INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 338

Sarkozy et nous

Sommes-nous frères ? Qui sont ses amis ?

Chronique de Bruno Deshaies


Le Président Sarkozy a eu l’honnêteté de nous placer dans le contexte mondial des relations internationales en dépit de notre appartenance constitutionnelle au Canada. Il a plaidé pour des liens forts entre la France et le Québec. Il revenait donc aux souverainistes de lire entre les lignes.
« La diversité culturelle n’exclut pas

le principe d’indépendance des peuples

dans l’univers de la coopération interétatique. »


(Bruno Deshaies)
Quand nous cesserons de tirer à boulets rouges sur tout ce qui bouge au sujet de la souveraineté du Québec, peut-être aurons-nous commencé à comprendre que notre lutte de libération nationale commence par nous et nous tous ENSEMBLE.
Nous assistons en ce moment à une série de déclarations de quelques vedettes du camp souverainiste qui prennent à parti le Président de la République française et aussi Président de l’Union européenne, à l’occasion de la réunion du XIIe Sommet de la Francophonie à Québec et de la crise financière mondiale.
Il nous semble que la « crise » des relations France-Québec aurait pu se régler différemment. Les chefs de file souverainistes (Jacques Parizeau, Bernard Landry, Pauline Marois, Gilles Duceppe, Yves Michaud, Jean-François Lisée ainsi que Louise Beaudouin) auraient pu, par des échanges bien organisés entre eux d’abord, et avec leurs homologues français ensuite, éviter ce dérapage de mécontentement plus ou moins justifié.
Dans un contexte assez survolté et aussi très émotif, ces chefs de file ont crié trop facilement haro sur le baudet. Tout le monde sait que c’est le Canada qui a officiellement invité les pays de la francophonie à ce Sommet. Tout le monde sait que la France y a un intérêt certain. Tout le monde sait aussi que les Québécois-Français veulent une place à part entière au sein de cet événement. Par ailleurs, il n’y a pas de surprise a voir des journalistes s’empresser de connaître l’opinion du Président de la France au sujet des rapports privilégiés France-Québec. Il faut donc tenir compte du contexte. Or, la réponse du Président de la République n’a pas plu aux souverainistes.
Prenant aussitôt le Président Sarkozy au pied de la lettre, nos ténors souverainistes se sont trompés de cible. À cause du seul fait que le XIIe Sommet de la Francophonie relevait d’Ottawa, il fallait bien s’attendre à ce qu’une chausse-trape surgisse et qu’un événement imprévu arrive. Les fédéralistes se sont comportés comme ils le voulaient pour la défense du Canada-Uni. La diplomatie canadienne s’est comportée comme elle devait, la France aime le Canada (« Des accents de fraternité »). LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC NE POUVAIT ÊTRE QUE SUBALTERNE.
Les souverainistes auraient agi beaucoup mieux en cherchant dans le discours du Président à l’Assemblée nationale un sens qui leur convenait dans cette déclaration, par exemple, quand le Président de la France nous dit : « …nous devons fortifier le pont entre les deux rives de l’Atlantique que Champlain et les fondateurs de la Nouvelle France ont établi ». Ce lien avec la source du Québec-Français n’est pas négligeable. Il se fonde sur la mémoire et l’identité qui « n’est pas un gros mot ». Il ajoute : « Et à celles et ceux qui à travers le monde, plaident pour davantage de diversité, je veux dire qu’ils n’ont rien à craindre de l’identité. » Évidemment, le vedettariat dans lequel se plaisent certains souverainistes nuit à la cause indépendantiste.  Nous venons de vivre un bel exemple de nos manies de coloniaux provincialisés qui possèdent un sous-produit étatique d’annexion. Les souverainistes orthodoxes ont beaucoup de la difficulté à avaler cette idée que, selon le président français, « … c’est une relation mature, entre partenaires égaux qui ont décidé de faire un chemin ensemble ». Si la France veut être avec nous d’égal à égal, pourquoi chipoter.
Notre véritable problème n’est pas la France, mais le gouvernement fédéral canadien. Il est le maître. Il nous remplace. Il se superpose à nous. Il agit pour nous. C’est là où le bât blesse. Un correspondant qui signe « Un Québécois errant » nous fait part dans le document qui suit de son indignation face au rôle du gouvernement canadien au cours de ce XIIe Sommet de la Francophonie à Québec. C’est un texte à lire. Pouvait-on croire que le Premier ministre du Canada se priverait de sa visibilité et de la visibilité d’un Canada uni à cette occasion ? Mais allons donc ! Où sont les stratèges du camp souverainiste à voir plus loin que le bout de leur nez ? On ne les a entendus nulle part.
Quelqu’un m’a écrit pour me signaler qu’on pourrait imaginer que le président Nicolas Sarkozy a dû se dire : « Les Québécois ont eu DEUX FOIS l’occasion de voter pour leur indépendance, leur liberté et ce, le plus légalement du monde. Ils n'en ont pas voulu ! Alors pourquoi la France s'aliénerait-elle le Canada pour des gens qui sont trop cons pour voter oui ! » Pour un autre, la remarque a été formulée en ces termes : « J'ai tendance à comprendre qu'après deux refus de l’indépendance de notre part, nous serions mal venus d'exiger que nos interlocuteurs fassent le travail à notre place et ajustent leur comportement en fonction de nos velléités. »
