’est pas abouti. Nous n'avons encore pas su comment le penser, le dire, le proposer. Je ne vois rien dans cette renonciation qui soit de nature à emporter l'adhésion, sinon à celle de la bête démission. Tout ça pour ça ! Vraiment !
    Ce peuple démocratique et souverain du Québec ne mourra pas parce que d’aucuns ne voient plus d’intérêt à « entretenir » l’espoir de le voir fonder l’État qu’il désire, un État qui émane de lui et qu’il reconnaîtra comme le sien propre. Pour l’heure, nous sommes d’accord, l’État du Canada n’est que le leur, n’est que vil et sale leurre. Il n’y a rien là de nouveau et d’irrémédiable. Nous pouvons encore y être pour quelque chose pour participer à la longue marche d’un peuple orphelin. OUI, nous pouvons ! Ce n’est ni jovialiste, ni candide de le dire, ce n’est que persévérante constance et vive congruence.

  • Charles Laflamme Répondre

    28 décembre 2008

    Si madame MORENO avait vraiment abdiqué, elle n'aurait jamais publié ce texte sur Vigile. Elle se serait tu comme se taisent ceux qui ne voient aucune urgence ni aucune importance dans la description de ce qu'elle fait de la situation actuelle. Beaudelaire avait cette façon de provoquer des réactions dans ses textes.
    Je lis et relis le texte et les commentaires qui le suivent et je n'arrive pas à m'expliquer complètement la raison pour laquelle penser que Caroline MORENO décroche ça crée tout un défoulement alors que l'alarme qu'elle sonne ne semble provoquer une réflexion que chez peu d'intervenants. C'est comme si la propriété de notre Foyer National ou le contrôle des constituantes d'un État de faits ne faisaient pas partie des préalables pour atteindre l'indépendance et y être souverain.
    À chaque fois que quelqu'un initie une communication de faits directement au peuple comme l'a fait Monsieur Parizeau en 95, on l'abandonne au profit d'une quelconque stratégie électorale. Nous en somme rendus à nous taire et cacher la vérité au bon Peuple (lire: professionnels, actuaires, physiciens, chefs de petites et moyennes entreprises etc.) pour ne pas affaiblir la confiance des québécois dans la capacité des politiciens à gérer et défendre les intérêts du Pays du Québec.
    Il y a un an, les textes de Caroline Moréno prêchaient l'urgence d'agir. Elle n'a pas changé de discours, elle. Alors que certains veulent nous convaincre que nous avons 4 ou 5 ans devant nous pour se préparer à corriger la situation, nos ennemis agissent de façon exponentielle en s'accaparant et/ou en prenant le contrôle de nos leviers financiers, en forçant le résautage de nos institutions à leur profit, en bradant nos ressources naturelles et en s'appropriant de façon indirecte le contrôle de nos points géopolitiques les plus importants, le dernier étant le port de Gaspé . Nous ne pouvons pas toujours taire notre questionnement et excuser le silence venant des navires amiraux que nous avons construits et affrettés alors que les occupants de la timonerie se montrent inhibés par la peur d'être interprétés par les médias ou la phobie de perdre quelques votes alors qu'ils creusent un fossé entre leur discours et la raison d'être de ces navires qu'ils ont transformés en dortoirs.
    Lorsqu'on cessera de regarder à travers la lorgnette installée dans le nombril du parti politique vers lequel vont nos sympathies, on verra les inquiétudes d'une femme de coeur qui fait de son mieux pour avoir une vue d'ensemble de la situation.
    Caroline MORENO a préféré écrire un texte d'une rare justesse, responsable envers l'État et envers le Peuple, avec un regard malheureusement réaliste sur la façon dont nos demi-instruits considèrent la population.
    René-Marcel Sauvé prédit la fin prochaine du fédéral. Les oligarchies québécoises le savent fort bien depuis longtemps et en particulier Paul Desmarais . On retrouve ses mercenaires à sur les C.A. de nos institutions y compris à la tête du Québec. Si on pense que Paul ne jure que par le fédéralisme qu'on se détrompe. Il ne fait que se servir des plus hautes instances possibles pour faire progresser son grand rêve. Lui il est prêt. Si le Québec n'a plus l'appui de la France, lui s'en est assuré.
    Si on met ensemble les prédictions de M. Sauvé et la progression actuelle des oligarques dans le contrôle de l'État (avec un É majuscule) on peut penser que le Québec deviendra indépendant mais c'est loin d'être certain que ce sera le Peuple Québécois qui en sera le souverain.
    Ceux qui ne voient dans l'indépendance d'un peuple qu'une forme éthérique d'autogestion des finances courantes et qui veulent cette indépendance dans n'importe quelle condition risquent, pour avoir absolument raison, de livrer les Québécois à ces prédateurs, en s'empressant de couronner leur reine-nègre.
    En ce sens Caroline Moreno a raison de s'inquiéter et de dire: “ Je laisserai derrière moi un pays inabouti, spolié de ses richesses, irréversiblement intoxiqué, que se disputeront les charognards. Maudit !”
    La naïveté et la candeur n'ont jamais fait partie dela sagesse lorsqu'il s'agit d'assurer la survie d'un peuple dans la dignité.

  • Archives de Vigile Répondre

    28 décembre 2008

    Ce que madame Moreno a écrit, je l'ai pensé souvent et maintes fois, j'ai eu envie de l'écrire. Je ne l'ai pas fait, par pudeur publique, mais aussi par respect pour ceux des nôtres qui étaient là avant, et pour l'à venir.
    Je sais, quelques trente réponses c'est pas rien, sujet hot comme on dit. Quand même, on n'a pas le droit de se pencher ou de s'épancher devant l'Anglais, et surtout pas devant les enfants. Pas le droit.
    Nos découragements sont lâches, nos espoirs souvent immatures. Je le sais, je «nous» regarde faire et je ne suis pas mieux ou pire que les autres. Mais s'il est une chose que je ne ferai jamais, c'est bien de me coucher sur la place publique.
    J'ai près de 70 ans ; je me suis battu toute ma vie pour l'indépendance et aujourd'hui, ou demain ou après demain ou après-après... je sais que je recommencerais.
    Au fond, il n'y a qu'une seule raison de vouloir être libre, toujours la même : Exister pleinement.
    Pas le droit de renoncer !

  • Archives de Vigile Répondre

    26 décembre 2008

    @ Gilles B.
    Les « Québécois se laissent mourir a petit feu » selon vous. Pourquoi donc les canadianisateurs prennent-ils tant de précautions à ne pas heurter notre sensibilité en nous promettant mer et monde, en mettant de l'avant une reconnaissance de la nation, en s'efforcant de réprimer leur « Québec rentre-dedans » si nous avons décidé de nous laisser « mourir à petit feu » ?
    En fait la question n'est pas d'éprouver du découragement. La question est de savoir qu'est-ce qu'on fait avec le découragement. Vous optez pour vous y lover bien au chaud. Comme l'âme slave qui déborde de pleurs et de mélancolie, l'âme québécoise carbure au découragement. Celui éprouvé après la Conquête, celui éprouvé après l'écrasement des Patriotes, celui éprouvé après la première défaite référendaire, puis après la seconde, celui de la perte de l'imminence de la souveraineté dont nous sommes maintenant affligés. Il n'y a rien de nouveau dans l'expression de ce sentiment et cela fait aussi partie de ce que nous sommes.
    Mais nous ne sommes pas que notre découragement, nous sommes aussi autre chose, et c'est cet autre chose qui nous fait nous lever comme pas un quand nous sommes attaqués de front. Pourquoi donc prend-on tant de précaution à nous attaquer sur nos flans ?
    Quand un enfant pleure de découragement, l'adulte s'efforce de prendre soin de ses peurs, de son désespoir d'enfant. Nous sommes un peuple orphelin qui a toute les raisons du découragement. Un peuple enfant qui en est à ses premiers balbutiements dans la vie des peuples anciens ou nouveaux. On l'a dit de mauvaise et de petite constitution. Pourtant sa vitalité a fait mentir jusqu'à maintenant tous les pronostics des médecins appelés à son chevet. Certes, il pourrait mourir. Certes, les menaces de représailles, les chantages dont il est victime ont prise sur lui. Mais a-t-il cessé pour autant de vouloir vivre ? Vous dites que oui. Je dis que non. Même votre désolation est tout sauf le renoncement à vivre.

  • Archives de Vigile Répondre

    26 décembre 2008

    Gilles B., vous avez raison, en partie.
    Vous écrivez :« Les raisons de l’indépendance ont été expliqué en long et en large aux Québécois....et ils n’en veulent pas...tout simplement»
    C’est vrai mais seulement à 50 % de francophones.
    Vous écrivez aussi : «L’important c’est que j’ai ma petite maison, mon petit apart, ma petite auto, mes enfants vont a l’école et que je peut descendre dans le sud une semaine par hiver»
    Certains possèdent même de moyennes et de grosses maisons et passent 2 ou 3 semaines dans le sud ou au centre d'achats.
    Conclusion de Gilles B. : «le Québec était unique et grandiose a l’intérieur de cette amérique nauséabonde.»
    Est-ce que nous serions seuls à ne pas « sentir » ? L’assurance maladie est encore universelle au Canada et devrait binetôt. sous Obama, le devenir aux États-Unis et l’espagnol est encore la langue officielle du Mexique et le Portuguais au Brésil.

  • Archives de Vigile Répondre

    26 décembre 2008

    Mme Moreno,
    Nous vivons, nous les Québécois, des moments difficiles. L'exil, même l'exil intérieur, est-il une solution ? Sans juger ceux, nombreux, qui choisissent cette voie, il faut admettre que la cause de l'indépendance risque désormais la marginalisation, voire le ridicule. Vous le dites avec pertinence et les réactions nombreuses à votre message en font foi. Je suis de ceux qui refusent les deux: ni l'exil ni l'assimilation (minorité ethnique condamnée fatalement à la continuité de son assimilation progressive).
    Quel avenir nous reste-t-il ? L'indépendance ne sera crédible aujourd'hui et possible dans un avenir pas trop éloigné que si elle est défendue par une masse critique de Québécois qui en font l'essentiel de leur engagement et de leur combat politique. D'emblée, il faut exclure le PQ et QS. L'idépendance étant un combat fort difficile, il est difficile de garder le cap. La détermination indépendantiste est notre seul salut. L'année 2008 aura encore une fois été une année pénible. Le PI aura suscité un espoir très mitigé en raison de défections malheureuses, lesquelles eurent lieu non sans motifs bien documentés, je le concède. Je ne suis pas près du PI mais je suis membre en règle car je crois qu'il n'y a pas d'autre solution que le PI. Comme je l'ai dit, je refuse à la fois l'exil et la minorisation tranquille.
    J'ose espérer que l'année 2009 sera celle d'un congrès indépendantiste historique qui permettra l'élection d'un leadership indépendantiste déterminé et largement reconnu, appuyé massivement, afin que nous puissions passer à l'offensive. Il est grand temps.
    Je ne suis pas dans le secret des Dieux en ce qui concerne le leadership actuel du PI mais j'adhère largement, très largement d'ailleurs, à son orientation. Je persiste à croire que l'orientation politique d'un parti doit primer sur le caractère et la personnalité de ses dirigeants. Démissionner trop hâtivement de sa propre famille politique dans l'urgence qui est la nôtre demande hélas mûre réflexion. J'écris ces mots en ne pensant pas à vous en particulier mais à bien d'autres et à des plus connus...
    Rendez-vous, je l'espère, en 2009 à un congrès de large et ample participation à l'issue duquel il nous faudrait avoir le vent dans le voiles. Le nombre de voix aux élections provinciales étant à mon avis tout à fait trivial et sans pertinence dans l'immédiat, il nous faut d'abord un parti solide dont le leadership inspire confiance et inspire à renouveler notre engagement.
    Gilles Verrier

  • Archives de Vigile Répondre

    26 décembre 2008

    Félicitations pour votre texte Mme Moreno.
    Certains ici vous répondent que la lutte n'est pas terminé, qu'il y a de l'espoir.
    Je ne crois pas....c'est vraiment fini.
    En fait Madame Moreno, c'est pire que ce que vous décrivez; c'est a mon avis, en toute connaissance de causes que les Québécois se laissent mourir a petit feu.
    Certains sont la a blamer le PQ de ne pas suffisamment faire la promotion de l'indépendance, d'autres blâme Mme Marois de ne pas vouloir tenir de référendum. Certains ici disent que non la lutte n'est pas terminé.
    J'admire votre résilience...mais en même temps je vous trouves complètement irréalistes.
    Les raisons de l'indépendance ont été expliqué en long et en large aux Québécois....et ils n'en veulent pas...tout simplement.
    Ce n'est pas parce qu'on ne leur a pas expliqué, ce n'est pas parce qu'ils sont mal informé, ce n'est pas parce qu'ils sont sensibles a la propagande fédéraliste, ce n'est pas parce qu'ils ont peur ou sont insécures...c'est parce que ca ne les intéresse pas. On deviendra anglophone...pis kesse ca fait ? L'important c'est que j'ai ma petite maison, mon petit apart, ma petite auto, mes enfants vont a l'école et que je peut descendre dans le sud une semaine par hiver. Ca fait cliché ce que je dis ? Oui , mais le pire c'est que c'est exactement ca. Ils s'en foutent, ce n'est pas important.
    J'ai 54 ans mais je penses que je vais voir de mon vivant des horreurs comme l'abolition ou l'atténuation de la loi 101, l'abolition de la loi sur le zonage agricole,
    le retour du financement des partis politique par des compagnies (et non seulement des individus), l'invasion complète du privé en santé...enfin tout ce qui faisait que le Québec était unique et grandiose a l'intérieur de cette amérique nauséabonde.

  • Archives de Vigile Répondre

    25 décembre 2008

    Bonjour madame Moreno,
    Vu ce que vous constatez, quant à la problématique de l'Indépendance,
    il me semble que le seul choix qui vous reste, c'est: émigrez.
    Repartez à zéro, s'il le faut, dans un pays qui correspond à votre vision
    d'une nation qui s'affirme. Vous êtes très courageuse d'avoir exprimé,
    comme vous l'avez fait, les conclusions auxquelles vous êtes arrivée.
    Maintenant, c'est à vous d'agir en conséquence.
    Claude Jodoin Ing.,
    Amérique Française

  • Archives de Vigile Répondre

    23 décembre 2008

    @ M. Turcotte
    Désolé, je me suis mal exprimé. Je connais bien le glissement des doigts... Je me doutais bien que vous connaissiez bien la différence en fois et foi. En lisant « fois », j'ai eu un doute... des fois que que M. Dumont aurait voulu faire un jeu de mot. « Une fois partagée... » la culture s'en trouverait métamorphosée. Ce qui aurait eu du sens dans ce que nous venions d'échanger. Ma mémoire me joue des tours parfoi... en allant au source j'ai bien vu que c'était bien... foi...
    Désolé aussi que vous démissionniez. Ça devenait intéressant. Une prochaine fois peut-être et dans un titre dédié.
    Tout ça m'a mieux fait comprendre le contexte entourant une certaine désolation caractéristique d'une certaine critique de la société québécoise, fait mieux comprendre l'arrière plan qui préside à telles considérations. Merci. Du tout bon pour poursuivre nos respectives et communes réflexions.
    Au plaisir. Luc A.

  • Archives de Vigile Répondre

    23 décembre 2008

    Le pays est peut-être inabouti mais Mme Moreno a abouti à 663 visites et à 26 messages.
    Bravo pour l'intérêt suscité !

  • Archives de Vigile Répondre

    23 décembre 2008

    Vous avez gagné monsieur Luc.
    Je démissionne. Et merci pour la remarque tatillonne à propos du mot «fois». Mes vieux doigts ont glissé sur un «s» en trop. Mais je sais bien faire la différence entre les deux mots.
    Nestor Turcotte

  • Archives de Vigile Répondre

    23 décembre 2008

    @ M. Nestor Turcotte
    Soit dit en passant, ce n'est pas « Une fois partagée » mais bien « Une foi partagée » M. Dumont s'est retourné dans sa tombe...
    Fernand Dumont, Une foi partagée , coll. L'essentiel, Montréal, Bellarmin, 1996
    Et, j'invite le croyant que vous êtes, à considérer l'athée que je suis, comme étant capable de transcendance, hors la foi. Merci. Sans cet a priori, nous ne parviendrons pas à nous comprendre ni admettre que l'autre puisse être, bien que différent de soi, capable d'humanité telle que la foi la suppose. Je pense que Fernand Dumont en était capable. Ce que j'ai cru comprendre de lui, de son oeuvre et de son enseignement, ( ma mère a été son élève, je l'ai tout jeune rencontré ), la foi n'était pas la seule manière d'être humain. La culture pouvait pallier à l'absence de la foi. Mais certes pas quand elle est sous la coupe des technocrates et des consuméristes. Une autre culture peut sans la foi, transcender l'humain. L'art entre autre chose étant une expérience de transcendance admissible. Je prétend que l'écologie dans ce qu'elle convoque de profondément opposé au consumérisme, a changé la culture dans le sens espéré par Fernand Dumont.
    Mais bon... ce n'est que mon avis.

  • Archives de Vigile Répondre

    23 décembre 2008

    @ M. Nestor Turcotte
    Je comprends bien que la transcendance à laquelle fait référence Fernand Dumont n'était pas l'écologie. Du reste, je ne dis pas que l'écologie en soi est un fait de transcendance. Ce que je dis c'est que la foi religieuse n'est qu'une forme de la transcendance. Cela dit, je comprends bien que les croyants vont protester. Il n'y aurait de transcendance que dans la foi en Dieu. Permettez justement qu'en cela nous ne soyons pas d'accord. Désaccord mis à part, toutes choses égales par ailleurs. Je pense que Fernand Dumont verrait dans ce qui s'est passé après sa mort, quelques raisons d'espérer.
    Ce que je dis à propos de la transcendance, c'est que le rapport à la nature est transformé par l'écologie. La nature, un ordre inférieur, appelait au consumérisme. Il s'agissait de la maîtriser pour les besoins supérieurs de l'Homme lui même soumis à la supériorité de Dieu. Dans cet ordre, les Premières nations avaient entre autres nations un rapport différent avec la nature et le fait religieux. Comme d'autres peuples païens. Ces païens, ces infidèles, se trouvent aujourd'hui bien en avance sur nous, alors que les croyions des primitifs peu évolués.
    L'écologie questionne bien des choses, dont notre rapport à la nature, donc questionne aussi notre rapport à ce qui transcende la place de l'humain dans la nature. Encore la il est question de renversement paradigmatique. Ce n'est pas Dieu qui a créé la nature, c'est la nature qui a créé Dieu. C'est la nature qui a créé le vivant, c'est le vivant qui invente Dieu. L'homme n'est plus au service de Dieu, la nature n'est plus au service de l'homme. Il y a dans ce nouveau rapport un nouveau rapport avec la transcendance. La mystique est différente, mais j'y vois la même transcendance. L'humain doit questionner son propre pouvoir et l'harnacher, le transcender. Son pouvoir démesuré se bute à quelque chose de plus grand que lui. Ce n'est plus Dieu, c'est la nature. Paradoxalement, son pouvoir de création ( le paradis ) est aussi un pouvoir de destruction ( le péché ). D'une certaine manière, seule la Révélation ( la foi ), la Conscience l'écologique ( la religion ) peut lui permettre d'assurer sa survie ( la vie éternelle ).
    Cela bien sûr, toutes choses égales par ailleurs et qui n'explique pas tout sur la transcendance, vous l'aurez compris.
    La conscience écologique me semble établir un nouveau rapport de la culture avec la nature, avec ce qu'elle nous procure, prosaïquement et spirituellement.
    Sa grandeur et beauté même, le rapport sensible que procure notre relation ( religare - religion ) renverse l'ordre d'une société affairiste et consumériste qui place l'humain, ses besoins, son plaisir, ses instincts, son développement, son économie, au dessus de tout.
    Une transformation de la culture orpheline de la transcendance à la quelle la religion apportait une réponse, qu'appelait de ses voeux Fernand Dumont. Il n'espérait pas de réintroduire l'ascendance des religieux, il s'inquiétait de ce que nous avions perdu de bien, en nous débarrassant du mal religieux.
    Bien sûr, la foi, la spiritualité a toujours sa place dans un monde écologiste, mais ce que la religion a perdu de terrain dans la culture, me semble être remplacé par ce que convoque l'écologie, qui réifie plusieurs des fondements du sentiment religieux, et qui change la culture vers ce qui me semble être l'espoir de Fernand Dumont.
    Luc Archambault
    Peintre, sculpteur, performeur et céramiste
    Québec, 54 ans, né en 1954 à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, pays des poètes et auteurs Hector de Saint-Denys Garneau et de Anne Hébert. Il travaille et vit à Québec et Saint-Étienne-de-Lauzon, Lévis.
    www.luc-archambault.qc.ca

  • Archives de Vigile Répondre

    23 décembre 2008

    «Ce n’est pas l’alarmisme qui peut le mieux susciter l’action, les écologistes ont fini par s’en rendre compte, mais bien l’espoir de voir chacune de nos petites actions personnelles et collectives avoir un impact sur de grands ensembles qui nous dépassent. Voilà l’espérance transcendante qu’appelait de ses voeux Fernand Dumont. Me semble-t-il !» (Luc A.)
    Pour arriver à cette conclusion, cher monsieur, vous n'avez vraiment pas lu Fernarnd Dumont. Ou si vous l'avez lu, vous ne l'AVEZ PAS COMPRIS. LIRE: UNE FOIS PARTAGÉE. Publié en 1996. Un an avant sa mort.
    La transcendance, pour Dumont, n'a rien à voir avec l'écologie.Ou autre action purement communautaire.
    Nestor Turcotte - 68 ans.
    Matane
    NOTE: Qui est L.Arch. au fait? J'attends toujours...

  • Archives de Vigile Répondre

    22 décembre 2008

    @ un Anonyme
    Merci pour la citation de Fernand Dumont.
    Je comprends bien que M. Dumont parle du désarroi, il le sent et le décrit, puisqu'il existe. Bien sûr que nous pouvons éprouver du désarroi, ce qui ne justifie pas pour autant qu'on se laisse emporter par lui, comme on pourrait éprouver de la peur, et se laisser emporter par elle. Le problème n'est pas de sentir du désarroi ou de la peur. La peur est nécessaire, c'est elle qui nous avertit d'un danger. Le désarroi quant à lui est le signe d'un trouble provoqué par une situation apparemment sans issue, ou devant laquelle on se sent impuissant. Les conditions adverses, celles devant lesquelles le peuple souverain du Québec s'en si souvent trouvé, celles devant lesquelles nous sommes toujours, peuvent provoquer un foule de sentiments, peur, désarroi, sentiment d'impuissance, qui peuvent à leur tour engendrer la colère, la rage, le ressentiment. C'est une chose de les éprouver, c'en est une autre de se laisser envahir et dominer par tels sentiments. La peur est un avertissement nécessaire qui nous permet en tant qu'avertis d'un danger, de mobiliser ses forces, ses ressources pour contrer le danger, afin d'y faire face. Se laisser dominer par la peur a l'effet contraire de la paralysie panique. Ce qui n'est plus utile. Il faut donc savoir éprouver la peur, mais savoir aussi s'en servir pour qu'elle soit non pas paralysante, mais mobilisatrice. Un travail à faire pour d'aucuns. En effet, certaines conditions permettent de faire en sorte que d'aucuns ne parviennent plus à dépasser leur peur. Il en va de même pour le désarroi.
    Et, c'est bien me semble-t-il ce que dit Fernand Dumont.
    Pour Fernand Dumont, un fervent croyant catholique, la perte du sentiment religieux, de la croyance à la résurrection et à la vie après la mort, donne un sens à la vie, à sa propre disparition. Pour lui, la Révolution tranquille présidée par des élites athées qui ont privé la culture du sentiment religieux, a mené le Québec « dans une direction je dirais avant tout technocratique », qui « ne représente plus, je crois, les inquiétudes, les désarrois de notre société, qui est confrontée au vide et à la menace - qu’on n’ose pas envisager en face - de sa disparition. »
    La religion a permis longtemps au Québec de structurer la culture dans un sens uniforme qui donnait un sens à la souffrance du peuple, galvanisé, fédéré autour d'une espérance transcendante. Fernand Dumont a fait de cette question le centre de sa vie. Pour lui le croyant, on ne saurait vivre sans le support de la religion, cette absence l'inquiète, voire l'obsède. L'athée que je suis pourrait le rassurer, on peut très bien vivre autrement la transcendance. Certes pas dans une culture technocratique, celle qu'a imposé ses pairs. Mais dans une culture où la technocratie n'a plus le monopole de la culture. C'est ce qu'il appelle de ses voeux et ce à quoi son oeuvre s'efforce de toutes ses forces de contribuer.
    Fernand Dumont au seuil de sa vie, comme vous le précisez, s'inquiète donc toujours pour la suite des choses dans un contexte de culture où la transcendance n'a plus de place. Sa propre disparition prochaine augmente son inquiétude face au monde nouveau qui menace le peuple qui lui est cher. Maintenant qu'il fait face à sa propre disparition, il sent d'autant plus urgent que la culture d'ici est menacée de disparition hors la transcendance de la foi. Il est toujours aussi urgent de trouver le moyen de faire face à sa possible disparition. Ce à quoi la culture technocratique, consumériste, affairiste, héritée de la Révolution tranquille est bien mal outillée pour apporter quelque valide réponse.
    Mais depuis la disparition de Fernand Dumont, le monde a finalement pris conscience que le consumérisme, la réponse technocratique, le développement économique à tout prix, menacent la survie même de l'espèce humaine. Ce qui a engendré une culture nouvelle où la sauvegarde de l'environnement vient en quelque sorte apporter une transcendance nouvelle. Il nous faut nous élever au-dessus de nos instincts pour en contrer l'avidité. Il nous faut questionner notre fuite en avant et trouver hors le consumérisme de quoi être heureux sans gaspiller nos ressources qui ne sont plus éternelles.
    Depuis que Fernand Dumont nous a quittés, la génération de la loi 101 venue à maturité a montré que la tendance assimilatrice a pu être contré dans une certaine mesure dans des écoles où l'on parle français même si l'on n'est pas de souche française. La culture aussi s'est modifiée. Une nouvelle génération de jeune, des artistes entre autres, a repris le flambeau nationaliste, en même temps qu’elle s’emparait de l'écologie, de la biodiversité et la diversité culturelle et linguistique.
    Oui, nous devons lutter tous les jours contre l'assimilation. Oui, nous pouvons disparaître. Nous pouvons disparaître si nous ne transformons pas notre mode de vie. Cela aussi a des incidences sur notre propre survie de peuple. Nous savons que si nous n'y prenons pas garde, nous pouvons disparaître. La culture technocratique de la Révolution tranquille est à tous les jours questionnée. Des artistes y sont pour quelque chose quand ils dénoncent la gestion technocratique insensée de nos forêts, de nos rivières, de nos héritages naturels et bâtis. La lutte n'est pas gagnée, mais les technocrates dépités et « fatigués », tels que les décrit en 1995 Fernand Dumont après la défaite référendaire il y a plus de 13 ans, sont de plus en plus contestés, autant à droite qu'à gauche. À droite, le retour des jeunes aux valeurs familiales, voire au mariage, à gauche, le mouvement de la simplicité volontaire, la faveur des valeurs écologistes, du mode de consommation responsable, équitable, locale et solidaire, la faveur grandissante pour la production et la consommation de produits du terroir de proximité et biologiques, les succès de nos productions culturelles en télévision, au cinéma, au théâtre (les salles sont pleines ), voire en littérature et en arts de la scène, en seraient de bons exemples.
    Bref ! Sans être jovialiste, sans non plus s'abstenir de faire face aux menaces aux conditions adverses, comme on pourrait à tort m'accuser de faire ici, sans baisser les bras donc, on peut avoir de bonnes « raisons d'espérer ».
    Un autre Fernand, Dansereau celui-là, de la même génération tous les deux, trouve, moins de six ans après l'entrevue donnée par Fernand Dumont dont il est question ici, « Quelques raisons d'espérer » ONF 2001 - 85m. L'écologiste « d'une stupéfiante vitalité au jeune âge de 90 ans, » pense que « menacé par l'homme, l'environnement sera sauvé par l'homme. » Comme si, il donnait une réponse à Fernand Dumont qui ne peut plus maintenant nous éclairer des ses lumières. Comme s'il nous donnait à tous, malgré son grand âge, ou à cause de lui, la solution aux menaces. Il faut les bien considérer, et ne pas se laisser décourager et donc, à leur merci, parce que nous serions à la merci de nos peurs et de notre désarroi, paralysés par elles et lui, ce qui serait le plus sûr moyen de rendre l'évitable, inévitable.
    L'écologie a transformé la culture dans le sens espéré par Fernand Dumont
    Je parie que ces deux-là seraient aujourd'hui d'accord pour espérer. Autant du point de vue écologiste que du point de vue de la culture et de la survie de la culture transcendante, et partant de la survie du peuple souverain du Québec.
    Pourquoi ? Parce que l'écologie, la survie de l'espèce humaine, est une partie des « raisons communes » d'une culture qui soit autre chose que celle d'une élite technocratique en mal de transcendance. Une culture qui fait sens aux yeux du peuple. De fait, les Québécois sont très sensibles aux défis que pose la survie de la planète. Un lien très fort me semble exister entre la survie de l'espèce humaine et la survie des cultures et des peuples humains. Le Québec est ainsi, de par sa culture de la survie et de la lutte pour la survivance, le fer de lance mondial pour la « diversité biologique et culturelle », grâce entre autres à l'apport de Fernand Dansereau et de Louise Beaudoin ( CÉRIUM ) ou Pierre-Marc Johnson (CRIM ) - ( « ... il a présidé de nombreux comités et groupes de travail aux Nations Unies et à la Commission Nord Américaine de l’Environnement touchant des sujets liés au Commerce et à l’Environnement » ).
    Ce qui indique bien me semble-t-il que quelque chose a changé depuis que Fernand Dumont a prononcé ces mots que vous citez. L'écologie, la Révolution écologiste, survenue après la disparition de Fernand Dumont, a transformé la culture dans le sens qu'il appelait de ses voeux, cela en donnant à la culture des « raisons communes » en mesure de faire une certaine unité autour d’un projet politique qui puisse se déployer dans une démocratie renouvelée.
    L'écologie a transformé la culture en nous faisant, comme le souhaitait Fernand Dumont, prendre conscience de notre éventuelle disparition. Cette transformation a des impacts dans la démocratie, dans le politique, dans l'esprit même qui préside à notre vie personnelle et collective qui transcende et transforme le technocratique consumérisme sans âme.
    Le concept scientifique de la biodiversité s'est maintenant appliqué à la culture, à la protection de la diversité culturelle, donc, à la protection des diversités linguistiques et sociétales, à la protection des cultures humaines et des peuples qui les font vivre. Donc aussi, l'écologie s'applique au bien-fondé de la protection du peuple du Québec, de sa langue, de sa culture, à l'à propos de la réitération du principe fondateur du politique démocratique de la souveraineté politique du peuple à l'égard de son propre destin. Partout dans le monde surgit une sensibilité nouvelle à l’égard des communautés, des peuples menacés par les rouleaux compresseurs des impérialismes économiques et culturels. Internet favorise la diffusion partout dans le monde et à double sens, de cette culture nouvelle de l’exception culturelle. Autant chaque coin reculé du monde peur recevoir des nouvelles du monde, autant émane maintenant du moindre petit village menacé de catastrophes environnementales provoquées par tel produit toxique, ou telle invasion culturelle, des cris d’alarme qui portent maintenant comme jamais auparavant.
    La sensibilité écologiste, couplée à la Révolution internautique et celle des technologies l’information, a produit un renversement paradigmatique dans les cultures nationales et mondiales, qui donne des armes et des arguments aux « raisons communes » du peuple souverain du Québec. Internet aussi change la donne depuis que Fernand Dumont nous a quittés. L'écologie, la lutte environnementale dopée par Internet, engage un nouveau rapport avec la démocratie, elle a mobilisé de larges pans de populations autrement dépolitisées, dans la jeunesse notamment, engageant une renaissance de l'engagement politique. Ce qui ne manque pas d'avoir des incidences politiques dans l'engagement des peuples souverains en toutes leurs communautés locales, s'opposant aux dictats des monopoles affairistes, comme on l'a vu a contrario dans la lutte des opposants contre le port et terminal méthanier Rabaska à Lévis. La bataille de Rabaska - ONF - 2008 - Magnus Isacsson et Martin Duckworth. La lutte qu'a mené ce collectif a vu naître une réplique activiste de la droite affairiste créée de toute pièce par des manipulateurs, qui forte de sa victoire contre les opposants de Lévis, s’est renforcée encore à Québec dans le dénigrement des opposants à la canadianisation de la fête du 400e, en inventant de toute pièce un « mouvement d’opposition » souverainiste à la pourtant bienvenue venue de Sir Paul. ( Affaire Luc A. / Macca ).
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    - Retour sur un détournement de message
    Le message aurait-il touché l’ex-Beatle à tel point qu’il n’aura pas fait côtoyer le drapeau britannique avec celui du Québec comme il l’avait fait à Kiev ?
    Tribune libre de Vigile - 18 août 2008
    - Le succès du 400e - Il n’y a pas que les critiques qui se soient estompées
    Réponse à François Bourque du Soleil - Tribune libre de Vigile - 29 août 2008
    - Mot de bienvenue d’un artiste québécois à Sir Paul McCartney
    Texte jamais publié par les médias, et pourtant à la base de l’intervention de Pierre Curzi et du supposé « mouvement d’opposition » à la venue de Sir Paul
    Tribune libre de Vigile - 30 août 2008
    - De Kiev à Québec
    Notons simplement que, entre les drapeaux canadien et québécois, Paul McCartney a très bien compris lequel exprimait le mieux le sens de la fête.
    Le Devoir - 25 juillet 2008
    - Citoyen du monde ?
    L’ouverture sur le monde peut être aussi une belle façon de se noyer dans le grand magma informe de la culture aseptisée. Quand international rime soudainement avec provincial.
    Le Devoir - 11 juillet 2008
    - Le 400e du Canada britannique ou les fédérales variétés du 400e
    Tribune libre de Vigile 9 juillet 2008

