Salade, soupe et autres épithètes. Quel mépris!

Ni soupe, ni salade, au Québec, identité et souveraineté constituent plutôt un plat principal.

Géopolitique - Empire et ses médiamensonges


Son article s'intitulait [« La bonne soupe identitaire »->23731]. Il a déjà parlé de la « salade péquiste ». Nommer aussi trivialement des propositions politiques qui ont pour objectif d'animer le débat public traduit vraisemblablement tout le mépris qu'Alain Dubuc de Gesca ressent à leur évocation. Peut-être souhaite-t-il que ces questions soient tues. La réalité veut que, quotidiennement, d'identité il soit question dans toutes les sphères de la société. Et que la souveraineté fasse partie d'un projet politique qui jouit d'une base citoyenne substantielle. Ni soupe, ni salade, au Québec, identité et souveraineté constituent plutôt un plat principal.
L'identité? « C'est un terrain dangereux, écrit Alain Dubuc, parce qu'il peut réveiller des réflexes de repli sur soi, d'intolérance et d'exclusion qu'il est plus sage de laisser dormir ». Donc à balayer sous le tapis? Se fermer les yeux? Se boucher les oreilles? Faire le mort? La belle affaire! Se rend-t-il compte qu'à vouloir ainsi conjurer le spectre de la xénophobie et du racisme il interdit à la société de voir d'où viennent ces problèmes, d'y faire face et de les régler?
Le métissage culturel est une vraie question. Complexe. L'identité n'est pas donnée une fois pour toute. Elle se construit. L'arrivée massive d'adultes et d'enfants qui choisissent le Québec comme nouvelle patrie pose défi. L'intégration. Comment fait-on?
Il serait dangereux de proposer qu'un acquis historique gravitant autour de la laïcité de l'État, de l'égalité des hommes et des femmes et de la prédominance du français soit accepté et partagé? Il serait dangereux que, dans le processus continu de construction de l'identité du peuple québécois, ce qui constitue les gains sociopolitiques les plus importants des 50 dernières années soit non négociable? C'est le contraire qui sera dangereux. Seront générées une insécurité dans la société d'accueil et une hésitation chez celles et ceux qui se présentent à nos portes.
Comment leur reprocher d'hésiter à s'intégrer à une société incapable de se nommer. Or, il s'en trouvera pour le leur reprocher. Et c'est cela qui est dangereux. Nous avons une responsabilité que plusieurs Québécoises et Québécois issus de l'immigration nous demandent d'assumer, c'est celle d'être clairs.


Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé