CHRONIQUE DE LA CROQUEUSE DE MOTS

Vous avez dit... "liberté de religion" ?

Quelle est la place de la religion dans une société laïque?

Chronique de Thérèse-Isabelle Saulnier


La véritable question, la question centrale et cruciale à laquelle la Commission Bouchard-Taylor doit répondre, c'est: quelle est la place de la religion dans une société laïque? Ou, comme la pose Diane Guilbaut: "Quelle est la place et la protection qui doivent être accordées à des obligations dites religieuses dans un espace public qui se veut laïc?" -- Car on invoque très souvent ces obligations dans les demandes d'accommodements, surtout celles qui sont les plus problématiques. Il va donc falloir déterminer cette place, d'autant plus que, depuis quelques années, on voit un retour du religieux dans l'espace public et ce, partout dans le monde, un religieux bien souvent politique, de surcroît. Alors, doit-on rester passifs devant ce phénomène, ou réagir? Doit-on poursuivre la laïcisation et la sécularisation de notre société en élaborant, comme le propose le MLQ, une Charte de la laïcité, ou bien revenir en arrière et accepter, au nom de la sacro-sainte liberté de religion, une présence de plus en plus grande du religieux dans l'espace public, incluant des comportements qui heurtent nos valeurs fondamentales, ou certaines d'entre elles, comme l'égalité entre hommes et femmes, la non-ségrégation (incluant celle des sexes, bien entendu) et la liberté de choix, particulièrement pour les femmes en ce qui concerne leur présent et leur avenir?
Le sujet même de la Commission B-T, c'est celui-là et non l'immigration. Rappelons qu'elle s'appelle "la Commission sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles", le mot "culturelles" incluant les différences religieuses, et peut-être surtout celles-là. Or, à quoi faut-il s'attendre comme recommandations là-dessus?
La solution la plus radicale est ce qu'on appelle la laïcité intégrale: une loi proclamant la laïcité de l'espace public, ce qui implique que les signes d'une expression religieuse ne doivent pas avoir cours dans l'espace public. On la dit aussi radicale et, en ce sens, elle règle automatiquement tous les cas de demandes d'accommodement pour motif religieux. C'est, entre autres, [la position de l'ex-ministre de la justice, M. Paul Bégin->4052], de messieurs [Drouin et Thompson, pour qui aucun accommodement religieux ne devrait être accepté ni permis->rub364], du MLQ (Mouvement laïque québécois) et [de Diane Guilbaut->696], qui proposent d'exclure tout simplement les obligations religieuses des accommodements, de les exclure du domaine juridique parce qu'il est impossible d'interpréter des règles religieuses qui, à l'intérieur d'une religion X, ne font même pas l'unanimité.
A l'autre extrême, on retrouve les défenseurs de la liberté totale, sans restriction aucune, toute restriction étant définie comme "liberticide", ni plus, ni moins. Ces défenseurs se retrouvent surtout au sein d'associations culturelles, particulièrement musulmanes, et c'est la position du B'nai Brith, qui trouve qu'on devrait élargir davantage l'accès à des accommodements, la liberté individuelle n'ayant à peu près pas de limites. Dans le mémoire de cette organisation juive, on lit: "Dans une société vraiment libre et démocratique, toute restriction de la liberté individuelle doit faire la preuve qu'elle est nécessaire pour protéger un intérêt général supérieur et qu'elle n'est pas seulement une manière de satisfaire une préférence de la majorité." -- Alors, à nous, donc, de faire cette démonstration! A nous de démontrer quel est cet "intérêt général supérieur", et en quoi notre "préférence", si préférence il y a, est justifiée.
Quant à nos bons commissaires, il ne faut certainement pas s'attendre à ce qu'ils optent pour la laïcité intégrale, confondue, même, avec "l'intégrisme laïc", comme si cette expression pouvait avoir un sens. Au mieux, ils vont suggérer, peut-être, d'encourager ou de décourager certains comportements, et nous dire de miser sur l'éducation et sur l'oeuvre du temps... -- Mais le temps n'est pas aux tergiversations, il faut vraiment trancher et choisir une option sur la place du religieux dans une société laïque. Il faut avoir ce courage politique.
Pour ma part, une chose me semble évidente: il faut limiter et baliser le concept de liberté religieuse, devenu un véritable fourre-tout incluant n'importe quoi. (Saviez-vous qu'une demande d'accommodement, qu'on a peu ébruitée, consistait à autoriser une serveuse de restaurant à porter un anneau dans le nez, sous prétexte que sa religion l'exigeait?? Et on n'a pas tout entendu, j'en suis convaincue, sur un tel genre de demandes!)
NÉCESSITÉ DE BALISER LA LIBERTÉ DE RELIGION
