Une culture distincte, ça se protège

L'ouverture à l'autre, d'accord, mais pas au détriment de notre propre culture Établissons des limites raisonnables pour éviter la dénationalisation de notre peuple

Tribune libre 2010

Déf. : un sophisme est un raisonnement qui apparaît comme rigoureux et logique, mais qui en réalité n'est pas valide (à ne pas confondre avec vrai). Il y a volonté de tromper. L'adjectif fallacieux désigne ce qui est trompeur ou mensonger.
Qu'est-ce qui peut bien se cacher derrière cette appel à l'ouverture à l'autre qu'on nous martèle tant et qui est proposée par une savante propagande comme étant l'idéal incontestable de toute société moderne ?
L'un des sophismes préférés des fédéralistes multiculturalistes est de prétendre que l'idée de l'ouverture à l'autre avec ses sous-entendus de fraternité universelle, de générosité, de compassion pour les miséreux, justifie l'immigration massive mal balisée telle qu'elle s'impose actuellement au Québec.
Au nom de ce sacro-saint principe qui n'a que les apparences de la validité, refuser l'effritement de notre identité nationale serait alors faire preuve d'étroitesse d'esprit et irait contre la tendance soi-disant souhaitable du métissage de toutes les ethnies et cultures, métissage qui fera la démonstration que tous les êtres humains sont nos frères et qu'à ce titre ils doivent s'installer ici en masse avec l'assurance que tout le monde s'accordera dans l'amitié et le partage pour ce monde meilleur qu'ils bâtiront avec nous.
Les limites de la notion de l'ouverture à l'autre surgissent rapidement lorsqu'on réalise qu'elle se fait au détriment de la culture majoritaire et qu'elle entraîne non pas un enrichissement mais bien une substitution d'éléments de cette culture établie par des fragments disparates d'autres cultures qui viennent l'amoindrir, provoquant un nivellement par le bas.
Un Québécois doit s'intéresser au quotidien à sa propre culture d'abord et avant tout et y consacrer la majeure partie de ses intérêts et de son temps. C'est une question de dosage. Juste assez des autres cultures est fort différent de beaucoup trop.
On peut également envisager d'opposer une certaine fermeture raisonnée à l'exposition à des éléments hétéroclites trop éloignés de nous et qui risquent de nous dénaturer.
C'est à cette conclusion qu'en était venu le célèbre anthropologue Claude Lévi-Strauss, qui défendait le droit des cultures de résister à ce que d'aucuns nomment le progrès et reconnaissait même le droit des peuples à une certaine « surdité » face à l'autre et à son influence, chaque société devant protéger son identité distincte afin de préserver la diversité des cultures au niveau mondial et non son nivellement par l'uniformisation qui en ferait perdre l'essence.
Je le cite :
« Sans doute nous berçons-nous du rêve que l'égalité et la fraternité régneront un jour entre les hommes sans que soit compromise leur diversité. Mais si l'humanité ne se résigne pas à devenir la consommatrice stérile des seules valeurs qu'elle a su créer dans le passé, capable seulement de donner le jour à des ouvrages bâtards, à des inventions grossières et puériles, elle devra réapprendre que toute création véritable implique une certaine surdité à l'appel d'autres valeurs, pouvant aller jusqu'à leur refus sinon même à leur négation. Car on ne peut, à la fois, se fondre dans la jouissance de l'autre, s'identifier à lui, et se maintenir différent. Pleinement réussie, la communication intégrale avec l'autre condamne, à plus ou moins brève échéance, l'originalité de sa et de ma création. Les grandes époques créatrices furent celles où la communication était devenue suffisante pour que des partenaires éloignés se stimulent, sans être cependant assez fréquente et rapide pour qu
e les obstacles indispensables entre les individus comme entre les groupes s'amenuisent au point que des échanges trop faciles égalisent et confondent leur diversité. »


Lorsqu'un ensemble d'influences étrangères se mettent à vouloir empiéter sur la culture majoritaire, cela équivaut en quelque sorte à une forme d'offensive funeste dont il faut se défendre avec la fermeté de nos convictions.
Il faut savoir se fermer prudemment aux influences indésirables et faire preuve de sélectivité dans nos choix, en veillant à ne pas dépasser un certain seuil au-delà duquel il y aurait un trop grand risque de déperdition d'identité, de division de l'âme collective et de culture dénaturée.
Soyons fiers d'appartenir et de défendre notre magnifique et riche culture québécoise. Qu'elle nous nourrisse et nous fasse grandir dans sa vision du monde qui nous est propre et qui reflète ce que nous sommes en tant que peuple.
***
Réjean Labrie, de Québec, capitale nationale.
Sur le sophisme : http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:Meg94-rUhf8J:fr.wikipedia.org/wiki/Sophisme+sophisme&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=ca
Claude Lévi-Strauss : http://www.ledevoir.com/culture/livres/274315/claude-levi-strauss-1908-2009-cent-ans-de-sollicitude+claude+l%C3%A9vi-strauss+%C3%A0+Montr%C3%A9al+Le+Devoir+surdit%C3%A9&cd=2&hl=fr&ct=clnk&gl=ca

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Réjean Labrie515 articles

  • 975 297

Réjean Labrie, né en 1954, est originaire de Québec. Il a fait carrière dans la fonction publique à l’aide sociale. Il est fier d’être un enraciné de la 10ème génération en sol natal.Son élan nationaliste se porte sur la valorisation de la culture québécoise et sur la préservation de l'identité culturelle québécoise et de sa démographie historique. L'icône d'identification montre les fortifications de Québec qui symbolisent notre caractère irréductible et notre résilience face à l'adversité.





