Derrière l’humour, une idéologie

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Le mépris n'aura qu'un temps, et ce temps achève

Il fallait s’y attendre, la plus récente campagne publicitaire de Sugar Sammy, celle-ci qui se moquant de loi 101 et de notre langue française, a fait réagir. C’était prévu, de l’aveu même de l’agence publicitaire. Ce qui ne l’était peut-être pas par contre, c’est la sortie en bonne et due forme de Samir Khullar (Sugar Sammy) sur la question de la langue française. Pour une rare fois, l’humoriste ne se cachait plus sous le couvert de l’humour — encore que — et affirmait sans détour que la langue française serait surprotégée au Québec, de même qu’il affirmait son amour pour le Canada, « mon pays préféré, c’est le Canada ».

Voici donc que l’homme assume son oeuvre et ses visées politiques. Qu’on se le dise, celui qui était dans les jeunes libéraux a déjà affirmé en entrevue qu’il serait plus efficace comme humoriste que comme militant libéral et procanadien. Sa dernière sortie en est la plus éloquente démonstration et s’inscrit parfaitement dans une pratique répétée et insistante d’un « Québec bashing » primaire. Par ailleurs, il n’y a pas que M. Khullar qui s’assume dans cette histoire. Nancy Oeswein, la gérante de M. Khullar et présidente d’Auburn Moon Agency, y est allée d’un « Go f… yourself » adressé à Maxime Laporte, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.

Si M. Khullar affirme avec raison que « les humoristes sont des anthropologues de notre société », il devrait admettre que ces derniers sont également des personnes d’influence qui portent des idées. Lorsqu’il soutient que la langue française serait surprotégée au Québec, et donc qu’il n’y a pas véritablement de problème, que le français se porte bien, ce n’est pas anodin. C’est idéologique. Faut-il rappeler à M. Khullar que le recul du français au Canada et au Québec est statistiquement démontré par maintes études ? Citons le « Rapport sur l’évolution de la situation linguistique au Québec » (2011) de l’OQLF qui rapporte « une diminution du poids relatif des francophones et une stabilisation de celui des anglophones ». Puis que la loi 101, au fil des années, fût énormément charcutée par différents jugements de la Cour suprême du Canada.

Au final, il faut promouvoir la langue française, mais également la protéger comme il se doit. Et au contraire de ce que peux bien penser M. Khullar, il ne s’agit pas de repli identitaire, mais bien de la survie du français et d’un peuple à moyen et long terme. Pourquoi serait-il anormal de vouloir protéger une culture qui apporte une couleur et une saveur différentes du reste de l’Amérique du Nord ?


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