Legault prépare une offensive publicitaire pour garder la confiance du public

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15 millions pour la propagande de la CAQ


Près d’un mois et demi après avoir déclaré l’état d’urgence sanitaire, le gouvernement Legault veut remettre « graduellement » le Québec « en action » tout en préservant la confiance de la population. Pour y arriver, il s’est lancé à la recherche d’une agence de communication, se disant prêt à lui octroyer un gros contrat.


L’État québécois se prépare à décaisser des millions de dollars afin que ses « messages » soient largement relayés durant le « retour à la normale » — ou encore la « nouvelle normalité » — après la « pause » qu’il a décrétée en raison de la propagation de la COVID-19. D’ailleurs, il donne un aperçu de ses « messages » dans un appel d’offres public restreint dont Le Devoir a obtenu copie. « On se protège par solidarité, et on sauve ainsi des vies », « On achète local par solidarité, et l’économie va reprendre » et « On se serre les coudes par solidarité, ça va bien aller », peut-on lire dans le document de plus de 60 pages.


Le gouvernement prévoit débourser de mai à décembre prochain quelque 15 millions de dollars, sans compter les dépenses de placement média, pour l’agence de communication qui sera sélectionnée au terme du processus d’octroi de contrat. Le montant maximal de ce contrat, incluant d’éventuels renouvellements, ne peut excéder 45 millions de dollars, précise l’auteur de l’appel d’offres.


Le ministère du Conseil exécutif convient que l’« assouplissement des mesures restrictives mises en place pour se protéger et protéger les autres pendant la pandémie pourrait créer de vives inquiétudes au sein de la population ». « Il faut conserver la confiance de la population envers les actions gouvernementales tant au regard de la santé publique que de la reprise des activités normales », souligne-t-il.


Les stratèges de la communication au sommet de l’État cherchent à ce que la formule « Ça va bien aller », que les décideurs politiques se sont appropriée depuis l’arrivée de la COVID-19 en sol québécois, prenne tout son sens dans les semaines et les mois à venir.


Pour ce faire, ils jugent primordial de faire connaître les mesures gouvernementales retenues pour relancer l’activité — prioritairement dans les secteurs de l’économie, de l’éducation, de la santé, de la culture et du tourisme — par la diffusion d’information sur le site Web quebec.ca/coronavirus et les comptes gouvernementaux sur les réseaux sociaux, par l’achat de publicité dans les médias, par une campagne d’affichage, par la transmission de messages, affiches, outils numériques, infographies aux réseaux de la santé, de l’éducation, des garderies ainsi qu’aux groupes communautaires, aux organisations patronales et syndicales, aux entreprises, aux employés de l’État et à tous les élus, et, par l’ouverture de la ligne téléphonique Services Québec pour les citoyens.


Les agences de communication présélectionnées qui souhaitent obtenir ce gros contrat peuvent transmettre leur soumission « sur support papier » au Centre de services partagés du Québec d’ici mardi, 11 h.


Le ministère du Conseil exécutif demande aux entreprises candidates d’« éviter tout anglicisme », en plus d’« éviter […] l’angle humoristique ou absurde ». Enfin, l’agence sélectionnée devra faire preuve d’agilité puisque « la communication pendant le rétablissement devra s’adapter rapidement aux décisions gouvernementales en temps réel au fur et à mesure que celles-ci seront annoncées », avertit-il.



Trois objectifs mesurables


Le gouvernement a déterminé trois « objectifs mesurables » à atteindre par la future campagne d’information : 1- l’objectif de notoriété de la campagne ; 2- l’objectif de rétention d’information de la part de la population ; 3- l’objectif de confiance à l’égard du plan gouvernemental. « Après [qu’ils auront été] exposés aux pièces de la campagne, s’assurer qu’au moins 95 % des répondants du public cible ont confiance [dans les mesures] prises par le gouvernement du Québec », peut-on lire dans le devis.