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    Mais cet activisme de la droite affairiste et canadianisatrice minoritaire a rencontré récemment son Waterloo dans la lutte menée par les artistes contre la Art-Peur, même si un temps, à force de s’imposer dans les courriers des lecteurs et les forums Internet, elle est parvenue à fait croire à la plupart des commentateurs, voire même à certains artistes ( sauf Raymond Giroux du Soleil ), que le peuple du Québec tout entier s’opposait aux artistes supposés « gâtés ». Les artistes, ne se sont pas laissés démonter et ont persisté et signé. Ils se sont impliqués comme jamais, grâce à Internet qui désormais leur permet même de produire et diffuser comme jamais des messages et des films émanant de toutes parts, prouvant ainsi que le découragement ou la démission étaient tout, sauf le bon choix à faire, même face à une supposée force plus forte que soi.
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    - Les coupures de la Art-Peur
    Le débat sur le débat engagé par les artistes

    La population appuie ses artistes - Tribune libre de Vigile - 29 septembre 2008
    - Le retour des artistes dans le débat politique
    Aberration circonstancielle d’une énergie fossile en extinction ou développement durable ?
    Tribune libre de Vigile - 25 septembre 2008
    - Le « méchant » sort, Harper s’isole - Éditorial - Le Soleil - 25 septembre 2008
    - Réplique à Mario Roy - « L’opinion artistique »
    Tribune libre de Vigile - 24 septembre 2008
    - Les artistes perdent la guerre de l’opinion publique - Vraiment ?

    Tribune libre de Vigile - 21 septembre 2008
    - Art-Peur et la « Chasse aux artistes », par Robert Lepage
    Ou le dénigrement des artistes trop souvent souverainistes et leur supposée dépendance aux taxes du bon peuple
    Tribune libre de Vigile - 12 septembre 2008
    - Lettre au Journal de Québec Les artistes et le politique au Journal de Québec
    Lisez la copie papier du JdQ... ça vaut le déplacement... Le fer de lance de la droite canadianisatrice de Québec
    Tribune libre de Vigile - 9 septembre 2008

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    Une nouvelle génération de jeunes hommes et femmes s'implique désormais dans les luttes écologistes et politiques. Ce n’est pas un hasard si les uns et les unes se retrouvent avec les autres en appuis à leurs combats respectifs ou cumulés.
    La crise du discrédit de l'État obligé un temps à ne plus jamais intervenir dans la vie économique vient trouver sa résurgence dans la crise financière provoquée par une idéologie du marché autorégulateur qui a fait long feu. Le politique vient tel un phénix renaître du bûcher sur l'hôtel duquel on a un temps tenté de provoquer sa mort. Encore là, la technocratie défaillante doit céder le pas au politique, à l’implication démocratique des forces du changement., tel que le souhaitait, ou l’annonçait, Fernand Dumont.
    Bref ! Nous pourrions faire la synthèse de ce que pourraient aujourd'hui ensemble nous dire les Fernand, Dumont et Dansereau, en disant que nous avons aujourd'hui bien plus que « Quelques raisons communes d'espérer ». Cela, au risque de me répéter, parce que le désarroi, le découragement, sont pure démission et sont les plus sûrs moyens de rendre inévitable ce qui est évitable. L'écologie un temps alarmiste a fait place à la gestion responsable de la prise en main de notre destin environnemental. Ce n'est pas l'alarmisme qui peut le mieux susciter l'action, les écologistes ont fini par s’en rendre compte, mais bien l'espoir de voir chacune de nos petites actions personnelles et collectives avoir un impact sur de grands ensembles qui nous dépassent. Voilà l'espérance transcendante qu'appelait de ses voeux Fernand Dumont. Me semble-t-il !
    C’est pourquoi je questionne ici le défaitisme affiché et cet édit qui dit que ce que nous avons espéré n’a plus aucune chance d’advenir. Je récuse cette politique démissionnaire. Pour le reste du message, bien sûr qu’il faut être et demeurer lucide et vigilant.
    Sur ce… Joyeux Noël. En toutes espérances.

  • Archives de Vigile Répondre

    22 décembre 2008

    @ LUC A.
    Fernand Dumont, au terme de sa vie, écrit ceci: (lisez bien: AU TERME DE SA VIE). Il a dit autre chose antérieurement. Je l'avais bien LU.
    «Je crois que nous sommes devant le désarroi. Personne ne le dit trop officiellement, personne n'ose l'avouer parce que, évidemment, comme discours, ça n'a pas beaucoup d'avenir et surtout ça ne peut pas être beaucoup détaillé. Mais je crois que nous sommes devant le désarroi, et ce désarroi gagne l'ensemble de notre société. De toute évidence, les élites des années soixante, celles qui ont fait la Révolution tranquille, qui ont essayé d'orienter notre société dans une certaine direction - dans une direction je dirais avant tout technocratique, qui a eu ses bons côtés évidemment -, cette élite est fatiguée. Elle n'a d'autre discours que de défendre, en quelque sorte, l'entreprise dans laquelle elle s'est engagée; elle ne représente plus, je crois, les inquiétudes, les désarrois de notre société, qui est confrontée au vide et à la menace - qu'on n'ose pas envisager en face - de sa disparition. »
    Source : Fernand Dumont, lors d'une entrevue accordée en 1995 à Georges Leroux (cité par Serge Cantin, «L'impasse révélé par la crise est toujours présente», Le Devoir, 16 octobre 2000)

  • Archives de Vigile Répondre

    22 décembre 2008

    M. Turcotte, le PQ a été pour la souveraineté-association ou la souveraineté-partenariat ce qui me semble être une sorte de confédération, sur ça, je vous donne raison.
    Vous mettez en opposition indépendance et confédération. Faut bien connaître le sens exact des mots si on veut bien se comprendre. Une confédération est formée d'États souverains. Des États souverains sont des pays et les pays sont des États indépendants sauf pour les ententes qu'ils signent entre eux. Vous voulez que le Québec forme un pays et moi aussi. Vous ne souhaitez pas qu'il n'y ait des ententes du type d'une confédération avec le ROC et moi, oui, pour des raisons économiques, historiques pour certains Québécois et pratiques.
    Une entente du type d'une confédération n'enlève rien à l'indépendance d'un pays comme en Europe. Nous devons tous avoir une certaine interdépendance pour mieux vivre et les pays aussi.
    Bonne année 2009 M. Turcotte. Le pays et le paradis à la fin de vos jours.

  • Archives de Vigile Répondre

    22 décembre 2008

    Caroline
    C'est terrible, je sais tout ça que tu as écris, mais je le lis dans
    ta lettre et je pleure,
    Oui j'ai ècouté la chanson de loco locass, mais Caroline ne t'arrêtes
    pas! On ne doit permettre la capitulation, je ne rêve pas d'un Québec
    libre! Je sais bien qu'on pourra remporter la victoire! Si j'étais
    Québecois par naissance, je sais bien, que je pourrais participer dans
    la politique au Quebec, j'ai écris bcp de discours politiques pour
    convaincre a la gens quebecoise, mais je ne pourrais pas le dire parce
    que je ne suis pas né là-bas!
    Mais Caroline Ne me dis pas Ceci! Je ne veux pas écouter ce testament
    politique, ecoute, je comprends très bien la situation! Mais il faut
    pas simplement pleurer et commencer de rêver qu'il n'est pas trop tard
    pour le Grand Pays de Merveilles!
    Caroline Je ne peux pas plus écrire, laisse--moi penser je vais te
    dire ce qu'on peut faire. Et ne me prends pas par un idealiste
    d'accord? On peut recommencer. Arrêtes de se plaindre et prendre le
    Flambeau!
    Joyeux Noël! et N'oublies pas que nous ne sommes pas seules!
    Faisons un Voeu, Un nouveau pays poyur le monde!
    Christian Ramoz Le Québecois par amour!

