«René Lévesque - Mythes et réalités - L'état actuel des recherches»

René Lévesque, lucide ou solidaire?

« René Lévesque » — 20e anniversaire

Figure emblématique du mouvement souverainiste et premier ministre du Québec aux multiples réformes sociales et politiques, René Lévesque continue de susciter la fascination. Vingt ans après son décès, quelle est la part du mythe et celle de la réalité qui reste de René Lévesque? Un colloque scientifique tentera de faire la lumière sur la question vendredi prochain.
C'est la Fondation René-Lévesque qui a lancé l'idée de ce colloque où les politiciens ne tiendront pas le haut du pavé. «On voulait un événement qui s'éloigne de la subjectivité», explique le président de la Fondation, Yves Duhaime, qui fut ministre dans le gouvernement Lévesque. «Mais on veut que la mémoire, l'oeuvre, la pensée de René Lévesque perdure et continue d'influencer. C'est le seul des premiers ministres des 50 dernières années dont le nom a traversé l'épreuve du temps», ajoute M. Duhaime.
Les analyses proposées du personnage de René Lévesque et de son héritage pourraient susciter des échanges nourris. Ainsi, le politologue André Noël, de l'Université de Montréal, tentera de déterminer si René Lévesque était de gauche: lucide ou solidaire? Pierre Anctil, directeur de l'Institut d'études canadiennes de l'Université d'Ottawa, abordera les relations de Lévesque avec les communautés culturelles. Les liens entre Lévesque et le Canada anglais seront décortiquées par le professeur Philip Resnik, de l'Université de la Colombie-Britannique. Le professeur de littérature, Pierre Nepveu, de l'Université de Montréal, s'interrogera sur René Lévesque, comme lecteur, écrivain et homme littéraire.
Le politologue Claude Corbo, ancien et futur recteur de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) -- sa nomination devrait être confirmée mardi --, présidera ce colloque qui fera état des recherches sur René Lévesque. La synthèse et clôture de l'événement sera entre les mains de Martine Tremblay, qui a été chef de cabinet de René Lévesque lors de son deuxième mandat.
Les années ont passées (sic) depuis l'arrivée au pouvoir de René Lévesque en 1976, mais l'intérêt demeure toujours aussi tangible pour Yves Duhaime. «Il y a une espèce de fascination dans l'opinion publique pour René Lévesque à cause probablement de sa façon de rejoindre les gens en leur expliquant des choses compliquées de façon simple. Il avait ce talent fou de savoir communiquer et inspirer confiance», fait-il valoir.
René Lévesque était un leader naturel, ce qui devrait inspirer les politiciens d'aujourd'hui, affirme M. Duhaime. «Je ne sais pas si c'est l'influence de Lucien Bouchard, mais il y a un mot que je déteste en politique, c'est consensuel. Une société, ce n'est pas bâtie sur un consensus mais sur un rapport de forces. Quand on est élu en politique avec un programme, c'est pas pour demander au monde qu'est-ce qu'il en pense, c'est de le faire. Le leadership de René Lévesque s'est exprimé comme ça. Si on avait attendu d'avoir un consensus, les enfants qu'on dit de la loi 101, parleraient tous anglais aujourd'hui», soutient Yves Duhaime.
Pour ce dernier, René Lévesque demeure «une référence d'intégrité politique, d'honnêteté et de transparence surtout dans le contexte actuel où on se retrouve avec l'affaire Mulroney après avoir subi le scandale des commandites».
Le colloque René Lévesque se déroulera le vendredi 23 novembre à compter de 8h45 à la Grand Bibliothèque.


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