S'il y a un point essentiel, concernant une éventuelle modification de nos Chartes des droits et libertés, c'est bien celui de la définition de ce qu'est la liberté de religion et ce qu'elle comprend et exclut comme droits. Dans une société laïque, droits de quoi, de faire quoi et de porter quoi sur soi comme signe religieux ostentatoire et bien visible? -- C'est d'autant plus essentiel que la majorité des accommodements problématiques sont faits et accordés au nom de cette liberté, dont l'extension est actuellement beaucoup trop large: il suffit de croire SINCÈREMENT à une obligation dite religieuse pour se voir accorder, par les juges, le droit de pouvoir s'y conformer, même si cela déroge à des lois ou règlements sociétaux.
Il faut resituer les articles la concernant (comme aussi, ceux concernant la liberté de pensée et d'expression) dans leur contexte historique, pour bien discerner le sens et la portée qu'ils avaient à l'époque: suite aux guerres de religions, aux répressions, aux persécutions et à l'Inquisition et ses bûchers pour hérétiques, il s'agissait d'affirmer que toute personne a le droit d'avoir ses croyances religieuses et de pratiquer les rites qui en découlent, comme quiconque avait le droit d'avoir ses opinions politiques et de les exprimer sans être inquiété, pourchassé, emprisonné, torturé et tué pour cette raison.
L'article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (1948) affirme que: "Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites." -- Qu'est-ce que cela signifiait et signifie toujours? -- Qu'on pouvait croire à la religion de son choix, à tel ou tel Dieu, d'exprimer verbalement ou par écrit ses croyances religieuses et de pratiquer les RITES cultuels de sa religion. C'est ainsi que synagogues, temples et mosquées sont venus se joindre au décor architectural des villes et villages où il n'y avait jadis que des églises.
La paix régnait parce que la religion restait dans l'ordre du PRIVÉ, c'est-à-dire qu'elle se pratiquait à l'intérieur de lieux particuliers, ou chez soi, si certains rites et pratiques l'exigeaient. Bien sûr, du temps où il n'y avait qu'une religion, on pouvait voir des manifestations publiques de la religiosité (procession de la Fête-Dieu, Fête de la bonne Ste-Anne...), mais tout cela a fini par disparaître avec la laïcisation de la société. Sur la place publique, désormais, ceux et celles qu'on pouvait reconnaître à première vue parce qu'ils portaient des vêtements et signes religieux étaient les membres du clergé ou de congrégations particulières, signes ostentatoires qui, d'ailleurs, se sont faits de plus en plus discrets: adieu, cornettes et soutanes, même le col romain tend de plus en plus à disparaître pour ne faire voir qu'un petit crucifix en épinglette...
"A chacun son métier, et les vaches seront bien gardées." A chacun sa sphère et son domaine, ce qui n'a jamais empêché l'interaction et l'implication de tous dans les grands débats de société où les chefs ou représentants religieux sont loin d'être exclus. Tout le monde, dans une société libre et démocratique, a le droit d'exprimer sa façon de voir et de tenter d'influencer les décisions qui doivent être prises. Tel était l'esprit des législateurs qui ont élaboré les différentes chartes des droits et libertés.
Mais, comme le demande Victor Armony dans son mémoire, sans toutefois y répondre, "qu'a-t-il changé en 2006-2007 pour que l'intégration des populations minoritaires et issues de l'immigration au Québec devienne soudainement un "problème de société"?" -- Mieux et plus justement: Qu'est-ce qui s'est passé pour que, tout à coup, la tolérance et la cohabitation pacifique des religions deviennent problématiques et nous oblige à une réflexion collective sur la place du religieux dans une société laïque? Il est curieux qu'il ait échappé à M. Armony que ce sont précisément toutes ces demandes d'accommodements pour motif religieux, qu'il considère très peu nombreux (!!) et anodins (!!), mais gonflés outrageusement par les médias... Il est encore plus curieux que lui ait échappé la montée des intégrismes religieux un peu partout dans le monde et, ma foi, le retour des guerres de religions qui ont été si meurtrières... Il lui a échappé encore davantage le fait que cette montée de l'intégrisme religieux est devenu un fait politique et que l'on se voit contraint, maintenant, de s'interroger sur la pertinence de voir les préceptes religieux devenir plus importants que les lois civiles et ce, au nom même de la liberté...
On a accepté et toléré bien des choses, jusqu'à présent, avec comme conséquence "que l'appartenance à certaines religions devient la condition de privilèges et/ou une permission de diviser les gens selon leur confession religieuse", écrit Diane Guilbault, et que le principe même de l'égalité de tous et toutes devant la loi est remis en question. Il nous faudra donc avoir le courage d'établir des limites à la liberté de religion, et savoir dire NON à ce qui va à l'encontre de nos valeurs et des principes fondamentaux de notre société. Il nous faudra déterminer ce que la liberté de religion signifie et ne signifie pas, ce qu'elle inclut et ce qu'elle exclut, pour en préciser la place exacte qui lui revient dans une société laïque comme l'est la nôtre.
C'est ce que j'essayerai d'établir la semaine prochaine. En attendant, vos suggestions sont les bienvenues pour mettre de l'ordre dans mes nombreuses notes!!


