Élections 2018: Québec solidaire réduirait de moitié les tarifs du transport collectif

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L'objectif de QS : remplacer le Parti québécois


Un gouvernement de Québec solidaire (QS) réduirait de moitié, les tarifs du transport collectif, a annoncé dimanche Gabriel Nadeau-Dubois, qui mise sur des gains à l’extérieur de l’île de Montréal aux prochaines élections.


Le parti indépendantiste de gauche estime que cette baisse de 50 % des tarifs du transport en commun couterait environ 428 M$ par année aux contribuables, soit la moitié des revenus provenant des usagers des neuf principales sociétés de transport du Québec, qui frôlent le milliard de dollars.


«Notre proposition va augmenter l’achalandage, diminuer le nombre d’automobiles sur la route et diminuer la pollution de l’air, a fait valoir M. Nadeau-Dubois. Pour les automobilistes, ça veut dire moins de temps dans les embouteillages, plus de temps à passer avec leurs familles, mais surtout, c’est un incitatif audacieux pour les convaincre de faire le choix du transport collectif.»


«L’establishment» politique


Le coporte-parole de QS, qui assure que sa clientèle ne se trouve pas qu'au Parti québécois, s'est attaqué dimanche aux trois partis qui représentent «l’establishment» politique, selon lui.


Devant ses délégués réunis en Conseil national à Québec, M. Nadeau-Dubois a accusé  Philippe Couillard d’être allé faire «un show de boucane» à Paris lors de la COP 21, alors qu’il travaille à transformer le Nord-du-Québec en «open-bar pour les minières».


«Le Parti libéral ne sera jamais rien d’autre que le parti des pétrolières», a tranché M. Nadeau-Dubois.


Au Parti québécois, il a reproché d’avoir dit «oui à l’électrification des transports, mais oui aussi au pétrole sur Anticosti» sous la gouverne de Pauline Marois.


Gabriel Nadeau-Dubois a ensuite taxé François Legault d’être «le pire d’entre tous» en matière d’environnement. Il s’est d’ailleurs moqué du chef caquiste, qui a récemment laissé entendre que la construction d’un 3e lien entre Québec et Lévis serait un projet vert.


Tirer «la plogue sur le 3e lien»


«Un troisième lien qui est bon pour l’environnement, c’est comme un PLQ progressiste : ça n’existe pas, sauf dans les fantasmes des millionnaires», a-t-il lancé, en envoyant ici une pointe au nouveau président de campagne du Parti libéral du Québec, Alexandre Taillefer.


En point de presse, M. Nadeau-Dubois s’est d’ailleurs engagé à ce qu’un éventuel gouvernement solidaire mette fin une fois pour toute au projet de 3e lien.


«Oui, Québec solidaire tirerait la plogue sur le 3e lien. C’est un mauvais projet», a-t-il indiqué, convaincu que sa réalisation ne ferait qu’aggraver la congestion à plus long terme.


M. Nadeau-Dubois ne craint pas que cette position nuise aux chances de son parti de faire des gains dans la Capitale-Nationale, où le projet de 3e lien est souhaité par plusieurs.


«Sortir de Montréal»


«Il faut sortir de Montréal», a signalé en début de journée celui qui, dans un éventuel gouvernement solidaire, jouerait le rôle de vice-premier ministre.


Même si à la vue des plus récents sondages – Québec solidaire récolte 10 % d’appuis dans le dernier Léger publié samedi – la prise du pouvoir par son parti semble peu probable, Gabriel Nadeau-Dubois estime que plusieurs circonscriptions, notamment dans les régions de Québec, Sherbrooke et Rouyn-Noranda, sont à portée de main.


Il s’agit des mêmes endroits où sa formation politique a tenu des rassemblements dernièrement, en attirant, à chaque fois, plusieurs centaines de militants.


«Une chose est certaine, on veut augmenter le rythme de croissance de Québec solidaire, a dit M. Nadeau-Dubois. Le rythme d’un député par élection, ce n’est plus suffisant. Il faut grandir plus vite.»