À la suite des élections fédérales, le Bloc se vante d’avoir réussi à empêcher le premier ministre Harper de former un gouvernement majoritaire. Cependant, il n’a pu empêcher le gouvernement du Canada avec ses relations diplomatiques en France de faire à la fois du 400e anniversaire de la fondation de Québec et du XIIe Sommet de la Francophonie à Québec de conduire les affaires à sa façon et selon ses intérêts. Les bloquistes se sont attaqué à une seule personne : Stephen Harper. En revanche, ils ont été impuissants à entraver la marche du système canadian qui dissémine comme il le veut toute la propagande issue des organismes fédéraux et même à l’extérieur du Canada pour dominer complètement la situation. Après tout, le Canada ainsi que la France sont des pays indépendants et agissent comme tels, contrairement au Québec qui se contente de sa subordination.
Depuis le référendum de 1995, la diplomatie canadian a consolidé ses positions partout dans le monde. Elle ne manque aucune occasion, mais vraiment aucune, d’affirmer et surtout de travailler à défendre dans tous les colloques, sur toutes les tribunes ou à l’occasion de rencontres, de voyages de ministres, etc., les bases mêmes du fédéralisme. Elle prêche la bonne nouvelle de l’union des peuples partout où elle en a l’occasion. Elle finance des colloques sur le fédéralisme dans le monde. Pendant ce temps, les indépendantistes et tous les gouvernements du parti québécois sauf celui de Parizeau, impuissants comme d’habitude, ont regardé le train passer !
Raymond Chrétien a été l’ambassadeur du Canada à Paris de septembre 2000 à novembre 2003 (et aujourd’hui il est président du CÉRIUM ) où il a été délégué pour amorcer le virage économique des les relations entre la Canada et la France. Sa conférence, à la rencontre de l’Association France-Amériques à Paris le 8 décembre 2000, suivie de son entrevue avec Denise Bombardier le 17 décembre 2000 à Radio-Canada, ont donné le ton à l’orientation de la diplomatie canadienne en France dans tous les domaines et, en particulier, celui de l’économie. Dans son discours du 8 décembre il annonce clairement les couleurs de la politique canadienne à l’étranger. « L’économie canadienne, déclare-t-il, elle aussi, est « branchée » sur le reste du monde. Nous sommes de grands exportateurs. 45 % de notre PIB provient de nos exportations de biens et services. 87 % de toutes les exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis et nous recevons 23% de toutes les exportations américaines. Les 13% restants des ventes canadiennes représentent les échanges avec les 184 autres pays de la planète, dont 5% seulement avec l’ensemble des pays européens. »
Ce qui se passe aujourd’hui a donc été préparé de longue main. Dès le début du XXIe siècle, le gouvernement de Jean Chrétien a impulsé une initiative de diplomatie économique auprès de la France. Les deux États ont cherché à tisser des liens et à faire comprendre les bases de la philosophie politique du fédéralisme canadien. Depuis l’adoption de la Loi sur la Clarté par un ministre libéral, fédéraliste pur et dur, Stéphane Dion., on peut dire que l’État canadian a disséminé à travers le monde et a même offert ses services pour appliquer le fédéralisme dans les pays qui cherchaient des solutions à leurs problèmes intérieurs.
Conscient de cette position du Canada dans le monde, le président Sarkozy a tenté de faire une synthèse qui tient compte des intérêts du Québec, de la France et du Canada dans une perspective globalisante et même planétaire. N’a-t-il pas déclaré : « La France est votre ambassadeur et le Québec doit être notre ambassadeur pour faire comprendre à tout le Canada que c’est l’intérêt d’avoir un pont, une communauté transatlantique. » Il nous reste à comprendre, nous les Québécois-Français, que la diversité culturelle n’exclut pas le principe d’indépendance des peuples dans l’univers de la coopération interétatique des états libres – même provinciaux.
Les questions qui tuent : Sommes-nous frères ? Qui sont ses amis ? Sans entrer dans un débat sémantique sur la famille et les amis, la fraternité et l’amitié, le peuple de France et le peuple du Québec, l’identité et la diversité, il paraît clair que le Président Sarkozy voit et souhaite des relations rapprochées entre la France et le Québec. Ne dit-il pas : « D’abord, la France a besoin du Québec… Alors, sans doute, le Québec aussi a besoin de la France […] Nous disons à l’Europe et au reste du monde : regardez nous, Français […], la France veut participer à ce débat, veut porter les convictions européennes qu’il y a une autre façon d’organiser le monde. Et cette France-là, elle veut aller plus loin dans l’amitié, dans la confiance, avec le Canada et dans la fraternité avec le Québec. » Il suppose « cette relation […] fraternelle, familiale, légitime et sans ambiguïté entre Français et Québécois [et] que son approfondissement s’impose ».
La main tendue de la France ne peut être rejetée. Si les souverainistes orthodoxes de tout poil avaient eu la moindre idée de l’optique indépendantiste, ils auraient pris dignement la balle au bond pour « renforcer » encore plus fortement la coopération France-Québec. « Alors, aujourd’hui ?, comme le disait le Président Sarkozy, Français et Québécois, nous regardons dans la même direction et je vous propose un défi : de préparer les 400 prochaines années du fait français en Amérique. »
Pour les indépendantistes que nous sommes, il est clair que la solution la plus sûre, la meilleure et la plus digne collectivement, c’est que le Québec devienne un État-nation indépendant qui aura le courage de présenter sa propre vision du monde dans le concert des nations libres. Il faut que ce jour arrive avec l’appui de la France et de la Francophonie. En attendant, les Québécois doivent se dire : les présidents passent, la France demeure.
Bruno Deshaies

