Sol Zanetti critiqué dans son propre parti...

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Rendre hommage à Parizeau : une faute grave selon QS


Le député de Québec solidaire est critiqué vivement pour son court hommage soulignant le 5e anniversaire du décès de Jacques Parizeau.


Ce n’est pas tous les jours qu’on voit ça, un député qui est attaqué de front à l’intérieur même de la militance de son parti. Et c’est précisément ce qui s’est passé aujourd’hui chez Québec solidaire. 


Contexte. Le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti, publie ce matin un court statut sur sa page Facebook de député pour souligner le 5e anniversaire du décès de Jacques Parizeau, l’ex-premier ministre du Québec. Voici le statut en question: 


«C’est aujourd’hui le 5e anniversaire du décès de M. Jacques Parizeau. C’est un homme politique qui a fait beaucoup pour le Québec, c’est le moins qu’on puisse dire. 


«Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas ou peu, je vous recommande d’écouter ce discours qu’il avait prononcé au congrès d’Option nationale en 2013. Il y traite de plusieurs enjeux importants relativement à la préparation de l’indépendance du Québec. 


«Et surtout, pour cette phrase: 


«"N’ayez pas peur. N’ayez pas peur de vos rêves. N’ayez pas peur des obstacles qu’on va mettre dans votre chemin." 


«Merci M. Parizeau. On va l’avoir notre pays.» 


Suit un hyperlien qui mène vers le discours en question. Un excellent discours, digne du grand premier ministre qu’il a été. 


Sauf que ce statut a soulevé l’ire d’une membre de la commission politique de Québec solidaire. L’avocate Sibel Ataogul, responsable du dossier du travail et de la stratégie pour l’emploi de la commission politique du parti, s’est indignée que le député Zanetti ne mentionne pas dans son court statut LA phrase. 


Vous savez laquelle...


Extrait de la réponse de Sibel Ataogul, un message public sur sa propre page Facebook:  


«Extrêmement déçue de voir Sol Zanetti rendre hommage à Jacques Parizeau sans mentionner comment sa déclaration sur le "vote ethnique" a contribué de façon marquée à la xénophobie qui continue à hanter le Québec et que des indépendantistes inclusifs essaient de déconstruire avec grande difficulté. Soulignons qu’il est député pour un parti qui se dit anti-raciste et anti-colonial.» 


Malaise qsiste...


À la fois sur la page du député que sur celle de sa collègue Ataogul, ce dont on se rend compte, c’est à quel point la question de l’indépendance est un sujet explosif au sein des troupes de Québec solidaire. 


Je reconnais nombre de gens qui ont milité jadis chez Option nationale et qui tentent, tant bien que mal, d’expliquer qu’il ne faut pas réduire tout l’héritage politique et parlementaire de M. Parizeau à cette seule phrase. Mais cela se butera aux réponses enragées de ceux pour qui l’ex-premier ministre ne peut être vu QUE par la lorgnette d’un vecteur de xénophobie. 


Je me demande parfois ce que les anciens d’Option nationale font encore dans ce parti où l’indépendance, pour autant qu’on accepte d’en parler, est conditionnelle à sa subordination à l’idéologie diversitaire. Et je les regarde débattre, au sein même de leur enceinte militante, ne sachant pas assez se flageller pour répondre aux impératifs de cette idéologie, ça en devient malaisant. 


Relisez bien la courte déclaration de Zanetti... Et repensez bien à ceci; ces quelques mots, somme toute assez banals, ont déclenché un débat et des centaines de commentaires au sein de la militance de Québec solidaire! Incroyable. 


C’est que la phrase qu’a choisi de mettre en exergue le député pour souligner le décès de Parizeau était la mauvaise. Zanetti a choisi celle-ci: 


«N’ayez pas peur. N’ayez pas peur de vos rêves. N’ayez pas peur des obstacles qu’on va mettre dans votre chemin.» 


De l’angle d’un parti qui est antiraciste bien avant d’être indépendantiste, il n’a pas choisi la bonne...