Quarante-et-un ans après le «BILL 63»

Protection de la langue - L'avenir du français est encore fragile

Cégep en français


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À trois reprises (1996, 2000, 2004), aux congrès d’un parti auquel j’adhère encore -- au nom d’une vieille espérance au bord de la lassitude -- les dirigeants du Parti québécois écartaient la proposition de militants visant à faire du français la langue d’enseignement obligatoire jusqu’au cégep inclusivement. S’il faut en croire les augures, je me réjouis que le prochain congrès du PQ adopte une résolution parrainée par Pierre Curzi, élargissant aux cégeps les dispositions de la loi 101.
J’ai l’armure bosselée par des décennies de duels et de combats dans l’arène de la défense de la langue française. J’ai fait ce que dois, quitte à en payer le prix. « On ne paie jamais trop cher le privilège d’être son propre maître», écrivait Kipling. Des forces irrésistibles venant du fond de notre histoire m’ont toujours porté à monter au créneau dès lors que je sentais la langue de mes pères et mères menacée, soit par les malfrats de l’assimilation, soit par des députés égarés et pusillanimes, soit par des accommodements raisonnables d’un inter culturalisme corrosif et dissolvant de notre identité nationale. Depuis deux siècles et demi, notre peuple a préservé envers et contre tous l’essentiel de ses acquis culturels et linguistiques et la maîtrise au moins partielle de son développement.
Je ne suis pas de ceux qui tiennent notre culture pour passéiste. Nos pères et mères, nos enseignants, nos curés, nos paysans et travailleurs, ont fait ce que nous sommes. Ils sont la mémoire de notre histoire. Ils ont bien œuvré pour la suite du monde. Résistants, bien avant que le mot fasse fortune, ils ont permis malgré la soumission imposée à une couronne étrangère que le Québec conserve sa langue, sa cohérence, sa dignité nationale et ses chances d’avenir.
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Il y a quarante-et-un (41) ans, en novembre mil neuf cent soixante-neuf (1969) l’Assemblée nationale du Québec était saisie d’un projet de loi visant à toutes fins utiles à bilinguiser le Québec. Je fus alors le premier député à démissionner du parti sous lequel j’avais été élu, afin de mieux combattre cette proposition de loi suicidaire pour l’avenir du peuple québécois. Quelques jours après, René Lévesque venait m’épauler. Trois autres députés, deux du parti gouvernemental, l’Union nationale, et l’autre dont je ne sais plus quelle étiquette constituèrent ce que j’ai alors qualifié d’ «Opposition circonstancielle » pour faire échec à cet avatar maudit de législation linguistique.
Pendant que des dizaines de milliers de personnes manifestaient dans les rues de la Vieille Capitale, nous étions une poignée à nous opposer à une loi scélérate contre un parlement benêt, insensible aux dangers du bilinguisme. Le pire est que nos collègues étaient de bonne foi ! À cette époque, qu’est ce qu’on m'a rebattu les oreilles, tant et plus sur les vertus de l'incitation, de l'attentisme, de la gentillesse, de l'apaisement, de la persuasion et toute autre procrastination de même farine. La ritournelle n’a pas cessé. C'est-à-dire, ce genre de discours inspiré de la vulgate coloniale, fédéraliste et assimilatrice qui nous reproche d'exister et nous culpabilise d'être ce que nous sommes.
Au crépuscule de ma vie, j’en ai toujours ras le bol d’un discours de soumis et de vaincus qui nous invite infailliblement à remettre à des lendemains incertains et de plus en plus lointains des mesures d'urgence qui doivent être prises aujourd'hui. Les assimilateurs se réjouissent de nous voir tomber dans le piège de la concession, de la mollesse et de l'indifférence. Ils sont d’une époque où la prude Albion était maîtresse du monde. Ses enfants vinrent en Amérique , entrèrent en rébellion à propos d’une histoire de thé, et à partir d’une dizaine de colonies éparpillées, édifièrent la plus grande puissance économique du monde. Hors de la langue anglaise, point de salut. E pluribus unum.