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BRUNO DESHAIES est né à Montréal. Il est marié et père de trois enfants. Il a demeuré à Québec de nombreuses années, puis il est revenu à Montréal en 2002. Il continue à publier sa chronique sur le site Internet Vigile.net. Il est un spécialiste de la pensée de Maurice Séguin. Vous trouverez son cours sur Les Normes (1961-1962) à l’adresse Internet qui suit : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-1-20 (N. B. Exceptionnellement, la numéro 5 est à l’adresse suivante : http://www.vigile.net/Les-Normes-en-histoire, la16 à l’adresse qui suit : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-15-20,18580 ) et les quatre chroniques supplémentaires : 21 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique 22 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19364 23 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19509 24 et fin http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19636 ainsi que son Histoire des deux Canadas (1961-62) : Le PREMIER CANADA http://www.vigile.net/Le-premier-Canada-1-5 et le DEUXIÈME CANADA : http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-1-29 et un supplément http://www.vigile.net/Le-Canada-actuel-30

REM. : Pour toutes les chroniques numérotées mentionnées supra ainsi : 1-20, 1-5 et 1-29, il suffit de modifier le chiffre 1 par un autre chiffre, par ex. 2, 3, 4, pour qu’elles deviennent 2-20 ou 3-5 ou 4-29, etc. selon le nombre de chroniques jusqu’à la limite de chaque série. Il est obligatoire d’effectuer le changement directement sur l’adresse qui se trouve dans la fenêtre où l’hyperlien apparaît dans l’Internet. Par exemple : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-1-20 Vous devez vous rendre d’abord à la première adresse dans l’Internet (1-20). Ensuite, dans la fenêtre d’adresse Internet, vous modifier directement le chiffre pour accéder à une autre chronique, ainsi http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-10-29 La chronique devient (10-29).

Vous pouvez aussi consulter une série de chroniques consacrée à l’enseignement de l’histoire au Québec. Il suffit de se rendre à l’INDEX 1999 à 2004 : http://www.archives.vigile.net/ds-deshaies/index2.html Voir dans liste les chroniques numérotées 90, 128, 130, 155, 158, 160, 176 à 188, 191, 192 et « Le passé devient notre présent » sur la page d’appel de l’INDEX des chroniques de Bruno Deshaies (col. de gauche).

Finalement, il y a une série intitulée « POSITION ». Voir les chroniques numérotées 101, 104, 108 À 111, 119, 132 à 135, 152, 154, 159, 161, 163, 166 et 167.