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3 commentaires

  • Hélène Béland Répondre

    9 mars 2008

    Je crois bien m'être trompée de date quant à l'implantation du nouveau cours d'éthique religieuse dans toutes les écoles publiques du Québec, qui devrait débuter dès septembre 2008 et non 2009. Bon sang! c'est plus inquiétant encore.
    Je suis sidérée de l'inertie du parti québécois à ce propos. Le PQ semble encore trop préoccupée par ses petites guéguerres internes interminables et oublient de se responsabiliser comme parti politique.
    Je pense que tous les parents du Québec devraient s'impliquer pour comprendre ce qui se passe actuellement, parce que nos élus sont de plus en plus déconnectés de la réalité. Notre patrimoine chrétien sera désormais une option au menu du sacré que l'on soit athée ou pas...Après le mutlticulturalisme de la trudeaumanie qui a fait de la culture québécoise une culture parmi tant d'autres présentes au Canada anglais comme le mandarin, l'antillais ou le srilankais, c'est au tour des valeurs spirituelles à se multiculturaliser pour noyer encore davantage l'identité québécoise, nos enfants se familiariseront avec le boudhisme, l'islamisme, le judaïsme, le vaudouisme...etc... dès le plus jeune âge, car ils sont d'abord et avant tout les enfants de la mondialisation....wow!