Cinquante ans après le « Bill 63 » je ne suis pas moins inquiet, voire angoissé, devant l'avenir de notre langue, devant la laborieuse et difficile intégration de la majorité des immigrants au Québec.
Il faut renforcer la loi 101, dans les domaines de l’enseignement, de l’affichage, de l’ensemble de l’administration publique et para publique. Il faut assurer le plein rayonnement de notre langue nationale sans peur et indifférents aux calculs de groupes, personnes, coteries, intellectuels prébendés, coalitions, financiers, lèches-partis centralisateurs, croque-mitaines du fédéralisme canadien assimilateurs et niveleurs de haut vol qui ne répugneront à aucune manœuvre pour nous maintenir en tutelle et qui feront tout pour que nous ne soyons pas maîtres chez nous. Cette engeance exécrable nous a donné une jolie leçon de démocratie en volant le referendum de 1995. Pour avoir dit la vérité, un de nos hommes politiques les plus respectés et respectables, Jacques Parizeau, s’est vu honni par les chapelles soumises et bien-pensantes de la rectitude et de l’aplatissement.

Notre situation de minoritaires, voisins de la plus grande puissance assimilatrice économique et culturelle du monde, commande courage, volonté et fermeté. "Entre le fort et le faible, c'est la liberté qui opprime, mais c'est la loi qui affranchit", disait Lacordaire. Je ne suis pas peu fier, lorsqu'il s'agit de préserver l'essentiel de ce que nous sommes, c'est-à-dire le référent essentiel de notre nation, de me ranger dans ce que les chroniqueurs de la politique appellent les purs et durs, par opposition sans doute aux impurs et mous, velléitaires, frileux, pusillanimes, la plupart vivant en serre chaude dans des milieux relativement protégés contre l'envahissement de l'anglais et ne mesurant pas dans la vie concrète des Montréalais qui, eux, voient dans leur métropole, dans la deuxième ville de civilisation de langue française du monde, la déchéance de leur propre langue.

Churchill disait de Chamberlain et de Daladier, dirigeants de l’Angleterre et de la France en 1938, qu’ils avaient sacrifié leur honneur devant Hitler, pensant obtenir la paix en lui accordant concession sur concession. Résultat : ils n’obtinrent pas la paix, mais eurent à la fois et la guerre et le déshonneur. Les Québécois doivent éviter l’hara-kiri linguistique. L'action doit être prompte, ferme et vigilante. Pour jouir d'une tranquillité illusoire, pour ne pas ouvrir la « canette à vers » des débats sur la langue disent les apaisants, alors que les Montréalais constatent tous les jours l’érosion du français et de son pouvoir d’attraction.
D’autres solutions existent. Celle du Conseil supérieur de la langue française, porte-parole du libre choix dont on nous rebat les oreilles depuis des lunes. Compte tenu de sa composition, il fallait s’attendre à des plats réchauffés. La pire d’entre elles est à faire dresser les cheveux sur la tête. Son propagandiste est Gérard Bouchard, Co-président de la Commission de consultation du Québec sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles, 2007-2008 :

« Notre proposition postule une reconnaissance du pluralisme. Mais elle suppose aussi une quête de solidarité, une volonté d'ouverture et d'engagement au-delà des frontières du groupe ou de la communauté, au-delà des protectionnismes culturels. En d'autres mots, elle reconnaît pleinement le principe de la diversité,*mais exige aussi de tous les partenaires qu'ils se départent de l'esprit de la souche. En l'occurrence: l'insécurité chronique et la méfiance qui poussent au repli et à la crainte de l'autre, qui entretiennent une mémoire exacerbée des vexations anciennes, qui durcissent les solitudes actuelles, compromettent les partenariats (sic), empêchent toute possibilité de greffe. En ce sens, tous ensemble, jeter les souches au prochain feu de la Saint-Jean? Pourquoi pas? Avec l'espoir raisonnable qu'à la longue, il pourrait naître de ces cendres (parmi quelques inévitables bleuets?) une espèce (sic) renouvelée, enrichie, comme il arrive parfois. » - Le Devoir. 24 mars 1999


