La Presse et le 26 mars (2)

Pour un gouvernement libéral majoritaire

Québec 2007 - Analyse



À la fin de chaque campagne électorale, comme le veut la tradition dans la presse nord-américaine, La Presse fait connaître ses préférences. Nous vous présentons ce matin le second de deux textes.
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Au moment d’inscrire sa croix sur le bulletin de vote, l’électeur tient compte de diverses considérations. Il peut appuyer un candidat local dont il apprécie le travail. Il peut vouloir «brasser la cage». Les Québécois ne doivent toutefois pas oublier que le 26 mars, d’abord et avant tout, ils choisissent ceux et celles qui gouverneront le Québec pour les quatre prochaines années.
Il leur faut donc se demander quel parti politique a le meilleur programme, l’équipe la plus compétente et le chef le plus solide pour diriger la province en ces temps turbulents. La Presse est convaincue que le Parti libéral de Jean Charest devance nettement les autres formations en regard de chacun de ces critères.
Nous pensons aussi que, compte tenu des choix difficiles qu’il lui faudra faire, le prochain gouvernement doit pouvoir agir sans craindre chaque jour d’être défait à l’Assemblée nationale. Par conséquent, nous souhaitons l’élection d’un gouvernement libéral majoritaire. D’un gouvernement du Québec fort.
Le gouvernement Charest a connu une première moitié de mandat très difficile. Si l’opposition virulente de la gauche québécoise était prévisible, une partie des problèmes du gouvernement sont attribuables à ses propres erreurs. Les libéraux avaient pris des engagements irréalistes (baisses d’impôts de cinq milliards combinées à une augmentation importante des dépenses en santé). Beaucoup de Québécois les accusent, aujourd’hui, de les avoir floués.
Porté au pouvoir, M. Charest a cru avoir obtenu un mandat clair pour réformer l’État de fond en comble. Il a choisi de foncer sans écouter personne et d’ignorer les partenaires incontournables que sont les syndicats. Il a négligé de convaincre les Québécois du bien-fondé de ces changements. Et il a gaspillé son capital politique dans des dossiers secondaires. D’où une révolte qui a dépassé les centrales syndicales et les groupes populaires pour atteindre monsieur et madame Tout-le-monde.
Depuis un an, le gouvernement de Jean Charest a enfin trouvé son rythme. Il a déposé plusieurs politiques de qualité, notamment sur la recherche et l’innovation, la lutte aux émissions de gaz à effet de serre et sur l’énergie. Dans plusieurs domaines, sans que cela attire beaucoup l’attention des médias, il a agi de manière censée et clairvoyante.
Le réseau de la santé a été restructuré afin de mieux servir les patients et le ménage a été fait dans les accréditations syndicales. Les sociétés gouvernementales à caractère économique - Caisse de dépôt, SGF notamment - ont été réformées pour éviter les dérapages du passé. Une première étape a été franchie dans la stabilisation de la dette publique, le Fonds des générations étant une manière originale et prometteuse d’y arriver. Une diminution sans douleur du nombre d’employés de l’État a été amorcée. Enfin, plusieurs dossiers litigieux ont été réglés avec le gouvernement fédéral, en particulier celui des congés parentaux. Bref, malgré les turbulences, les libéraux ont géré l’État de manière prudente et responsable.
S’il n’a jamais su gagner l’affection des Québécois, Jean Charest a obtenu pour le Québec des gains dont la population n’a peut-être pas encore tout à fait saisi l’importance. Ceux-ci pourraient pourtant entraîner, bien plus efficacement que les changements constitutionnels, la réforme de la pratique fédérale que souhaitent beaucoup de Québécois. C’est le cas de la création du Conseil de la fédération, qui devrait avec le temps permettre aux gouvernements provinciaux d’accroître leur influence et de mieux travailler ensemble sur des problématiques nationales. Nous pensons aussi à la reconnaissance, dans des ententes fédérales-provinciales, du fédéralisme asymétrique, un précédent qui aurait été inimaginable il y a quelques années, de même que celle du rôle particulier du gouvernement du Québec sur la scène internationale. Enfin, M. Charest mérite certainement une partie du mérite, avec son prédécesseur Bernard Landry, pour la grande avancée annoncée dans le budget fédéral de lundi dans le dossier du déséquilibre fiscal.
Tous ces gains ont été obtenus grâce à la collaboration des gouvernements Martin et Harper, certes. Mais ils sont surtout le fruit de l’efficacité exceptionnelle de Jean Charest sur la scène nationale canadienne, du soin qu’il a apporté à tisser des liens avec les premiers ministres fédéral et provinciaux. Certains voient une sorte de tare dans l’intérêt que porte le premier ministre sortant au reste du pays; pourtant, le Québec en a largement profité depuis quatre ans.
Jean Charest nous semble donc mieux placé que quiconque pour faire profiter le Québec du «fédéralisme d’ouverture» de Stephen Harper et pour apporter une contribution québécoise substantielle à l’évolution de la fédération. L’élection d’un gouvernement souverainiste, au contraire, entraînerait nécessairement un raidissement au Canada anglais. Une réaction qui serait parfaitement compréhensible, compte tenu de toutes les avancées faites par le Québec depuis quelque temps, jusqu’à la reconnaissance de la nation québécoise par la Chambre des communes.
Jean Charest a appris. Il a aujourd’hui une bonne expérience de gouvernement et une connaissance intime du Québec. C’est lui qui s’est bâti une «équipe de rêve» comptant, outre les ministres actuels (Monique Jérôme-Forget, Raymond Bachand, Philippe Couillard…) des recrues de haut calibre tels le docteur Yves Bolduc, l’homme d’affaires Pierre Arcand et l’ancien enquêteur de police Guy Ouellette.
Le programme des libéraux s’inscrit dans la continuité de ce qu’ils ont fait de mieux pendant leur premier mandat. Leur priorité, la santé, est celle des Québécois. Tous ceux qui ont été récemment en contact avec les établissements de santé savent qu’il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine.
Contrairement à ce qu’ont soutenu plusieurs analystes, la baisse d’impôt annoncée cette semaine ne siphonnera pas la totalité des revenus supplémentaires venus d’Ottawa, mais moins du tiers de l’augmentation de 2,3 milliards des transferts fédéraux. Électoraliste? Bien sûr. Il reste que cette mesure permettra un allègement nécessaire du fardeau fiscal des Québécois.
Nous arrivons donc à la conclusion que le Parti libéral du Québec et son chef, Jean Charest, sont les plus aptes à bien gouverner le Québec au cours des quatre prochaines années.

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André Pratte876 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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