Péladeau parlera souveraineté

Le député confirme sa candidature à la chefferie du Parti québécois

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Péladeau parlera souveraineté

Après des semaines de spéculations, il aura encore fallu attendre la fin d’un discours d’une quarantaine de minutes et la question d’un étudiant pour que Pierre Karl Péladeau confirme — presque inopinément — sa candidature à la chefferie du Parti québécois. Il a promis jeudi de faire de la souveraineté le thème principal de sa campagne.

Le magnat de la presse a ainsi renversé toutes les règles journalistiques classiques en gardant pour la toute fin d’une intervention à l’Université de Montréal le scoop mettant un terme à plusieurs mois de rumeurs. « Je suis rendu à l’étape de prendre une décision, a-t-il dit jeudi aux quelque 400 étudiants qui remplissaient au maximum de sa capacité un amphithéâtre : Je vous informe que j’ai l’intention d’aller chercher mon bulletin de mise en candidature. Je serai dans la course à la chefferie. »

M. Péladeau répondait alors à la première question du public suivant un discours improvisé où il a abordé une foule d’enjeux disparates : ses études à Paris, les droits de scolarité, la pollution en Chine, le canal de Panama, l’héritage de son père, l’électrification des transports, la convergence, le déficit de démocratie, la souveraineté constitutionnelle, la faillite des éditions de La courte échelle, les oléoducs… Le spectre était large.

Mais au-delà de son enrobage particulier, l’annonce de M. Péladeau a été chaleureusement accueillie par le public. À l’extérieur de l’auditorium, quelques dizaines de personnes manifestaient toutefois leur désapprobation en scandant « Péladeau, libéraux, même combat ». Ils ont suivi le député de Saint-Jérôme à sa sortie, criant notamment que « le vent de droite ne passera pas ».

Référendum

Au moment d’aller chercher son bulletin à la permanence du PQ en milieu d’après-midi — le local se trouve dans le même édifice que les bureaux de Production J, la compagnie de sa conjointe, Julie Snyder —, Pierre Karl Péladeau a indiqué qu’il a « l’intention de parler de souveraineté [principalement]. D’avoir une approche pédagogique, didactique, d’expliquer… Le référendum est une modalité, la souveraineté est essentielle. »

« C’est clair que je me suis engagé pour faire la souveraineté, c’est mon unique objectif », a-t-il ajouté. Plus tôt, devant les étudiants, il avait réaffirmé vouloir « faire du Québec un pays », reprenant la formule qu’il avait scandée lors de son entrée en politique le printemps dernier. Sauf que cette fois, il n’a pas levé le poing.

Contrairement à plusieurs de ses collègues-adversaires, M. Péladeau n’entend pas dire à quel moment il souhaiterait tenir un référendum. Du moins, pas pour le moment. « À la veille de l’élection [de 2018], je pense qu’on va être en mesure de faire en sorte de déterminer ma position sur le référendum », a-t-il indiqué.

Le PQ a « quatre années pour faire un exercice d’explications qui va rapprocher les citoyens de la politique, a mentionné Pierre Karl Péladeau. Les gens vont être en mesure de mieux apprécier en quoi la souveraineté consiste et éviter qu’il y ait cette adéquation entre souveraineté et référendum — comme ça s’est malheureusement produit durant la dernière campagne électorale. »

Il a promis d’être un « chef rassembleur, qui va faire le nécessaire pour que le Québec devienne un pays ».

Six candidats

M. Péladeau devient le sixième candidat déclaré dans la course à la succession de Pauline Marois. Martine Ouellet, Bernard Drainville, Pierre Céré, Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée l’ont devancé. Aucun d’entre eux n’a encore recueilli les 2000 signatures de membres nécessaires pour officialiser une candidature. Selon des sources de l’entourage de M. Péladeau, celui-ci aimerait pour sa part amasser les signatures nécessaires en moins d’une semaine, pour « illustrer qu’il possède une avance insurmontable ».

Selon le dernier sondage Léger publié dans Le Devoir le 15 novembre, Pierre Karl Péladeau (qui détient toujours les trois quarts des actions avec droit de vote de Québecor) domine outrageusement la course au leadership. Près de six électeurs péquistes sur dix (59 %) estiment qu’il ferait le meilleur chef, loin devant Alexandre Cloutier (12 %). Avec M. Péladeau à la tête du PQ, le parti aurait fait un bond de dix points dans les intentions de vote, passant devant les libéraux.

Pierre Karl Péladeau lancera officiellement sa campagne lors d’un rassemblement dimanche, à Saint-Jérôme.


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