Ce texte me rappelle ma boutonneuse adolescence. J’ai déjà entendu ou lu quelque chose du genre : « Un homme nouveau, peut-être » ?
* Les gras sont de l’auteur.
Yves Michaud
Ancien député à l’Assemblée nationale
Montréal, 6 avril 1011


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17 commentaires

  • L'engagé Répondre

    28 avril 2011

    Merci Monsieur Michaud,
    Mille fois merci pour tout ce que vous avez fait. Je lis en ce moment le « Journal de Laurendeau» et une rétrospective de l'histoire du bilinguisme au Canada par Graham Fraser et je suis ainsi en mesure d'apprécier la valeur de votre geste il y a 41 ans.
    Vous vous êtes battu pour nous depuis tout ce temps et nous ne réalisons pas votre valeur et pourtant elle est immense.
    L'engagé

  • Archives de Vigile Répondre

    8 avril 2011

    Monsieur Michaud,
    Le Québec a-t-il vraiment besoin d'une loi pour protéger sa langue? Je ne crois pas. Bien sincèrement, je suis d'avis qu'il a juste besoin de son indépendance...
    Car aucune mesure ne pourra jamais permettre de défendre aussi efficacement la culture et la langue françaises au Québec et en Amérique du Nord.
    Lutter pour préserver la langue française, c'est une illusion, un faux combat s'il n'aboutit pas à sa conclusion logique: seul un Etat souverain pourra garantir que la langue française soit réellement la langue officielle du Québec.
    Parce que ce jour-là le Québec aura le plein contrôle de son immigration. Il pourra alors proclamer haut et fort, par le biais de ses consulats et de ses ambassades à l'étranger, que le français est la langue officielle du pays du Québec. Ce sera clair et net pour tout le monde. Ceux et celles qui choisiront de venir s'établir chez nous sauront à quoi s'attendre et il n'y aura plus de contestation possible, plus de ces "accommodements raisonnables" qui font du Québec un pays dysfonctionnel que ses détracteurs ont beau jeu de pointer du doigt à l'heure actuelle.
    Il sera alors toujours temps de nous "ouvrir au monde" en permettant à l'anglais d'y exister... en tant que langue seconde dont nous aurons enfin cessé d'avoir peur parce qu'elle ne sera plus une menace qui plane en permanence au-dessus de nos têtes.
    Les lois ne remplaceront jamais une volonté populaire ferme.
    Si nous voulons vraiment continuer à vivre collectivement en français sans nous sentir à tout moment assiégés par l'Empire anglo-saxon - qui nous pousse sans cesse jusque dans nos derniers retranchements comme si nous étions une tribu de Gaulois encerclés par les Romains -, avons-nous d'autre choix que d'aller au bout de la logique qui nous pousse encore et toujours, contre vents et marées, à parler la langue de nos ancêtres?
    La seule question qui importe est donc celle-ci: Avons-nous réellement le désir, la volonté et le courage de continuer à vivre collectivement en français et d'assumer pleinement ce choix?
    Je sens qu'un peu de potion magique serait la bienvenue!
    Loin de moi l'idée de prétendre que vous avez atteint un âge "canonique", Monsieur Michaud, mais permettez-moi de vous poser cette dernière question qui me vient à l'esprit en constatant avec un certain plaisir que vous reprenez en quelque sorte du service: Seriez-vous le druide qui saura concocter la potion magique dont notre peuple aurait grandement besoin par les temps qui courent?...
    Cordialement,
    Normand PAIEMENT
    Un souverainiste qui a commencé à s'éveiller à la question nationale au moment du fameux "Bill 63" et qui pense qu'il serait enfin temps de la régler une bonne fois pour toutes!
    PS - Si j'étais vous (et si ce n'est déjà fait), je ressortirais courageusement et fièrement du placard la fameuse déclaration qui a incité l'Assemblée nationale à vous condamner à tort avec une belle unanimité voilà dix ans et je l'étalerais sur la place publique en posant la question à tous (à commencer par les candidats actuellement en campagne électorale): "Qu'en pensez-vous aujourd'hui?" Cela jetterait un beau pavé dans la mare d'une élection par trop monotone et trop "aseptisée" au goût de bien des Québécois. Vous risqueriez d'être (agréablement) surpris des réactions! (Je vois déjà les internautes s'en donner à coeur joie!) Et qui sait si cela ne vous aiderait pas à finir vos jours en paix, enfin réconcilié avec vous-même et avec cette "bête immonde" qu'on appelle la politique...

