Eux et nous

Ne sommes-nous pas tous nés frères et sœursD’une planète où le monde est à refaire?

17. Actualité archives 2007


Nous sommes nés

Purs, généreux

Porteurs d’eau et d’innocence

Nés naïfs bénis comme les enfants de Dieu

Dans des villages de commencement du monde

Nous sommes nés

Sans soif de revanche, sans colère, sans violence

Nés sous le sceau de la tendresse

Par un jour simple et droit

Notre innocence sévit parfois comme un empêchement

À bâtir des chapiteaux de puissance

Comme un souffle au cœur

Comme un poing perdu au détriment du bonheur

Nous mourrons, il est écrit

Dans de grands espaces de beauté

Rappelant la pureté de l’aube, de la première heure du jour.
Nous sommes nés purs mais nous avons aussi notre colère

Nous l’avons vue naître

Un matin de soleil, trahis par nos pairs

À force d’entendre les mensonges des maîtres du monde

À force d’écoute et de conscience

Notre révolte s’est levée.
***
Eux sont nés la rage au cœur

Durs démunis défaits

Combattants devant l’aube

Dans des villages de fin du monde

Ils sont nés sous le sceau de la colère

Alors que le ciel était à l’envers

Rempli de cendres, d’âcres odeurs

Ils sont nés un fusil à la main

Fiers, tenaces

Un faux matin de bonheur

Ils mourront, il est écrit

Dans de grands espaces de douleur

Rappelant la dureté de certaines aubes

Quand la première heure du jour

Se lève tel un poing blafard.
***
Elles sont nées ailleurs

Voilées, soumises, patientes

Attentives au rythme de la vie

Battant dans leurs chaumières

Elles sont nées priant leur Dieu

De leur accorder un avenir

Dans le désordre ambiant des jours

Elles sont nées dans des villes ou des villages

De milieu du monde

Elles sont nées prisonnières

D’une révolte sourde

Obéissantes muettes

Chercheuses de lumière

D’une liberté à conquérir

Sous les rouleaux de prières

Elles sont nées ailleurs

Venues ici accomplir leur destinée

Dans des villes aux fenêtres

Ouvertes sur le monde

Elles mourront, il est écrit

Dans de grandes maisons propres et en ordre

Laissant passer mille jets de lumière.
Ne sommes-nous pas tous nés frères et sœurs
D’une planète où le monde est à refaire?
France Bonneau

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France Bonneau est professeure de français auprès des adultes-immigrant-e-s . (MICC)





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1 commentaire

  • Jacques Bergeron Répondre

    14 septembre 2007

    Oui! Nous sommes tous nés! Égaux cela reste à voir. On peut constater que certaines et certains nés dans des milieux plus riches,ont acquis ainsi plus de chances de s'épanouir dans la vie que d'autres nés sous des cieux moins favorables.D'autres à qui on a bloqué la vue avec un voile sur les yeux, d'où on ne peut même pas les voir sourire ou pleurer ont-elles eu autant de chance?. Sont-elles heureuses? Ont-elles de la peine? Voudraient-elles se libérer d'un mari violent; ou d'un mari jaloux? Rien, mais rien dans les yeux, que l'on «ne peut déceler», qui pourrait exprimer, qui sa peine, qui sa joie,qui son angoisse pour ses petits, ses frères,ses soeurs, puisque ses yeux on ne peut voir, ou si peu?Pourquoi des hommes tiennent-ils à garder prisonnières sous leurs voiles ces femmes, leurs mères, leurs épouses , leurs soeurs, leurs grands-mamans, sinon par un désir de conserver leur autorité sur toutes ces femmes impuissantes devant des hommes,peut-être jaloux, peut-être violents, qui cachent leurs défauts ou leur hargne sous le couvert de leur religion? Comment ne pas sympathiser avec ces femmes qui voient leurs enfants sacrifiés comme kamikazes, sous la promesse du paradis, sous le couvert des religions, mais surtout sous l'autorité dictatoriale des religieux qui les dominent?Voilà pourquoi on ne doit pas accepter qu'elles continuent de subir les mêmes traitements de la part de ces hommes dans leur pays d'adoption. Accepter les «accommodements» proposés par ces groupes, sous le couvert des religions,c'est accepter que des femmes ne pouvant se défendre de l'intérieur de leurs différents foyers,continunent à souffrir en silence ne pouvant exprimer leur pensée.Il nous faut donc nous révolter contre celles et ceux qui ont accepté de garder ces femmes prisonnières sous le faux principe des «accommodements raisonnables», car de raisonnable il n'y a rien qui puisse permettre de brimer la liberté des individus,dussent-elles être des femmes.Voilà pourquoi nous devons nous élever contre celui qui a créé cette commission
    «bidon» sur les dits «accommodements «dé» raisonnables»,alors que les lois du Québec et sa «Charte des droits et des libertés» suffisaient pour contrer ces mouvements anti-liberté, liberté des femmes surtout, dans une société laïque,comme celle dans laquelle nous vivons,capable d'accepter, qui devrait en tout cas être capable d'accepter, que d'aucuns pratiquent les différentes religions qui les guident dans leur vie spirituelle.Si j'avais ici quelqu'espace, je vous ferais parvenir une réponse envoyée à une amie qui déplorait qu'une jeune fille, protestant contre la guerre en Israël, fut tuée en roulant sous les chars de guerre.Elle va dans le même sens que celle-ci. Je terminerai en vous disant, que les plus beaux poèmes ne pourront jamais contrer les dictateurs, qu'ils soient religieux, ou politiques ou économiques, tant qu'on les laissera ces en liberté.