  • Archives de Vigile Répondre

    22 décembre 2008

    @ Nestor Turcotte
    Oui, je pense que ce serait une bonne chose de relire Fernand Dumont. Voilà une analyste de la culture qui garde et donne espoir. Fernand Dumont est à la recherche de « Raisons communes » capables de structurer cet espoir. Fernand Dumont est préoccupé par le décalage qui existe entre la culture et ce que vit le peuple. Le découragement est un décrochage qui n'a rien à voir avec ce qu'il tente de construire.
    Oui, nous vivons dans un monde qui à la fois se transforme et à la fois perdure. Reste à trouver comment articuler les termes d'une culture qui ne peut plus se réfugier dans l'unanimisme religieux. Il est question de d'agir chez Fernand Dumont et non de désespérer. Agir pour construire une culture qui soit en mesure de faire une certaine unité autour d'un projet politique qui puisse se déployer dans une démocratie renouvelée, cela en l'absence de la rassembleuse religion.
    Je propose dans ce contexte de fonder ce projet sur le peuple souverain du Québec. Ce qui permet de donner à la démocratie le véritable fondement qui lui manque dans cet État du Canada qui s'impose d'autorité en vertu des pouvoirs qu'il se donne en tant qu'avatar d'une Monarchie autocratique de droit divin. Ce renversement paradigmatique pourra permettre que soit fondé un État sur la libre et souveraine volonté du peuple démocratique et souverain du Québec, jusqu'à maintenant forcé par la contrainte et les menaces de représailles de vivre dans un État qui n'émane pas de lui. Ce sont là des armes qui permettent de contrer celles d'un État abuseur.
    Contrairement à ce constat d'impuissance qui s'étale ici, je prétends que le peuple souverain du Québec n'est pas désarmé. Je comprends qu'on puisse à hauteur de vie humaine trouver le temps long. Mais je pense que cet aune ne doit pas être notre mesure.
    Les États passent, mais les peuples restent.
    L'État actuel n'est que provisoire, il succède à ne nombreux autres États, celui-là aussi passera, le peuple du Québec lui, demeure et demeurera. Chacun de nous ne vit qu'une seconde dans l'espace-temps de la vie du peuple. Je ne veux pas pour moi que cette seconde soit celle des édits du découragement et de la démission. Je crois qu'il existe d'autre manière d'être Vigilant.
    « La Vigile du Québec » de Fernand Dumont ( essai, Montréal : Editions Hurtubise HMH, Collection Constantes ;1971, 234 p. 21 cm.), c'est tout autre chose que le désespoir et l'annonce de la faillite du projet souverainiste.
    Il est plutôt question de comprendre comment construire un discours de culture sur ce que nous sommes et qui tienne compte de ce que nous avons été. Cela en se penchant à la fois sur ce que nous sommes et sur ce que nous avons été. Si nous avons par moment été découragés, c'est par contre bien parce que nous n'avons pas que produit un tel discours que nous en sommes là où nous sommes. Toujours vivants. S'il nous faut faire face à des conditions adverses, ce n'est pas d'en trouver encore aujourd'hui qui signent notre arrêt de mort, ni celui de nos projets.
    Nous avons toujours affronté des conditions adverses, celles d'aujourd'hui ne sont pas moins ni plus graves que celles que nous avons dû affronter après la Conquête, après l'écrasement des patriotes, après nos défaites référendaires. Pourtant, nous sommes toujours bel et bien vivant. Cette vitalité est garante de notre capacité de survivre, de faire face, autres parts que dans le découragement.
    Crier du haut de la chaire que nous irons tous en enfer parce que nous sommes des pauvres pêcheurs n'a pas sauvé la religion, ni le projet religieux, au contraire. Il en est de même pour nos projets politiques. Ce n'est pas en criant à tous vents que nous sommes damnés, condamnés, que notre projet ne se réalisera pas, que nous assurerons la survie du projet qui nous anime.
    Ce n'est du reste pas un projet quel qu'il soit qui nous garde personnellement ou collectivement en vie. C'est plutôt très exactement le contraire. C'est bien parce que nous sommes en vie que nous pouvons faire et garder bien vivants nos projets.
    C'est parce que nous sommes vivants, donc changeants, qu'il nous faut sans cesse travailler à mettre à niveau nos projets. C'est bien là ce sur quoi a travaillé Fernand Dumont toute sa vie, contribuer à faire en sorte que la culture puisse vraiment rendre compte de la vie du peuple, et coller à la vie du peuple, en l'occurrence, à la vie de ce peuple souverain du Québec. Fernand Dumont a prouvé par sa réflexion qu'il fallait adapter la culture à la vie. Ce n'est pas en se crispant sur une culture du passé qu'on permet au peuple d'avancer dans la vie et de se construire une culture en adéquation avec la vie du peuple. Il a travaillé toute sa vie à donner des raisons communes pour contrer le décalage entre vie et culture, c'est la manière qu'il a trouvé pour conserver vivant un projet qui ne renie rien de ce que nous sommes.
    Bonne lecture et Joyeuses Fêtes de Noël et du nouvel An.
    Cette année 2009 qui le 17 septembre nous fera avoir 250 ans d'existence en tant que peuple souverain du Québec, distinct du peuple de France. Un peuple né de l'abdication de Louis XV Souverain du peuple de France en Nouvelle-France, de ses devoirs premiers qui consistaient à protéger son peuple de France contre l'envahisseur. Le jour de la défaite des armées du Souverain de France sur les Plaines d'Abraham à Québec, le peuple sans Souverain de Nouvelle-France, est né en tant que le peuple souverain du Québec.
    Bonne année 2008 !

  • Archives de Vigile Répondre

    22 décembre 2008

    M. Schneider, je fais la même constatation que vous : nous n'avons aucune idée de la nature illimitées des ressources qui sont mises à la disposition de ceux qui ont le pouvoir d'empêcher notre libération nationale. Les forces en présence ne se comparent même pas. Il faut être bien naïf pour croire que seule la démocratie nous rendra libre. Il faudra, tôt ou tard, utiliser les mêmes armes que notre ennemi.
    Guy Le Sieur
    Vive la République de l'Amérique française

  • Pierre Schneider Répondre

    21 décembre 2008

    Malheureusement, le triste constat que vous faites, Caroline, de la situation actuelle du mouvement de libération du Québec me semble très juste et j'ose espérer qu'il contribuera à réveiller nos colonisés-heureux-de-l'être.
    Et cette situation désespérante ne tient pas compte de la toute puissance des services de répression fédéralistes mis en place depuis les années soixante. Avec comme résultat que tout mouvement ou parti indépendantiste est infiltré (sinon contrôlé) par les défenseurs du Canada from coast to coast.
    Personne n'aime évoquer cette dangereuse réalité chez les indépendantistes, de peur de passer pour paranoïaques, mais une documentation exhaustive à ce sujet nous permet d'affirmer que nous sommes vraiment désarmés face aux forces qui sont chargées de nous mater.

  • Archives de Vigile Répondre

    21 décembre 2008

    Je vais relire Fernand Dumont pendant le temps de NOEL et du Nouvel An. Je dois l'avoir mal compris, M. Archambault?
    M. Bousquet, je vais vous l'écrire une dernière fois: le PQ n'est pas indépendantiste mais confédéraliste. Vous ne pouvez prétendre qu'il est un parti indépendantiste...
    Tiens, organisons donc un débat sur la question, en public, après la relâche...Je vous donnerai des preuves écrites et....téléphoniques. Bon congé!
    Nestor Turcotte

  • Archives de Vigile Répondre

    21 décembre 2008

    Le PI inabouti... n'a « fait » pas même 1% du vote.
    Seulement 13 centième de 1% soit 4230 votes.

  • Archives de Vigile Répondre

    21 décembre 2008

    Je lis ici une sorte de pompage de Québécois francophone contre le PQ qui ne serait pas assez séparatiste au goût de l'indépendantiste pur qui le soupçonne de tactiques machiavélique comme être un parti fédéraliste déguisé.
    Les critiques du PQ, c'est quoi votre solution ? Démolir le seul parti souverainiste solide qui peut battre le PLQ...le PQ jusqu'à ce qu'il n'en reste rien ? Virer à gauche et envahir Québec solidaire avec le parti communiste ou aller au PI qui tire 1 à 2 % des votes ? Peut-être virer fédéralistes pour être majoritaires ou vous plaindre jusqu'à la mort ?

  • Archives de Vigile Répondre

    21 décembre 2008

    @ M. Nestor Turcotte - Suite...
    L’unité de la nation – L’unité de ses élites
    Le non-lieu de la bataille entre nos élites est le seul rempart qui protège le Canada de la dislocation. Ce pourquoi les canadianisateurs s’emploient à encourager le discrédit des élites, de l’État, de la Loi, qui ne seraient qu’accessoire, la vraie vie, les vraies affaires seraient ailleurs. Le débat constitutionnel, de la foutaise. Le débat référendaire, de la foutaise. L’État, sa Constitution, rien de bien sérieux. On peut s’en passer. Ça ne compte pas vraiment… Ça n’est pas vraiment important quand il est question du Québec, du peuple souverain du Québec. Mais quand il est question du Canada, c’est autre chose. On ne touche pas aux Institutions. On ne peut toucher aux pouvoirs du Premier ministre, il peut même s’imposer en fermant le Parlement… Ça, ça compte… les précédents, les usages, les antécédents, tout ça compte à la virgule près…
    Quand il s’agit du peuple souverain du Québec, c’est autre chose… On s’est dès lors employé à encourager la division de nos élites.
    Notre problème est là. Comment un peuple peut-il se constituer s’il fait face à des élites qui sont divisées. Si elles ne peuvent sur certains points cruciaux faire l’union. Elles ne se sont pas entendues sur le choix d’appeler le peuple à fonder l’État souverain. Nos élites n’ont pas su faire l’unité sur cette question là. Elles se sont séparées, querellées. Le peuple est dès lors spectateurs d’un débat qui se tient entre deux élites faisant chacune la promotion de leurs États respectifs. Ainsi, tout se passe hors du peuple. Une partie de nos élites réussissant à se faire élire à la tête de l’État du Canada, s’est sentie au pouvoir. Au pouvoir de l’État d’un autre peuple. Ce qui lui faisait dire que l’élite concurrente ne voulait qu’être à la tête d’un État concurrent « flag sur le hood » à l’avenant. Cette image résume à elle seule l’impasse dans laquelle se trouve ce peuple souverain. Deux élites se disputent le fait d’être à la tête d’un État. Il ne s’agirait en somme que d’une querelle de pouvoir entre deux groupes semblables intéressés à leur propre avancement.
    C’est la thèse que défendent les canadianisateurs diviseurs. Ce pourquoi on voit partout fleurir le dénigrement des élites politiques, toutes pareilles, opportunistes, profiteuses, qui ne cherchent qu’un bon salaire, et un bon plan de retraite en se présentant comme candidat. Vous abondez dans cette propagande de la déstructuration et de la division quand vous dites que le PQ, que le Bloc québécois ne veut que de bons jobs puisqu’ils ont renoncés à fonder l’État souverain.
    Or ce n’est pas le cas. Ce qui est en jeu, ce sont deux visions de notre destin de peuple. L’une passait par le fait de renouer avec notre passé impérialiste, l’autre, nous faisait fonder un État souverain capable d’incarner dans un État valide, la démocratique souveraineté du peuple.
    Ces deux voies sont sans issue tant et aussi longtemps que nos élites n’auront pas fait l’unité sur une voie à suivre, ou tant que l’une n’aura pas supplanté l’autre. Pour l’heure, elles se trouvent toutes deux faces à l’échec de leurs vues respectives. Une troisième voie qui pensait faire la synthèse de ces deux options, l’autonomisme de l’ADQ, s’est récemment trouvée coincée par les canadianisateurs qui avaient intérêt à la détruire pour imposer à nouveau le bipartisme qui leur a toujours servi.
    Nous en sommes là.
    La solution n’est pas la division, ni le dénigrement du peuple.
    Le peuple souverain du Québec au début, au centre et à la fin de nos ébats et débats.
    Nous sommes depuis la Conquête dans un lent processus de constitution d’un peuple. Peu à peu, il se constitue en tant que peuple civilisé, doté de ses propres structures sociétales. Il a modernisé à la faveur de la Révolution tranquille ses élites qui ont voulu l’instruire. Il s’instruit, il se développe. Il se construit des élites qui n’adhèrent pas encore au peuple. Le peuple se méfie à bon droit de ses élites. Elles peinent à se faire reconnaitre par le peuple. L’adéquation entre le peuple et ses élites n’est pas encore faite. Elles apprendront peu à peu à n’être plus qu’un placage venu d’ailleurs. La première génération a dû se former en Europe ou aux États-Unis. Celle-là méprisait le peuple et a voulu un temps lui imposer la culture de France. Une deuxième génération, celle des Gilles Vigneault, Michel Tremblay, Clémence Desrochers, Robert Charlebois et autres Yvon Deschamps, a imposé une québécitude assumée et collée au peuple. Une autre encore a conquis le monde, Céline Dion, Robert Lepage et autres Cirque du Soleil.
    Politiquement, c’est autre chose. Le souverainisme « imminentiste » est en crise. L’imminence de la souveraineté de l’État est perdue, pour le moment du moins. C’est une occasion en or de refonder le bien-fondé de l’État souverain non plus sur sa supposée supériorité sur l’État du Canada, mais bien sur ce sur quoi cet État du Canada reste infondé, sur la volonté du peuple souverain du Québec. En fait, pour l’heure, sur ce que ne veut pas le peuple souverain du Québec.
    Le peuple souverain du Québec n’a jamais été appelé à nommément approuver l’État du Canada. Les élites qui prennent le parti du peuple souverain du Québec doivent l’appeler à exprimer sa volonté à cet égard. Le peuple souverain du Québec refuse l’État actuel du Canada qui ne le reconnaît pas comme ne serait-ce qu’existant. Voilà comment faire l’unité de nos élites. Nos élites, fédéralistes, autonomistes ou souverainistes refusent l’État actuel du Canada. Elles sont en cela unies et en phase avec le peuple souverain du Québec.
    Les canadianisateurs le savent bien et comptent bien sur le fait que jusqu’à maintenant, ni les souverainistes ni les fédéralistes québécois n’ont pris la peine de consulter nommément le peuple souverain du Québec sur l’État actuel qui le gouverne en toute illégitimité démocratique.
    Cela, pour les souverainistes, parce que l’imminence de la souveraineté de l’État rendait cet exercice inutile. Mais la donne a changé. L’État souverain n’est plus à l’ordre du jour de manière imminente. D’aucuns prétendent qu’il suffit de reprendre le combat. Reprenons-le certes, mais sur de nouvelles bases. Sur la base de la volonté du peuple. Or ce peuple a la volonté de refuser ce Canada actuel. Il ne sait encore pas, à quoi il adhérera le jour où, prenant acte du refus du peuple, le Canada se décidera ou non, à proposer un État que pourrait approuver le peuple souverain du Québec. Même là, ce peuple ne sait pas, il pourrait très bien choisir plutôt l’État souverain plutôt qu’un Canada replâtré et toujours envahissant notre champ d’action souverain. Je parie sur cette volonté là. Mais avant, il faut que la volonté actuelle du peuple trouve le moyen de s’exprimer.
    Celles et ceux qui prennent le parti du peuple souverain du Québec, les souverainistes donc, doivent fonder leur action sur le peuple souverain. Ils doivent lui donner les moyens d’incarner dans l’État sa souveraineté démocratique et sa volonté. Cette volonté refuse le Canada actuel.
    Cela, dans l’union de nos forces, dans l’union de nos élites, dans l’union du peuple avec ses élites. Les fédéralistes québécois, les autonomistes y trouveraient leur compte. C’est pour eux la seule issue possible. La seule manière de faire bouger le Canada afin qu’il tienne compte, dans l’État, dans sa Constitution, à la fois de la volonté du peuple souverain du Québec et à la fois de la volonté des fédéralistes québécois de faire dans le Canada une place pour le peuple qu’ils veulent défendre et développer.
    Les souverainistes ont 4 ou 5 ans pour s’engager dans cette voie et prendre le pouvoir en promettant d’appeler le peuple à se prononcer sur sa volonté d’invalider l’État du Canada actuel du statu quo actuel. Dans la foulée, le Canada pourra ou non s’entendre pour proposer au peuple du Québec un nouveau partage du pouvoir, les souverainistes pourront faire valoir l’intérêt qu’il y a à fonder l’État souverain du Québec doté de tous les vrais pouvoirs.
    Il s’agit ici de mettre le peuple au pouvoir en renversant le paradigme autocratique canadien qui impose son autorité légale, en se gardant de se parer de la légitimité que lui conférerait l’approbation du peuple. Ce qu’il n’a pas actuellement. Le peuple démocratique et souverain du Québec réprouve cet État du Canada unilatéral actuel qui ne le reconnait pas en tant que peuple distinct, démocratique, pacifiste et souverain. Si nous ne nous entendons pas sur ce que nous voulons, nous pouvons nous entendre sur ce que nous ne voulons pas.
    Les fédéralistes ne prendront pas le risque d’invalider l’État du Canada. Les souverainistes peuvent le faire, pour peu qu’ils prennent le risque de voir l’État du Canada proposer au peuple souverain du Québec un État où il trouverait une reconnaissance de son existence de peuple démocratique et souverain, doté de pouvoir souverain sur sa culture et la survie de sa langue, doté de pouvoirs et de crédits afférents. C’est un risque qu’il faut courir. Ne pas le faire, voudrait dire que l’État souverain qu’on espère est incapable d’emporter l’adhésion du peuple souverain du Québec face à un Canada validé par le peuple souverain du Québec. Or, l’État souverain du Québec est la meilleure façon de pouvoir établir un partenariat avec les nations de ce monde et pas seulement dans l’enfermement canadien. Une fois l’État actuel du Canada, nommément soumis à la désapprobation du peuple souverain. Un pas aura été franchi, un pas immense ouvrant tout grand la porte de la libération. Ce peuple souverain se reconnaitrait par là, lui-même, comme seul et unique valide fondateur d’un État valide et démocratique, hors la tutelle d’un État qui impose sa tutelle de force et d’autorité, du seul fait de la simple expression de sa volonté clairement exprimé. Uni dans l’union de ses élites. Pour une fois, pour la première fois, ce peuple se reconnaîtrait dans une Institution de l’État, dans l’institution référendaire, en exigeant par une déclaration solennelle « qu’à partir de désormais », comme le disait Yvon Deschamps, les États qui prétendent ou aspirent à gouverner le peuple démocratique, pacifique et souverain du Québec, sur son territoire, doivent faire nommément approuver l’Acte qui les fonde, les constitue et les gouverne, à défaut de quoi il sont invalides et illégitimes.
    Tout cela ne vous convaincra pas… Mais cela tout cela est mon intime conviction.
    Nous ne sommes pas d’accord sur « l’image du Québécois ordinaire » que cite en l’approuvant le vindicatif Michel Rolland qui vous appuie. Je ne crois pas à un tel « Québécois ordinaire ». Je n’adhère pas à ce mépris du peuple. « Le mépris n’aura qu’un temps » comme le disait le réalisateur, producteur et monteur Arthur Lamothe , celuil-là aussi. Je ne crois pas à ce mépris du « Québécois ordinaire qui n’a d’autres aspirations que les teintes politiques qui ont coloré son histoire. »
    Le dépit aussi n’aura qu’un temps. Le défaitisme pareillement.