  • Archives de Vigile Répondre

    7 avril 2011

    vous n'êtes plus seul et d'ailleurs vous ne l'avez jamais été
    Alors pour vous mettre à rêver à demain ou à tout de suite je vous donne à relire cette déclaration du GPQ que je vous demande de venir déclarer avec nous.

    Déclaration unilatérale d’Indépendance du Québec
    lundi 24 mai 2010, par byron
    Au nom du peuple québécois,
    Le Québec est le pays natal du peuple québécois. C’est dans ce pays qu’il a grandi, s’est développé et épanoui culturellement, économiquement et politiquement. Malgré une impitoyable adversité, c’est dans ce grand pays qu’il a su protéger et construire avec courage et opiniâtreté son existence nationale.
    Le peuple québécois a connu l’oppression nationale à différentes étapes de son histoire, de la conquête britannique de 1759 à la création de la Confédération et jusqu’à nos jours. Les représentants politiques du peuple québécois ont tenté plusieurs fois d’obtenir un État où lui seraient reconnues son identité nationale et l’égalité avec les autres nations. Toutes ces tentatives légitimes ont échoué.
    Depuis le début des années soixante, le peuple québécois a cru de bonne foi dans l’honneur et l’enthousiasme pouvoir négocier et obtenir des amendements constitutionnels afin de protéger sa langue, sa culture et son plein épanouissement. Par deux fois, il a exercé son droit à l’autodétermination à l’intérieur du cadre politique actuel et le tout s’est soldé par des échecs.
    Aujourd’hui, le peuple québécois proclame devant la communauté internationale que, malgré toutes les formes d’oppression nationale subies, l’exercice de sa souveraineté est incessible, imprescriptible, inaliénable et indivisible. Le Québec appartient aujourd’hui, demain et pour toujours au peuple québécois.
    Le peuple québécois comme tous les peuples du monde est à la recherche du bonheur et de la prospérité pour les enfants, les femmes et les hommes qui le composent. Pour le peuple québécois le bonheur et la prospérité résident dans la création de l’État du Québec.
    Le peuple québécois, par ses différentes expériences politiques et historiques vécues, est arrivé à un rendez-vous avec l’Histoire. Puisque le peuple québécois est politiquement l’unique détenteur de sa souveraineté, le moment est venu pour lui d’utiliser son droit politique à l’autodétermination et à l’indépendance de son État du Québec.
    Le peuple québécois réaffirme avec force de conviction son droit incessible, imprescriptible, inaliénable et indivisible de créer en sol québécois l’État souverain du Québec.
    Le Gouvernement Provisoire du Québec comme devoir de civilisation, au nom du peuple québécois souverain, déclare l’existence de l’État souverain du Québec sur tout l’espace territorial, maritime et aérien du Québec, avec pour capitale politique la ville de Québec.
    L’État du Québec appliquera sur son territoire les plus hauts niveaux de démocratie, de droits et libertés avec pour mission de protéger son intégrité territoriale et de travailler à maintenir la paix dans le monde entre les nations
    L’État du Québec reconnaîtra tout État qui le reconnaîtra et ce afin de développer des relations amicales avec les autres peuples épris de paix, de démocratie et de respect mutuel.
    L’État du Québec présentera une demande formelle d’adhésion à l’Organisation internationale des Nations Unies (O.N.U.), à l’Organisation des États Américains (OEA), à l’Organisation internationale de la Francophonie (O.I.F.), et à toute autre organisation internationale et ce pour le développement et le mieux-être du peuple québécois.
    Le Gouvernement Provisoire du Québec décrète qu’à compter de la Grande Marche vers l’indépendance du Québec, le 20 juin 2010, le peuple québécois possède tous les pouvoirs politiques pour rendre effectif le projet de sa Déclaration d’indépendance.
    Les membres du Gouvernement Provisoire du Québec lancent un appel fraternel et unitaire à tous les partis indépendantistes, organisations indépendantistes et personnalités indépendantistes à s’unir et à proclamer ensemble la Déclaration Unilatérale d’Indépendance du Québec et à diriger ensemble le Gouvernement Provisoire du Québec, ce jusqu’à l’élection du premier gouvernement historique de l’État souverain du Québec.
    Vive le peuple québécois !
    Vive l’État souverain du Québec !
    Le Gouvernement Provisoire du Québec.