  • Hélène Béland Répondre

    9 mars 2008

    Que faire lorsque qu'une secte immigrant en sol laïc refuse systématiquement de vivre sans le dictat de son dogme?
    1. On accepte l'autoghettoïsation?
    2. On accommode au point de tout changer dans l'espace public?
    3. On casse le dictat suprème du dogme par une loi?
    4. On met en place des nouveaux critères de sélection migratoire ?
    Afin d'identifier des candidats plus compatibles avec les valeurs de la société d'accueil, pour maximiser les conditions gagnantes de la mixité, faciliter l'intégration à la majorité et freiner l'intégrisme religieux toute catégorie, quoi faire?
    5. On affirme un concensus social autour de valeurs non négociables, qui a déjà commencé à voir le jour tel que: laïcité, égalité des genres, langue française... pour contrer les réfractaires à l'apprentissage du français, l'intégrisme religieux, le dictat dogmatique de certaines valeurs immigrantes incompatibles qui cherchent à se frayer un chemin via la commission des droits de la personne , la charte et le sacro saint multiculturalisme anglo-saxon disfonctionnel
    6. On commence par savoir ce que le Québec veut, puisqu'il n'est toujours pas un pays même s'il possède depuis plus de 400 ans: une nation, une langue, une culture , un patrimoine religeux, un système juridique qui lui est propre, une histoire identitaire, une manière unique de vivre ensemble, un territoire et même une taxe,... mais se comporte toujours en conquis menacé et xénophobe comme nous l'a fait comprendre si gentiment M. Bouchard à la commission B-T.
    7. Se donner la peine de faire le constat de ce qui fonctionne et ne fonctionne pas en matière d'immigration et ouvrir grand les yeux sur certains échecs bien réels qui se passent sur tous les continents de la civilisation occidentale, car désormais l'immigration doit être vue dans sa globalité. Des cultures entières dépendent de la manière dont les élus politiques se responsabiliseront face aux attentes d'un peuple qui vit sur le terrain tous les irritants bien réels du quotidien.
    8. Il faut avoir le courage politique de ses opinions et cesser de flatter l'électorat ethnique dans tous les sens au point d'en perdre le nord et de risquer d'ébranler le socle historique identitaire du tissu social qui a mis plusieurs siècles à se construire. Ce serait une grave erreur, mais d'un autre côté une erreur qui pourrait s'avérer positive, ramenant dans la rue, plus d'un million de fleurdelysés , flottant au vent identitaire bleu et blanc d'un ras de marrée humaine prête à se distinguer en se levant debout comme un seul homme, afin d'affirmer son identité une fois pour toute sans attendre ni le 24 juin, ni une élection pour le faire.
    9. Peut-être est-il grandement temps pour nos politiques d'immigration de privilégier:
    .la notion de compatibilité des valeurs et des croyances à celui du pouvoir d'achat d'une démographie consommatrice immigrante.
    . la notion de capacité d'intégrabilité à la société québécoise en terme de responsabilité citoyenne, car une citoyenneté ça se mérite...non?

    La société québécoise est-elle arrivée au point de fermer les yeux sur l'endogamie forçant des conversions à peine voilées, la polygamie qui est beaucoup plus présente qu'on ne le croit, la misogynie dogmatique avec son lot de comportements dégradants, tandis que la majorité collective vit au quotidien les irritants de tous les accommodements religieux injustifables et inacceptables dans une société laïque, démocratique, occidentale et moderne comme la nôtre.
    10. L'éducation de nos enfants est garante de notre avenir. La femme québécoise refuse d'être le bouc émissaire d'une baisse démographique, tandis que le gouvernement coupe dans les services publics, hausse le coût des garderies tout en refusant de combler le manque criant de places en service de garde. De plus, le nouveau cours d'éthique religieuse dès le primaire, m'interpelle au plus haut point. Je refuse son implantation en septembre 2009. Je pense qu'une telle initiative est trop grave pour la laisser passer en sourdine, comme du beurre dans la poêle. Le ministère de l'éducation de M.Charest, après avoir passé à deux cheveux de financer à 100% les écoles privées confessionnelles, tente de faire passer le multiculturalisme dogmatique dans les écoles publiques. Cela m'inquiète énormément.

