Caisse de dépôt: une stratégie prometteuse

Éloge de Sabia... suspect!



Claude Garcia - Président des opérations canadiennes de Standard Life de 1993 à 2004, l'auteur est chercheur associé à l'Institut économique de Montréal.

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Le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, a prononcé, le 6 juin, un important discours dans lequel il précise les orientations de l'institution qu'il dirige. Selon lui, «la meilleure façon de bâtir l'avenir, c'est d'investir dans des compagnies et dans des projets qui sont solidement ancrés dans l'économie réelle». Il souhaite faire confiance au «Québec entrepreneurial, ouvert sur le monde».
En d'autres mots, il compte faire des placements privés dans des entreprises qui offrent des services ou fabriquent des objets de tous les jours. Il désire aussi investir plus de fonds dans les infrastructures utilisées au quotidien et dans les immeubles où les gens habitent, travaillent ou magasinent.
À la lumière de l'expérience vécue pendant la crise financière de 2008, cette politique de placement est susceptible de réduire quelque peu la volatilité des résultats de la Caisse. Elle s'appuie aussi sur une analyse de la performance des différents portefeuilles de la Caisse au cours des dernières années.
Depuis le regroupement, au milieu de l'année 2003, des placements privés et des placements en infrastructures en deux portefeuilles distincts, ceux-ci ont fourni aux déposants des rendements annuels moyens de 11,5% et de 7,4% respectivement. Pour leur part, les gestionnaires du portefeuille immobilier de la Caisse affichent une performance de 10,9% au cours de cette période de huit ans.
Doit-on se satisfaire de ces rendements? Quand on évalue un gestionnaire de placement, c'est la performance relative qui compte et non la performance absolue. Si des placements sensiblement comparables avaient livré un rendement annuel moyen de 15% au cours de la même période, on pourrait difficilement justifier des investissements additionnels dans ces trois portefeuilles. Si, par ailleurs, des placements alternatifs avaient produit une plus-value inférieure aux chiffres cités au paragraphe précédent, la nouvelle stratégie de la Caisse pourrait s'avérer fort pertinente.
Les placements regroupés au sein de ces trois portefeuilles sont essentiellement des investissements en équité concentrés au Canada, aux États-Unis et en Europe de l'Ouest avec, dans le cas canadien, une surpondération relative des placements québécois. On peut donc baliser leur rendement en les mettant en parallèle avec la performance qu'aurait obtenue la Caisse en investissant, pendant la même période, des sommes de la même importance dans les marchés boursiers du Canada, des États-Unis et de l'Europe de l'Ouest. Seul le marché canadien a offert une performance comparable avec un rendement de 8,6%; les marchés boursiers américains et européens ont essentiellement fait du sur place de 2004 à 2011 inclusivement.
L'analyse qui précède démontre que la direction de la Caisse a su tirer les conclusions qui s'imposent de son expérience des dernières années. Elle concentrera ses efforts dans les placements hors marché où ses connaissances et sa taille lui permettent d'obtenir des rendements supérieurs pour ses déposants. Elle a également su reconnaître son habilité à mieux performer lorsqu'elle investit au Québec et au Canada, car ce sont des marchés qu'elle connaît mieux.
Souhaitons simplement que la direction de la Caisse continue d'afficher la même rigueur que par le passé lorsqu'elle choisit ses placements hors marché. Souhaitons également que nos dirigeants politiques laissent la Caisse faire son travail, sans ingérence, au bénéfice de tous les Québécois.

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Claude Garcia10 articles

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Claude Garcia, président de la Commission politique de l'Action démocratique du Québec

Administrateur de sociétés

Au cours de sa carrière, M. Garcia a présidé les activités canadiennes de la société d'assurance Standard Life entre 1993 et 2004. Pendant son mandat, il s'est fait remarquer pour une déclaration publique controversée durant la campagne du référendum de 1995. Devant des partisans fédéralistes, le 24 septembre 1995, M. Garcia déclare de ses adversaires souverainistes : « il ne faut pas gagner, le 30 octobre, il faut les écraser ». Les propos de M. Garcia suscitent une vive polémique dans la classe politique et une manifestation à l'Université du Québec à Montréal, où il siège au conseil d'administration[1].

Il a ensuite occupé un poste de membre du conseil d'administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec entre 2004 et 2009. Il était le président du comité de vérification de la caisse, en 2008, alors que l'organisme responsable de la gestion des fonds de retraite publics québécois a enregistré la plus importante perte financière de son histoire. Il a démissionné de son poste en mars 2009 après avoir été informé que son mandat ne serait pas renouvelé par la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget[2].

Privatisation d'Hydro-Québec

M. Garcia est, avec l'économiste Marcel Boyer, l'un des principaux promoteurs de l'idée de privatiser la société d'État d'Hydro-Québec. Il a rédigé plusieurs articles et rapports prônant les mérites de cette idée dans les journaux. En 2007 et 2009 il a rédigé deux rapports, publiés par l'Institut économique de Montréal, un think tank néo-libéral, où il dénonce le manque de rigueur de gestion de l'entreprise publique et l'attrait que représente la privatisation, faisant valoir que la vente de capital-action dans l'entreprise permettrait au gouvernement du Québec de payer une partie de sa dette[3],[4].

[http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Garcia->http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Garcia]
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