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3 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    29 juin 2010

    Je retiens: "préserver la diversité des cultures au niveau mondial et non son nivellement par l’uniformisation qui en ferait perdre l’essence"
    Et R. B.-G. qui démasque la duplicité de la cheffe péquiste en flagrant oubli de défendre la biodiversité, principe unanime pour la taxonomie des espèces... mais refusée à l'humanité. Voilà bien où le parti montre ses fesses: aplanir les langues en conférence de presse, c'est révéler son projet réel, soit attirer les indépendantistes par un discours faux et soigner l'électorat toujours acquis à l'assimilateur (erkk!).

  • Archives de Vigile Répondre

    29 juin 2010

    « Tout l’Islam semble être, en effet, une méthode pour développer dans l’esprit des croyants des conflits insurmontables, quitte à les sauver par la suite en leur proposant des solutions d’une très grande (mais trop grande) simplicité. D’une main on les précipite, de l’autre on les retient au bord de l’abîme. Vous inquiétez-vous de la vertu de vos épouses ou de vos filles pendant que vous êtes en campagne? Rien de plus simple, voilez-le et cloîtrez-les. C’est ainsi qu’on en arrive au burkah moderne, semblable a un appareil orthopédique avec sa coupe compliquée, ses guichets en passementerie pour la vision, ses boutons-pression et ses cordonnets, le lourd tissu dont il est fait pour s’adapter exactement aux contours du corps humain tout en le dissimulant aussi complètement que possible. Mais, de ce fait, la barrière du souci s’est seulement déplacée, puisque maintenant il suffira qu’on frôle votre femme pour vous déshonorer, et vous vous tourmenterez plus encore. Une franche conversation avec des jeunes musulmans enseigne deux choses : d’abord, qu’ils sont obsédés par le problème de la virginité prénuptiale et de la fidélité ultérieure; ensuite que le pudhah, c’est-à-dire la ségrégation des femmes, fait en un sens obstacle aux intrigues amoureuses, mais les favorise sur un autre plan; par l’attribution aux femmes d’un monde propre, dont elles sont seules a connaître les détours. Cambrioleurs de harems quand ils sont jeunes, ils ont de bonnes raisons pour s’en faire les gardiens une fois mariés »
    « Grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que sur l’impuissance à nouer des liens en dehors. Enface de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez eux qui s’en rendent coupables, car ils ne cherchent pas toujours
    « il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane.
    Lévi-Strauss, Tristes tropiques, 1955

  • Archives de Vigile Répondre

    28 juin 2010

    M. Réjean Labrie
    Merci pour cette magnifique citation de Lévi-Strauss.
    En vous lisant, je n'ai pas arrêté de penser à André Drouin et à sa description du mode de vie des Québécois écrit pour être compris par un adolescent de 13 ans (ce qui n'enlève rien à sa pertinence) et qu'on peut retrouver sur le site de la municipalité d'Hérouxville dans la section historique où il est à sa place car, en effet, ce code de vie est historique et continue de faire l'histoire.
    L'erreur et le sophisme se trouvent dans la citation suivante:
    "Qu’est-ce qui peut bien se cacher derrière cette appel à l’ouverture à l’autre qu’on nous martèle tant et qui est proposée par une savante propagande comme étant l’idéal incontestable de toute société moderne ?
    "L’un des sophismes préférés des fédéralistes multiculturalistes est de prétendre que l’idée de l’ouverture à l’autre avec ses sous-entendus de fraternité universelle, de générosité, de compassion pour les miséreux, justifie l’immigration massive mal balisée telle qu’elle s’impose actuellement au Québec."
    L'enjeu est le maintien d'une culture québécoise vivante basée sur une langue française qui se propage et qui se développe. A regarder ce qui se passe actuellement à Montréal qui est dans un processus accéléré d'anglicisation
    par l'utilisation de l'anglais comme langue de travail et par les immigrants qui s'anglicisent, notre culture distincte est menacée.
    Seule l'indépendance fera du Québec un pays français avec sa citoyenneté obtenue seulement si vous savez le français, avec sa loi 101 qui impose le français partout sans désaveu par une Cour suprême qui fait reculer le français. Chaque immigrant saura d'avance qu'il vient dans un pays français.
    Pour mettre en application les propos de Lévi-Strauss, il faut l'indépendance.
    "Car on ne peut, à la fois, se fondre dans la jouissance de l’autre, s’identifier à lui, et se maintenir différent."
    Quand Pauline Marois parle en anglais en conférence de presse, elle cherche à s'identifier à l'autre et, le faisant, elle renonce à sa différence. Elle trahit l'idéal d'en arriver à un Québec français dans sa langue de travail. Elle appuie plutôt le pays actuel qui domine, un Canada qui se dit bilingue; elle veut se montrer bilingue alors que son objectif, c'est l'unilinguisme français au Québec. En parlant anglais aux journalistes anglophones qui savent le français, elle n'agit pas en indépendantiste.
    Elle met de l'avant sa vanité individuelle qui la pousse à montrer qu'elle est bilingue (ce qu'elle n'est pas). Et mëme si elle était parfaite bilingue, elle ne devrait parler qu'en français pour affirmer son identité et sa différence. C'est une question de principe.
    Sans parler des dangers de dérapage dans ces "dialogues" où c'est le ou la journaliste anglophone qui aident Mme Marois à trouver le mot qui exprime sa pensée.
    Naïveté inadmissible. Quand on veut faire un pays, on ne se prête pas à ces exercices linguistiques dangereux.
    Robert Barberis-Gervais, 28 juin 2010