  • Jocelyn Boily Répondre

    7 avril 2011

    Bravo Monsieur Yves vous leur avez tenu tête et ne lâchez pas nous sommes avec vous et ils s'en souviendrons. Notre appui semble silencieux mais il est réel et convaincu. Il va de soi que notre véhicule commun le parti Québécois (PQ)n'a pas toujours été un appui morale pour vous et notre cause commune et je m'en excuses pour eux. Notre parti virevolte depuis un certains temps.
    Mais il faut empêcher les Maxime Bernier de ce monde de continuer à se rire de nous comme il l'a fait à Halifax:
    Il a bafouer notre langue
    Dans le cadre d'une entrevue à une station radio d’Halifax le député conservateur maxime Bernier a remis en question l'utilité d'une loi pour protéger la langue française au Québec. Ce pilier du Gouvernement Harper a ajouté, dans son échappée oratoire, que Québec n’avait pas besoin de la loi 101 pour protéger la langue française.
    Notre jeunesse doit obligatoirement prendre la relève afin de protéger notre langue et notre peuple. Pierre Curzi doit se sentir seul dans notre parti il a besoins d'aide.
    Monsieur Yves on continue (j'ai également lu le texte de Philippe perreault parut dans vigile sur le bill 63 et la loi 101 parut le 26 octobre 2009).
    Jocelyn Boily

  • webmestre Répondre

    7 avril 2011

    Une crise nationale
    Réflexions d'avant-congrès
    YVES MICHAUD
    À Montréal, en cette vigile
    du congrès plénier du Parti québécois
    LeDevoir 5.5.00
    http://archives.vigile.net/ds-michaud/docs/00-5-5-michaud.html

  • Archives de Vigile Répondre

    7 avril 2011

    Monsieur Michaud
    J'ai en main une découpure du journal Le Devoir daté de du 5 mai 2000 et dont le titre est le suivant: RÉFLEXIONS D'AVANT-CONGRÈS. Vers la fin de l'article vous dites ceci: " L'école primaire, secondaire, d'enseignement général et professionnel est le premier passage obligé de l'intégration des immigrants à la collectivité québécoise. C'est d'abord là et avant tout que se joue notre destin. Il faut revoir la Charte de la langue française pour élargir l'enseignement obligatoire en langue française à ces trois degrés de notre système scolaire. LE FRANÇAIS NE DEVIENDRA JAMAIS LA LANGUE D'USAGE ET DE TRAVAIL DE NOS CONCITOYENS SI NOUS HÉSITONS À PRENDRE D'URGENCE CETTE MESURE INDISPENSABLE. Les Montréalais constatent tous les jours l'érosion de leur langue et l'affaiblissement de son pouvoir d'attraction. NOTRE LANGUE EST EST MALADE, ATTEINTE D'ANÉMIE PERNICIEUSE, DANS LA DEUXIÈME VILLE DE LANGUE ET DE CIVILISATION FRANÇAISE DU MONDE. TÔT OU TARD, LA MALADIE SE PROPAGERA À TOUTES LES RÉGIONS DU QUÉBEC.
    Je suis fatigué de dire les mêmes choses urbi et orbi depuis plus de quarante ans et j'espère que je n'assistera pas durant les jours qui me restent à vivre à un 'Munich linguistique", à des coupables apaisements, à des suites de compromis et de compromissions devant le danger d"érosion de notre langue. (je fais parvenir la découpure à Vigile)
    11 ans après votre déclaration, à la veille du prochain congrès du PQ, nous sommes toujours confrontés au même problème. Je n'arrête pas de dénoncer sur Vigile la lâcheté et la peur de nos dirigeants politiques (PQ compris) face à cette minorité anglophone qui ne représente que 8% de la population québécoise. Il est plus que temps que nous nous imposions en majorité au Québec et que nous laissions savoir à cette minorité anglophone et aux nouveaux arrivants que le français est la seule langue OFFICIELLE à tous les niveaux. L'INDÉPENDANCE VITE ÇA PRESSE! INDÉPENDANCE OU ASSIMILATION! En terminant mon commentaire, je voudrais vous dire ceci: il vaut mieux être un pur et dur qu'un mou et confus! Un gros merci pour tout ce que vous avez fait pour le peuple québécois!
    André Gignac pour un Québec indépendant, libre et républicain!

