Martine Ouellet pourrait retarder la transformation de La Presse en OSBL

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Martine Ouellet passe à l'attaque contre l'Empire Desmarais


Alors que le quotidien La Presse attend l’approbation unanime de l’Assemblée nationale pour opérer rapidement sa transformation en organisme sans but lucratif, la députée indépendante Martine Ouellet pourrait venir jouer les trouble-fête.


«À date, je n’ai pas l’information nécessaire pour être capable de prendre une décision. Quels sont les états financiers? Quel est l’ampleur du déficit? Quel est le plan d’affaires?» a-t-elle demandé lundi en point de presse à Montréal, dénonçant la précipitation du gouvernement Couillard.


«On doit regarder l’ensemble des solutions, et je pense que ça serait difficile à faire dans une procédure accélérée», a poursuivi l’ex-députée péquiste devenue chef du Bloc québécois. Elle se dit prête à revenir à l’Assemblée nationale après la fin de la session parlementaire s’il le faut.


Power Corporation a annoncé la semaine dernière qu’elle cédait le contrôle de La Presse, qui sera convertie en fiducie d’utilité sociale. Or, en vertu d’une loi privée adoptée en 1967, le changement de propriété du quotidien nécessite une autorisation législative de Québec.


«Normalement, pour changer une loi privée, on a une loi privée, mais les délais de publication et l'ensemble des étapes pour une loi privée sont très longs, et s'il fallait les suivre, bien, ça serait à l'automne seulement que se ferait cette transformation-là», a indiqué le leader parlementaire du gouvernement Couillard, Jean-Marc Fournier, la semaine dernière.


Les élections générales d’octobre au Québec pourraient retarder encore davantage ce processus.


À la demande de La Presse, M. Fournier propose de procéder par un projet de loi publique qui pourrait être adopté avant l'été. Les partis d’opposition et les députés indépendants doivent toutefois lui donner leur appui unanime.


Mme Ouellet estime que le nouveau modèle d’affaires privilégié par La Pressesoulève de nombreuses questions. Elle se demande notamment en quoi le statut d’OSBL protégera les quelque 200 emplois de journalistes et si ce statut unique ne constitue pas une concurrence déloyale envers les autres médias.


La députée de Vachon considère qu’il n’y a aucune raison «d’escamoter les débats», d’autant plus que le média montréalais se dirige vers un modèle qui dépend des dons et des subventions gouvernementales.


«Comme élue, j’aimerais ça savoir dans quoi on s’embarque, a fait valoir la députée de Vachon. Si Power Corporation veut qu’on s’embarque dans cette aventure-là les yeux fermés, ce n’est pas responsable.»