  • Archives de Vigile Répondre

    21 décembre 2008

    @ M. Nestor Turcotte, 68 ans, philosophe et théologien
    Je comprends mieux votre posture maintenant que je sais que vous êtes théologien.
    Dans l'ordre religieux qui est le vôtre, bien sûr le peuple, les peuples, les peuples humains, sont dans le péché, la maladie. Dans cet ordre, seul un sauveur peut les sauver.
    « Les Québécois sont colonisés. Ils souffrent d’aplaventrisme. De dégénérescence. D’insousciance. D’indifférence. C’est du moins le constant que faisait jadis le réputé sociologue Fernand Dumont. »
    Certes...
    Certes, dans un certain ordre des choses.
    Prenons par exemple la « dégénérescence et l’ignorance » dont nous souffririons. Cela cadre bien avec le constat que posait déjà Lord Durham. Peuple sans culture et sans histoire. Rien que ça... déjà.
    Il ne s'agit pas de se voiler la face. Il ne s'agit pas de se cacher à soi-même ce qui nous entrave, mais il s'agit de voir autrement les choses que sous l'angle du péché et de la faute.
    Si Lord Durham avait tort de voir dans ce peuple peu instruit, de peu de culture savante, aux élites déconstruites par la Conquête, un peuple voué à l'assimilation, c'est donc, puisqu'il ne s'est pas assimilé, qu'un peuple peut survivre, voire se développer, ailleurs et autrement que dans ce qui encadre et caractérise la sophistication de la « civilisation » en l'occurrence, celle britannique qui lui paraissait la seule voie possible.
    Nous sommes en face d'un peuple singulier. Comme les Européens l'étaient face aux peuples des Premières nations, ils étaient des barbares, des sauvages, qu'il fallait évangéliser, civiliser. Des enfants qu'il fallait instruire, remplir de Connaissance et de savoir, sans parler des Révélations qui devaient sauver leur âme.
    Si j'ai été élevé dans telle culture de la rédemption, je la réprouve. Je réprouve vos idées, votre conception du monde. Ses prémisses, ses bases, sont fausses, faussées, inappropriées. La civilisation ce n'est pas ça, ce n'est pas que ça, et ça peut être autre chose.
    Oui, nous sommes un peuple qui a été Conquis et colonisé. En fait, ce n’est pas nous qui avons été Conquis, c’est la partie du peuple de France en Nouvelle-France que nous étions qui l’a été. Nous, nous ne sommes plus une partie du peuple de France. Cela, c’est ce que nous étions. La Conquête nous a métamorphosés. Être Conquis n'est pas une maladie, et nous ne sommes pas que ça, Conquis. Avant d'être Conquis, nous étions partie du peuple de France, un Empire concurrent des Britanniques, tout aussi civilisé, savant, cultivé que nous l’étions, en tant que société. Le peuple lui, était comme tous les peuples de l’époque, peu instruits, peu cultivé. Il formait malgré tout, dans la construction hiérarchisée des sociétés, un peuple « civilisé ». Tel que les sociétés l'étaient à l'époque, il s'agissait de sociétés structurées par une aristocratie autocratique et une bourgeoisie marchande et d'artisans. Or à la Conquête, une transformation radicale s’est imposée, de force.
    Par l'abdication de notre Souverain à son devoir premier de protéger son peuple contre l'envahisseur, la Conquête britannique nous a fait devenir peuple distinct du peuple de France. Dès lors privés de Souverain, qui n’est que l’incarnation personnelle, charnelle, de la souveraineté du peuple, nous sommes devenus peuple sans Souverain. Nous sommes devenus peuple souverain distinct du peuple de France. Nous sommes devenus le 18 septembre 1759, avec la capitulation de Québec, le peuple souverain du Québec. Un peuple conquis déstructuré par la perte du Souverain, déconstruit par la colonisation. D'autant déconstruit, quand de grands pans de ses élites aristocratiques, religieuses, marchandes et d’artisans, ont choisi à l’instar d’un Souverain de la démission, l’abandon de la Nouvelle-France par leur retour en France.
    Depuis, nous assistons non pas à la dégénérescence de ce peuple, mais bien à c'est sa lente régénérescence de ce peuple. En fait, nous assistons, plutôt, nous participons, à la naissance, à la construction d’un peuple sur les bases flouées d’une société déconstruite par la Conquête et l’abandon. Nous sommes un peuple orphelin sous tutelle. À la question que posait la déconstruction de ce qui structure un peuple, la réponse donnée tenait pour acquis qu’un peuple ne peut survivre dans un tel état de déconstruction. Il ne saurait survivre. Or, il a survécu. C’est donc qu’un peuple peut survivre autrement que par un haut de degré de ce qui est tenu pour se constituer dans la « civilisation ». On a dit que ce sont les curés qui ont pallié les manques. Certes, mais je ne crois pas qu’il n’y ait eu que ça. Quelques curés, fussent-ils des géants, n’auraient pu rien faire si déjà, le peuple, sa culture, fut-elle primitive, primaire, a seule pu permettre la survie. Et, à la base de la culture, il y a l’énergie de la vie, le dur désir de durer, de se vivre en tant que groupe humain singulier, distinct de tout autre sur un territoire donné.
    Ce peuple-là, trahi par ses clercs, en a gardé le souvenir prégnant de la trahison, de l’abandon. Le dénigrement des intellectuels n’en serait que l’un des avatars de cette histoire qui fait du peuple sans élites, sans toutes les élites qu’il lui faut pour se constituer dans ce qui est considéré comme la « civilisation », malgré tout, un peuple existant et souverain. Ce sentiment d’être, ce sentiment collectif d’être « constitué », hors la « civilisation », hors la Connaissance, hors la Révélation religieuse, hors l’État valide et émanant du peuple, nous constitue hors toute Constitution.
    C’est la force de ce peuple souverain, aujourd’hui démocratique et pacifiste. Il se sait existant, hors l’État, sans élites. Il a bien raison. Il se veut bien exister structuré par des élites, mais ne désire subordonner son existence à l’existence des élites. Il a bien raison. On ne sait jamais, peut-être pourraient-elles encore le trahir, le renier. Elles ne s’en privent pas du reste. Votre dénigrement participe à cette trahison. Vos diagnostics n’ont pas de prises ni d’effet sur ce peuple. Vous pourrez en perdre la voix à force de le vilipender, de le discréditer, de le dire « dégénérescent », vous n’obtiendrez rien ce faisant. Sauf le contraire de ce que vous souhaitez. C’est-à-dire, ce qu’ont obtenu les curés prêchant en chaire la culpabilisation des plaisirs de la chair. Le bon peuple écoutait sagement, mais n’en tenait pas compte, il allait en toute « insouciance et indifférence » ( ces maux que vous lui prêtez ), dansant, buvant et baisant allègrement, toutes choses qui étaient défendues étaient bel et bien permises de l’avis du peuple.
    Toutes les Grandes noirceurs dont on a parlé n’étaient peut-être que dans la tête des élites avides de se tailler une place dans le monde à même le contrôle d’un peuple orphelin. Le peuple, lui, était dans la lumière de la vie qui bat, la preuve, il a su survivre à toutes les conditions adverses, dans la santé, dans la vigueur, malgré tout, malgré l’abandon de ses élites, malgré la défaite des armées du Roi de France, malgré son abdication à l’égard de ses devoirs à notre égard, malgré aussi la Conquête, malgré la colonisation britannique qui a pensé, en s’imposant comme élite nouvelle de ce peuple, avoir prise sur lui au point qu’il se rallie aux lumières de la civilisation qu’elle croyait inévitablement attractive au point de voir ces lambeaux de peuple s’assimiler. Ce qui n’a jamais pu s’incarner dans le réel de ce pays. Les Conquérants n’ont reçu que railleries en lieu et place de ralliements. Le peuple souverain du Québec n’a que faire de leurs tutelles.
    La tutelle britannique est en voie de se dissoudre.
    Nous sommes en présence d’un peuple singulier qui se sait vivant et vivre dans la civilisation hors les fastes et les lustres de la civilisation. Il n’est encore pas raccommodé à la civilisation. Il se tâte, il ne sait pas encore s’il doit accorder quelque confiance que ce soit aux élites civilisées qui prétendent être partie du peuple. Il sait que les élites britanniques ne sont pas les siennes, les Souverains et les Souveraines britanniques n’ont à ses yeux jamais incarnés, jamais pu incarner sa souveraineté de peuple souverain. Son État du Canada pas davantage, d’autant que ce peuple n’a jamais été appelé à nommément approuver cet État qui s’impose d’autorité.
    Les États, les élites, ne sont pour ce peuple que de factices attributs dont ils tirent fort habilement ce qui lui permet de vivre. Mais il ne se sent pas concerné. Il est en quelque sorte ailleurs. Ce qui n’est pas étonnant vu l’histoire des rapports que ses élites ont entretenus avec ce peuple. À telle enseigne qu’il peut se débarrasser d’elles sans qu’il n’y paraisse en moins de deux. Ce qui supposément l’a tant accablé, ratatiné, l’ascendant supposé des élites cléricales et religieuses, la religion, ses règlements, ses rites, ses dogmes, ont été jetés à la poubelle comme si de rien était. Une seule chose peut expliquer ce si brusque et radical renversement paradigmatique. C’est que tout cela, tous ces fastes, toute cette quincaillerie civilisationnelle n’étaient qu’un mince plaquage sur un bois d’un tout autre ordre, sur un métal de composition inconnue et qui n’offre pas de prise à tout enduit qui n’est pas fait de ce métal là.
    Aussi, quand à la faveur de la Révolution tranquille, quand une nouvelle élite s’est pointée, comme sortie de la cuisse de Jupiter, reniant tout ce qui la précédait, elle s’est crue en prise avec le peuple, et elle l’a été un temps, tant et aussi longtemps qu’elle s’est tenue en phase avec le peuple et qu’elle a cru qu’il était en mesure de le suivre. Tant qu’elle a su faire vivre que l’imminence de la libération était à nos portes. Mais cette imminence s’est peu à peu évanouie.
    Les élites souverainistes sont aux prises avec la perte de l’imminence de la souveraineté de l’État du Québec. J’en ai parlé dans une autre contribution.
    PQ, QS et PI : la crise de l’unité souverainiste

    L’indépendance passerait par l’éclatement du PQ ? Vraiment ?
    Tribune libre de Vigile 23 novembre 2008
    Vous, vous dites que c’est la faute du PQ. La faute de nos dirigeants, qui nous auraient trahis. Moi je dis que c’est tout autre chose. On pourra s’obstiner longtemps. Aussi, je ne pense pas être en mesure de vous faire changer d’idée. Je ne fais qu’exprimer ma vision des choses. Sans plus.
    Ce qui s’est passé c’est que l’élite nouvelle de la Révolution tranquille s’est vite scindée. L’une d’elles a cru pouvoir faire revivre la Civilisation d’où nous étions issus. La Civilisation de l’Empire de France. Nous avons été nous aussi des Conquérants. Nous avons été Conquis mais nous serions toujours des Conquérants. Ainsi, pour revivre, pour vivre, pour cesser d’être des Conquis, nous n’avions qu’à devenir à nouveau les Conquérants que nous avions été. L’Amérique du Nord nous appartenait d’une mare à l’autre jusqu’en Louisiane. Bon… tant pis pour la Louisiane, rabattons-nous quand même sur le Canada. Il nous appartient. Il est à nous. Les Rocheuses sont à nous. C’est l’illusion impérialiste de notre destin telle que Pierre Elliott Trudeau, Roi Soleil de la sophistication civilisationnelle, nous l’a présentée. Elle nous a séduits, un temps. C’était l’époque du French power à Ottawa. En face, René Lévesque défendait un autre a priori. Nous avons été transformés par la Conquête. Nous sommes devenus autre chose. Nous renierions ce que nous sommes devenus en nous prenant à nouveau pour des Conquérants, en redevenant impérialistes. Nous devons plutôt prendre acte de ce que nous avons appris de la Conquête. Nous avons un vécu unique. Nous étions partie d’un Empire Conquérant et un Empire concurrent nous a conquis. Nous sommes quelque part des Conquérants Conquis. Donc à même de constater l’effet délétère de la Conquête qui pourtant a fait notre gloire. Nous sommes faits pour être Conquérants, mais nous sommes des Conquérants qui parce qu’ayant vécu ce que de douleur, de sang versé, d’humiliations contrites, de fierté ravalée, cela implique, nous sommes aussi des Conquis. Nous avons été conquis par l’idée que la Conquête n’est pas ce qu’il nous faut mettre de l’avant. Nous serons tout simplement un peuple fier, un peuple grand, qui s’empêche de toute Conquête impérialiste. Nous ne serons que sur nos terres, les Conquérants virtuels du monde, par notre savoir-faire, par nos idées, nos lumières, dans les arts, dans nos savoirs faire, en tout respect de l’autre et des autres, vivifié par leur apport qui nous séduit et construit déjà. C’est l’époque de la Super Francofête. L’Afrique débarque et nous séduit par les musiques du monde. Le Festival d’été en est le pérenne avatar.
    Ces deux visions de notre être se sont heurtées, dans un combat fratricide qui ne faisait pas de quartiers. Une guerre de civilisation, une guerre civile. Deux visions qui se sont heurtées en s’annulant. Deux échecs sur les bases desquels nous sommes à reconstruire la suite de l’Histoire du peuple démocratique et souverain du Québec.
    Entretemps le peuple a vécu. Aucune des thèses défendues par cette division de nos élites n’a pu avoir gain de cause. Le French power a vécu et l’illusion de l’impérialisme québécois conquérant le Canada, bilinguisme institutionnel aidant, s’est abimé sur dans le vide intersidéral de sa propre impossibilité.
    L’imminence de l’État souverain du Québec, elle, s’est heurtée au mur de cette division, ainsi qu’à l’obstiné désir du Canada de nous tenir pour son objet. Nous sommes d’après lui, un objet de SA propriété. Louis XV a cédé ses territoires aux Britanniques. Comme si un peuple pouvait être objet de Cession, le Canada nous considère toujours comme l’une de ses possessions qui lui auraient été cédées. C’est la thèse de John Saul. J’en parle dans le titre suivant :
    Vigile – 2008 10 16 - Bruno Deshaies-INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 337
    Trouver LA solution Jeudi 16 octobre 2008
    Nous sommes donc un peuple de Conquérant conquis renonçant à l’impérialisme de la Conquéte, aux prises avec un peuple du Canada n’ayant encore lui, pas compris qu’il lui faut renoncer à la gloire de la Conquête, renoncer à se tenir pour possédant l’autre et son territoire.
    Le peuple souverain du Québec, comme se plait John Saul à décrire celui du Canada, est lui aussi, fait d’un symbiotique mélange de culture des Premières nations ( amérindienne ) et de culture Indoeuropéenne ( nous faisons ainsi le tour de la terre par les Indes ). Ce qui ferait du Canada une civilisation en soi. Comment résister à l’appel d’adhérer à tel fin du fin civilisationnel ?
    Voir :
    Le Devoir – 2008 12 20 - Louis Hamelin - Les bâtards de Champlain
    Mon pays métis - John Saul
    Traduit de l'anglais par Rachel Martinez et Ève Renaud
    Boréal - Montréal, 2008, 345 pages
    Cette culture des Premières nations dont nous sommes aussi pétris fonctionne entre autres choses dans la conciliation, la réconciliation de l’unanimité. On temporise et discute tant et aussi longtemps que tous les points de vue n’auront pas été exposés et pris en compte. Je crois déceler dans ce chassé-croisé de bataille entre le Québec et le Canada, entre les peuples du Québec et du Canada, un tel échange.
    Le Canada se croit toujours tuteur du peuple du Québec. Celui-là se dit capable de se tenir debout sans tuteur. Le Canada a longtemps argué que ce ne pouvait pas être le cas. Maintenant il se rabat sur n’importe quoi et son contraire. Sur un Canada qui reconnaitrait la nation du Québec, peut-être même dans sa Constitution. Sur une vision d’un Canada dont ne sait trop ce qu’il serait dans cette réconciliation. Dans cette attente il ne voit pas d’inconvénient à s’imposer de force et d’autorité et s’autorise à proférer des menaces de représailles si le peuple du Québec décidait de fonder l’État souverain qu’il désire.
    Le hic, c’est que ce Canada-là, s’impose d’autorité et par la contrainte. Il n’a jamais appelé le peuple à approuver nommément l’acte qui le fonde, le constitue et le gouverne. Nous sommes encore dans l’Ordre de l’Empire de droit divin qui s’impose au peuple inculte qui ne saurait exister hors l’éclairée direction des élites. Cet ordre de la tutelle n’a pas de prise sur le peuple du Québec.
    À suivre...

  • Archives de Vigile Répondre

    21 décembre 2008

    Il n'est pas toujours facile de suivre les Québécois. On peut certainement affirmer qu'ils se savent "distincts", qu'ils revendiquent pour cette raison leur statut de nation, qu'ils jugent sans difficulté leur situation linguistique assez fragile. Il est vrai cependant que de ce qui précède ils ne cherchent pas nécessairement à tirer toutes les conclusions qui pourraient s'imposer.
    On dit souvent que les "raisins de la colère" n'existent plus, que la Révolution tranquille puis la loi 101 ont fait leur oeuvre et que par conséquent les Québécois vivent désormais dans une situation somme toute assez enviable.
    Il y a indéniablement du vrai là-dedans : nous avons fait du chemin. Encore faudrait-il un peu relativiser : nous demeurons tout de même (objectivement? mais cela dépendra de votre point de vue...) un peuple subordonné et dominé, ce qui ne va pas sans conséquences. Conséquences plus ou moins mesurables car nous ne sommes pas dans le domaine du spectaculaire (en dehors de l'éternelle question linguistique qui peut devenir, à l'occasion, explosive). Je suis pour ma part tenté de croire que nous vivons dans l'illusion d'une normalité relative.
    Il y a pourtant chez nous un degré d'inachèvement incroyable et avec lui c'est moins notre mort que notre insignifiance collective qui guette. C'est peut-être ce qui est le plus insupportable pour ceux qui ont ces choses à coeur.

  • Michel Rolland Répondre

    21 décembre 2008

    Bonjour Caroline
    Quand vous dites :
    « Tu crois, Christian, qu’ici règne la démocratie. Détrompe-toi. Le crime paie. Partisanerie, pots-de-vin, corruption, nominations, retours d’ascenseur, propagande font partie de notre lot quotidien. »
    « Les médias exercent un pouvoir énorme et en abusent allègrement. La plupart des gens tombent dans leurs pièges. Pareils à des perroquets, à force d’entendre les mêmes sornettes, ils les répètent comme des vérités. C’est ainsi que le concept d’indépendantistes « purs et durs » a été introduit et accepté par la population et les élites politiques. »
    « Pour démontrer l’ouverture des Québécois sur les autres et sur le monde, la chef du Parti québécois, parti fondé pour réaliser l’indépendance du Québec, va jusqu’à suggérer que les cours de mathématiques, de géographie et d’histoire se donnent en anglais !
    Ces fins stratèges croient acheter la paix, mais vendent leur âme ! »
    « Les Québécois minimisent. C’est plus facile. Des gens sont payés pour leur faire croire que la situation n’est pas dramatique. »
    « On a réduit la lutte pour l’indépendance nationale des Québécois à un référendum. On leur a ensuite enfoncé dans le crâne qu’ils n’en voulaient pas. On a conclu : « Les Québécois ne veulent pas de leur indépendance ! » Non merci ! Tout bien pesé, nous préférons ramper ! »
    et que M. Turcotte dit :
    « Le Parti québécois devait conduire les Québécois à leur indépendance. Il les a conduits à l’Union nationale qu’il s’apprête, si habilement, à relever de ses cendres. En fait, il est devenu, sur la pointe des pieds, l’image du Québécois ordinaire qui n’a d’autres aspirations que les teintes politiques qui ont coloré son histoire. »
    j’en déduis :
    1) Que nous ne vivons pas en démocratie parce que la pensée est contrôlée par la toute-puissance des médias et de l’argent.
    2) Que le Parti québécois est passé, depuis des lustres, dans le camp annexionniste.
    3) Que les annexionnistes du parti libéral n’ont même plus besoin de parler pour nous maintenir dans notre attitude « à-plat-ventriste » ; les péquistes s’en occupent. Ils sont devenus un véhicule de la propagande annexionniste. Je le constate, une fois de plus, à la lecture des commentaires soporifiques, remplis d’espoirs, des auteurs péquistes de Vigile qui vous répondent. Ils sont au service d’une seule cause : la santé du P.Q.. Qu’ils se rassurent ! Leur parti a atteint le degré de démagogie et de bassesse requis pour durer longtemps. L’Indépendance est au service du P.Q.. Comme dirait Hippolyne : « Il faut entretenir l’espoir… ». C’est peu cher payé pour bénéficier de toute cette main-d’œuvre d’indépendantistes naïfs, qui, en plus, contribuent à la caisse du parti.
    Michel Rolland

  • Archives de Vigile Répondre

    21 décembre 2008

    Le Québec sera toujours imaginaire et le Canada sera toujours réel. Je rêvais l'an passé de revenir un jour à l'Aéroport René Lévesque, mais je suis quelqu'un de réaliste, tout comme vous. Le Québec ne se fera jamais pour plusieurs raisons, lesquelles se retrouvent dans votre texte.
    Pour moi, il n'y a rien de plus important que la langue et la culture. Sans au minimum une souveraineté-association, il n'y a aucun espoir pour le Québec.
    Ce n'est même pas le pire de tout. Le pire, pour les souverainistes qui rêvent d'un monde meilleur et qui aspirent à se prendre en charge, il n'y aucune voie pour atteindre le bonheur au Québec car en plus d'être condamné à voir sa langue et sa culture disparaître au cours des 30 prochaines années, la situation économique est vraiment noire. Je suspecte que les souverainistes ne voudront jamais construire un Québec sur des bases canadiennes.
    Moi j'ai préféré l'exil! Vivre au Québec dans un Canada absurde est intellectuellement insoutenable. J'ai préféré apprendre un autre langue, m'intégrer à une autre culture. Celle du Canada, jamais, cette culture britannique de hasbeens et de gros colons, jamais!

  • Archives de Vigile Répondre

    21 décembre 2008

    @ Monsieur Luc A.
    Le Canada est malade. Le Québec ne l'est pas, selon vous? Ou son peuple. Diagnostic rapide. Incomplet.
    Les Québécois sont colonisés. Ils souffrent d'aplaventrisme. De dégénérescence. D'insousciance. D'ignorance. D'indifférence. C'est du moins le constant que faisait jadis le réputé sociologue Fernand Dumont.
    Le Parti québécois qui devait mener le Québec a sa libération nationale est aussi malade. Très malade. Pendant 40 ans, il a, par tous les moyens, essayé de cacher son option, la métamorphoser, la charcuter. Le PQ de Pauline souffre d'amnésie, de domination des apparatchiks qui modient à leur gré le programme du parti et qui se camaléonne, le temps venu, dans l'espoir de faire des gains électoraux.
    Le PQ n'a jamais été capable de proposer une vision de ce que serait le Québec libre. Il a mis des traits d'union entre la souveraineté association, a changé pour de la souveraineté partenariat et a souhaité, en fin de compte, de voir se réaliser une nouvelle confédération CANADIENNE.
    Celui qui fonda ce parti souffrit un jour du même mal. Après avoir dit et fait dire à ses militants, pendant plus de quinze ans que le fédéralisme était une maison de fous, il a terminé sa carrière en disant que le fédéralisme était un beau risque.
    Seul JACQUE PARIZEAU a eu le courage de ses convictions. Mais lui aussi, encerclé de toutes parts par des assoiffés de pouvoir, a détourné le rêve et s'est associé, en espérant gagner un OUI qui n'en était pas un, à des Lucien Bouchard (confédéraliste) et au démissionnaire Mario Dumont, qui n'a jamais été capable de dire s'il était, OUI ou NON, indépendantiste. Aux dernières nouvelles, il était autonomiste.
    Lévesque a fait fuir les Parizeau, les Laurin, les Godin et tant d'autres. Les Landry, les Bouchard, les Boisclair en ont fait autant. Quant à Pauline,elle a charcuté, sans consulter ses membres, le programme officiel de son parti, en remettant sine die le futur référendum sur l'indépendance.
    Le Canada (avec le Québec) est sans doute très malade. Mais le QUÉBEC, seul l'est tout autant, sinon plus. Il tergiverse et s'amuse à croire à des dirigeants politiques qui s'opposent pour la frime mais n'ont aucune vison à long terme.
    La partisanerie tue tout effort de rassemblement. Il faut en sortir ou mourir. Je crois toujours qu'il ne sera pas possible d'en sortir, pour le moment, car ceux-là mêmes qui devraient nous faire relever la tête, se contentent de certains allusions à la fin de leur discours, pour montrer qu'ils croient encore un peu au semblant de rêve qu'ils véhiculent faiblement.
    Pour se donner bonne conscience, certains écrivent des livres sur les méfaits du fédéralisme. Sur les avoirs de certains dirigeants politiques du Québec. Pure dénonciation. Cela ne suffit pas. Les Québécois attendent autre chose que cela. Ils attendent qu'on leur démontre et qu'on leur dessine un peu le pays de demain. Et si ce qui vient serait mieux que ce qui est là. C'est la seule démonstration à faire.
    A tous, JOYEUX NOEL et SAINTE et HEUREUSE année 2009.
    Que le Seigneur de gloire, entré dans notre histoire humaine, pour un jour la diviniser, donne à chacun paix, joie et solidarité dans nos TÂCHES humaines.
    Souhait pour la prochaine année: que les intervenants sur ce forum s'identifient et donnent nom, profession et âge.
    Nestor Turcotte - Matane - 68 ans.
    (philosophe et théologien)

  • Archives de Vigile Répondre

    21 décembre 2008

    Toute la notion à l'effet que la nation québécoise serait condamnée à mourir ne me semble pas la réalité. Nous sommes menacés de l'anglicisation pas de mort.
    Les Irlandais du nord et du sud ne parlent à peu près plus le gaélique, ils ont été anglicisés et ne songent plus à revenir à leur langue d'origine. Les Irlandais du nord ont peu de différence avec la majorité anglaise de l'Irlande du nord qui est contrôlée partiellement par Londres comme nous le sommes en partie par Ottawa. Les Irlandais du nord ne peuvent plus se séparer vu qu'ils sont en minorité sur leur territoire et ne sont plus en danger de perdre leur langue...c'est déjà fait. Est-ce qu'ils sont morts ? NON, ils sont anglicisés. Faut pas mélanger les choses.
    Si, au pire, on ne pouvait pas se séparer, faudrait bien avoir un plan B pour mieux enseigner, promouvoir et protéger la langue française au Québec et continuer à vivre et à prospérer pour réagir à la phrase de M. Jordi Bonnet qu'il a écrite sur un mur du grand théâtre de Québec : Vous n'êtes pas tannés de mourir...