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6 commentaires

  • Pierre Daviau Répondre

    27 octobre 2008

    SARKOSY ET NOUS
    Réponse à la chronique de Bruno Deshaies du 23 octobre 2008 intitulée SARKOSY ET NOUS http://www.vigile.net/Sarkozy-et-nous .
    Monsieur Deshaies, votre analyse des déclarations du Président Sarkosy mérite toute notre admiration. Vous avez visé juste contrairement à tous nos leaders souverainistes qui, tels des hyper- émotifs, se sont lancés en aveugle et tête baissée dans une chasse aux sorcières.
    Moi-même, à mon grand désarroi et à ma grande déception, j’ai été abasourdi d’entendre tous ces ténors tonitruants souverainistes, incluant Jacques Parizeau de qui je me serais attendu à plus de retenue et de réflexion, déraper aussi lamentablement. Suite à ces déclarations aussi pitoyables, tous les Québécois-Français sont justifiés de s’interroger sur le sens profond de ce dérapage politique. En effet, que signifie une si grande désinvolture pour intervenir dans un domaine aussi délicat que les relations internationales ? Il m’apparaît incontestable que tous ces leaders souverainistes nous ont démontré, hors de tout doute raisonnable, qu’ils n’ont pas possédé et ne possèdent pas aujourd’hui le jugement et le discernement nécessaire pour occuper les hautes fonctions politiques qu’exige le combat de l’accession à l’indépendance nationale du Québec.
    Un lecteur, Luc Archambault, commente longuement la chronique de Bruno Deshaies. Il écrit : « Appeler à l’union, appeler à l’ensemble, en « tirant à boulets rouges » sur nos « chefs de file » qu’on voudrait voir unis et rassemblés ! ? Est-ce cela « Trouver LA solution » ? Appeler à l’union en semant la division ? J’en doute... ». J’invite ce commentateur et tous les lecteurs dont l’objectif est l’indépendance nationale du Québec à apprendre à « Penser en présence des faits » et comprendre que l’analyse lucide et objective d’une situation, des faits, bien que désagréable à court terme constitue plutôt un gage de succès à long terme. Le faire semblant ou la justification constante des erreurs de chefs incompétents conduit nécessairement à la défaite.
    Bruno Deshaies n’est pas le seul analyste a avoir analysé correctement les paroles du Président Sarkosy. Le premier, Claude Bariteau, écrit : « Développés en référence à la crise actuelle, ses propos ont été lus comme une prise de position en faveur de l’unité canadienne. Il n’en est rien. » (1). Un deuxième analyste, fédéraliste reconnu celui-là, jette une douche d’eau glacée sur la tête des fédéralistes rayonnants. André Pratte écrit : « Si la déclaration d’amour de Nicolas Sarkosy pour le Canada a démonté les leaders souverainistes, elle a suscité chez les politiciens fédéralistes un triomphalisme injustifié. (…) ont tous réagit comme si les propos du président français représentait une victoire historique pour leur courant politique. Il n’en est rien. » (2)
    Par ailleurs, dans l’action politique en particulier et a fortiori dans le combat de l’indépendance nationale, il est primordial de s’appuyer sur ce qu’un éminent penseur Québécois-Français, l’historien Maurice Séguin, a écrit : « Si entretenir des illusions, taire des difficultés, escamoter des déficiences peuvent paraître faciliter l’action immédiate, à longue échéance la vérité même pénible se révélera plus profitable aux hommes d’action, pour élaborer la stratégie globale et organiser les forces de la collectivité. » (3)
    Voilà pour l’analyse lucide et objective. Une force à développer quotidiennement et à conserver précieusement tel un trésor d’une grande richesse.
    Pierre Daviau
    Québec
    Le 27 octobre 2008
    (1) Claude Bariteau, La remarque de Sarkosy n’avait rien à voir avec l’unité canadienne, Le Soleil, mercredi 22 octobre 2008, section Point de vue, p. 26.
    (2) André Pratte, Un triomphe sans gloire, La Presse, mardi 21 octobre 2008, section Éditoriaux, p. A 22.
    (3) Maurice Séguin, Les normes de Maurice Séguin, Guérin, Montréal 1999.

  • Archives de Vigile Répondre

    23 octobre 2008

    @ M. Dostie et M. Claude André Saint-Pierre
    @ M. Dostie
    Merci pour vos compliments.
    Sachez que j'ai beaucoup de respect pour M. Deshaies. Il travaille fort et prend la peine de dire ce qu'il pense du combat qui est le nôtre. Puisse, comme vous dites, ma parole se tenir à côté de la sienne pour la compléter et contribuer à notre Connaissance et intelligence commune, sans discrédit aucun pour la contribution exceptionnelle des autres. Vous aurez compris que je crois que nous devons transformer notre culture de meute avide de chefs transcendants. Dans cette absence, il n'y aurait que coups bas et rivalités entre prétendants anonymes. Je rêve, naïf que je suis, de convivialité et de synergie transcendante, hors la rivalité de meute orpheline. On peut rêver ! Je rêve donc, éveillé, autant que faire se peut. Le respect d'office à l'appui de toute contribution signifiante, la sienne forcément compte, puisqu'il est question de la questionner.
    En somme, peut-on cesser de s'invectiver ? Peut-on prendre en compte la réalité qui peut être sujet d'ombre et de découragements en l'éclairant dans son contraire sans pour autant dénigrer celles et ceux qui a bon droit y succombent. Peut-on prendre ce qu'illumine le contraire sans pour autant enfoncer celles et ceux qui ne parviennent pas à y voir toutes lumières ?
    @ M. Claude André Saint-Pierre
    Je ne vois ni n'entends que des Québécois discréditer le travail de l'organisation de la Francophonie. Ni discréditer ce qu'a dit à l'appui de notre cause commune le Prédisent de la France à l'Assemblée nationale. Ce que j'entends cependant, c'est la protestation souverainiste à l'égard de ce qu'a par ailleurs déclaré le citoyen Sarkozy. Ce qui me semble juste et belle réplique.
    Luc A.