  • Michel Pagé Répondre

    7 avril 2011

    Monsieur Yves Michaud,
    Bien, mais sur le seul sujet des cégeps en français, que ferez-vous si lors du Congrès de la mi-avril la proposition de M. P. Curzi étaitt battue?
    Et même si elle était acceptée, il faudrait bien adopter une stratégie utile pour créer un consensus général...
    Pressentant bien que la proposition "dure" du PQ ne passerait pas l'opinion publique -(pour des raisons d'ordre soci-affectives, et la méconnaissance de l'Histoire :vous savez l'histoire ne fait pas parti du tronc commun de l'enseignement collégial... donc les générations de jeunes auront transité par les cégeps, ignorants de leur propre histoire! Quelle ignorance de la part du PQ!)- j'avais, dis-je, développé il y a plus d'un an un argumentaire partiel de compromis utile.... passé inaperçu.
    Pourtant, si la proposition de M. P. Curzi était défaite, il faudra bien que quelqu'un propose promptement une autre proposition de compromis acceptable utile...
    Écoles passerelles, cégep en français, anglais en sixième... "le PQ s'est peinturé dans le coin", sans sens pragmatique aucun...voyez-vous?
    Respectueusement votre.
    Michel P.
    référence partielle: http://www.vigile.net/Coherence-du-systeme-d-education

  • Archives de Vigile Répondre

    7 avril 2011

    Cher M.Michaud
    Au crépuscule de votre vie et au mi-temps de la mienne, j'espère vous faire du bien en vous écrivant un commentaire positif.
    Voici qu'étant grand-mère de 2 petits-enfants, je prépare la relève, mon petit-fils doit entrer à la maternelle en septembre prochain. Je lui explique que de toutes les matières qu'il aprendra à l'école, la plus importante ici au Québec, est le français et qu'il devra y mettre tous les efforts pour bien l'apprendre et bien le comprendre.
    Je lui chante des chansons en français qu'on n'entend plus aujourd'hui et fait surprenant, il les retient d'une visite à l'autre. Je lui dis également que son pays est le Québec.
    Quand le moment sera venu, je lui expliquerai pourquoi.
    Ah l'enfance, quand elle est heureuse, l'ouverture est béante pour l'apprentissage. J'en ferai, je le souhaite, deux grands patriotes.
    Ma fille trouve ça "drôle" quand elle m'entend dire ces choses à Simon, pas moi, c'est très sérieux.
    Bientôt je vais commencer avec ma petite-fille..
    Pour le présent, je travaille à Montréal et tous les jours, je m'efforce de répondre en français, ce qui est délicat car étant préposée dans le milieu hospitalier, mon premier service est aux patients, qui se relève soit d'une opération ou d'une maladie quelconque, donc en état de faiblesse. Mon devoir est de me préoccuper d'eux et de leur donner les soins les plus appropriés à leur état et je le fais avec beaucoup de coeur.
    Il est entendu que souvent la langue parlée par ceux-ci peut être française, anglaise, chinoise et autres..
    Alors quoi de mieux que le gestuel pour arriver à les comprendre sans passer à l'anglais et ils l'acceptent très bien car ils sont conscients (la plupart) que je tiens à leur confort. Si je le peux, car on est tellement pressés par le temps dans ce milieu, je leur apprends à dire quelques mots français.
    Au plaisir
    Lise Pelletier

  • Archives de Vigile Répondre

    6 avril 2011

    L'appui massif, c'est Pierre Curzi qui en a besoin. Il se sent parfois bien seul, en ces derniers jours avant le congrès de mi-avril. Son parti pourrait subir du chantage avant que ne passe la résolution pour la loi 101 au Cegep.
    Que Marois sorte avec cet engagement ferme pourrait servir de test aux Québécois mous: on est pour la Cause, oui ou non?