  • Archives de Vigile Répondre

    20 décembre 2008

    @ René P.
    Merci d'avoir pris la peine de transmettre votre appréciation de ce qui apparait ici dans cette page. Je salue votre engageante tentative de conciliation que je ne voudrais pas contredire. Cependant si je suis d'accord avec votre affirmation suivante elle me semble devoir être tempérée à maints égards.
    « C’est comme pour un individu malade : la meilleure façon pour le médecin de l’impliquer dans son traitement, c’est de lui dire exactement de ce dont il souffre. »
    Le peuple du Québec n'est pas malade, et nous ne sommes pas ses médecins. Si tant était, l'une des médecins ici ne fait pas que dire au patient ce dont il souffre, elle lui dit qu'il est condamné. Elle ne fait pas qu'expliquer comment la maladie mine le corps physique et mental du malade, elle lui dit en toutes lettres que le seul traitement qu'elle envisage, à l'exclusion de tout autre, ne pourra jamais être appliqué. Cette médecin-là me semble d'aucune utilité si elle persiste à accompagner son diagnostic par telle déprimante et improductive attitude. S'il est question de maladie, s'il est question de la soigner la maladie, il ne saurait dans un même temps être question d'afficher un verdict de mort certaine quand elle nous fait part de son diagnostic. C'est bien ce à quoi s'emploie Madame Moreno. Et, je réprouve telle médecine.
    Je réprouve cette médecine invasive qui sous prétexte de science et de savantes techniques, se pose en sauveur indubitable, obligeant le malade à suivre le seul traitement que sa science admet à l'exclusion de toute autre.
    Une autre médecine peut s'appliquer.
    Si la métaphore médicale appliquée à la question nationale a quelque valeur,
    une autre médecine peut s'appliquer tout en se faisant lucide quant aux ravages possibles de telle maladie, quand elle ne se pose pas en censeur et en préfet de discipline accusateur. De deux choses l'une, ou bien le patient a la capacité, l'énergie, de désir de vivre, ou bien il ne l'a pas. Ici, le médecin statue qu'il ne l'a pas. Il rage donc de ne pouvoir étaler son supposé pouvoir de guérison face à un malade déjà, d'après lui, un mort en sursis s'il ne se livre pas tout entier à ses procédures médicales. Ce n'est pas en vouant le malade à la fatalité de la mort que celui-là pourra retrouver le goût de vivre. D'autant que le diagnostic à cet égard est faux.
    Ce peuple supposé malade, et il ne l'est pas, a la capacité, l'énergie et le désir de vivre. De plus, il est depuis fort longtemps très bien au fait des dangers qui courent dans ses alentours et son corps même. Depuis près de 250 années, il sait très bien qu'on a tout fait, qu'on fait tout pour l'assimiler. Il se bat toujours et encore patiemment et furieusement pour que cela n'advienne pas. Et il y est parvenu, et il y parvient toujours. S'il attrape un rhume, il n'en est pas pour autant à l'article de la mort ou envahi par un cancer. En fait, il est paré de tous les anticorps qu'il faut, il n'a besoin d'aucun vaccin. D'aucun traitement en fait.
    Pourquoi ? Parce que ce peuple ne souffre d'aucune maladie, il est sain d'esprit et en parfaite santé. IL a su et sait toujours combattre toutes les grippes qui l'affligent et sans vaccin ni potion magique. Il est tombé dedans en naissant. Il est né dans la rage de vivre qui l'a fait quitter la doulce France, pas si douce que ça, pour vivre avec la rage au ventre. Il a toutes ses facultés. Il sait très bien qu'il vit dans un contexte d'enfermement inhospitalier. Les maladies nosocomiales sont certes une menace, mais rien ne permet de le condamner même s'il est enfermé. Il est des patients comme ça, qui survivent à l'enfer de l'enferment alors que les cliniciens le vouent tous à la mort. C'est le miracle que ne savent pas expliquer les savants scientifiques. Car, il ne savent pas ce que c'est la vie. La rage de vivre. Ce peuple en est irrémédiablement pétri.
    Vous nous dites en sommes par vos félicitations bienvenues, merci, qu'il faut de tout pour faire un monde. La carotte et le bâton en somme seraient la bonne politique. Le bâton Moreno pour secouer la bête, et la carotte Archambault pour le faire avancer après qu'il ait été battu.
    Permettez-moi de contester cette alternative. Certes, l'apport de chacun sera complété par d'autres. Cela pourvu que ces deux-là tirent dans la même direction pour ne pas ni se tirer dessus ni annuler leur tirs. Je veux bien admettre qu'il faille être lucide, pour cela, qu'il faille savoir distinguer les menaces, savoir les reconnaître, savoir y faire face, mais la pire des menaces me semble être de ne savoir pas ce faisant, garder confiance lucide en toute congruence. Et, soit dit en passant, je ne fais pas qu'encourager, je suis tout aussi lucide. Ce qui nous distingue c'est la conclusion. L'une statue la fin, l'autre parle de continuité ouverte et prometteuse, sur la même analyse de la même situation.
    Madame Moreno, comme d'autres Turcotte, nous disent, nous ont trop longtemps dit ici en ces pages, qu'il faut abandonner tous les traitements actuels modernes ou traditionnels parce qu'ils auraient inventé une potion qui vous fera d'un coup retrouver la santé. Il suffit de l'avaler. Nous serions que d'obstinés patients revêches, bornés, et voués indubitablement à la mort si nous n'avalons pas leur médecine. Madame Moreno persiste et signe dans cette voie sans issue d'une lucidité qui se complait dans la morbidité, dans le refus de toute autre médecine.
    Or, si la médecine officielle et les charlatans se ressemblent, c'est bien dans cet ostracisme de chasse-gardée délétère qui les caractérise qu'il faut voir la pire des menaces. Si la médecine alternative a quelque vertu curative, et représente quelqu'espoir, c'est bien parce qu'elle ne se pose pas en censeur réprouvant tout ce qui n'est pas de son ressort. Une médecine alternative efficace, vient comme vous le dites, renforcer le corps malade lorsque le mal, ou la médecine qui lui est appliquée souvent pire que le mal, le menace, et non pas contribuer à l'affaiblissement de l'esprit de ce corps malade en le poursuivant d'assauts culpabilisants ou décourageants sous prétexte que la guérison ne peut advenir. Il ne suffit pas, soumis à telle seule médecine de charlatan ou de radioactivité, de trouver ensuite sur son chemin quelqu'encouragement. Il faut dénoncer le recours aux charlatans, ou à la seule remise de son pouvoir entre les mains des savants.
    Tout ce qui pourrait être un constat lucide dans ce qu'a mis en scène madame Moreno depuis des lustres n'y était que pour une chose, prouver que sa médecine est la meilleure à l'exclusion de toute autre. Sa médecine, c'est à chaque fois non pas la lucidité, mais le dénigrement de ce qui existe, de ce qui a déjà existé en terme de diagnostic et de traitements. Quand elle pouvait proposer un remède, il fallait que ce soit en refusant tout autre traitement. Il fallait déserter le PQ pour joindre le PI. Maintenant que le médicament n'a pas passé le test de la validation, son diagnostic demeure toujours le même, aucun salut possible, hors ses traitements ou médications. Sauf que maintenant privée de tels outils, la seule avenue est la mort pour cette médecin de morbide pronostics. Ce pourquoi sa supposée lucidité n'est rien d'autre qu'une obstinée course vers le mur de son propre anéantissement et la faillite de ses entreprises médicales.
    Je ne désespère pas pour autant.Pas même d'elle. Je pense qu'elle pourra un jour renoncer à la médecine. Cela nous fera le plus grand bien.
    C'est le Canada qui est malade
    Le peuple du Québec n'est pas malade. Il est en santé. Sa grande vitalité le fera un jour fonder l'État qu'il espère. Comme je l'ai dit, comme vous le réitérez, c'est bel et bien l'État du Canada qui est malade. D'aucuns veulent le soigner, d'autres veulent vivre dans son voisinage et le laisser trouver lui-même, en lui-même, ce son propre désir de vivre de survivre au fait de ne devoir pas entraîner dans sa morgue, de force, un peuple qui refuse de s'abstraire dans son tout malade et fou.
    Le peuple souverain du Québec est tout sauf malade. Il est pacifiste et démocratique comme vous le dites si bien. Or, le Canada est fondé sur la Conquête, sur les armes. Il n'a jamais renoncé à telle force d'autorité. Son rapatriement récent en 1982, sa fondation en tant qu'État souverain donc, s'est faite unilatéralement et d'autorité sans consulter nommément et démocratiquement le peuple souverain du Québec. Toujours la même force de contrainte, les armes ne crachent plus le feu, mais font toujours long feu. Un jour, forcément, la démocratie pacifiste pourra avoir droit de cité. Nous sommes d'accord. Ce peuple démocratique et pacifiste est patient, mais pas malade. Il est en pleine santé et c'est un Canada malade qu'il nous faut soigner cependant que nous prendrons nos distances. Nous ne faisons que nous assurer qu'il n'est pas délirant. Sa fièvre pourrait nous rendre malades, nous prenons donc des précautions avant de le quitter pour que sa rage ne se retourne pas contre nous. Car nous savons à quel point peut être dangereux cet État fou qui nous enferme sous prétexte que nous devrions aimer sa tutelle. Nous, nous ne sommes pas fous, nous ne sommes qu'inférieurs en nombre. Il nous faut comme aucun autre peuple colonisé, trouver le moyen de nous soustraire au colonisateur voisin. C'est long, c'est lent, mais nous saurons trouver comment faire. Cela n'est pas qu'encourageant, c'est lucide aussi de l'affirmer, tout autant que d'affirmer le contraire. En fait, ni l'un ni l'autre n'est lucide. Ce qui l'est c'est de constater à quel point le Canada est faible et à quel point le peuple souverain du Québec est fort. Le Canada doit sans cesse recourir à la menace et à la contrainte, ce qui est le manifeste signe de sa faiblesse, et le peuple souverain du Québec n'abonde jamais à son discours, ses invitations, ses supplications à la soumission. Le signe de sa force et indubitable santé.

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    20 décembre 2008

    Madame Caroline Moreno, vous nous avez présenté un texte d'une très grande lucidité, un texte qui décrit d'une manière très réaliste la situation des québécois. D'autre part, monsieur Luc Archambault, vous nous avez présenté un texte d'espoir qu'il est encore réaliste de concevoir. Merci à tous les deux pour ces magnifiques textes qui peuvent apporter de l'eau au moulin de l'indépendance. Le premier serait très utile pour réveiller, éclairer les québécois qui ne se sentent pas concernés par l'avenir de la société québécoise. Tant que ces gens ne voient pas dans quelle situation ils vivent, tant qu'ils ne se voient pas agir, ils ne pourront pas prendre les moyens de s'en sortir. C'est comme pour un individu malade: la meilleure facon pour le médecin de l'impliquer dans son traitement, c'est de lui dire exactement de ce dont il souffre. On ne peut traiter un patient malgré lui. C'est ce dont les québécois ont besoin de se faire dire et c'est pourquoi, je crois, votre texte devrait avoir la plus grande audience possible. Quant au deuxième texte, il est aussi nécessaire pour dire aux intervenants de tous les niveaux qui oeuvrent dans la cause de l'indépendance du Québec, de ne pas lâcher. Comme les intervenants en relation d'aide, les supporteurs de l'indépendance ont besoin d'être soutenus, encouragés à garder le cap contre vents et marées afin d'arriver à bon port.
    Ceci étant dit, il ne faut pas croire que les fédéralistes sont aussi sûrs de leur affaire qu'ils veulent bien nous le faire croire. Harper et,dernièrement, Ignacheff, ont dit que les québécois n'avaient pas à revendiquer l'indépendance parce que, contrairement à d'autres pays qui l'ont obtenue, au Québec, le sang n'a pas coulé dans les rues. Cela m'apparaît comme une invitation cachée à prendre les armes afin de pouvoir nous envoyer leur armée et nous écraser à tout jamais. Rappelez-vous que ces deux individus sont en faveur de la guerre que ce soit en Irak ou en Afganistan. Ce sont des gens qui n'ont pas évolué car ils en sont encore à vouloir régler les conflits avec les armes. Or, nous au Québec, nous sommes des pacifistes et nous croyons qu'il est plus intelligent de régler nos différends par la tenue de propos logiques, intelligents, sensés et sensibles que par l'utilisation de la violence. Alors, ne tombons pas dans le piège que semble vouloir tendre ces fédéralistes sanguinaires. En agissant comme ils le font, ils se discréditent eux-mêmes sur la place publique. La réputation du Canada n'est plus ce qu'elle était et nous devons nous servir de nos mots pour le faire savoir à tous ceux qui ont l'esprit libre.