  • Archives de Vigile Répondre

    23 octobre 2008

    Oui, Monsieur Sarkozy est président d'un pays souverain.
    Je souscris à votre vision de la place du Québec telle que reconnue et décrite par le président de la France. Cette présentation à l'assemblée nationale est d'ailleurs été admirablement complété lors de son allocution lors de l'ouverture du Sommet de la Francophonie. Comme vous l'écrivez souvent : "Il faut penser en présence des faits ." Monsieur Sarozy invite monsieur Charest à poursuivre le cheminement historique du Québec dans la francophonie et dans le monde : “Ce doit être pour nous l’occasion de réfléchir sur ce que signifie la francophonie. Est-ce que c’est simplement l’attachement à une langue ? Ce serait déjà beaucoup mais ce ne serait pas assez. La francophonie ce n’est pas simplement l’attachement à une culture... C'est aussi un engagement politique. Pour la France, il n'y a que des partenaires égaux." En badinant, il a conclu ce débat en disant : "On peut aimer Québec et aussi Paris".
    J'étais fier d'être un des 350 bénévoles qui ont participé à ce Sommet légendaire. Son site montre et reconnaît d'ailleurs la place que le Québec tient dans la francophonie et surtout dans le monde. À répétition, les participants ont souligné le miracle du fait francophone en Amérique du Nord : http://www.francophoniequebec2008.qc.ca/ Je ne comprends pas que cet évènement puisse être vilipendé par des Québécois.
    Claude André St-Pierre
    claude.andre.st.pierre@videotron.ca

  • Gaëtan Dostie Répondre

    23 octobre 2008

    Monsieur Archambault,
    Votre lucidité , votre pertinence ne cessent de me conforter dans le combat perpétuel qui est nôtre.

    Votre verbe est éblouissant: à croire que le grand artiste que vous êtes est aussi un visionnaire politique. Merci de persister, de continuer à éclairer!
    Puisse M. Deshaies vous comprendre et sortir de cet obscurantisme réducteur qui caractérise trop souvent son pessimisme démobilisateur.
    Gaëtan Dostie