  • Jean-Pierre Bélisle Répondre

    6 avril 2011

    La force des mots n’a d’égale, en absolu, que la faiblesse de ceux qui n’osent les écrire.
    L’ajout du simple mot « collégial », à l’article 72 de la Charte de la langue française, ferait en sorte qu’il se lise ainsi :
    « 72. L'enseignement se donne en français dans les classes maternelles, dans les écoles primaires et secondaires ainsi que dans les collèges d’enseignement général et professionnel, sous réserve des exceptions prévues au présent chapitre. »
    Mais alors, comment ces « exceptions » pourraient-elles s’appliquer-elles aux CEGEP puisque qu’en matière de langue d’enseignement en anglais, la seule obligation constitutionnelle du Québec à l’égard de la minorité anglophone s’arrête au niveau secondaire ?
    Du reste, au strict plan du droit constitutionnel, dans l’état actuel des choses, je pose la question : le Québec est-il tenu ou non de maintenir le financement public des CEGEP anglophones?.
    Si nous répondons non à cette question de droit, la question suivante devient alors : pourquoi donc le Québec maintient-il le financement des CEGEP anglophones s’il n’y est pas tenu? Et si Québec les maintient, même par pure générosité superfétatoire, comment expliquerions-nous que seuls les anglophones y ont accès ?
    Nœud gordien. Y-a-t-il un Alexandre à l’Assemblée nationale ? - "Step on the gas" Yves Michaud. Il vous reste encore mille ans à vivre!
    JPB

  • Yves Rancourt Répondre

    6 avril 2011

    Re-bonjour,
    Je voudrais ici lancer une idée qui ne se veut surtout pas une critique à l'endroit de M. Michaud qui est un modèle pour nous tous d'engagement et de détermination, mais pour montrer qu'on est prêt à répondre à son appel et à passer de la parole aux actes sur la question linguistique.
    Je lance d'abord un appel à quelqu'un ou quelqu'une qui a plus de ressources et de talent que moi pour l'organisation et qui pourrait s'emparer de l'idée et y donner suite(ex: un Mario Beaulieu de la SSJB ou quelqu'un d'autre?). Alors voilà l'idée: je suggèrerais d'organiser une marche symbolique( ex: de Montréal à Québec via le chemin du Roy, à travers nos beaux villages québécois?), avec comme point d'aboutissement la colline parlementaire à Québec le jour de la Fête nationale des québécois, où on pourrait célébrer fièrement notre langue et notre culture et lancer un message fort au gouvernement qu'on y tient à notre langue. Je ne peux prendre l'initiative d'organiser un tel événement mais je suis prêt à y contribuer, même financièrement, et surtout je m'engage à parcourir, le cas échéant, tout le trajet pour supporter cette belle et noble cause.
    On est nombreux sur ce site à déplorer ce qui se passe au Québec mais je crois qu'il faudra bientôt mettre nos ordinateurs de côté, se mobiliser et passer à l'action, si ce n'est que pour se prouver que nous sommes encore bien vivants. Si quelqu'un a une meilleure idée, j'écouterai avec attention.
    Mes salutations à tous et toutes.


  • Archives de Vigile Répondre

    6 avril 2011

    Mon cher Michaud,
    avec émotion, permettez-moi de vous donner l'accolade et de vous souhaiter longue vie et santé comme l'exemple m'en a été donné récemment alors que je discutais de hockey avec un client de chez Métro rue St-Charles dans le Vieux-Longueuil à qui j'ai demandé son âge: "J'ai 95 ans monsieur me répondit-il fièrement. J'ai joué au hockey junior au Forum de Montréal en 1935."
    Il est toujours bon d'avoir une perspective historique. Vous nous la donnez avec des accents bernanosiens ce qui est pour moi le compliment suprême, Georges Bernanos étant pour moi l'écrivain par excellence de l'honneur et de la dignité.
    On a encore vu récemment l'imposture de Lawrence. S. Bergman dans l'affaire des accusations d'antisémitisme dont certains rédacteurs et Vigile ont fait les frais. Depuis la motion de l'an 2000 contre vous, il est resté égal à lui-même: partisan, aveuglé, injuste et, comme dirait Marcel Proust, indigne de sa race.
    Que le crépuscule de votre vie soit le plus long possible.
    C'est toujours un plaisir de lire le véritable écrivain que vous êtes.
    Robert Barberis-Gervais

