Les Anglos de souche

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Un appel à franciser intégralement l'État québécois


Le gouvernement québécois serait bien décidé à faire du français la langue de communication de son administration avec les citoyens. La communauté historique anglophone et les peuples autochtones échapperaient à cette règle. Ainsi, après les francophones de souche, voilà que l’on distinguerait les « anglophones de souche ».


Sur le plan linguistique, il faut d’abord rappeler qu’un individu peut bien parler la langue qu’il veut. C’est sa liberté, mais rien ne garantit qu’il sera compris. Le droit d’utiliser une langue déterminée avec l’État et l’administration publique quant à lui n’existe que s’il est reconnu et conféré par la législation.


Au Québec, les textes constitutionnels confèrent des droits scolaires à la minorité anglophone et prévoient le bilinguisme des tribunaux, ainsi que des institutions fédérales et parlementaires. La Loi sur les langues officielles fédérale renforce et élargit son champ d’application.


À ce niveau, le Québec est donc une société bilingue. Quant à la loi 101, elle fait du français la seule langue officielle du Québec, mais dans les sphères de compétence provinciales. La même loi confère aussi le droit d’employer l’anglais, mais dans certains cas seulement, et la Loi sur services de santé et les services sociaux permet lorsque possible l’accès en anglais à ces services.


L’administration québécoise s’est elle-même détournée de l’objet de la loi 101 en offrant au public directement et systématiquement des services en anglais sous prétexte que la loi n’interdisait pas l’emploi d’autres langues, comme le fait d’ailleurs l’administration décentralisée, par exemple Hydro-Québec ou la Ville de Montréal que la loi déclare pourtant être une ville francophone. L’esprit et l’objet de la loi 101 sont donc trahis et il ne sert à rien de brandir cette loi pour renforcer le français au Québec si elle n’est même pas appliquée au départ par le gouvernement lui-même.


Lorsqu’une institution est bilingue, la prestation d’un service se fait dans la langue choisie par le destinataire (qu’importe sa langue maternelle). Par contre, une langue commune est celle qui est utilisée par des locuteurs de langues différentes dans leurs communications.


Pas d’exceptions


Si le français doit être la langue commune au Québec, au moins dans les champs de compétence qui sont les siens, l’État québécois et son administration doivent alors se montrer logiques et rigoureux, et c’est cette langue qui doit être utilisée lorsqu’un locuteur emploie une langue autre. L’idée de faire exception comme prévu en faveur de la « communauté historique anglophone » du Québec signifie le maintien d’un régime de bilinguisme qui existe déjà.


Et l’on peut aussi se demander comment identifier les membres de cette communauté qui sont en général bilingues et qui ne seraient donc pas vraiment affectés par un renforcement de la langue française. De plus, si le Québec a le courage de ses ambitions, il ne devra pas céder aux larmoiements du Canada anglais qui, drapé dans sa supériorité morale, le dénoncera malgré son comportement peu exemplaire dans ce domaine.









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