  • Archives de Vigile Répondre

    23 octobre 2008

    @ M Deshaies et Mme Saulnier
    « (...) il est clair que la solution la plus sûre, la meilleure et la plus digne collectivement, c’est que le Québec devienne un État-nation indépendant qui aura le courage de présenter sa propre vision du monde dans le concert des nations libres. » - Bruno Deshaies
    « ... qui aura le courage »
    Nous serions des pleutres sans « courage » donc ! Nous qui avons refusé par deux fois de fonder l'État du Québec souverain qu'on espère, justifierait que la France manifeste une « préférence pour le fédéralisme et l’unité canadienne » qui aurait « le droit de défendre ses intérêts et de les promouvoir sur la scène internationale » - Thérèse-Isabelle Saulnier. Et quoi encore ! ?
    On aura tout vu ! Tout entendu !
    « Quand nous cesserons de tirer à boulets rouges sur tout ce qui bouge au sujet de la souveraineté du Québec, peut-être aurons-nous commencé à comprendre que notre lutte de libération nationale commence par nous et nous tous ENSEMBLE. »
    « Dans un contexte assez survolté et aussi très émotif, ces chefs de file ont crié trop facilement haro sur le baudet. »
    Beau paradoxe !
    Appeler à l'union, appeler à l'ensemble, en « tirant à boulets rouges » sur nos « chefs de file » qu'on voudrait voir unis et rassemblés ! ? Est-ce cela « Trouver LA solution » ? Appeler à l'union en semant la division ? J'en doute...
    L'union ne peut se faire que dans la synergie, dans la complémentarité, dans l'appui à ce que l'on espère voir uni. Le présent appel se trouve à être dans son exact contraire. Il tire sur l'ensemble que forme la juste et équilibrée réplique à une « énormité » proférée par le citoyen Sarkozy. L'union ne peut se faire que dans l'appui mutuel. On assiste ici à tout le contraire.
    L'union de quoi ?
    L'union de nos forces ou l'union de nos faiblesses ! ?
    J'appelle à l'union moi aussi, à l'union de nos forces. Pas à l'union de ce qui serait nos faiblesses.
    Pour ce faire, il faut déjà les considérer ces forces et non les prendre, les tenir, les dénoncer comme des faiblesses. Si nous devons unir quelque chose, ce n'est pas parce que nous sommes faibles, mais parce que nous sommes forts.
    Nous le sommes, ou nous ne le sommes pas ? Nous le sommes ! Et c'est pourquoi l'ensemble de ces forces, en toute complémentarité, mérite de se déployer dans l'unité. Cet appel qui sont les vôtres, M. Deshaies, Madame Saulnier, m'apparaissent être tout le contraire.
    Ils tablent sur le dénigrement de ce que nous sommes pour démontrer que nous aurions besoin d'être. Ces appels divisifs sous prétexte d'union, me semblent tout le contraire de la cohésion, de la synergie, de l'appui propre à l'union. Paradoxe donc.
    Ces appels présupposent un manque de « courage », une faiblesse, dont nous serions les pauvres pécheurs. Il nous faudrait donc confesser nos péchés, l'absolution nous sera donné seulement si nous « comm-unions », à quelque unique « corps » constitué d'un messie charnel ou idéologique que vous élèvez au-dessus de nos têtes comme étant les seuls saluts de nos âmes éperdues de liberté.
    Cette vision sectaire et unitaire de l'union me semble tout le contraire de l'union synergique qui a cours actuellement. Une vision qui de manière sectaire refuse de prendre acte de nos forces actuelles. La réplique souverainiste toute dispersée soit-elle, forme un ensemble fort et cohérent en toutes occurrences le plus souvent, et manifestement en ce qui la concerne maintenant.
    D'un côté, on met l'accent sur l'importance de la déclaration officielle de la France à l'Assemblée nationale, en toute complémentarité et on a par ailleurs aussi pris comme il se doit, acte de ce qui s'est manifesté par ailleurs en aparté, on a mis en évidence un fait de rupture que constituerait l'ingérence d'un citoyen de France qui prendrait parti pour l'unité canadienne, à savoir, une rupture d'avec la déclaration de De Gaulle, une rupture d'avec l'engagement de non ingérence.
    Dans son texte intitulé le « Le retour du boomerang » Vigile - Le Journal de Montréal du 22 octobre 2008, M. Joseph Facal me semble faire la même erreur. Il prétend que nous avons couru après en désirant l'intervention prématurée de la France. Or, les souverainistes qui se sont soulevés à bon droits d'aise et de fierté au cri du Général De Gaulle, se sont fort bien accommodés de la non-ingérence de la France par la suite, sans lui demander de prendre parti contre les « canadianisateurs » unitaristes. Le fait que le premier citoyen de France, ait officieusement semblé briser cet engagement, non seulement assassine De Gaulle, mais surtout contredit le principe de la liberté du peuple souverain de choisir son destin, sous prétexte que le « monde n'aurait pas besoin de division ». Ce qui est inacceptable.
    La liberté ne peut être subordonnée à quelqu'égale fraternité que ce soit fraternité. ( Réplique à Monique Gagnon-Tremblay
    Le discours usé de la « souveraineté dépassée » ). La liberté d'un peuple souverain ne peut être refusé sous prétexte qu'une égale amitié voudrait protéger l'unité de l'une des parties de la fraternité des nations, d'autant quand un peuple souverain n'a jamais validé l'État qu'impose une nation sur une autre sans aucune espèce de légitimité, d'autorité.
    Si le Canada a le droit de défendre son unité sur la scène internationale, cela ne peut se faire que lorsqu'il aura accepté d'être non plus seulement légal mais bien légitime. Ce qu'il n'est pas. Ce qu'il ne peut être considéré être. En l'état, il s'agit d'un État unilatéral répudié par l'une de ses composantes, un État illégitime qui ne se fonde que d'autorité venue d'en haut, État avatar d'un Empire autocratique monarchique de croit divin. Un État invalide, qui n'a jamais appelé le peuple démocratique et souverain du Québec à le valider, à le fonder, à le constituer non pas seulement légalement mais bien aussi légitimement. Ce qui n'est pas le cas. C'est ce droit-là de ce Canada-là que vous voulez défendre madame Saulnier ? De quel côté êtes-vous donc ?
    Quand au Bloc, M. Deshaies, bien sûr qu'il est « impuissants à entraver la marche du système canadian qui dissémine comme il le veut toute la propagande issue des organismes fédéraux et même à l’extérieur du Canada pour dominer complètement la situation. ». Serions-nous plus « puissants » si nous nous empêchions d'élire une forte représentation souverainiste à Ottawa via le Bloc québécois ? Si le Bloc n'avait pas gagné les dernières élections, pourrions-nous opposer aux canadianisateurs le fait que soit évident pour le monde entier, que ce Canada unitaire-là, est aux prises avec une grave problème... d'unité ? Ce ne sont pas les souverainistes qui sont désunis. C'est le Canada qui l'est !
    « Après tout, le Canada ainsi que la France sont des pays indépendants et agissent comme tels, contrairement au Québec qui se contente de sa subordination. »
