Leadership de Martine Ouellet: l’heure du verdict est arrivée

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Ouellet restera uniquement en poste si elle obtient 50% + 1 aux deux questions référendaires

Après des mois de querelles internes, les démissions de sept députés, de la vice-présidente du parti, de son trésorier et le désaveu public de Mario Beaulieu à Martine Ouellet, la chef du Bloc québécois connaîtra cette fin de semaine le sort que lui réservent les bloquistes.


Les 15 000 membres du parti souverainiste se prononceront sur son leadership et sur le mandat du parti, vendredi et samedi. Les résultats de ce référendum seront dévoilés dimanche, à Montréal.


L’organisation de cette consultation ne s’est pas faite sans heurts. Martine Ouellet l’a convoquée afin d’en arriver enfin à une sortie de crise. Mais ses adversaires s’y sont opposés à chaque étape.


Le référendum devait au départ uniquement porter sur le mandat du Bloc québécois, à savoir si le parti devait faire la promotion de la souveraineté à chaque instant, et ce, sur toutes les tribunes ou s’il devait à la fois défendre les intérêts du Québec.


Mme Ouellet martèle depuis la démission de sept de ses 10 députés, fin février, que le conflit s’explique par un différend idéologique sur l’orientation du Bloc. Mais les démissionnaires et d’autres contestataires de Mme Ouellet rétorquent, à chaque occasion, qu’il s’agit plutôt d’un problème de leadership de la chef.


Vote de confiance


Deux semaines après avoir annoncé son référendum sur le rôle du Bloc, la chef avait accepté d’y ajouter un second volet et de se soumettre à un vote de confiance.


Plusieurs militants l’avaient sommée de quitter son poste ou d’accepter à tout le moins la tenue d’un vote sur son leadership. Des associations de circonscription tentaient même en coulisses de s’unir pour forcer la tenue de ce vote rapidement. Martine Ouellet s’était résignée à le faire elle-même. Elle avait fixé à 50 % + 1 le seuil d’appuis nécessaire pour rester en poste.


Mais les critiques ne se sont pas arrêtées là. Des bloquistes en avaient contre la première question de la consultation — jugée « tendancieuse » par l’ex-député d’Abitibi Yvon Lévesque et « alambiquée » par Gilles Duceppe. La question, qui fait 60 mots, demande si le Bloc doit être « dans ses actions quotidiennes, et non pas seulement en théorie, le promoteur de l’option indépendantiste en utilisant chaque tribune ».


Tout souverainiste votera nécessairement « oui », arguaient les opposants de Mme Ouellet, qui craignaient de voir la chef se servir ensuite d’un tel appui pour justifier sa chefferie.


Consultation


À peine cette première question était-elle révélée que des associations de circonscription ont à nouveau tenté de s’unir pour s’en débarrasser. Mais leur tentative a échoué au conseil général du parti fin avril.


Une quarantaine de présidents de circonscription y avaient en outre essayé de faire devancer le vote de confiance à la mi-mai. Là encore, leur effort — bien qu’il ait été épaulé par le député et président du parti Mario Beaulieu — a échoué. Une consultation des membres a donc été organisée les 1er et 2 juin.


Le camp du non dénonçait toutefois cette semaine qu’il soit obligatoire de répondre à la première question sur le mandat du Bloc pour pouvoir répondre à la deuxième sur le leadership de Mme Ouellet. Un vote à une seule des deux questions pourrait empêcher d’accéder à la seconde ou ne pas être comptabilisé.


« Ce n’est pas démocratique du tout, dénonçait au Devoir l’avocat Louis Demers, du camp du non. L’abstention, c’est un droit démocratique aussi. »


Le vice-président du parti, Gilbert Paquette, a refusé de permettre un troisième choix de réponse d’abstention, arguant dans un courriel obtenu par Le Devoir qu’il fallait trancher une fois pour toutes ce « débat qui a divisé les députés et mené à une crise largement publicisée qui a fait énormément de mal à notre parti ».


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