Pierre Reid précise que l'argent pour les écoles juives ne vient pas de lui

Écoles privées juives


MONTREAL (PC) - Le ministre de l'Education du Québec, Pierre Reid, a précisé, vendredi, que l'argent qui servira à financer à 100 pour cent les écoles privées juives ne provient pas du budget de son ministère mais bien du Conseil du trésor, et ne prive donc pas de fonds le réseau public d'éducation.
M. Reid ajoute que ces écoles obtiendront ainsi un statut d'écoles associées à la commission scolaire avec laquelle elles vont conclure un contrat prévoyant des échanges culturels dont la nature ne peut en aucun cas être confessionnelle.
Il a également affirmé que ces écoles réclamaient un tel statut depuis une dizaine d'années et que le contrat doit être réévalué sur une base annuelle.
"Il y a eu des demandes il y a un peu plus de 10 ans. Ces demandes-là sont apparues comme un moyen de prendre des mesures concrètes pour que le Québec continue d'être ce que le Québec soit", a dit le ministre Reid lors d'une conférence de presse.
Le ministre y voit un moyen concret d'aider le Québec à demeurer une société pluraliste qui respecte la diversité, à la suite d'événements récents survenus à Montréal. M. Reid faisait ainsi référence, sans les nommer, à la recrudescence d'actes antisémites posés dans la métropole, notamment l'incendie criminel dans la bibliothèque d'une école juive en 2004.
M. Reid a dit ne pas encore avoir reçu d'autres demandes semblables mais se dit prêt à les analyser lorsqu'il en aura.
Vives réactions
Par ailleurs, le milieu de l'éducation accueille mal la décision de Québec.
Le président de la Fédération des commissions scolaires, André Caron, se dit étonné d'avoir appris la décision dans les médias sans avoir été consulté.
"Si j'avais eu le choix des dossiers à traiter, je ne l'aurais pas mis en tête de liste. Il y a d'autres priorités que ça au Québec et qui sont plus importants que ça", a affirmé M. Caron.
Précisant qu'il n'aurait pas placé une telle démarche en priorité, il ajoute avec ironie qu'il y voit un signal encourageant en vue du prochain budget puisque la situation financière du gouvernement lui permet d'allonger ainsi quelques millions.
La présidente de la Fédération des comités de parents, Diane Miron, trouve que Québec a particulièrement mal choisi son moment pour agir de la sorte, notant que l'application de la clause dérogatoire sur la confessionnalité des écoles tire à sa fin et devra être révisée.
Bien que le ministre Reid soutienne que la décision n'a rien à voir avec la confessionnalité, Mme Miron fait valoir que l'opinion publique ne le perçoit pas ainsi et elle dit craindre un effet d'entraînement auprès d'autres communautés.
"C'est une porte qui leur est ouverte. Ca risque d'avoir un effet d'entraînement sur les demandes des écoles confessionnelles", a dit Mme Miron.
Enfin, un petit groupe de membres du Syndicat des professionnels du milieu de l'éducation de Montréal, affilié à la CSQ, s'est rendu devant une école où le ministre Reid faisait une annonce, vendredi matin, à Montréal, pour y manifester son désaccord.
Le président du syndicat, Jean Falardeau, a dénoncé le fait que Québec ait de l'argent pour l'école privée alors qu'il en manque désespérément pour l'école publique, notamment pour les services aux élèves en difficulté d'apprentissage.
"Ils trouvent de l'argent, curieusement, pour des écoles privées alors que les besoins de l'école publique sont nombreux. En plus, ils financent une école privée pour faire de l'intégration alors que l'intégration devrait se faire à l'école publique", a déclaré M. Falardeau.


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