Les politiciens et l'argent se rassemblent

Tribune libre 2010

Les politiciens et l'argent se rassemblent maintenant pour former un autre parti, afin que les Québécois abandonnent le "projet de souveraineté".

Je ne pose au nouveau parti qu'une seule question au sujet de ses projets "grandioses" pour le Québec:

Comment réaliserez-vous de tels projets sans les assises de l'État?

Une province d'empire inféodée à un pouvoir centralisateur, arbitraire et unitaire, ne peut qu'exécuter des projets limités par des pouvoirs et des moyens réduits.

D'autre part, s'il est vrai que nous, Québécois, avons réalisé des prodiges avec une économie de moyens, il est aussi vrai que nous irons bien plus loin avec tous nos moyens.

Un État du Québec avec pleins pouvoirs est autrement plus prometteur que le statu quo actuel.

Puisque nous sommes en train de perdre, du moins en apparence, alors concentrons nos efforts vers l'État.

Joseph Facal, qui est le père de la Loi 99, peut sûrement être incité et poussé à aller plus loin jusqu'au statut reconnu d'État Nation.

Toute notre politique doit être réorientée en conséquence.

Et si par le jeu des événements, Madame Marois se retrouve gagnante et potentiellement chef d'État, alors la concentration de tous nos efforts vers l'État n'aura pas été vaine.

Claude Ryan, que je ne pouvais sentir, a dit qu'il y a trop d'État au Québec. Entièrement d'accord avec lui, mais pas de la manière qu'il le pense.

S'il y a trop d'État au Québec, c'est parce que nous devons fonctionner avec deux États: l'État post-impérial d'Ottawa, et l'État naturel et optimal du Québec.

Le premier est fondé sur l'arbitraire et le jeu des rapports de forces: le second est fondé sur l'univers de la relation.

Un État arbitraire est anti-relation; il ne veut que des pions au service de "maîtres" qui trônent loin au dessus des contingences de ce monde.

La preuve est en faite amplement dans tout l'espace continental canadien, complètement inféodé à l'Oligarchie de Bay Street, dont la fortune en argent mort ne se compte plus. Ils sont à peine une centaine d'oligarques qui sont assis sur le tas qui ne doit pas bouger, pendant que deux peuples devenus idolâtres les prennent pour des dieux.

Voilà pour un changement majeur de paradigme. Que personne ne se laisse piéger par le pessimisme noir inspiré de Nietzsche et Heidegger, déjà trop répandu chez nous.

Rien n'est perdu. Les faits accomplis par nous sont là et font la preuve de nos aptitudes à chaque jour, ce qui doit nous inciter à aller beaucoup plus loin, cette fois en pleine possession de tous nos moyens. Cela, il faut le faire.

Comme la nécessité n'a pas de loi, il faudra bien que quelqu'un entreprenne de pousser le Québec vers le statut honorable d'État de droit (de jure) comme de fait (de facto).

JRMS

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René Marcel Sauvé217 articles

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J. René Marcel Sauvé, géographe spécialisé en géopolitique et en polémologie, a fait ses études de base à l’institut de géographie de l’Université de Montréal. En même temps, il entreprit dans l’armée canadienne une carrière de 28 ans qui le conduisit en Europe, en Afrique occidentale et au Moyen-Orient. Poursuivant études et carrière, il s’inscrivit au département d’histoire de l’Université de Londres et fit des études au Collège Métropolitain de Saint-Albans. Il fréquenta aussi l’Université de Vienne et le Geschwitzer Scholl Institut Für Politische Wissenschaft à Munich. Il est l'auteur de [{Géopolitique et avenir du Québec et Québec, carrefour des empires}->http://www.quebeclibre.net/spip.php?article248].





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2 commentaires

  • Jean-Claude Pomerleau Répondre

    8 octobre 2010

    Je retiens de vous que l'État agit avec envergure. Que donc que l'État est le déterminant de la politique.
    À partir du moment ou L'État devient clairement l'enjeux on marchera inexorablement vers la souveraineté.
    Il importe donc de bien pensée l'État (et non les idées et les concepts creux). D'ou l'importance de doter le mouvement d'une doctrine d'État (Doctrine: "Unité de pensée"- Sun Tsu). Ce que vous nous rappelez avec une constance remarquable.
    En espérant que cela commence à faire son chemin; le temps presse.
    JCPomerleau

  • Archives de Vigile Répondre

    8 octobre 2010

    S'il y a une chose que j'appréciais chez René Lévêques, et qui était pour beaucoup dans son immense popularité, c'était sa simplicité dans son train de vie. Il n'avait rien à perdre et tout à gagner. Personne ne pouvait le soudoyer et la seule chose qu'on pouvait le menacer de lui déposséder était sa caisse de bois sur laquelle il mangeait ses repas.