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    20 décembre 2008

    Bonjour Christian,
    Qui que tu sois, ne croit pas un mot de ton amie Caroline Moreno qui croit « que le Québec restera un pays inachevé. » et qui « te le dis, le Québec ne se fera pas ».
    Saches qu'il s'agit là d'un portrait pessimiste et dévastateur qui n'a rien à voir avec la réalité. Pire, sous prétexte de prendre fait et cause pour la lutte du peuple démocratique et souverain du Québec, ce déni abonde plutôt dans ce que l'on tente de nous faire croire par ailleurs, ce peuple souverrain du Québec serait à les entendre, fatalement voué à la tutelle canadianisatrice parce qu'il est trop pleutre pour faire autrement. Ses chefs seraient à l'image de cette démission collective. Ce dénigrement n'a pas lieu d'être, pas davantage que ce fatalisme débilitant et démissionnaire.
    J'ai cru comprendre que tu étais du Mexique. Toi tu sais donc que les libérateurs de peuples, les vrais s'entend, ne passent pas leur temps à vilipender le peuple en faisant valoir qu'il est trop ceci ou cela pour être en mesure de briser les chaînes qui l'entravent. Au contraire. Toi tu sais que même sous le joug, le peuple est digne d'exister tel qu'il est.
    Les libérateurs loin de mépriser le peuple, loin de l'accuser de subordination, s'emploient à dénoncer non pas le peuple, mais ce qui permet, cisaille en main, de défaire l'écheveau des chaînes qui asservissent le peuple. Ils lui donnent en tout temps raison. Car c'est bien lui qui décide. S'il ne trouve pas le moyen de se soulever, c'est qu'il faut encore remettre sur le métier son ouvrage. C'est ce qu'à chaque jour depuis près de 200 ans de Conquête, s'emploie ce peuple démocratique, obstinément pacifiste et souverain du Québec.
    Ton ami Moreno et ce Nestor Turcotte qui l'appuie ici, ne font que l'étalage de leur propre démissionnaire impuissance, celle à laquelle toujours nous invitent les canadianisateurs, mais celle à laquelle n'adhère pas le peuple du Québec. Sous prétexte que le peuple n'aurait qu'à voter pour sa libération, ces faux-prophètes en concluent qu'il est bête et stupide puisqu'il ne le fait pas. Comme s'il était facile pour lui de le faire, comme s'il ne s'agissait que d'apposer un x sans conséquence sur un bout de papier.
    Les vrais libérateurs prennent acte de la situation critique dans laquelle se trouve livré le peuple et ne s'empressent pas de blâmer le peuple de s'y trouver toujours empêtré. S'il l'est, c'est que les conditions adverses concourent à tel état des choses. C'est donc qu'il faut appuyer le peuple et non pas le tancer. L'appuyer c'est tout autre chose que d'exposer son propre découragement. L'appuyer c'est tout autre chose que de le livrer à une fatalité de désespérance.
    Tout ce qui décourage ton ami Moreno, tout ce qui lui fait décréter ex-cathedra, du haut de sa morgue délétère, que le destin lui même se ligue pour déclarer gagnants nos abuseurs patentés de la candianisation du Québec, n'est rien d'autre qu'un mirage passager.
    L'anglicisation du Québec certes menace, mais la résistance est farouche. Le glissement progressif de Montréal n'est pas chose nouvelle, la vigilance et le combat est quotidien, cela depuis de près de deux siècles. Le pire n'est jamais sûr et les assimilateurs qui prévoyaient l'achèvement de leur désir il y a longtemps, se heurtent toujours à l'obstinée résistance du peuple du Québec français. Elle n'est pas près, malgré les menaces de se produire. Les assimilateurs se heurtent à un mur.
    La capitulation dont parle ton ami est un leurre. Ce peuple démocratique et souverain du Québec n'a jamais accepté l'État du Canada de la contrainte qui s'impose d'autorité par la menace et la manipulation. Le Canada se heurte à un mur, jamais ce peuple souverain du Québec n'y adhèrera en l'état. Malgré tout ce qu'il développe et déploie d'intelligence, de roueries, de tricheries, de sophisme, le Canada ne parvient pas à emporter l'adhésion du peuple du Québec. Il ne pourra toujours s'imposer ainsi dans l'abus d'autorité et dans le sophisme. Un pays libre ne se construit pas valablement sur la contrainte. Elle finit toujours par se révéler et ceux qui l'emploie s'abiment dans ses propres contradictions. Ce pays du Canada-là s'empêtre de plus en plus dans la contradiction, jusqu'à l'absurde.
    Un jour, contrairement à ta correspondante Moreno, ce peuple fier et digne, saura trouver le moyen de fonder l'État qu'il désire. J'en ai la conviction profonde, comme quoi l'avis que te transmets ton ami, n'est qu'un avis parmi d'autres. Ce peuple n'a encore pas trouver comment se vivre souverainement entouré par des voisins abuseurs supérieurs en nombre, mais ce ne sera pas à l'intérieur d'un État du Canada actuel fondé sans son consentement, un tel État ne passera pas. Et, il le sait le Canada. Ce pourquoi il développe tant d'effort pour peaufiner notre enfermement. Il doit déployer des ressources et des efforts quotidien immenses et constants pour ce faire. Ce pourquoi ce Canada unilatéral de la contrainte n'a jamais appelé le peuple souverain du Québec à le nommément et démocratiquement approuver. Ce déficit entrave le Canada, c'est sa honte, son pain rassis quotidien qui pourrit son existence.
    Nous nous n'avons pas à avoir honte, ni à désespérer. C'est le Canada de l'abus qui désespère de nous voir si peu docile et si obstinément opposés à sa contrainte. La victoire récente du Bloc québécois à Ottawa, pourtant promis à l'effondrement, et une épine aux pieds d'argile de ce petit géant de cours arrière, matamore déliquescent.
    Ce peuple libre et fier désire exister dans l'État en tant que peuple distinct de tout autre, en tant que peuple démocratique et souverain, malgré tout ce que l'on peut prétendre et arguer. C'est de plus, ce qu'il n'aurait pas manqué de déclarer fièrement depuis longtemps s'il n'était pas l'objet de constantes menaces de représailles de toutes sortes. Comme celles qui entravaient, sans chaînes, les esclaves de la honte américaine. Il suffisait qu'on les menaces de les pourchasser, attraper fouetter et pendre s'ils osaient s'enfuir ou se vivre en citoyen libre, pour qu'il restent, apparemment dociles et soumis. Jamais ils ne se sont soumis. Leur prêter ce désir ou ce penchant est un outrage à la dignité des opprimés. C'est à tel outrage que nous livrent les défaitistes et les chantres de la fatalité d'un Canada qui s'imposerait d'office dans l'éternité de notre pauvre destinée. Il en aura fallu du temps pour que les esclaves puissent se libérer. Mais cela a fini par advenir. Et, cela, parce que jamais ils ne se sont livrés de manière décisive au découragement. Qu'il surgisse, soit, mais il ne s'est jamais imposé. Ici, pareil, il ne s'impose pas. Il va et vient, mais se dissout dès qu'une brèche s'ouvre. Un jour, l'une d'elle permettra à ce peuple de s'imposer à lui-même, tel qu'il est, souverain.
    Le peuple démocratique et souverain du Québec fondera un jour l'État qu'il désire. D'aucuns ont jeté les gants, mais pour chacun d'eux, dix autres les portent fièrement ou discrètement dans le silence quotidien de la contrainte jamais soumise.

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    20 décembre 2008

    Madame Moreno,
    Votre texte m'a profondément touché, il est rempli de vérités indéniables. Le Québec actuel me fait mal à moi aussi, je trouve même qu'il fait pitié à voir dirigé qu'il est par Jean Charest; lui qui s'en sert comme marche-pied pour devenir, le jour venu, premier ministre du Canada.
    Pourtant, contrairement à vous, je ne désespère pas même si j'en aurais toutes les raisons. La résilience du mouvement indépendantiste est, en dépit des apparences, encore trop robuste, trop forte pour capituler dès maintenant. Les luttes pour l'indépendance d'une nation sont souvent longues et ardues. Les adversaires de l'indépendance du Québec aimerais bien nous voir battus avant la bataille finale. Ne baissez pas pavillon avant l'heure, la bataille finale nous la ferons et, à mon humble avis, la gagnerons.
    Alors nous pourons à nouveau être fier d'être québécois.
    Vive le Québec libre!
    Jacques Lamothe (Trois-Rivières)

  • Archives de Vigile Répondre

    20 décembre 2008

    Portrait sombre quoique terriblement lucide. Mais de se laisser aller au désespoir donne quoi? C'est un lieu commun quétaine mais tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Avez-vous entendu les jeunes qui criaient le soir du 8: «On veut un pays, on veut un pays» à Pauline Marois qui avait redécouvert le discours souverainiste dix jours auparavant? Peut-être vont-ils exiger plus que la gouverne provinciale assortie de bilinguisme naïf que leur propose la "cheuffe"?

  • Archives de Vigile Répondre

    20 décembre 2008

    Chère Madame,
    Voici le texte que j'écrivais à la fin de l'année 2002. Je n'en changerais aucune ligne. Merci à Vigile de le republier.
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    Il n’y aura pas d’autre référendum
    Nestor Turcotte
    Philosophe
    Tribune libre Le 3 janvier 2003
    (texte publié dans La Presse du 31 décembre 2002)
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    Les Québécois seront bientôt appelés aux urnes. Le Parti québécois, usé jusqu’à la corde, à bout de souffle, allant jusqu’à piger dans le programme électoral de ses adversaires, sera bien obligé, par la forces des choses, de mettre son option au rancart pour la prochaines élections, s’il espère, à l’arraché, garder le pouvoir.
    Fondé en 1968 sur les cendres du MSA et du défunt RIN, le Parti québécois, après trente-cinq ans de vie politique, dont près de seize ans à exercer le pouvoir, n’a pas pu faire en sorte que les Québécois réalisent leur indépendance. Les partisans de la prise du pouvoir pour faire progresser la cause de la souveraineté sont bien obligés, aujourd’hui, d’admettre que leur stratégie n’a pas fonctionné. La prise du pouvoir par les indépendantistes n’a pas engendré cette mouvance collective tant espérée qui devait conduire le peuple québécois à sa libération nationale. Tout compte fait, vingt ans après le référendum de 1980, près de 40 % des électeurs favorisent une forme de souveraineté-association-partenariat avec le reste du Canada et les autres 60 % veulent des changements dans un Canada qu’ils ne veulent pas quitter. En termes clairs, les choses n’ont pas bougé depuis 1980, même si en 1995, en présentant une option qui n’était en fait qu’une refonte de la confédération actuelle, les Québécois ont failli voter oui, pour rester…dans le Canada.
    On le voit bien maintenant, les Québécois sont tannés des montagnes russes politiques du Parti québécois, qui, un matin, est indépendantiste à la Parizeau, et, quelques jours plus tard, redevient confédéraliste à la Landry. Voyant l’incohérence et l’indiscipline intellectuelle des dirigeants politiques péquistes, ils sont partis brouter dans les verts pâturages des champs adverses, même s’ils ne savent pas trop s’il y aura assez d’herbe pour le troupeau qui se déplace. Ils en ont marre de ces querelles qui n’aboutissent nulle part. La page est tournée dans la tête de plusieurs électeurs et il faudra bien plus qu’un cri dans le désert de Bernard Landry pour ramener les fuyards à la bergerie.
    Ceux qui rêvent encore d’un futur référendum organisé par le Parti québécois peuvent bien aller se rendormir dans les zones grises gouvernementales. De plus, tenant compte du climat d’animosité et d’acrimonie qu’entretient Landry envers le jeune chef Mario Dumont, il est impossible, dans un avenir prévisible, qu’une nouvelle alliance se refasse, comme en 1995, entre les adéquistes et les péquistes, afin de gagner un éventuel référendum. L’allié d’hier, Mario Dumont, est devenu l’ennemi à abattre lors du prochain scrutin. Comment peut-on espérer gagner la lutte nationale, si on maltraite à ce point un futur allié potentiel? Ceux qui n’ont pas perdu l’habitude d’additionner doivent bien conclure qu’il n’y aura plus jamais de référendum au Québec sur la souveraineté et que, s’il doit y en avoir un autre, ce n’est sûrement pas par la voie partisane qu’il pourra se faire. Il faudra trouver une autre voie.
    Que reste-t-il alors de nos amours politiques? Rien d’autres que la résurrection de nos vieilles querelles fédérales-provinciales, celles qui ont fait élire, pendant tant d’années, le défunt Maurice Duplessis et que Bernard Landry s’apprête à copier, en utilisant des formules plus modernes, avec des moyens plus sophistiqués, qui échappaient à l’ancien tribun unioniste.
    Le futur slogan électoral du Parti québécois est déjà prêt. Ce ne sera plus : «Le Québec aux Québécois», mais bien : «Ottawa, rendez-nous notre butin». «Ottawa, rendez-nous les cinquante millions que vous nous volez par semaine». Et vogue la galère! On recommencera, comme en 1976, en disant, au bon peuple soumis, peu imaginatif, tout ce qu’on pourrait faire avec cet argent qu’on envoie ailleurs et qui nous revient en miettes. On fera à nouveau l’histoire, uniquement celle qui permet de se refaire une virginité politique et se hisser peut-être, une fois de plus, au pouvoir, en leurrant les électeurs, en leur disant qu’il y a toujours dans l’imaginaire péquiste «une autre façon de gouverner», qu’il faut «faire confiance», qu’en votant P.Q., « on se donne le vrai pouvoir», que c’est «le début d’un temps nouveau», etc. Et patati et patata!
    Le Parti québécois devait conduire les Québécois à leur indépendance. Il les a conduit à l’Union nationale qu’il s’apprête, si habilement, à relever de ses cendres. En fait, il est devenu, sur le pointe des pieds, l’image du Québécois ordinaire qui n’a d’autres aspirations que les teintes politiques qui ont coloré son histoire. Les électeurs redeviennent ce qu’ils ont toujours été au fond : un clan de rouges versus un clan de bleus. Il y aura bien dans le prochain décor politique une teinte intermédiaire. Mais ce ne sera qu’un intermède vite oublié. Le bipartisme fait partie de nos racines. L’un des trois partis va bientôt disparaître. On s’est amusé depuis trente ans à faire semblant qu’il y avait possibilité de faire autrement. On s’aperçoit bien, à la longue, que «faire autrement», c’est faire comme…on faisait avant !