Étrange petit peuple, singulière nouvelle nation

Petit peuple étrange, à l’âge de raison, qui se tricote une prison de plus en plus étanche

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17. Actualité archives 2007


Momifié dans un pays

qui le fossilise dans sa constitution

fortement divisé sur ses options

fragilisé dans sa survie.
Jouet pour politiciens ambitieux

prêteurs usuraires d’ambiguïtés

hochet pour démagogues pernicieux

brocanteurs d’infirmités.
Ces sirènes au langage séduisant

colmatent son essentiel

de matériaux superficiels

bricolage d’avenir peu rassurant.
Peuple horticulteur d’ambigu

séduit par messagers temporaires

prétendus défenseurs de l’ordinaire

noirs complices d’un ordre révolu.
Minoritaire entre deux mers

tributaire de miettes fédérales

locataire sur sa feuille d’érable

concessionnaire de sucre amer.
Petit peuple étrange

à l’âge de raison

qui se tricote une prison

de plus en plus étanche.
Singulière nouvelle nation

qui se gave d’accessoires

instruments obligatoires

pour de nouvelles confusions.
Petit peuple effronté

qui a marché l’Amérique

sur des rêves chimériques

porteurs d’identité.
Ces héros avec leurs bras

auront-ils porté l’eau

et scié les bouleaux

pour que ne pousse que du chou gras?
Ces colons aux visages de charbon

auront-ils multiplié les abattis

et additionné les éclaircies

pour ne se propage que du chardon ?
Fier de son existence

mais comme gêné d’exister

orgueilleux de son essence

mal à l’aise de ses possibilités.
Se gargarise de national

capitale, assemblée et drapeau

porte bien haut ses oripeaux

mais s’enterre à rester provincial.
Des éphémères colères

des opinions changeantes

des émotions fluctuantes

et vogue la galère !
J’aime pourtant ce peuple courageux

qui a survécu à bien des tempêtes

et vécu bien des embêtes

dans un passé si tortueux.
J’aime ce peuple paradoxal

qui risque l’évanescence

retardant les échéances

en zigzaguant dans le transversal.
J’aime ce peuple souffreteux

à la mine de chien battu

mais portant jamais abattu

qui me confirme mes aïeux.
J’aime quand même ces gens

d’ici et d’ailleurs

qui me crèvent le coeur

de suffrages démoralisants.
Pour perpétuer notre essence

faut qu’il nous pousse des mains

des mains de surhumains

pour arrêter cette déchéance.

Mars 2007
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/spip/) --

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Gilles Ouimet66 articles

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Né à Mont-Laurier en 1947. Études primaires à cet endroit. Études classiques à Mont-Laurier et Hull entre 1961 et 1968. Diplômé en histoire de l’Université Laval en 1971. Enseignant à la polyvalente de Mont-Laurier entre 1971 et 2005. Directeur d’une troupe de théâtre amateur (Troupe Montserrat) depuis 2000. Écriture pour le théâtre, notamment une pièce à l’occasion du centenaire de Mont-Laurier en 1985 (Les Grands d’ici), une autre à l’occasion du 150e anniversaire du soulèvement des Patriotes (Le demi-Lys...et le Lion) en 1987 (prix du public lors du festival de théâtre amateur de Sherbrooke en 1988 et 2e prix au festival canadien de théâtre d’Halifax la même année). En préparation, une pièce sur Louis Riel (La dernière Nuit de Louis Riel). Membre fondateur de la Société d’histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides. Retraité de l’enseignement depuis 2005.





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1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    29 mars 2007

    Seulement la convergence de la majorité des Québécois vers leur statut de souveraineté nationale peut résoudre la crise de division que nous vivons aujourd'hui au Québec, afin d'éviter des lendemains beaucoup plus instables.
    ” Les francophones d’ascendancce constituent une majorité qui réagit comme une minorité, qui démontre les mêmes sentiments d’inquiétude, de menace, de fragilité, le même réflexe de repli, de durcissement. ” Gérard Bouchard
    http://www.vigile.net/spip/article5679.html
    Jean-Louis Pérez (membre du PQ)