EMPLOI

Couillard corrige son ministre des Finances

Le PLQ a promis 250 000 emplois en cinq ans et le gouvernement livrera la marchandise, réitère le premier ministre

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Le gouvernement flip-flop

En dépit des pertes qui s’accumulent, le gouvernement libéral maintient sa promesse de créer 250 000 emplois d’ici la fin de son mandat.

La création de 250 000 emplois, majoritairement à temps plein, est un engagement électoral et le gouvernement tient à le remplir, a assuré le premier ministre Philippe Couillard, mardi, à l’entrée d’une réunion du caucus libéral.

« On est très déterminés à le faire, il faut le faire, on va y arriver. Bien sûr, on ne contrôle pas tous les leviers, l’État est là pour créer l’environnement et on est persuadés qu’on est capables d’y arriver », a déclaré le premier ministre.

En réitérant l’engagement formel de son parti, M. Couillard contredit son ministre des Finances, Carlos Leitão, qui a réduit la veille à Montréal la promesse électorale du PLQ au rang de cible ou de simple objectif. « On est engagés pour ça [la création de 250 000 emplois durant le mandat], c’est un engagement qu’on veut remplir », a insisté le chef du gouvernement.

Pour obtenir le chiffre de 250 000 emplois en cinq ans, le gouvernement libéral additionne les 40 000 emplois créés en moyenne chaque année au Québec depuis 2003 et l’impact escompté des mesures mises en place depuis l’élection du mois d’avril et le budget du mois de juin. Le potentiel est là et les emplois suivront, a fait comprendre M. Couillard.

« J’étais à Saguenay hier [lundi] pour le Plan Nord et juste avec les projets en évolution, c’est littéralement des milliers d’emplois, a fait valoir le premier ministre. On voit qu’il y a du potentiel avec nos PME, le Plan Nord, la Stratégie maritime, on a des nouveaux clients pour l’exportation avec l’hydroélectricité, on a beaucoup d’outils ».

M. Couillard rejette du même souffle la proposition des partis d’opposition de déposer cet automne — à l’occasion de la mise à jour économique — un plan de relance de l’économie.

« Il y a un plan de relance depuis le 23 avril [formation du gouvernement], il y a des mesures en place, alors il ne faut surtout pas céder à la panique. Il faut regarder la situation, les causes également du ralentissement plus marqué au Québec, il y a des causes qu’on peut identifier comme la démographie et autres. Ce ne sont pas des raisons pour repousser notre détermination, au contraire », a-t-il dit.

Entre-temps, la saignée se poursuit sur le marché du travail, selon Statistique Canada. Plus de 30 000 emplois à temps plein ont été perdus au Québec en octobre, portant à près de 100 000 le nombre de postes permanents effacés du paysage québécois sur une période d’un an. Depuis l’élection du Parti libéral le 7 avril 2014, le Québec a perdu 82 000 emplois à temps plein.

D’après le ministre des Finances, Carlos Leitão, la reprise économique est bel et bien en cours, mais l’emploi ne suit pas. « Les indicateurs économiques tiennent la route sauf l’emploi. Donc, ce à quoi nous assistons maintenant, c’est une reprise économique sans emploi, on a déjà vu ça ici et ailleurs dans le passé. Éventuellement, l’emploi va répondre à l’amélioration de la production, de l’exportation », a soulevé le ministre, appelant à la patience.

La création d’emplois « n’arrivera pas toute seule », a concédé le ministre, qui compte entre autres sur l’effet levier du retour à l’équilibre budgétaire prévu l’an prochain.


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