Pas une autre commission Poitras!

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Comment nettoyer l'État québécois des réseaux libéraux ?



Et dire que l’UPAC a été créée «pour rétablir la confiance de la population», mots qui émaillent à peu près tous les reportages d’un certain 19 février 2011.




Ce jour-là, le gouvernement Charest avait fièrement présenté sa réplique aux soupçons de corruption qui planaient au-dessus d’à peu près tous les paliers de gouvernement au Québec et de l’industrie de la construction.




Or, depuis octobre 2017 et les arrestations rocambolesques de Nathalie Normandeau et, 19 mois plus tard, du député Guy Ouellette, c’est l’UPAC elle-même qui a fini par miner cette même confiance de la population dans ses institutions.




Les informations de notre Bureau d’enquête, publiées jeudi, selon lesquelles des méthodes tordues ont été utilisées lors de l’arrestation de M. Ouellette s’ajoutent à de nombreux autres éléments tout aussi troublants dans cette affaire.




Décapités




Plusieurs depuis jeudi – dont moi – n’ont pas hésité à se moquer de cet écheveau inextricable, cet embrouillamini invraisemblable.




Il y a actuellement une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes au sujet de l’enquête de l’UPAC, baptisée Projet A, portant sur les fuites de l’enquête Mâchurer sur le PLQ de Jean Charest ainsi que d’autres enquêtes portant sur la corruption.




Ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle.




Surtout que nos deux principaux corps de police nationaux, la Sûreté du Québec (SQ) et l’UPAC, sont décapités, sans tête «permanente» : Robert Lafrenière ayant quitté son poste avant la fin de son mandat, le jour même des élections, sans jamais s’expliquer. Il y a de cela quelque 340 jours.




Son gendre, qui était à la tête de la SQ, Martin Prud’homme, est pour sa part suspendu depuis plus de 180 jours en raison d’une «allégation relative à des infractions criminelles». Et comme si ce n’était pas assez, dans le courant de la journée de jeudi, le remplaçant de M. Prud’homme, le directeur général par intérim de la SQ, Mario Bouchard, remettait sa démission.




Encore plus d’enquêtes? Non!




De nouveau, on entend partout qu’il faut «rétablir la confiance de la population» ; et c’est tout à fait compréhensible. Mais comment? Comment? Le chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé, s’est demandé jeudi «si, 20 ans après la commission Poitras, on ne devait pas tenir un grand exercice sur la police au Québec et ses rapports avec le pouvoir».




Non. Faut-il vraiment ajouter une strate d’enquête au-dessus du gratin «quatre fromages» déjà en place?




La ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault – dont le cabinet est par ailleurs affaibli par plusieurs départs – devrait agir rapidement, faire preuve de leadership, remettre des têtes solides sur nos corps policiers.




Mais remplacer le patron de l’UPAC et de la SQ n’est plus une simple affaire de décret, comme à l’époque libérale où il suffisait d’y placer un ancien sous-ministre comme Robert Lafrenière.




Il faut désormais nommer une personne qui aura l’appui des deux tiers de l’Assemblée nationale. Et selon mes informations, le processus, en marche, s’avère extrêmement complexe.