    Le Québec ne se contente pas de « subordination ». Au contraire, il exprime son insubordination en élisant une forte députation souverainiste à Ottawa, il le fait en refusant d'adhérer à la Constitution unilatérale imposée d'autorité, il le fait à chaque fois qu'il élit une forte députation souverainiste à Québec.
    Certes il n'a encore pas créé l'État souverain qu'on espère, cela non pas parce que nous manquons de « courage », comme vous le dites, mais bien parce que nous sommes inférieurs en nombre, mais plutôt parce que le nombre nous impose sa loi des menaces de représailles, parce que personne ne viendra à notre secours, comme personne n'est venu lors de la Conquête.
    Nous sommes seul au monde. Nous le savons
    Nous voulons de la France non pas qu'elle nous sauve, mais qu'elle soit à nos côtés, peu importe le temps que nous prendrons, et nous en prenons, quel est le problème, à tenter de nous en sortir, peu importe que nous n'ayons pas deux fois réussi à nous en sortir, bien que nous ayons failli le faire la dernière fois.
    Ce n'est pas remettre notre pouvoir entre les mains des autres que d'espérer un tel appui d'accopagnement. Ce n'est pas excentrique que de protester contre son contraire, contre l'appui voilé ou explicite à ce Canada de la contrainte, du chantage, de la menace, ce Canada canadianisateur. Ce n'est pas faiblesse que de protester contre un Canada indépendant écrasant, abuseur. C'est force, quand la victime d'un abuseur commence à dénoncer, à cesser d'excuser l'abuseur, sans pour autant quitter la maison qui l'enferme, parce que l'abuseur ferme toutes les portes, menaces à l'appui. Quand aucun autre refuge est à porté de ses pas.
    Un autre Canada pourrait refuser la canadianisation du Québec, un autre Canada pourrait renoncer aux chantages, aux manoeuvres, aux menaces, à la canadianisation du Québec. Mais ce Canada là n'existe pas encore. Les rénovateurs fédéralistes se sont toujours heurtés à un Canada canadianisateur privilégiant la manière forte, le sur-place, le statut quo de la contrainte. Un autre Canada pourrait surgir. Ce n'est pas faiblesse ni manque de courage que de temporiser pour qu'il surgisse. C'est au contraire grande force que de ne pas chercher à tout prix l'injure de se constituer contre lui en État souverain. Ce n'est pas manque de courage que de ne pas choisir à tous prix l'affrontement.
    Nous en sommes là, à force, épuisant peu à peu l'ennemi canadianisateur, usant peu à peu sa vindicte folle pour qu'elle se transmue en raison, pour que nous soyons ami ou adversaire, et non plus frères ennemis. Cela passe par la patiente détermination, par l'affirmation de ce que nous sommes. Nous sommes fort, unis, déployés dans la diversité des points de vu. Nous devons constater notre unité, exposer notre force et non pas sans cesse nous déconsidérer et nous croire faibles, impuissants. Cela n'appuie rien du tout. Cela n'aide pas la victime d'un abuseur que de la constamment dire incapable de se soustraire à l'abus sous prétexte qu'elle ne quitte pas la maison qui l'abat dès aujourd'hui. Ce qui aide la victime c'est qu'on soit là avec elle, dans le centre de son désarrois, à l'appui de ses forces, car elle en a. À l'appui de son estime de soi qui seul peut être le ressort qui la fera fonder d'abord en soi la maison qui sera la sienne. Pour cela, la victime d'abus doit comprendre que toute son incomplétude, toutes ses fautes, ne justifient jamais que son abuseur la batte, la menace, détruise ce qui pourrai la faire être digne d'exister dans l'espace public, hors la contrainte, hors le dénigrement, hors le fait d'être courtisée pour être ensuite battue. Ainsi, ce dont a besoin la victime c'est que ce qui se mobilise en elle, toutes dispersions comprises, focalise à chaque fois dans un rayon fort, ce qui pourra faire briser le cercle vicieux qui l'enferme. D'abord, par l'étalage, la conscience, la défense et illustration de ces forces.
    Nous sommes en présence d'une relation de co-dépendance. Le plus grand défi de l'indépendance, c'est la co-dépendance. Une telle relation fait le Québec dépendant affectif de la dépendance du Canada. Le Canada est dépendant d'un Québec partie de lui. Cette relation étroite et étanche, le constitue distinct du voisin états-uniens. Nous sommes dépendant, touché par la détresse du Canada, nous ne voulons pas le vouer à ses peurs de disparaitre par le fait que nous apparaissions nous, indépendant, distinct Ô combien des Canadiens tout autant que des États-uniens. Nous comprenons Ô combien sa peur de disparaître qui le fait vindicatif à notre encontre. Par delà ses menaces, nous percevons sa peur. Nous connaissons la peur. Nous avons appris à la surpasser. Nous savons qu'on peut s'en dissocier. Nous accompagnons le Canada dans ce long processus de surpassement, de dépassement. C'est la co-dépendance.
    En dénoncant l'abuseur qu'il est, en cessant de nous déconsidérer nous-mêmes, nous lui donnons des armes pour qu'il se surpasse, pour qu'il reconce à l'abus. Non pas pour refonder une relation aussi intime, cela ne se peut désormais plus. Trop de choses ont été brisées. Non ! Toute relation ne pourra que se faire dans l'indépendance, vore l'inter-dépendance et non plus dans la co-dépendance. Rien d'autre que la souveraineté du peuple souverain ne pourra être fondement de quoi que ce soit. Aucun autre état de fait ne pourra s'incarner dans l'État que s'il n'est le fait que du peuple souverain. Ce qui n'est pas le cas.
    La France doit comprendre cet état de fait. Sans ingérence et sans indifférence. La France doit accompagner et le Québec et le Canada, en prenant le parti de l'appui à l'affranchissement du peuple souverain du Québec, écrasé par la co-dépendance, à l'appui du peuple souverain du Canada, qui dans le refus de la co-dépendance, saura exister distinct des états-uniens. Voilà ce que nous pouvons, devons attendre de la France. Je ne vois pas en quoi nous avons démérité à cet égard.
    L'union véritable
    Je souscris M. Deshaies à votre appel à la cohésion, à l'union. Mais elle me semble passer d'abord par l'appui. Par la critique certes, mais par une critique constructive. Dès lors donc, fondée sur nos forces. Et, en prenant acte dans ce qui est, on n'a pas le choix, ce qui est, est, dans cet « être-là », donc, il n'y a qu'apparente faiblesse. J'y vois des forces. On peut y voir des forces. On peut voir dans d'apparentes contradictions, tout le contraire de la division, de la dispersion, une cohésion, un tir dispersé convergent.
    La constante, y compris du reste dans votre critique, c'est le désir de prendre fait et cause pour la cause du peuple souverain du Québec. La mienne de critique se veut compléter la vôtre en prenant la chose d'un autre angle ce qui dans la focale, permet de tirer toujours dans le sens commun de notre cause commune.
    Luc A.