  • Archives de Vigile Répondre

    6 avril 2011

    Monsieur Michaud
    BRAVO !
    J'espère que votre chronique sera publiée dans de nombreux journaux, revues et magazines d'ici le congrès national du PQ.
    Merci.
    Jean-Pierre Gascon

  • Gilles Verrier Répondre

    6 avril 2011

    J'avais dix-huit ans et j'étais à l'écoute des discours de François-Albert Angers, entre autres. J'ai manifesté et milité contre le Bill 63. Nous avons gagné cette manche mais nous perdons au score depuis, année après année. Mais en histoire, la partie n'est jamais finie, même lorsqu'on est mené 15 à 0 (A. Soral).
    Les objectifs de nos représentants sont aujourd'hui sous le seuil de la dignité, certes, mais il faut dire que le contexte mondial ne nous favorise pas. La sujétion de la France à l'Empire, consacrée sous le règne du nabot Sarkozy, nous fait regretter la stature inégalée d'un de Gaulle, déboulonné par des pseudo révolutionnaires à la «con» Bendit, chez qui je n'avais pu décoder en mai 68 les couleurs d'une trahison des nations destinée à soutenir un empire qui passe par leur destruction... naturellement. Entre l'individu et l'Empire, rien, sinon la nation souveraine.
    Saurons-nous vaincre ?
    GV

  • Archives de Vigile Répondre

    6 avril 2011

    Merci monsieur Michaud pour ce texte extraordinaire.
    Il arrive en période désertique entretenue volontairement par un gouvernement qui s'acharne depuis trois mandats à piétiner ces rares bourgeons qui persistent à percer la croute séchée du sol francophone qu'ils ont intentionnellement omis d'arroser.
    Comme une goutte de rosée qui glisse de mes racines à ma gorge assoiffée,je vous remercie d'en avoir humecté la mémoire-même de sa nature profonde.

  • Yves Rancourt Répondre

    6 avril 2011

    Bonjour monsieur Michaud,
    Pour quelqu'un qui se dit au crépuscule de sa vie, je trouve que vous avez encore la vigueur d'un jeune combattant et il est rafraîchissant de vous voir vous porter à nouveau à la défense de notre langue. J'étais parmi ces milliers de jeunes qui sont descendus dans la rue pour le Bill 63 et je serais encore prêt à le faire si on pouvait mobiliser jeunes et plus vieux autour de cette noble cause.
    Vous avez sûrement des idées sur ce qui pourrait être fait au Québec pour nous secouer un peu collectivement avant qu'il ne soit trop tard. Si vous avez des idées à cet égard, il serait agréable de vous entendre.
    Mes salutations respectueuses à vous.

  • Henri Marineau Répondre

    6 avril 2011

    Au crépuscule de ma vie...
    Moi aussi, M. Michaud, comme des millions d'autres, "j'en ai ras le bol d'un discours de soumis et de vaincus qui nous invite infailliblement à remettre à des lendemains incertains et de plus en plus lointains des mesures d'urgence qui doivent être prises aujourd'hui."
    Toutefois, pour quelqu'un qui en a "ras le bol", je vous tire mon chapeau pour la persévérance que vous démontrez au crépuscule de votre vie!
    Enfin, si vous avez une réponse à cette propension viscérale qui conduit le peuple québécois à remettre aux calendes grecques "des mesures d'urgence qui doivent être prise aujourd'hui", je vous serais gré de nous la communiquer de toute urgence! En ce qui me concerne, je reste bouche bée devant cette létargie sociétale!
    Henri Marineau
    Québec