Vote de l'argent: Landry donne raison à Parizeau

2005



Rollande Parent, PC
_ Le Devoir vendredi 28 janvier 2005
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À la lumière des révélations de l'enquête Gomery sur les commandites, Jacques Parizeau avait bien raison d'attribuer en partie au poids de l'argent la victoire du NON au référendum de 1995, a fait valoir hier le chef de l'opposition, Bernard Landry.
«On avait vu la grande fête du Canada, la manifestation, les avions payés. On ne savait pas encore exactement d'où venait le fric mais on s'en doutait. À ce point de vue là, ce que Parizeau a dit était tout à fait correct quand il a parlé de l'argent», a commenté M. Landry, à l'issue d'un discours prononcé devant un groupe d'étudiants.
Le premier ministre Parizeau avait soulevé une énorme controverse, le soir du référendum, quand il avait expliqué aux partisans défaits que l'argent et le vote ethnique expliquaient le résultat négatif. Peu après, sous la pression, il avait dû démissionner.
Le travail de la vérificatrice et celui mené par l'enquête Gomery jettent un jour nouveau sur la tournure des événements qui remontent maintenant à dix ans, affirme M. Landry.
«La vérificatrice générale nous a rendu un grand service, elle nous a ouvert les yeux. C'est pour ça que, pour la prochaine fois [au prochain référendum], aucune naïveté ne sera acceptable», a-t-il ajouté.
À ce jour, M. Landry estime que le camp du NON, dont le vice-président n'était nul autre que Jean Charest, a disposé de dix fois plus d'argent que celui du OUI. «MM. Charest et Chrétien devraient regarder ça avec un oeil extrêmement critique par rapport à la légitimité. Ils ont eu des moyens disproportionnés et ils ont gagné de justesse dans l'ensemble du Québec. Ce qui rend le résultat [du référendum de 1995] suspect», a asséné M. Landry.
Compte tenu de cette situation, le chef de l'opposition s'est dit scandalisé par la demande toute récente de l'ancien premier ministre Chrétien d'obtenir la récusation du juge John Gomery.
«Pour l'instant, rien ne justifie qu'on demande la récusation du juge. On n'est pas dans un procès pénal, mais dans une enquête où l'on voit un homme qui veut aller au fond des choses avec une équipe de gens décidés à aller au fond des choses», a plaidé M. Landry.
Parce que M. Landry ne croit pas du tout les témoins qui sont venus plaider l'ignorance quant au programme des commandites.
«J'ai été au gouvernement assez longtemps pour savoir que les dépenses de cet ordre, orientées avec une telle régularité vers les mêmes récepteurs, ne peuvent pas ne pas attirer l'attention quand ça dure des années», a-t-il fait valoir.


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