  • Jacques Deschenes Répondre

    7 mars 2008

    Bravo pour votre article qui relève la difficulté à circonscrire ce que l’on appelle la liberté de la religion.
    Il y selon moi deux points de vue différents avec lesquels nous devons jonglés. Celui de la religion d’un point de vue théologique et du développement de la conscience personnelle-spirituelle et celui de la religion-état qui relève davantage du dogme et qui tente d’uniformiser les rites et coutumes de ses adhérents pour en faire un mode de vie spécifique et qui dicte une socialisation de ce même dogme.
    Dans le premier cas où la religion est une forme de croissance personnelle et une façon de parfaire sa vie, nous nous devons de respecter tous et chancun dans ses choix. C’est ce que j’appelle vivre une saine spiritualité. Je ne crois pas qu’au Québec nous avons eu beaucoup de problèmes avec ce genre d’acceptation de l’autre, comme étant différent. En tant que citoyens nous pouvons apprendre des uns et des autres en partageant les points de vue qui nous semblent divergeants d’un premier abord et nous incite à la réflexion, ce qui est à mon sens souhaitable et bénéfique. Autremendit je place Dieu au sommet de mes priorités personnelles et ceci fait de moi un meilleur citoyen : jusque là pas de problème.
    Le problème arrive avec le concept de la religion-état. Ici ce n’est pas le principe de croissance qui est mis de l’avant mais bien la contrainte venu d’une autorité ( ou que je reconnais comme autorité ) qui vient dicter ce que je dois faire ou ne pas faire. Dans ce concept nous pourrions cité le dicton : « Hors de l’Église point de salut ». Ici le principe de réflexion-méditation est mis au rancart au profit de la loi du troupeau. C’est dans ce concept où l’on retrouve les interdits tels : l’impossibilité de s’aspostasier, d’être dans la même salle avec des gens du sexe opposé, de manger tel ou tel type d’aliments, de faire la prière à des heures fixes et dans une façon de faire bien précise etc.
    La religion-état prône la suprématie de Dieu au-dessus de toutes les lois et de toutes les coutumes( selon la conception de chacun et qui peut foutre le bordel au niveau social ). Il y a de la part des gens qui croient à ce genre de dogme qu’il faille ABSOULUMENT faire régner les lois divines ( que l’autorité me dicte ) et ce même au détriment de ce que peut être le consensus social du moment. Ce concept est anti-moral, anti-social voir même dangereux car il ouvre la porte grande ouverte à des dictateurs et aux extrémistes ( Souvent venus de d’autres pays plus radicaux que le nôtre et qui n’ont pas idée du genre de vie que nous menons ici ).
    N’en déplaise à quelques uns, le Québec a GRANDI au fils des années. Nous avons fait des pas de géants tant au niveau de la conscience personnelle que la conscience collective. Alors pourquoi ne pas faire confiance à notre capacité d’évoluer, d’apprendre ? En tant que peuple nous sommes curieux et aimons apprendre. Nous n’avons pas besoin de dictats( Catholiques ou autres) venu de je ne sais où pour vivre une vie saine et harmonieuse.
    Je suggère donc une vie sociale et communautaire laïc mais à la fois spirituelle. Comment combiner les deux ? Permettre à tous et chacun d’exprimer sa foi comme il l’entend mais à une condition : « Que ce soit dans les normes et coutumes de la société présente » Pour exemple si je crois foncièrement que le naturisme est très important pour moi et amène à un développement d’une mentalité d’ouverture sur la Vie et que je me baigne nu quand j’en ai l’occasion ou quand l’endroit s’y prête, je le fais. Mais si je suis sur une plage publique et je vois que mon geste pourrrait en iriter plusieurs alors je me dois de m’ABSTENIR. Même raisonnement pour ce qui est des institutions publiques ou des lois protégeant la sécurité physique des personnes. C’est le consensus social qui doit prévaloir. Le reste tient du développement à long terme et je crois que nous sommes capable de beaucoup en autant que les changements se fassent tranquillement et dans le dialogue, pas par l’entremise des tribunaux ni des autorités religieuses. Donc en faisant la promotion d’un état laïc à vocation spirituelle nous nous donnons du temps d’intégration et évitons de donner tous les pouvoirs aux extrémistes qui n’attendent que le moment propice pour installer LEURS lois et LEURS concepts.
    Dans le même esprit il serait sage, une fois cet état laïc mis en place, de prévoir des rencontres avec différents types de spiritualité et de religions afin de mettre la base d’une communication saine basée sur la réflexion et non sur les dictats premiers des religions d’origine.
    Les temps changent, oui, mais donnons nous le droit de changer progressivement. Même le concept de la laïcité que l’on nomme aujourd’hui évoluera dans les années à venir ,mais il faut commencer quelque part non ?