  • Thérèse-Isabelle Saulnier Répondre

    23 octobre 2008

    Bien dit et bien ficelé, belle analyse, M. Deshaies. En effet, les gens réagissent, la plupart du temps, bien trop rapidement et sans vraiment réfléchir, sans vraiment prendre la peine d'examiner attentivement et d'analyser ce qui s'est dit ou écrit. Les réactions sont surtout émotives, effectivement, et l'analyse, tout comme les conclusions, en sont faussées. Sans penser, en plus, aux éventuelles conséquences concrètes que leurs réactions hâtives peuvent avoir sur toute la collectivité et sur la cause elle-même...
    "Les souverainistes auraient agi beaucoup mieux en cherchant dans le discours du Président à l’Assemblée nationale un sens qui leur convenait dans cette déclaration". - En effet. Car ce n'est sûrement pas en lui tombant sur la tomate et en le dénigrant personnellement - ce qui a été fait à plaisir, particulièrement sur un certain site internet - qu'on s'en fera un ami ou qu'on le maintiendra comme tel! Ce n'est pas davantage en déformant ses propos et sa pensée, en présumant de ses intentions réelles, en balayant du revers de la main son attachement envers le Québec, sous prétexte qu'il a manifesté une simple préférence pour le fédéralisme et l'unité canadienne, qu'on y parviendra.
    Cet interlocuteur, qui suppose que Sarkozy a pu être influencé par l'échec des deux référendums, a sans doute raison, et nous, indépendantistes, devons prendre acte des conséquences de ce double échec, encore très vivaces aujourd'hui, au lieu de les nier et faire comme si tout se vivait encore, dans le coeur des Québécois, comme en 1976, particulièrement au soir du 15 novembre de cette année-là. Et, au lieu de traiter sans cesse le gouvernement fédéral de "canadianisateur", qu'on prenne aussi acte que ce gouvernement, que ce pays a parfaitement le droit de défendre ses intérêts et de les promouvoir sur la scène internationale. Si nous, nous en sommes incapables (ou pas encore, ou pas assez capables), qu'on se regarde et se critique d'abord, et qu'on choisisse et mette en oeuvre, ensuite, les BONS moyens pour arriver à nos fins! Comme c'est parti, nous retournons les armes contre nous-mêmes...